Zibeline n°36 décembre 2010
Zibeline n°36 décembre 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°36 de décembre 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 8,8 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... entreprises et culture.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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nilmta/04 rafu\1 r I POLITIQUE CULTURELLE LE THÉÂTRE LIBERTÉ À TOULON J Le règne du flou La nomination à la direction du Théâtre de la Criée n’est toujours pas officielle… ce qui paralyse d’autant plus la vie de ce bâtiment miné par l’amiante (ce n’est pas une coquetterie, un technicien vient de mourir du cancer de la plèvre). Pendant ce temps-là à Toulon un magnifique théâtre de trois salles se construit, ce dont on ne peut que se réjouir, la ville manquant jusqu’alors cruellement de scènes dramatiques. Mais dire que les conditions de nomination, de labellisation et de financement restent floues est un euphémisme ! Les chiffres d’abord : en juillet M. Mitterrand annonçait lors de sa visite de presse que l’État donnerait 1.7 M € par an pour son fonctionnement, alors que l’agglomération Toulon Provence Méditerranée nous confiait (voir Zib’33) que l’État investirait 20% seulement des subventions, soit, d’après le budget prévisionnel qu’on nous avait donné, environ 800 000 €. Somme encore considérable, près du double de celle allouée aux autres scènes nationales de la région. La Direction Régionale des Affaires Culturelles, aujourd’hui, annonce une subvention de 160 000 € seulement. Qu’en sera-t-il ? Et si le Conseil général 83 confirme aujourd’hui qu’il accordera 1 100 000 € au double pôle Toulon Châteauvallon, le Conseil Régional ne s’engage pour l’instant que sur 40 000 € de subventions de fonctionnement. TPM annonce ainsi un budget de fonctionnement, pas encore voté par les différentes collectivités, de 3.5 M €, alors qu’en juillet il était question de 5.3 M € … Processus de nomination Il n’est guère plus clair… Il est normal que le maire de Toulon veuille équiper sa ville d’un théâtre à sa mesure, et choisisse le directeur qui lui convient. Mais l’obtention d’un label de Scène nationale se fait d’après un projet artistique, et en respectant un processus de nomination des directeurs, après appel d’offre, et en deux tours. Ainsi il n’est plus question que la région Paca accorde a priori le label de Pôle régional, que les théâtres obtiennent après plusieurs années d’existence, lorsqu’ils ont démontré leur respect d’un cahier des charges précis au niveau de la création et de la diffusion régionales, et du développement du territoire. Les frères Berling, quelles que soient leurs qualités (nous avons à plusieurs reprises vanté dans ces colonnes les vertus artistiques de leur travail, à la fois fin et accessible), n’en sont pas passés par ces processus. Avoir été le compagnon officiel de Carla Bruni ouvre-t-il suffisamment grand les portes ? On aimerait vraiment ne pas avoir à poser ce genre de questions, et que les nominations et financements des équipements publics soient fondés sur des démarches plus limpides… AGNÈS FRESCHEL Etat Région PACA CG 83 TPM Total Coût Investissement (construction) CPER* 2,4 M € 1,051 M € + CPER* : 1,2 M € 2,234 M € 3,171 M € 10,056 M € 11,400 M € Fonctionnement (annuel) 160.000 40.000 1.100.000 ? ? 3.5 M € * CPER : Contrat de Projet État/Région, destiné à financer les équipements structurants (2/3 État 1/3 Région) Les chiffres sont ceux communiqués par les différentes collectivités, le coût total étant communiqué par TPM Le fonctionnement est un prévisionnel 2011, les subventions 2010 n’étant pas significatives. Communiqué de la Direction Régionale des Affaires culturelles Comme Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la communication, l’a annoncé à Toulon le 31 juillet 2010, l’attribution d’un label de Scène nationale associant Châteauvallon et le théâtre Liberté est en cours pour la constitution d’une Scène nationale de territoire sur deux sites. Il s’agit de corriger le déficit de l’offre théâtrale sur ce territoire en dotant Toulon -10 e agglomération française- d’une scène de qualité, en prenant en compte le travail remarquable effectué à Châteauvallon et son dynamisme. L’objectif, conformément aux orientations du ministère de la Culture est de mutualiser les deux équipements complémentaires en vue d’une coopération croisée. À ce stade, un comité technique réunissant l’ensemble des collectivités publiques et les directeurs des deux établissements est en place pour mener à terme ce dispositif novateur. Ricardo Vazquez, directeur des affaires culturelles du CG 83 En termes de subventions, quel est l’investissement financier du CG 83 ? Il s’agit d’une scène nationale de territoire qui comprendra deux équipements : Châteauvallon, pour lequel est prévu une aide du CG83 de 500 000 euros, et le théâtre Liberté qui aura 600 000 € de fonctionnement du CG83. Le Conseil général est par ailleurs intervenu à hauteur de 30% du budget global d’investissement (construction), investissement conforme aux modalités d’aides du département en direction de la communauté d’agglomération TPM. La construction de ce théâtre est-elle légitime ? À l’origine il était prévu d’ouvrir un théâtre à La Seyne-sur-Mer, sans que cela ne pose de problèmes à personne car la direction artistique devait être assurée par Châteauvallon. Toulon compte 180 000 habitants et la communauté d’agglomération 450 000, il était donc légitime de construire un théâtre : le seul existant est le théâtre associatif Espace Comedia de 735 places. Les frères Berling sont nés à Toulon, ils en sont partis à plus de 20 ans. Ils connaissent la ville, ses habitants. On leur fait un procès en parisianisme alors qu’ils sont toulonnais ! Patrick Mennucci, vice-Président du CR PACA délégué à la Culture Pensez-vous attribuer le label de Pôle Régional au nouvel équipement bicéphale de TPM ? Pour l’instant le problème n’est pas là, et il n’en est pas question dans l’immédiat. Pensez-vous qu’un nouveau théâtre à Toulon soit utile dans le paysage culturel régional ? C’est évident. Toulon est sous-équipé en théâtres. Mais il faut réussir à construire des synergies et des coopérations avec les structures particulièrement dynamiques qui existent dans le territoire avoisinant. C’est indispensable. Que pensez-vous de la nomination des frères Berling à la tête de cet équipement ? Ce sont des personnes de grande qualité. Mais leur nomination est un peu précipitée.
POLITIQUE CULTURELLE 05 Alain Neddam, directeur adjoint du Théâtre La Passerelle/Gap, scène nationale des Alpes du Sud Que pensez-vous des conditions de nomination des frères Berling, et de l’attribution du label de Scène nationale, au futur Théâtre Liberté de Toulon ? Les conditions de nomination au Théâtre Liberté sont dérogatoires par rapport à des institutions culturelles de cette dimension (CDN ou Scènes nationales), où un appel à candidatures doit être publié et où le directeur est choisi par un jury composé des différentes tutelles sur la base de son projet artistique. Il semblerait d’ailleurs que le projet de Philippe et Charles Berling s’apparente plus à celui d’un Centre Dramatique National (créations maison, coproductions théâtrales, accueil de spectacles théâtraux) que d’une Scène nationale (programmation pluridisciplinaire, directeur non-artiste assurant une programmation et choisissant des artistes associés). Que pensez-vous de son financement, et considérez-vous qu’il puisse léser les scènes nationales de la région ? Pour l’instant, hormis la tutelle principale (TPM) qui s’est engagée en la personne de son président Hubert Falco, rien ne semble vraiment fixé à ma connaissance au sujet des autres financements publics du Théâtre Liberté. Quant à savoir si la subvention accordée à un théâtre lèse celui dont je m’occupe, ce n’est pas ma vision des choses, nous essayons autant que possible de travailler avec d’autres institutions de la Région dans un esprit de coopération et d’échanges (coproductions de nos artistes associés, réductions des coûts par l’organisation de tournées cohérentes sur notre territoire) plutôt qu’en termes de rivalité et de concurrence. Peut-on protester lors de l’ouverture d’un théâtre en considérant que cette institution nouvellement financée empêche le développement des autres ? Le seul chiffre que je retiendrais si je voulais établir une comparaison de budget, est la disproportion de financement du ministère de la culture entre les 70 scènes nationales, couvrant géographiquement tout le territoire national (66 M € pour plus de 2 millions d’entrées sur une saison) et les établissements publics comme l’Opéra national de Paris (104,6 M € pour 800 000 entrées sur une saison). Jean-Michel Gremillet, directeur de la scène nationale de Cavaillon, et membre du Conseil National du Syndeac Que pensez-vous des conditions de nomination et de l’attribution du label de scène nationale au futur Théâtre Liberté de Toulon ? C’est le droit d’un maire de recruter qui il veut et comme il le veut, mais pour obtenir un label national il doit entrer dans des procédures, qui sont aujourd’hui fixées : les candidats doivent déposer un projet artistique sur lequel ils sont retenus, ils doivent avoir l’expérience de gestion et de programmation d’un lieu. Il est clair que les procédures habituelles de recrutement ne retiendraient pas les frères Berling, même pour la short list (la liste des quelques candidats retenus d’après dossier, et qui présentent leur projet au cours du deuxième tour, lors d’un entretien avec les tutellesndrl). Ceci dit Charles et Philippe Berling semblent investis dans une logique de relation au territoire, on les voit dans les réunions, ils agissent en programmateurs… Je n’ai absolument rien contre leurs personnes, mais il est clair que les procédures ne sont pas respectées. Quel peut être l’impact, sur le plan régional, de leur arrivée dans le territoire ? Il est complexe. Le ministère indique que « le périmètre global des scènes nationales n’a pas vocation à évoluer. » C’est-à-dire qu’elles resteront 70, avec une enveloppe budgétaire contrainte, qui stagne malgré l’augmentation des coûts. Or le ministère a 7 ou 8 projets de scènes nationales supplémentaires : à Toulon, à Grasse, en Corse en particulier. Ce qui signifie clairement que certaines scènes nationales existantes sont menacées. En août une circulaire fixait, pour une scène nationale, un seuil budgétaire de 2 millions d’euros minimum. À Cavaillon nous ne les avons pas. Un autre seuil est celui de la participation de l’État, qui doit être de 500 000 € minimum. En Paca seul le Merlan les a : ni Gap, ni Martigues, ni Cavaillon qui en est loin. Est-ce à dire que nous allons voir nos subsides augmenter jusqu’à ce seuil ? La seule réponse du ministère est que tout sera traité au cas pas cas. ENQUÊTE RÉALISÉE PAR AGNÈS FRESCHEL, DOMINIQUE MARÇON ET MARIE GODFRIN-GUIDICELLI



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