Zibeline n°36 décembre 2010
Zibeline n°36 décembre 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°36 de décembre 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 8,8 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... entreprises et culture.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 68 - 69  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
68 69
68 LIVRES RENCONTRES Dialogues lumineux L’un des temps forts de la Fête du livre de Toulon prit la forme d’une conversation… S’affranchissant de toutes les précautions d’usage, Thierry Fabre 1 demanda frontalement à son « vieil ami » s’il était un écrivain terroriste… faisant référence à ses mésaventures vécues en France un certain 11 septembre 2001 ! Après un bref retour sur cette « anecdote », l’entrée en matière fut immédiate : « n’estu pas un écrivain de la violence ? de la génération de la guerre civile ? ». Car l’œuvre d’Elias Khoury 2 est indissociable de l’histoire du Liban bien qu’il s’interroge encore : « rien ne dit que s’il n’y avait pas eu la guerre je ne serais pas écrivain… J’essaie d’exprimer le vécu, d’écrire le présent avec le murmure des marges ». On est loin des clichés d’une littérature méditerranéenne nourrie d’horizons turquoise et d’oasis édéniques, mais au cœur de cette ambiguïté à transmettre par la fiction la guerre et la violence. L’auteur de La Petite montagne et Les Portes de la ville - dont Charles Berling donnera dans la foulée une lecture parcellaire inégale - est l’ardent défenseur d’une littérature qui « peut donner du sens à une vie qui n’a plus de sens à cause de la guerre », habité par le désir de défendre la dignité, la sensibilité humaine même dans des conditions inhumaines ! Plus largement ils évoquèrent le rôle majeur des écrivains et des intellectuels (Edouard Saïd notamment) qui inscrivent leurs travaux dans l’histoire des peuples du Moyen- Orient, leur lutte pour l’indépendance et la liberté d’expression, pour une humanité juste. Car, pour Elias Khoury, « le sacré c’est l’humain ». Éditeurs sans frontières Beyrouth toujours mais aussi Tunis, Nice, Rome, Marseille avec les responsables des éditions Dar Annahar, Elysad, du Ricochet, Portaparole et Parenthèses invités par l’Agence Régionale du Livre. Spécificités, parcours et projets éditoriaux ont nourri le dialogue animé par Isabelle Gremillet, directrice de L’Oiseau Indigo diffusion. Malheureusement parasitée par la venue concomitante de Patrick Poivre d’Arvor sous le chapiteau, celle-ci se terminera devant un public parsemé… Les irréductibles purent néanmoins découvrir leurs préoccupations communes, leurs difficultés (logistiques ou financières), leur précarité (pour certaines) et leurs choix ambitieux. Une leçon d’optimisme pour tous les éditeurs en Méditerranée qui œuvrent à la circulation des auteurs et des livres. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI (1) chercheur à la MMSH, rédacteur en chef de La Pensée de Midi, concepteur des Rencontres d’Averroès, responsable de la programmation du MuCEM (2) Président du jury du Prix des lecteurs du Var 2010 Conversation entre Thierry Fabre et Elias Khoury X-D.R Plaisirs à déguster David Pinzon Depuis cinq ans Fred Tartavel tient le restaurant le Mangelire, dans le quartier de la Roquette à Arles. On y échange, en plus du café, du pain et du sel, des conseils de lecteurs et des livres qui suscitent des discussions... C’est de cette ambiance qu’est né le désir d’organiser un Prix littéraire de la Roquette, projet immédiatement soutenu par le Comité d’Intérêt de Quartier et les habitants. Après l’appel à participation lancé auprès d’une quarantaine d’éditeurs au printemps - avec pour seule contrainte de présenter le texte d’un auteur publiant pour la première fois -, sept livres ont été retenus et lus par un jury de 25 lecteurs : Sol de Laurent Cohen, Actes Sud ; Alice Khan de Pauline Klein, Allia ; Libre, seul et assoupi de Romain Munnery, Au Diable Vauvert ; Brico relais de Thibault Franc, Confluences ; Strip-Tease d’Agnès Fon-bonne, In8 ; Les Passagers de l’oubli de Yasmina Filali, Le Lien ; Qu’avez-vous fait de moi ? de Erwan Larher, Michalon. Le 23 oct le jury a élu d’une courte tête Erwan Larher après des débats animés et passionnés. Le 27 nov le « bol Prix littéraire de la Roquette » a été remis au lauréat, en présence de 150 personnes et du maire d’Arles, Hervé Schiavetti. La comédienne Valérie Colette lisait des extraits du livre, pendant que se déroulait une dégustation de tapas concoctés par l’association Les tordeurs de petites cuillères. Une soirée si conviviale qu’Erwan Larher a spontanément proposé de revenir l’an prochain remettre le prix au prochain lauréat…. DOROTHÉE XAINTE L’événement littéraire qui manquait à Marseille ? La 2 e édition d’Ecrimedn’aurait pas eu besoin de cette formule liminaire présomptueuse pour rencontrer le succès ! Dès le samedi, le public était là, intéressé, réactif. Il faut dire que les parrains, Tahar Ben Jelloun, Amin Maalouf, et les invités étaient prestigieux et que beaucoup dans la salle étaient venus pour les entendre, puis leur parler autour des tables de dédicaces. De fait, écouter Abdelallatif Laâbi, Boualem Sansal ou Gonzalo Tavares a permis d’échapper un peu aux lieux communs habituellement proférés dès qu’il s’agit de bi langue ou de spécificité méditerranéenne. Par la qualité de leurs interventions, leur humour et leur simplicité, ils ont rendu un bel hommage à la littérature universelle. Car, comme le disait Derrida cité par Laâbi, « pour un écrivain toute langue est étrangère », qu’il s’agit de travailler pour en faire sa langue intime, sa langue à soi… FRED ROBERT La 2 e édition des Ecritures méditerranéennes s’est déroulée les 27 et 28 nov aux Docks de la Joliette. Écritures meditérranéennes 2010 Olivier Monge b
_JP LIVRES 69 Du-o de gamme La saison 5 d’Écrivains en dialogue a commencé. L’ADAAL (Association Des Auteurs Aux Lecteurs), en partenariat avec la Bibliothèque départementale et l’association Libraires à Marseille, proposera tout au long de la saison des rendez-vous littéraires mensuels, selon la formule qui a fait son succès jusqu’à présent : deux auteurs invités dialoguent autour de leurs œuvres, mais aussi de la littérature en général ; leur « conversation », ponctuée par la lecture d’extraits de leurs ouvrages, se conclut sur un bref débat avec le public. Une façon pertinente de renouveler le principe de la rencontre littéraire. Et souvent de l’enrichir. Ce fut encore le cas le 16 nov. Puissance de la langue : le titre de la rencontre était en soi prometteur et le public n’a pas été déçu du tandem Mathias Enard - Juan Gabriel Vasquez. Qui dit que la culture et la langue se perdent ? Sans doute ceux qui jugent à l’aune des écrans médiatiques. Car on goûte dans ce genre de manifestations aux plaisirs d’un échange subtil sans se sentir exclu, on renoue avec une réconfortante ambition littéraire que les deux écrivains invités ce soir-là ont incarnée avec brio. Ils sont nés à quelques mois d’intervalle, au début des années 1970. Tous deux Juan Gabriel Vasquez et Mathias Enard Fanny Pomarede_ADAAL vivent aujourd’hui à Barcelone. Ils se connaissent bien et se vouent une admiration réciproque. Les écouter parler, c’était presque être invité à leur table. Et entendre lire des extraits de leurs romans, par Alfonso Rodriguez et Jean-Claude Nieto d’abord, par eux ensuite (et en V.O. pour Vasquez !) c’était faire un pas vers leurs mondes puissants et profondément originaux. FRED ROBERT Mathias Enard : Zone (disponible en édition de poche, Babel) et Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants (Prix Goncourt des Lycéens 2010 ; voir Zib’34). Juan Gabriel Vasquez : Les dénonciateurs (Actes Sud) et L’histoire secrète du Costaguana (Seuil). La prochaine rencontre d’Écrivains en dialogue aura lieu le 25 janv à 18h30 à la BDP Gaston Defferre. Il s’agira de Décaler le réel, en compagnie de Fotos Kongoli et de Jacques Jouet. L’Arménie chez Maupetit Au premier étage de la librairie, dans un espace vite rempli, on a assisté le 20 nov à une belle rencontre, tandis qu’au dehors l’orage faisait rage. Judith Meyer y avait invité Anahide Ter Minassian et Houri Varjabédian à parler du livre qu’elles viennent de faire paraître aux éditions Parenthèses. Nos terres d’enfance est un livre-mosaïque à l’image de l’identité fragmentée des auteurs qui y figurent. Un parcours aussi, au fil d’un siècle et demi d’enfances arméniennes collectées dans cette anthologie qui ne rassemble pas que des textes littéraires. Un recueil donc, qui privilégie la vision des enfants, laissant paraître en filigrane, et en filigrane seulement, les dimensions historique et politique. C’est ce qui fait (lire la chronique p.65) l’originalité de l’ouvrage. Au-delà de la qualité du livre, l’enthousiasme, voire la ferveur, des deux responsables de cette somme, agrémentée par leurs soins d’un liminaire d’une vingtaine de pages et de plus de 3o pages de notes biographiques, étaient palpables. Ainsi, d’extraits en anecdotes, de digressions en rappels historiques, au gré des questions de J. Meyer puis des interventions du public, on a pu saisir l’importance de ce projet pour les deux femmes. Les territoires enfantins qu’elles ont choisi d’arpenter ouvriront, espèrent-elles, sur la lecture des œuvres intégrales. Et feront réfléchir à cette drôle d’identité liée à la mémoire… FRED ROBERT o Anahide Ter Minassian et Houri Varjabédian étaient invitées à la Librairie Maupetit pour leur ouvrage Nos terres d’enfance, l’Arménie des souvenirs, éditions Parenthèses. X-D.R terrE.. NosrrcE d'enfauxe - 1. N tcrYES CrelliRREE



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 1Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 2-3Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 4-5Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 6-7Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 8-9Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 10-11Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 12-13Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 14-15Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 16-17Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 18-19Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 20-21Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 22-23Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 24-25Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 26-27Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 28-29Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 30-31Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 32-33Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 34-35Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 36-37Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 38-39Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 40-41Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 42-43Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 44-45Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 46-47Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 48-49Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 50-51Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 52-53Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 54-55Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 56-57Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 58-59Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 60-61Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 62-63Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 64-65Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 66-67Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 68-69Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 70-71Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 72-73Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 74-75Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 76-77Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 78-79Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 80