Zibeline n°36 décembre 2010
Zibeline n°36 décembre 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°36 de décembre 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 8,8 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... entreprises et culture.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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54 ARTS VISUELS MAC MARSEILLE MIAM SÈTE Une exposition d’importance au [mac] ! On avait entendu parler du travail de Zineb Sedira, intégralement censuré par le maire de Vallauris lors de son exposition au musée Picasso. L’œuvre incriminée, qui assimilait marginalement dans une vidéo les Harkis à des « collaborateurs », n’est pas présentée à Marseille dans cette rétrospective condensée sur la période 1995/2009. Le déroulement chronologique nous mène des premières œuvres fortement autobiographiques interrogeant les or'marlEntre des rives Zineb Sedira, Shattered Carcasses, Architecture of the Forsaken, [mac], Marseille 2010, vue partielleC. Lorin origines algériennes et la question de l’identité (née en 1963 à Paris de parents algériens immigrés, elle vit à Londres) aux récentes propositions ouvertes sur les difficultés de la migrance. On retiendra particulièrement le dialogue fructueux entre deux triptyques face à face : Mother Tongue (2002) (trois écrans vidéo) et Mother, Daughter and I (2003) (trois doubles photos) traitent des difficultés de communication entre trois générations de femmes (grand-mère, fille, petite-fille). Les sens compensent les barrières du langage (entre arabe, français et anglais), le regard et le toucher pallient l’insuffisance des mots. Et l’écart spatial entre les œuvres renvoie à la séparation géographique comme les différences de nature des médiums entre images fixes et récit filmique. Au large ? Depuis le cri insupportable ouvrant l’exposition (Scream of Liberation, 1995), les images de Zineb Sedira éludent progressivement la présence humaine, pour mieux laisser parler les lieux (Haunted House, 2006). Par cette nouvelle orientation moins familiale, déjà infléchie avec la narration filmique (Middle Sea, 2008, mise en scène avec acteur dans le port de Marseille) Zineb Sedira semble déposer ses affects sur les rives de la Méditerranée. Dans la dernière salle, la scénographie s’avère plus complexe avec Shattered Carcasses (2008), Floatting Coffins et Architecture of the Forsaken (2009) : la multiplication des gros plans de bateaux enlisés dans le sable mauritanien de Nouadhibou et les bruits d’entrechoquements suggèrent au candidat au voyage, voulu ou subi, combien est chimérique le salut de l’exil. Et dans le même temps, paradoxe tragique, ces mêmes images font état d’une nouvelle forme de colonisation cynique due à ces rebuts immobilisés et promus au dépeçage. Dialectique sourde entre la nécessité de partir et le constat de son improbable réalisation. Pour autant, certaines de ces images paraissent trop belles pour dénoncer cette dramatique impasse. Drame ou poésie de la ruine ? Il y a le sable, la mer et la rouille… CLAUDE LORIN Les rêves n’ont pas de titre Zineb Sedira jusqu’au 27 mars [mac] musée d’art contemporain, Marseille 8 e 04 91 25 01 07 Territoires hors normes Populaire et festif, l’anniversaire du Musée international des Arts modestes à Sète laisse présager un avenir à l’image de sa première décennie : intense Tout un pan de mur du hall est recouvert d’une carte du monde aux couleurs insensées, aux légendes farfelues, qui dessine les territoires de l’art modeste : art populaire, street art, mais aussi art naïf, photo, bande dessinée… Un archipel rêvé il y a 10 ans par Hervé Di Rosa et son complice, l’artiste-collectionneur Bernard Belluc. Si « l’art modeste, c’est le regard sans dérision du collectionneur ou de l’artiste sur les objets du quotidien et les créations inutiles », alors le MIAM a la vie devant lui pour continuer son tour de la planète ! Et l’exposition-anniversaire n’est qu’une étape. risqués, ces artistes incontrôlables qui gomment toutes les frontières (art singulier/art contemporain, artiste/collectionneur, public/professionnel). De « l’artistiquement correct », Hervé Di Rosa n’en a cure qui invente « des espaces de dialogues entre les genres, les langages, les styles » et se fait le chantre de la création hors marge : le MIAM expose donc sans interruption des « créations orphelines ». Nouveaux croisements À lieu alternatif, exposition manifeste : Les Territoires de l’art modeste se décline dans 12 espaces durant 12 mois, Maquette La Science des reves, Michel Gondry Pierre Schwartz 10 ans déjà En 2000 donc, le MIAM s’inventait un écrin noir dans un ancien chai à vin réaménagé par Patrick Bouchain - trop étroit aujourd’hui ! -. Une fois les gaz lancés, la machine s’emballe malgré quelques soubresauts inévitables et engrange 22 expositions et temps forts en compagnie de plus de 350 artistes. Tour de force salué par le public sétois, puis national et international, qui apprivoise ces frottements dans une cohabitation parfois un peu floue, mais qui démontre bien la porosité entre les planches de l’amateur dessinateur Maurice Chot sorties des tiroirs de Robert Combas et la PVville de Michel Gondry (maquette à partir de rouleaux de papier Q. et vidéo avec Charlotte Gainsbourg et Alain Chabat). Entre les dessins Bamoun présentés par Antonio Segui et les éditions volumiques de Bertrand Duplat et Étienne Mineur qui inscrivent le livre et la lecture à l’ère du numérique… On l’aura compris, Hervé Di Rosa préfère ici exposer des idées et parler du sens : « on n’expose pas des artistes mais leurs motivations, leurs passions, leurs sources. Il n’y a donc pas de classement intellectuel ou financier ». Un chemin ouvert vers une meilleure appréhension de l’art contemporain par le public… MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Les territoires de l’art modeste jusqu’au 2 octobre 2011 MIAM, Sète 04 99 04 76 44 www.miam.org
TOULON LA VALETTE LA SEYNE-SUR-MER ARTS VISUELS 55 Franck Pourcel Berlin blanc et noir Invité par Le Moulin à La Valette, Bernard Plossu expurge de ses archives des clichés inédits sur Berlin, et offre à la Maison de la photographie à Toulon une carte blanche à quatre signatures Blanc, lumineux, glacé, monolithique : Berlin 2005 vu par Bernard Plossu. Des inédits qui ne collent pas - mais pas du tout - avec son écriture d’ordinaire si poétique, si près des paysages qu’il traverse. Malgré la chaleur qui étreint Berlin cet été-là (on le devine car rien n’est volontairement précisé), la distance est calculée, la froideur aussi qui évacue toute nostalgie et aboutit à des images graphiques, presque brutales dans leur simplicité. Pourtant Bernard Plossu sillonne l’ancien Berlin-Ouest « dans sa splendeur, avec ses grosses voitures, ses hommes d’affaires ». Sa restitution personnelle de la cité allemande prospère lui donne des allures de ville fantôme, bétonnée, Faces à faces Sculpteur et professeur à l’Esart(s) de Toulon TPM, Alain Pontarelli s’empare du stylo Bic, lui qui jusquelà tordait le cou au fil de fer et d’acier. Exit donc ses Tondos aux lignes arachnéennes, ses Archicages, ses Objets maquette et autres Chars votifs à la féminité toute contenue ; place au trait noir, vert, rouge grâce auquel il « renoue » avec la technique dite des 3 crayons pratiquée dans le dessin de portrait au 18 e siècle, pierre noire, sanguine et blanc de Meudon. Mais ces portraitslà ont une face de masque mortuaire, chauves et sans expression, tirés d’images publicitaires photographiées et redessinées, d’où cette sensation de duplicata par stylobille interposé. Avec la série des vanités (encore un thème récurrent dans l’histoire de la peinture), Alain Pontarelli s’offre des digressions ironiques, comme si le éternellement en chantier, entre attachés-cases et vieilles statues, téléphones portables et Coccinelles indéboulonnables. Des clichés volés au temps, frisant les reportages des années 70 : une ville hors d’âge, cruellement blanche. Luc Benito, codirecteur du Pôle cinématographique et d’éducation à l’image du Var, tente un rapprochement entre « ces deux observateurs, ces deux médiateurs que sont Wenders et Plossu », le Wenders des Ailes du désir : sauf que là où le cinéaste touche à l’intime et transforme la métamorphose des anges Cassiel et Damiel en fable onirique, le photographe (l’observateur et non l’artiste) nous laisse de marbre. V. Portrait x 4 Avec Melania Avanzato, Jean Claude Mouton (auteur de l’album Berlin, l’effacement des traces présenté en introduction de l’exposition Plossu à côté d’un 33 T de Bob Dylan), Nicolas Comment et Franck Pourcel, Berlin se décompose. Novembre 2009, Melania Avanzato passe de l’autre côté du Mur pour créer son propre mur d’images : 40 petits formats juxtaposés qui racontent en une frise noir obscur les visions brouillées d’une ville la nuit, les grues et les vestiges, les chiens errants et les silhouettes incertaines. Le pouls de la ville bat ici, comme le suggèrent les vignettes aux couleurs passées de Jean Claude Mouton laissant entrevoir des morceaux de vies et de villes en mutation. Avec Est-ce l’Est ?, Nicolas Comment expérimente dans l’ancien Berlin-Est la pratique du « roman visuel et sonore » dont l’exposition livre une série photographique et une vidéo : « un film fixe, un disque imagé » seul transformisme des crânes pouvait être un pied de nez à la mort ! Mais toujours la même ardeur obsessionnelle, dans le trait dense et géométrique des Dessins, Alain Pontarelli X-D.R composent cette ballade guidée par Bowie et Lou Reed. Novembre encore comme Melania Avanzato, 2005 encore comme Bernard Plossu… Franck Pourcel s’immerge durant trois nuits dans la mélancolie de Berlin : toujours la rue mais dans une vision moins architecturale et plus humaine, des intérieurs et même quelques portraits. Berlin aurait-elle soudain un visage ? M.G.-G. Berlin Bernard Plossu jusqu’au 22 janvier Espace d’art Le Moulin, La Valette 04 94 23 36 49 Sur Berlin, Carte blanche à Bernard Plossu jusqu’au 15 janvier Maison de la photographie, Toulon 04 94 93 07 59 Berlin Bernard Plossu dessins, comme dans la courbure du fer dentelé des sculptures. Les Chantiers de la lune, qui l’accueillent, ont depuis 2003 creusé leur sillon à La Seyne-sur- Mer avec cinq expositions annuelles, un programme de lectures, stages, concerts et débats ouvert à diverses associations. Un travail reconnu qui leur permet de prendre le risque d’exposer, du 14 janvier au 12 mars, l’artiste franco-péruvienne Rustha Luna Pozzi-Escot dont les photographies peuvent faire l’effet d’une bombe… M.G.-G. Dessins Alain Pontarelli jusqu’au 24 décembre Les Chantiers de la Lune, La-Seyne-sur-Mer 04 94 06 49 26 www.leschantiersdelalune.com



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