Zibeline n°36 décembre 2010
Zibeline n°36 décembre 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°36 de décembre 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 8,8 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... entreprises et culture.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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rafuje, I/62 DISQUES/DVD\lntltuta/69 année électrique Conçue à l’origine pour être jouée dans la rue, la musique présente dans cet album sort tout droit des pavillons cuivrés de la fanfare explosive La friture moderne, et même De Luxe si on retourne aux sources. Pour en finir avec 69 rend hommage à une période que certains voudraient révolue tant par son esprit que par ses valeurs. Ce retour vers le passé passe par neuf titres à « tiroirs » qui revisitent la prolifique année 1969, proposant même sous forme de medley des extraits du Liberation Music Orchestra. Hendrix, Brigitte Fontaine, Pharoah Sanders, Gainsbourg, Pink Floyd, Bowie, Carla Bley, Janis Joplin, Frank Zappa… En français dans le texte Complètement rock, le deuxième disque des rouennais de Radiosofa n’a pas vécu un accouchement facile, mais malgré une gestation compliquée, le voilà parti sur de bons rails, prouvant qu’il est encore possible de faire du bon rock dans la langue de Molière. Avec des tubes potentiels comme Hiroshima, Le souffle court ou Les portes, et un certain Da Silva en guest passé en coup de vent, Le souffle court et ses onze titres présente une lecture à double face. Agité ou sombre, Rouen Calling ou mélancolique, l’alternance Le Sel de la Terre Le Guépard, septième film de Luchino Visconti, Palme d’Or en 1963, a fait l’objet d’une attention toute particulière de la Film Foundation. Son fondateur et président, Martin Scorsese, ne mâche pas ses mots en évoquant ce « récit épique sur l’Histoire et les machinations du progrès en marche », où « chaque geste, chaque mot et la place de chaque objet dans chaque pièce convoque un monde disparu ». Un monde que l’on sait d’avance révolu, un héros sans autre mission que celle de disparaître. On reprocha à l’époque à Visconti, pourtant initiateur d’un cinéma néo-réaliste populaire engagé, d’avoir adapté l’œuvre de Lampedusa, jugée réactionnaire. Ce récit du déclin de l’aristocratie italienne, bien que poignant, n’épargne pourtant pas ses protagonistes. Il semble surtout faire écho aux multiples alliances politiques italiennes, dont celle qui avait suivi le fascisme mussolinien, entre la droite chrétienne et le parti communiste. Depuis Beau babil du génie Il aura fallu dix ans pour restaurer ces petits bijoux. Trente-cinq courts et moyens métrages où apparaît pour la première fois le célèbre vagabond, tournés par les studios Keystone en l’espace d’un an, jusqu’au passage de Charlie Chaplin derrière la caméra en 1915. Découvert dans un théâtre de la côte est par le roi de la comédie, Mack Sennett, cet acteur de vaudeville laissait deviner un certain potentiel... Les multiples diffusions et copies ont eu raison de cette période prolifique, dont nous n’avions que peu de traces, ou des versions incomplètes, souvent usées. Vingt ans avant la création des cinémathèques, l’idée même de conservation n’avait pas effleuré les studios Keystone, qui firent faillite en 1917. Et si Charlie Chaplin a su par la suite prendre soin de ses réalisations, il Ce beau monde passe allègrement à la moulinette swinguée et funky de cet orchestre festif bouillonnant qui ne fait pas dans la demi-mesure et qui a le bon goût de retrouver des trésors cachés comme par exemple Heart beat, pig meat des Pink Floyd, indicatif du Zabriskie point d’Antonioni, film réalisé en… 69 ! FRÉDÉRIC ISOLETTA Pour en finir avec 69 La Friture moderne distribution Orkhestrâ règne à merveille dans cet album mature, un peu noir. Chanter sa rage en français, c’est un engagement en soi : le paysage « franco-klaxon » a besoin de nouvelles chansons déridées ! F.I. Le souffle court Radiosofa Opposit.Prod - Discograph 1953, onze gouvernements s’étaient alors succédé... Et s’il a accepté de laisser transparaître à l’écran le pessimisme indécrottable du Prince Salina, Visconti a su cependant livrer une œuvre d’une beauté saisissante : la campagne sicilienne ensoleillée, le somptueux bal au palais de Ponteleone et ses airs de Requiem, les décors, costumes et mobiliers d’époque choisis avec le plus grand soin, et, bien sûr, les visages radieux d’Alain Delon et Claudia Cardinale… Sublimés par un travail de restauration on ne peut plus abouti. On ne saura que vous conseiller de revoir ce film qui est ressorti en salles (depuis le 1er déc au cinéma Le Royal à Toulon), afin de rendre justice à toutes les subtilités et la richesse de l’image, notamment de la scène finale, qui nécessita à ce réalisateur décidément perfectionniste 48 jours de tournage. SUSAN BEL n’a jamais entamé de démarche de restauration pour ses premiers films, puisqu’il n’en était pas l’auteur, et n’estimait pas nécessaire d’accorder à ses balbutiements autant de considération. Ce fut un grand tort ! Réparé par ce Keystone Project, coédité par Arte et Lobster Films, en collaboration le British Film Institute et la Cinémathèque de Bologne, au fil d’un travail d’une infinie minutie : restauration de copies neuves retrouvées aux quatre coins du monde, ajout de compositions musicales originales … Si bien qu’on se retrouve happé par chacune de ces saynètes où le célèbre vagabond prend vie et forme, bercé par les modèles de la pantomime britannique. S.B. cnarniut aeire. [1:4riit 5ni G VEPARD i Le Guépard est disponible en DVD et BluRay en édition limitée Dernière Danse et premiers pas, un dossier de 50 pages sur les origines du film et son contexte illustré de photos inédites feL f La naissance de Charlot Arte édition, 40 euros Coffret DVD disponible depuis le 17 nov
I LIVRES 63 Spectres C’est un tout petit roman, parfait de bout en bout, qui commence comme une histoire fantastique et fourmille de souvenirs littéraires qui ont le bon goût de rester discrets. Un être étrange, translucide, grisâtre, traverse l’espace et se nourrit de jus et de lait. Passe devant la fenêtre, goûte à la chaleur du soleil, puis disparaît. Sauf que cela ne se passe pas chez Maupassant ou Edgar Allan mais à Nagasaki, chez un Japonais quinquagénaire, banal employé un brin trop taciturne qui installe une webcam et se met à guetter l’apparition qui… La construction inédite de ce petit roman mérite que l’on respecte ses surprises, ses étrangetés surtout, qui rappellent au détour inattendu d’une page la bombe et les ruines, inconscient refoulé qui va surgir dans toute la singularité de sa violence. Pascal Quignard est cité en exergue, ce qui n’a rien d’un hasard : comme lui Éric Faye ménage de splendides épiphanies, et offre des frustrations délicieuses. C’est lorsque le livre se clôt, que les dernières pages arrivent, que l’on est pris enfin, totalement absorbé par la résolution en cascades des mille questions posées. Les fausses pistes narratives, histoire d’amour, de solitude, policière, fantastique, judiciaire, kafkaïenne sont définitivement évacuées et l’on se rend compte soudain que le récit va se clore. Là. Face à ce personnage superbe révélé au regard. Une fois. Juste à la dernière ligne. AGNÈS FRESCHEL Nagasaki Éric Faye Éd. Stock, 13 euros Lecture éphémère Depuis 1999, Maxence Fermine publie des romans pleins de voyages et d’exotisme. Le papillon de Siam, paru au printemps dernier, ne fait pas exception à la règle. Et va même plus loin que les précédents, puisqu’il est une biographie romancée d’Henri Mouhot. L’histoire de cet explorateur peu connu du XIX e siècle, envoyé au Siam pour en rapporter un spécimen rarissime de lépidoptère et premier découvreur de la cité d’Angkor, ne manque pas de romanesque en effet. Et de la Russie tsariste aux rives du Mékong, il y a dans l’existence mouvementée quoique brève de ce « voyageur dans l’âme » de quoi alimenter une belle fiction d’aventure. Hélas, dès le début, le ton est donné. Passons sur la description augurale de la 1 ère neige dans une cour de lycée, il vaut mieux. Deux pages plus loin, décrivant le héros adolescent, Fermine écrit : « Lecteur passionné, il s’évade de la prison du quotidien par la force des voyages intérieurs ». Tout est à l’avenant dans ce récit qu’on lit vite, qu’on oubliera sans doute plus vite encore. Au point que le lecteur en vient à se demander si le style, ampoulé, farci de clichés, n’est pas volontaire. Clin d’œil à la littérature d’évasion du XIX e ? Dans ce cas, autant se replonger dans Paul d’Ivoi et consorts, dont l’énergie narrative et l’orientalisme fastueux ont un charme désuet…mais certain ! Ici, on ne s’attache guère au personnage et même la magie d’Angkor ne joue pas. L’alchimie romanesque est si fragile. Comme une aile de papillon ? FRED ROBERT Le papillon de Siam Maxence Fermine Éd. Albin Michel, 14,50 euros L’auteur est venu parler de son roman à Marseille et Tarascon fin novembre, dans le cadre des Escales en Librairies Jean écrivain et témoin Jean Rouaud, ange étymologique, est aussi le roi de la parenthèse, même lorsqu’il n’use pas explicitement de ce signe de ponctuation. Les Éditions des Busclats, fondées entre autres par Marie-Claude Char dans une maison de poète, ont proposé à l’écrivain de faire un « pas de côté » en marge de son œuvre, d’ouvrir son jardin secret pour une courte promenade au gré de son imagination dont l’aboutissement, Evangile (selon moi), est un petit chef-d’œuvre (petit sans doute) d’intelligence et de haute malice. Recueil de textes de commande autour de l’iconographie religieuse ou d’épisodes des évangiles, agrémenté d’un avant-propos inédit dont les 22 pages tiennent lieu de manifeste d’écriture pour toute l’œuvre, ce drôle d’ouvrage balade le lecteur entre proses incisives, formes dialoguées ou vers sans complexe ; oser ce monologue trivial de Marie devant son fils, grand garçon qui pend à la croix ou ces apartés cyniques du disciple préféré commentant la catastrophe « c’est bien lui ; en mauvaise posture, il la ramène encore », nécessite une main très sûre quand on n’est pas Claudel ! Le miracle, c’est qu’il n’y a rien de ridicule ni de figé dans cet exercice de style qui touche aussi à l’essentiel ; question de distance, bonne, et de regard, juste ; le métier du romancier qui sait choisir ses mots brille à chaque page : à propos de l’Apocalypse d’Angers, produit du 14 è siècle « la tapisserie est une cathédrale molle. Préférer le mobile à l’immobile, c’est déjà le signe que l’éternité vacille ». Quand on se prénomme Jean et que les dernières paroles du père mourant souhaitent une bonne fête, on se sent « concerné au plus haut point ». Jusqu’à écrire un 5 è évangile souriant ! MARIE-JO DHÔ Jean Rouaud était présent à Marseille et Aix les 1er et 2 déc (voir p 70) Évangile (selon moi) Editions des Busclats, 15 euros



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