Zibeline n°36 décembre 2010
Zibeline n°36 décembre 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°36 de décembre 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 8,8 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... entreprises et culture.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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1 " 34 MUSIQUE CONTEMPORAINE Écrire la musique aujourd’hui 4 1 Magmas profonds et entêtés de clarinette (Linda Amrani) qui, aussi, fait cliqueter ses clés, cor vibrant au brame saturé (Marylin Pongy), effets glacés de cordes (YannLe Roux Sédes, Jean- Christophe Selmi, Pascale Guérin, Guillaume Rabier) suspensions dissonantes, faux unissons, masse sonore dégoulinante… c’est par une pièce résolument contemporaine de 2009 que l’Ensemble Télémaque débute son second concert du Mois des Compositeurs. Une pièce retenue par Raoul Lay à l’issue d’un call for score international qui, par un intrigant hasard, a sélectionné deux jeunes Brésiliennes ! Si l’auteure Valéria Bonafé, dont la partition intitulée Circulos a séduit l’assistance, n’a pu faire le voyage de Sao Paulo, sa compatriote Tatiana Catanzaro s’est exprimée avec charme et émotion sur la mélancolie, sorte de mal du pays éprouvée à l’écoute du 3 e Prélude de Villa Lobos. La compositrice a présenté son opus représentant musicalement trois Tableaux d’un musée imaginaire inspirés d’Impressionnistes et que les couleurs sonores, la présence de la harpe et de la flûte (Charlotte Campana) place sur la même toile. En miroir, deux opus de Ravel (Introduction et Allegro) et Albert Roussel (Segovia op.29) ont mis en relief la virtuosité sensible de la harpiste Lydia Laurent et du guitariste Philippe Incisif Le festival Convergences a débuté sur un rythme soutenu au GMEM le 2 déc ! Ouverture prometteuse pour un mini festival de rencontres singulières, le duo composé de Lucie Antunes aux percussions et Joël Versavaud aux saxophones a su rassurer ceux qui doutaient d’une telle association. Mais le XX e siècle s’est largement tourné vers le monde percussif à l’image de Xenakis Consacrer un mois à la musique en création était un pari audacieux de l’Ensemble Télémaque : quatre concerts, accompagnés de rencontres, répétitions publiques et ateliers ont réuni un public nombreux autour de la question a priori aride de la composition contemporaine D’aujourd’hui et d’hier Jean-Christophe Selmi Agnes Mellon o Azoulay qui en « pinçant » leur cordes ont touché nos « âmes ». L’Hommage émouvant rendu à Robert Coinel, compositeur apprécié de notre région disparu trop tôt l’an dernier, a conclu en apothéose ce récital qui a marié avec bonheur l’aujourd’hui sensible à l’hier récent. JACQUES FRESCHEL Les Pinceurs d’âme a été joué à la Villa Magalone le 19 nov. Comprendre et de son Dmaathen, dialogue haletant parfois proche de la transe. Du même compositeur, Rebonds est une pièce impressionnante, dévoilant les ressources timbriques et les résonances insoupçonnées de l’instrumentarium comme la nécessaire virtuosité de l’interprète. Très chaleureusement accueillie, la création de Lionel Ginoux intitulée Un peu plus loin, de plus près a réussi le pari d’évoquer des sonorités reculées par une riche palette percussive mettant Deux compositeurs marseillais Un théâtre des Bernardines bondé accueillait le 26 nov deux créations. Le rêve de l’homme-oiseau de Pierre-Adrien Charpy rappelle l’effectif d’Octandre de Varèse : trompette, cor, trombone, contrebasse, basson, clarinette, hautbois, flûte traversière. Mais il s’agit d’un concerto pour accordéon ! Jean-Marc Fabiano se joue de toutes les difficultés et subtilités avec une maîtrise étonnante. L’accordéon installe un thème populaire sur des nappes de timbres, crescendo expressif, palier descendant et jeu subtil des bois en dialogue. Un déchaînement rythmique soudain, redoublements de sons rappelant le Kammerkonzert de Ligeti, puis des univers oniriques (Shéhérazade de Ravel, Asie). Charpy aime draper les timbres d’une couleur, d’un motif simple puis surprendre par un jeu solistique très sophistiqué. Pièce d’un seul tenant, sur un tissage rythmique précis, qui part du souffle, et conclut par un autre souffle mystérieux : une belle réussite et une direction remarquable de précision et d’engagement de Raoul Lay. On saluera le tour de force de Fabiano, surmontant les variations de la Chaconne de la Partita pour violon n°2 de Bach, transcrite par Busoni. L’Octandre de Varèse, dans la très belle interprétation de Télémaque, affirme comme élément structurel le timbre, paramètre primordial de la composition,. Puis débute le Glam Concerto de Raoul Lay, pour piano : un seul mouvement, en glissandi harmoniques, repose sur une succession d’épisodes très théâtraux, rappelant Maurizio Kagel : une musique dynamique d’une grande richesse expressive. Dans la cadence diabolique, le pianiste survolté Hubert Reynouard parcourt le clavier dans tous les registres, avec maestria. Après quelques clins d’œil à la musique américaine (Copland Gun Batlle Billy the Kid) et ses accents percussifs -Christian Bini subtil et précis-, le piano devient plus statique et chaque instrument entame des motifs élégants, entrecoupés de silences mystérieux, roulements de timbales précédant l’ultime suspension. Un concerto d’une variété rythmique et mélodique magistrales, dans une concision maîtrisée. Marseille peut s’enorgueillir de compter dans sa cité deux compositeurs si talentueux. YVES BERGÉ o Écouter de la musique c’est bien, la comprendre c’est encore mieux. Le deuxième épisode des ateliers concerts (série de 4 concerts pédagogiques proposés pour les collégiens et lycéens à 16h, puis pour les adultes à 18h dans l’auditorium de l’Alcazar) contribue à mettre à la portée de tous une musique qui, même si elle a parfois un siècle d’existence, reste marginalisée, voire abhorrée. L’histoire de la musique du XX e siècle semble au demeurant ne plus avoir de secret pour le public nombreux et conquis de ces concerts commentés, formule pédagogique idéale sans être formatée ! Dès la pièce pour percussions seules Rebonds de Xenakis, tribale et virtuose mais parfaitement maîtrisée par un Christian Bini impressionnant, les grands et petits « élèves » ont compris pourquoi Jean-Marc Fabiano Agnes Mellon Raoul Lay, directeur musical de l’ensemble et maître de cérémonie très à l’écoute avait intitulé ce second chapitre La musique et la pulsation : Les instinctifs. Stravinsky avec L’histoire du soldat, Prokofiev pour son quintette pour vents et cordes, Varèse pour Density 21,5 et Octandre ou l’Américain Riley pour un extrait significatif d’InC, musique répétitive très peu jouée en France, ne contrediront nullement son angle de lecture. Changeant de casquette pour revêtir celle de compositeur l’espace d’un instant, le chef d’orchestre put alors faire profiter l’auditoire d’explications concernant la genèse de sa Danse du diable, tirée de La jeune fille aux mains d’argent. Ludique et passionnant. FRÉDÉRIC ISOLETTA o l’accent sur les peaux, les associant à une écriture moderne où le saxophone soprano pouvait tisser ses mélopées, parfois litaniques, parfois incisives. Une réussite pour une pièce dense à la formation audacieuse pleine de ressources, comme pour ce duo d’instrumentistes offrant leur talent à une musique encore trop méconnue. F.I. o
MUSIQUE 35 Ça ça métisse ! Pour la clôture des Tables Rondes d’Averroès (voir p72), L’Espace Culture-Marseille et Le Cri du Port ont invité le Yuvaï Amihaï Ensemble, mené par le guitariste et compositeur israélien : entre jazz, musiques planantes aux accents populaires et improvisations énergiques, le quintette se révéla talentueux. Suivait Rabih Abou-Khalil, et son quartet : Gavino Murgia, voix et sax soprano, se régalait dans des improvisations human beat box déchaînées, usant de tessitures très graves sur les tenues magiques de Luciano Biondini, accordéon. Jarrod Cagwin, batterie, percussions, gardait une pulsation dynamique dans des chorus effrénés. Amoureux de musique sous toutes ses formes, ouvert à toutes les harmonies et dissonances, Abou Khalil s’autorise tous les métissages. C’est aussi un conteur chaleureux, plein d’humour ; il rappelle la richesse de la Voyage au centre de la terre Dans les entrailles de la Fondation Vasarely, au cœur d’une petite salle cryptique muselée pour l’occasion par un rempart de 18 mini enceintes, le maître de cérémonie, Jean-Marc Duchenne, convia le public à venir s’immerger dans le monde des acousma-sons. Sa pièce, Au cratère de lune, suivie de celles de Vincent Carinola, Cielo vivo, et d’Hervé Birolini, Perséides, dépeignirent, aux travers de co ces titres évocateurs, un monde fantasmagorique, magique, à la frontière entre terre et ciel. Au centre d’une véritable constellation sonore, l’auditeur, balayé par l’aspect cinétique du son diffusé à travers les haut-parleurs, englouti dans un univers plastique tout en vitesse et mouvement, se mua en avatar de toile futuriste à la Balla. Les textures complexes toujours mouvantes, entre bruits, hauteurs déterminées, souffles…, sculptèrent l’espace, le modelèrent et laissèrent dans l’enceinte les traces invisibles de leurs passages. Un beau voyage initiatique au sein de la matière. CHRISTOPHE FLOQUET Hauts parleurs transparents en attente de cablage X-D.R. puissant. Un autre thème, en hommage à la guerre du Liban, démarre discrètement, orné, lascif, comme un paradis perdu, le son très ample de l’accordéon contraste avec les cassures du oud et les contretemps du bendir (peau). Abou Khalil ne s’installe jamais : l’énergie positive reprend le dessus, comme un message entêtant : une main gauche survoltée, une main droite inapaisable domptent un instrument qui devient guitare électrique, tornade de sons et de rythmes. Musique de la liberté, qui en une soirée, embrasse mille et un univers. YVES BERGÉ Rabih Abou-Khalil X-D.R. musique arabe et ses 300 gammes, et chaque morceau est l’occasion d’une anecdote : « Les Américains sont venus à Bagdad pour s’inspirer de la culture irakienne ! Ils n’ont rien trouvé, ils sont repartis ! » Rires, puis les mélodies endiablées démarrent aussitôt. Khalil, maître du oud, sait faire vibrer le public : sa mélodie saccadée sur un contrechant legato du saxophone soprano se développe, puis laisse entrer tous les instruments sur un crescendo Ce concert a eu lieu le 27 nov à l’Espace Julien Multicolore Soirée haute en couleurs, entre Amérique et création, pour le dernier concert symphonique de l’année Une entrée fulgurante et festive donna le ton de la soirée, les cuivres avaient ouvert la marche avec l’ouverture de Candide de Leonard Bernstein, condensé de quatre mélodies issues des thèmes de la comédie musicale, délicieusement manœuvrée par une écriture rythmique, cuivrée et percussive. Mais la star de la soirée n’est pas encore sur scène, le jeune « Paganini » serbe des temps modernes, Nemanja Radulovic, révélation internationale lors des Victoires de la Musique, s’impose par sa technique parfaitement maîtrisée, son lyrisme poussé à travers des vibratos parfois osés, et sa chevelure omniprésente marquant le flux d’une musique néoromantique. L’écriture du concerto pour violon de Samuel Barber, bien connu pour son Adagio pour cordes, véritable mélodiste et talentueux compositeur américain, peut correspondre à une tendance esthétique des jeunes interprètes privilégiant une musique moderne empreinte de lyrisme. L’orchestre d’ailleurs s’y démocratise : les mélodies confiées au premier violon passent à la clarinette tandis que la harpe déploie ses tendres arpèges puis que les cloches, marimba, vibraphones dressent un tableau d’une rare o Nemanja Radulovic Eric Manas douceur... La 1 re Symphonie du jeune compositeur marseillais Nicolas Mazmanian, commande de la ville de Marseille, célèbre l’énergie de la vie, l’amour, le rêve et l’humour et même le jazz et les modes asiatiques, amenant doucement le public vers le monde oublié de l’enfance. Un temps retrouvé qui le fait tendrement sourire, melting pot néoclassique un peu lourd mais adéquat à cette soirée colorée sous la direction agitée de Guy Condette. AGNÈS CONDAMIN Ce concert symphonique a eu lieu le 2 déc à l’Opéra de Marseille



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