Zibeline n°36 décembre 2010
Zibeline n°36 décembre 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°36 de décembre 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 8,8 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... entreprises et culture.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 50 - 51  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
50 51
50 CINÉMA FILM CMCA SEMAINE ASYMÉTRIQUE Moi, ma famille Rom et Woody Allen est l’un des documentaires figurant au palmarès de la 15 e édition du Prix International du Documentaire et du Reportage Méditerranéen qui s’est tenu pour la seconde fois à Marseille. Il a obtenu, à juste titre, le Prix Première Œuvre documentaire, dévoilé au Palais de la Bourse en présence des réalisateurs en compétition venus des deux rives du Mare nostrum. « Moi », c’est Laura Halilovic, une réalisatrice de 19 ans dont la voix accompagne le spectateur tout au long du film, pleine d’énergie, de tendresse et d’ironie. Elle raconte la vie de sa famille Rom en Italie. Arrivée de Yougoslavie, elle vit d’abord dans un campement près de l’aéroport de Turin. Les images filmées par son père, cadrées parfois avec maladresse, floues mais touchantes, montrent une petite fille heureuse, qui adore danser, rire ; elle va connaître le racisme à l’école, le regard des gadjé, ceux qui ne sont pas roms. Elle va découvrir la vie en HLM, difficile, alors que sa grand-mère et ses oncles bataillent pour rester sur le terrain qu’ils ont acheté et duquel la mairie veut les expulser. Woody Allen, c’est son idole depuis l’enfance, celui qui lui a donné envie, à neuf ans, de devenir réalisatrice, dont elle a vu tous les films, à qui elle a écrit et dont elle espère une réponse. Elle va même jusqu’à la Mostra de Venise lui demander un autographe. « Il a signé, m’a souri et est reparti avec mon stylo », commente-t-elle malicieusement. Et c’est sur ce même ton qu’à plusieurs reprises dans ce documentaire intime et humaniste, elle évoque son refus ferme à ses parents : elle ne veut pas encore se marier ; elle veut devenir réalisatrice. À vingt ans, elle a bien commencé… ANNIE GAVA Un documentaire que l’on peut voir à L’Alcazar, en VAD, jusqu’au 15 janv, tout comme les 29 films de la sélection www.prixcmca.wordpress.com Faux-semblant Nicole Garcia A.G Ce n’est qu’un début… b Le Titien peint un tableau, un dernier, une Piéta. À côté de lui, une femme s’occupe de lui, dont on ne sait pas grand-chose, modèle, servante, ou courtisane. Et puis il y a Venise, la ville qui parle du passé. C’est sur ces traces que partent Karine de Villers et Mario Brenta dans leur film Calle della pietà présenté en avant-première, le 23 nov aux Variétés dans le cadre de la Semaine Asymétrique organisée par Film Flamme, qui s’est tenue à Marseille du 22 au 28 nov. Karine de Villers et Mario Brenta ont filmé pendant plus d’une année leur rencontre, leurs Sixième long métrage de Nicole Garcia, Un balcon sur la mer reprend les thèmes chers à la réalisatrice de Place Vendôme, de L’adversaire et du Fils préféré : blessure et fragilité des hommes sous les apparences d’une virilité rassurante, irruption d’un passé bouleversant dans un présent trop lisse pour être honnête, difficulté de trouver sa juste place. Ce dernier opus s’enrichit d’échos autobiographiques : l’Algérie des années soixante, pays perdu en même temps que l’enfance. Marc (Jean Dujardin), agent immobilier au 4/4 flambant neuf, solidement installé dans la pierre, marié à un professeur de droit (Sandrine Kiberlain), gendre et père parfait croit reconnaître dans une cliente (Marie-Josée Croze) la petite fille qu’il aima avant l’exil. Enquêtant sur celle qui se dérobe et chamboule sa vie, il retrouve une mémoire occultée, tronquée par les omissions et les illusions qu’il a bien voulu se donner. C’est avec une certaine élégance que les motifs du double et du faux-semblant se développent, que les étapes du parcours de Marc se concrétisent dans les lieux filmés : Oran rêvée à l’aube déserte et fantomatique, Oran reconstituée théâtralement à « hauteur d’enfant », Oran grouillante et colorée, ville et vie reconquises. Mais le film donne aux spectateurs trop de clés et ne préserve pas la part d’ombre nécessaire. Les flashbacks démontrent plus qu’ils ne suggèrent. Hitchcock et Campanella sont trop présents à notre esprit. Est-ce pour cela que ce qui est annoncé comme un « thriller sentimental » ni ne nous émeut vraiment ni ne nous fait frissonner ? ÉLISE PADOVANI Sortie le 15 déc Io la mia famiglia de Laura Halilovic Venise, Le Titien et le temps qui passe Calle della pieta de Karine de Villers et Mario Brenta lieux de vie, la maison du Titien. La caméra est un pinceau offrant aux spectateurs le spectacle du temps qui a passé, qui passe. On est le 26 août 1576, il y a la peste, la Mort à Venise, l’île du Lazzaretto où les pestiférés font les mêmes gestes que le Titien, avec leurs doigts, pour laisser une trace de leur passage éphémère dans ce monde. L’essence de l’art est là peut-être, et c’est la texture même des choses que nous font toucher les auteurs de ce documentaire de création qui soulève bien des questions sur le temps : les algues accrochées aux amarres, la fleur de jasmin qui s’ouvre dans la tasse de thé, les statues de pierre rongées par les années, les balises qui émergent d’une lagune ouatée. Tout est sensible, l’odeur de la décomposition, le cri des mouettes qui se battent pour la vie, la matière flasque d’un poulpe rejeté à la mer. Chaque plan est un tableau qui entre en écho avec les images du peintre, et les nôtres. Une balade poétique, plastique qui entraîne dans une méditation mélancolique, nostalgique parfois… bien loin de la biographie filmée ! A.G.
L’ALHAMBRA RENCONTRES D’AVERROÈS LA SEYNE CINÉMA 51 Yeux grand levés Le corps est immobile, les lèvres sourient, s’entrouvrent, se tordent, le regard s’émerveille ou s’horrifie de ce que nous ne voyons pas. Ce sont des enfants-spectateurs saisis en gros plans durant des projections scolaires, regardés regardant par le photographe Meyer. On reconnaît, juxtaposées, superposées, les images des films qui les captivent : la silhouette d’Errol Flynnen Robin des bois, un intérieur d‘Ozu, le cheval venu de la mer de Newell... Bien moins sages que sur les clichés et bien moins figés, les jeunes spectateurs accompagnés de leurs parents et de tous les acteurs de l’aventure ont investi joyeusement L’Alhambra le 19 nov pour l’inauguration de l’exposition présentée dans le hall du cinéma jusqu’au 26 janv. Trois projections à cette occasion : le diaporama des photos de l’expo doublé Exposition Dans le cinema, l'enfant-spectateur, photographies de Meyer d’une bande mixant des bouts de sons de films vus par les enfants, d’étonnants photomontages réalisés à Bamako sur des fonds choisis par les sujets photographiés, et surtout Mon frère Lumière, reportage sur les tournées en Afrique du CNA (cinéma numérique ambulant) où se retrouve le même désir pour Meyer de capter le hors champ, la magie de la réception d’une image, le moment où elle s’inscrit dans la mémoire. On pense aux liseuses des peintres, même lumière sur les visages, même immobilité dans un temps suspendu. Ici, simplement, les yeux ne se baissent pas, ils se lèvent et s’éclairent rappelant que le cinéma comme le soulignait Godard est plus grand que nous. ÉLISE PADOVANI Dans le cinéma, l’enfant-spectateur Jusqu’au 26 janv L’Alhambra, Marseille 16 e Femmes en courts Le 10 déc, au Théâtre Apollinaire de La Seyne-sur-Mer, c’était l’avant-dernière soirée de la manifestation Portraits de femmes, une Nuit consacrée au court métrage. Durant trois heures, entrecoupées d’une pause conviviale, se sont succédé douze films, aux sujets variés, traités avec légèreté, gravité ou humour. Le public, très nombreux, a particulièrement apprécié le court de Christophe Le Masne, Annie de Francia, une Espagnole qui veut retrouver ses racines, interprétée par la pétillante Nanou Garcia, qui a donc reçu le Prix du public. Mais Merci ! de Christine Rabette avec l’hilarant Jan Hammenecker, a également été très bien reçu, et a fait s’écrouler de rire le tram et…la salle ; très applaudis aussi, L’Année de l’Algérie de May Bouhada, un casting qui révèle bien des surprises, ainsi que La Prévention de l’Usure de Gilles Charmant, un couple qui réinvente le monde et l’amour, parfois avec lourdeur ! Peu d’applaudissements en revanche pour C’est gratuit pour les fillesde Annie de Francia de Christophe Le Masne Claire Burger et Marie Amachoukeli malgré l’excellente interprétation de Laetitia Hadri, Yéliz Alniak, pourtant débutantes. Ni pour Lost Paradise du couple Mihal Brezis et Oded Binnun qui met en scène un couple qui fait l’amour au-delà des différences culturelles et religieuses. Ni pour Tre ore d’Annarita Zambrano, trois heures d’un père condamné pour le meurtre de sa fille. Sujets trop graves dans une période de crise ? En tout cas, on ne peut que saluer une programmation et une projection de qualité, proposées par Les Chantiers du Cinéma. A.G., www.festivalportraitsdefemmes.fr Mers fragiles Le 25 nov au cinéma les Variétés, en ouverture des tables rondes des Rencontres d’Averroès (voir p 72) a eu lieu la soirée Thalassa en présence de Georges Pernoud, producteur de l’émission, le navigateur et peintre Titouan Lamazou, François Jacquel, directeur du CMCA et Thierry Fabre. Trois reportages consacrés à la Méditerranée ont été présentés au public. Gaza, une plage sous embargo nous montrait, six mois après l’opération « PlombDurci » menée par Israël, une longue plage que l’on parcourt du nord au sud en moins d’une heure, baignée d’une eau polluée : les égouts se déversent directement sur la plage et des millions de litres d’eau non-traitée sont rejetés chaque jour. C’est dans cette eau que se baignent pourtant les Gazaouis, enfants et adultes dont c’est le seul espace de liberté ! Et c’est là que nous rencontrons Zeinab, Marmoud, Mohamedqui nous parlent de leur vie, triste, et de leurs rêves. Un reportage qui interpelle ! Méditerranée : une mer tropicale ? rend compte d’une enquête sur l’apparition de nouvelles espèces de poissons venues de l’Océan Indien, du Pacifique ou de Mer Rouge, découvertes le long des côtes d’Israël, de Turquie et de Sicile. Quant à D’un littoral à l’autre : la double vie de Benidorm, il nous montre des images hallucinantes de ce village de pêcheurs, dont le littoral est devenu l’une des plus grandes stations balnéaires d’Europe, la plus grande concentration de gratte-ciels par habitant après Manhattan. Des images à vous écœurer des vacances et des vacanciers ! Et susceptibles, on l’espère, de nous amener à changer nos comportements ? Trois reportages qui étaient une très bonne introduction aux tables rondes des Rencontres d’Averroès : la deuxième, spécifiquement consacrée à la mer, a repris tous les questionnements soulevés par ces films. ANNIE GAVA D’un littoral à l'autre la double vie de Benidorm



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 1Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 2-3Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 4-5Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 6-7Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 8-9Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 10-11Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 12-13Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 14-15Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 16-17Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 18-19Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 20-21Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 22-23Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 24-25Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 26-27Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 28-29Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 30-31Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 32-33Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 34-35Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 36-37Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 38-39Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 40-41Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 42-43Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 44-45Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 46-47Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 48-49Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 50-51Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 52-53Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 54-55Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 56-57Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 58-59Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 60-61Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 62-63Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 64-65Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 66-67Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 68-69Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 70-71Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 72-73Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 74-75Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 76-77Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 78-79Zibeline numéro 36 décembre 2010 Page 80