Zibeline n°36 décembre 2010
Zibeline n°36 décembre 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°36 de décembre 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 8,8 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... entreprises et culture.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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56 ARTS VISUELS MUSÉE GRANET FESTIVAL GAMERZ Granet à l’ère numérique La polémique fait rage ! les nouveaux médias s’invitent au musée Granet, dans le sacro-saint musée des beaux-arts aixois ! Serait-ce un manquement aux missions premières d’un « Musée de France », qui se doit de « conserver des collections reconnues d’intérêt public, destinées à être exposées au public » 1 ? Manquement dénoncé par la presse spécialisée 2, plus particulièrement depuis l’exposition La BD s’attaque au musée ! en 2008. Une affaire à prendre au sérieux si l’on en juge par les précautions prises par Bruno Ely, Conservateur en chef, lors de l’inauguration de l’exposition Futuréalismes : « Avec Alechinsky, Les ateliers du midi un pas de plus a été franchi par rapport à un large public que l’on veut toucher (…) Aujourd’hui, il est important pour nous que de jeunes artistes soient présents dans un musée des beaux-arts dont la démarche s’inscrit dans l’héritage de la Révolution, et parle du génie humain ». Les primitifs d’un art nouveau ? Exit le chevalet, bienvenue aux nouveaux médiums à travers 17 pièces/installations/spectacles conçus par un tandem déjà bien rôdé : Electronic Shadow (Naziha Mestaoui et Yacine Aït Kaci), déjà distingué par le Grand prix du Japan Media Art 2004 pour son dispositif 3 minutes au carré, qui a signé avec Carolyn Carlson le spectacle Double vision dans lequel s’imbriquent l’espace-image et le corps de la danseuse. Et exposé entre autres lieux prestigieux au MomA de New York et au Centre Pompidou à Paris. Mais c’est la première fois qu’il dispose de 700 mètres carrés pour Machines infernales'l 4 - I k"I -.. ḳ -,.L. } y ï..._-f., ` : , r - r- Directeur artistique du 6 e Festival Gamerz, le trio Quentin Destieu, Romain Senatore, Sylvain Huguet est à la tête d’un projet ambitieux déployé dans huit structures aixoises, exclusivement voué au jeu et au détournement dans l’art contemporain et les nouvelles technologies. On pouvait craindre une aseptisation des projets sous le joug d’une technologie massive, or on y découvre de jeunes artistes épris de poésie. Car si les outils sont les ordinateurs, la force émotionnelle et la qualité plastique des pièces restent intactes. Poésie de la matière avec l’installation aléatoire de Selma Lepart, Mercure noir (les réactions du férofluide à l’électromagnétique provoquent le déplacement d’une forme Breeze reflection Djeff Regottaz.,m... : 1 x. Focus Electronic Shadow vivante inquiétante). Poésie des sons avec Radio 2067 de David Guez dont le curseur oscille entre 1910 et 2010 (labyrinthe sonore composé d’archives, d’infos et de musiques) et Hee Won Lee qui invente une installation documentaire sur un sujet sensible (les enfants abandonnés ou orphelins) via une technologie de pointe (le son produit par 108 petites boîtes à musique forme à l’écran un témoignage écrit). Poésie de la lumière avec Breeze reflection, miroir à double face de Djeff Regottaz qui, à travers un processus d’ombre et de flux d’air, transforme chaque mouvement de l’homme en jeu lumineux… Dans les alvéoles gigantesques de la Fondation Vasarely toutes ces œuvres entretiennent un dialogue pertinent avec les créations cinétiques de l’artiste. Sept autres lieux restent à découvrir pour des expositions, des concertsperformances (17 déc à Seconde nature) et des conférences (jusqu’au 17 déc à l’École supérieure d’art). M.G.-G. inventer une exposition « d’art-fiction » composée de poèmes visuels imbriqués les uns aux autres par la mise en espace, les ambiances sonores, les liaisons sensorielles. Complexe, évolutif, ce « parcours dans les utopies contemporaines » résulte d’une correspondance - parfaitement cohérente - entre des œuvres qui convoquent le lien espacetemps (3 minutes au carré), la fusion entre la matière et l’immatériel (Le cristal de personnalité), la lumière et l’immatériel (Le pavillon des métamorphoses), la mémoire (H2O)… Des mondes mi-réels, mi-virtuels acquis aux technologies de pointe qui n’oublient jamais le vivant et ne déconnectent jamais l’homme, ubiquiste. Même les inconditionnels de la peinture y retrouveront leurs petits avec l’œuvre interactive et sensitive La vérité est un point de vue, mise en abyme des Ménines de Vélasquez et hommage au Musée ! MARIE GODFRIN-GUIDICELLI 1 Missions des institutions placées sous le label « Musée de France », Loi du 4 janvier 2002 2 La Tribune de l’Art du 21 avril 2010 s’est émue du projet de Bruno Ely de « transformer les salles de peintures anciennes du Musée Granet en espace d’exposition temporaire permettant de présenter chaque année une ou deux grandes rétrospectives susceptibles de faire parler de son établissement » Futuréalismes Electronic Shadow jusqu’au 24 avril Musée Granet, Aix-en-Provence 04 42 52 88 32 www.museegranet-aixenprovence.fr 6 e Festival Gamerz jusqu’au 19 décembre Association M2F Créations, Aix-en-Provence 04 88 05 05 67 www.festival-gamerz.com Dans notre article consacré à la Galerie Remarque à Trans-en- Provence (Zib 35’), nous mentionnions 1999 comme année de sa création. Une erreur rectifiée aujourd’hui par Antoine Barles : « cette galerie existe depuis trente-cinq ans, puisqu’elle a été fondée par ma mère, Hélène Bondil, en 1975. Jusqu’en décembre 1999, date à laquelle elle a cédé sa galerie à Stéphanie Ferrat, elle y a défendu des artistes tels que Michel Macréau, Jean-Marie Martin, Serge Plagnol, Saint-Cricq, Hébreard... ».
AIX-EN-PROVENCE CHÂTEAUNEUF-LE-ROUGE ARTS VISUELS 57 Compagnonnages Entre Aix et Châteauneuf-le-Rouge, une triple exposition permet de redécouvrir deux artistes encore méconnus du grand public e Les deux artistes ne s’étaient jamais rencontrés mais ont en commun d’avoir engendré une œuvre en empathie avec la nature, une certaine appréhension de l’espace, du vide et du vent. Disparu il y a quelques années, Claude Garanjoud les inscrivait en formes d’idéogrammes picturaux, cercles, portiques. Lorsqu’il libère la toile de son châssis dans les années 1980, délaissant l’huile pour l’acrylique, s’autorisant l’imprégnation comme le recouvrement, tant sur l’envers que l’avers, il appelle la médiation de plusieurs énergies : du geste, de la couleur, de la lumière, les matières et des traces vibrantes structurant l’espace. Cette dernière caractéristique apparaît aussi dans le travail sculptural de Curt Asker (qui se considère d’ailleurs plus en dessinateur) dont les œuvres s’installent le plus souvent en extérieur et dans l’espace naturel, allégeant au contraire le maximum de matière. Le rapprochement des deux artistes offert par Christiane Courbon est une invitation subtile à entrer dans deux univers marqués de présence discrète et de retenue. L’économie des moyens et des mises en forme contraste avec les décors et les tapisseries anciennes du Palais de l’Archevêché, mais les sculptures de Curt Asker sont un peu perdues comme des ponctuations éparses. Une très intéressante vidéo de son ami Philippe Labourie suit Garanjoud dans son atelier tout de blanc et donne à voir la démarche construite à partir de bleu outremer, noir, blanc et parfois de rouge « presque froid » : « … j’essaie tout de même de me rapprocher pas trop de l’orient ». À Châteauneuf-le-Rouge, à côté des dessins et boîtes de Garanjoud, la sélection conçue avec Pierre Vallauri restitue un ensemble plus conséquent d’œuvres de Curt Asker notamment plusieurs Chine collé et les récents Blickstillor entre dessin et sculpture d’acier jouant avec les ombres projetées. Une sélection de photos prises par Garanjoud en 1982 et 83, L’aile du vent inspirée par le poème de Saint- John Perse, objet d’une édition particulière, n’est plus visible ainsi que plusieurs livres d’artiste, carnets de croquis, pour cause de travaux de dernière minute à la Fondation Saint-John Perse. On se rattrapera Claude Garanjoud, vue partielle de l'exposition Résonnance,Musée des Tapisseries, Aix 2010C.Lorin/Zibeline le 21 janv à 18h avec une lecture de poèmes appréciés par les deux artistes (Char, Saint-John Perse, Lindegren, Cheng, Wallace Stevens…) dits par leur ami Jean de Breyne. Un tiré à part de photographies de Curt Asker complète le catalogue. CLAUDE LORIN En janvier les deux musées seront fermés au public sauf pour les scolaires Claude Garanjoud/Résonance/Curt Asker 3 lieux/3 expositions jusqu’au 28 février Musée des Tapisseries, Aix 04 42 23 09 91 Fondation Saint-John Perse-Cité du Livre, Aix 04 42 25 98 85 Arteum, Châteauneuf-le-Rouge 04 42 58 61 53 Marcel et Serge La Non-Maison consacre son exposition de fin d’année à une nouvelle série de Serge Kantorowicz. Peintures, dessins et carnets en empathie avec La Recherche d’un certain Marcel Depuis la création de sa Non-Maison en 2007 à Aix, Michèle Cohen poursuit un travail de galeriste opiniâtre et discrète. Peu d’artistes dans son catalogue, élus par affinités et exposés régulièrement. Bernard Plossu, Bruno Peinado, Carole Bénitah ou Serge Kantorowicz à qui elle consacre actuellement une quatrième exposition. L’artiste, qui lui a confié son fonds, présente en avantpremière un ensemble conçu à partir de la Recherche du Temps perdu de Proust. Si la démarche de Kantorowicz reste la même pour avoir tutoyé l’œuvre d’Hugo, Balzac ou Kafka, le tempérament de cette nouvelle série offre un visage moins grave. Toujours ces gestes hâtifs telles des pochades avec empâtements expressifs, réconfortés aujourd’hui par les contrastes colorés où l’on pense par moments à Van Dongen et Soutine. Cette vivacité se retrouve dans ses carnets de dessins, appuyés de citations de la Recherche ou issues du texte inédit de son ami Hubert Haddad, Rachel quand du seigneur. Ces calepins, à la Serge Kantorowicz, carnets, d'après La Recherche du temps perdu/Marcel ProustC.Lorin/Zibeline dimension de la main, par les fibres et la matité du papier, les traces ébauchées à l’encre entre le clair et l’obscur, les graphismes hâtifs signalant des personnages comme des notes prises sur le motif, nous amènent au plus près de l’intimité avec les œuvres de l’écriture. Le peintre serait déjà en pourparler avec James Joyce.C.L. Le temps retrouvé de Serge Kantorowicz jusqu’au 22 janv La Non-Maison, Aix-en-Provence 06 24 03 39 31 www.lanonmaison.com



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