Zibeline n°36 décembre 2010
Zibeline n°36 décembre 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°36 de décembre 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 8,8 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... entreprises et culture.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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32 MUSIQUE CHAMBRE I Pèlerins de Saint Victor L’ensemble La Fenice, direction Jean Tubéry, flûtes à bec, cornet, et Ariana Savall, soprano et harpe, nous ont guidés sur le Chemin de Compostelle, baignés par des musiques médiévales et baroques, et une exaltation de Saint Jacques, contée par la voix occitane du chef, anecdotes pittoresques à l’appui (« Les femmes sortaient des maisons avec Jean-Claude Pennetier X-D.R. Talents d’ici ! Le Grand Foyer est complet ce 27 nov pour entendre le somptueux programme annoncé dans le cadre de la saison de musique de chambre de l’Opéra de Marseille. 15h ! On fait encore la queue devant le rutilant guichet art-déco trônant dans le hall d’entrée en espérant trouver une place (pour 5 € … même pas le prix d’un ciné !). En haut de l’escalier, les musiciens s’installent, s’accordent et attaquent le Sextuor en sol majeur n°2 de Brahms : une véritable mini-symphonie pour cordes que les éminents solistes issus de l’orchestre maison interprètent avec un souci du dosage et de l’équilibre des pupitres, de la tenue rythmique et une belle cohésion, tout à fait à l‘image des formations de métier ! Les deux Sextuors de Brahms (le n°1 en si bémol a fermé le programme) sont des sommets de la littérature décence, pour voir chanter nos compagnons de France »). Arianna Savall, d’une grâce étonnante à la harpe, chante avec délicatesse et grande sensibilité. De Strasbourg à Saint Jacques, un riche parcours musical passe par un choral de Praetorius, une fantaisie de Du Caurroy (Une jeune fillette), et le sublime air avec diminutions N’espérez plus mes chambriste. Pour en tirer tout le sel, il faut posséder une large palette expressive et technique, rendre lisible le contrepoint, faire la part belle au Yves Bergé Question d’équilibre Malgré sa volonté d’en garder un peu sous la pédale (de sourdine), Jean-Claude Pennetier n’a pu masquer le déséquilibre sonore prévisible entre un piano-roi à l’écriture fournie et les quatre cordes émaciées figurant l’orchestre de Chopin. L’adaptation pour quintette de son Concerto n°2, proposée lors de la seconde soirée dédiée au Franco-Polonais, n’a véritablement fonctionné que dans le 2 e mouvement joué (aussi en bis) avec beaucoup de poésie et de fluidité. Le Quatuor Renoir, associé au pianiste français, a en revanche trouvé sa juste mesure expressive dans le rare yeux d’Etienne Moulinié : beau legato expressif et mélancolique, aigus planants d’Arianna Savall, théorbe sensuel de Juan Sebastian Lima. Le Canzon de Bartolomeo de Selma offre une joute virtuose entre cornet et dulciane. Chaudes sonorités de Krzysztof Lewandoski, mélismes, bourdons, chaconnes, folias (motifs qui se répètent en se modifiant) Folias para mi señora de Falconiero, festival de modes de jeux (le très sautillé Repicavan las campanillas de Moulinié) et d’atmosphères où les musiciens passent d’un instrument à l’autre avec aisance. Michael Hell, orgue, clavecin, flûtes à bec, chant donnant à l’ensemble une assise essentielle, avec grande maîtrise. Repartant de Saint Victor, sur les routes de… la rue Sainte, le public, ravi, reprenait en chœur : De cor, de boux, celebrats, cantats toutis ! (Du cœur, de la bouche, célébrez, chantez tous !) entonné par un Jean Tubéry chaleureux. YVES BERGÉ Un Camino de Santiago a été parcouru le 25 nov dans le cadre du 44 e Festival de Musique à Saint-Victor Quintette en fa mineur de César Franck. Un opus sombre et tourmenté pour lequel, dès la première intervention plaintive du clavier, Pennetier a placé la barre très haut en matière de suspension, de retenue, de couleur et de sensualité. Les cordes, dans son sillage, ont servi avec lyrisme l’œuvre d’un génie de l’écriture harmonique et de l’architecture sonore. J.F. Concert donné à la Société de Musique de Chambre de Marseille le 2 déc Jean-Eric Thirault X-D.R. chant, et emmener l’auditeur dans des univers tantôt tendre, énergique, douloureux, populaire, sur des rythmes carrés ou chaloupés, par des modulations pleines de surprises... Souvent la réussite d‘une formation de musique de chambre, paradoxalement, tient à la présence forte de l’altiste. C’est cet instrumentiste qui, au cœur de la polyphonie, mène fréquemment la danse. On ne peut, en l’occurrence, que louer la générosité de jeu de Magali Demesse. Secondée par son alto-ego Xavier Franck, elle a tenu la balance entre le chant aérien des violonistes Roland Müller et Alexandre Amedroet la pâte lyrique des violoncellistes Jean-Eric Thirault et Odile Gabrielli. Faut-il le redire encore aux programmateurs ? Souvent il n’est pas besoin d’aller quérir au loin des talents que l’on a sous la main ! JACQUES FRESCHEL
MUSIQUE 33 Violoncelle hypnotique Encore un très beau concert à l’opéra d’Avignon ! L’OLRAP, dirigé par le chef russe Alexander Vakoulski, a interprété trois œuvres des XX e et XXI e siècles. Pour débuter, on a découvert Entre ses mains de Pascal Dusapin, compositeur star de la musique contemporaine française, et connu des Avignonnais pour sa présence au Festival In cet été : lentement, autour d’un sol, note pivot, l’œuvre se construit, s’élargit progressivement, joue Addiction La Folle Nuit du Théâtre de Nîmes était cette année consacrée à Brahms, avec une incursion moins innocente qu’elle n’y paraît vers l’op 19 de Schoenberg : elle matérialisait l’éclatement de la tonalité influencé par la tempête Brahmsienne. Tempête que le jeu subjectif de Fabio Bidini n’aura de cesse d’entretenir avec le Quatuor Modigliani et François Salque au violoncelle. L’altiste Lise Berthaud, le clarinettiste Romain Guyot et le jeune Trio Atanassov joignaient leurs talents à cette série de cinq concerts de 15h à 23h. Du lourd donc, du duo, du trio, du quatuor, du quintette, du sextuor au kilo ! Affrontés par une jeunesse impressionnante dans son interprétation ! Pourtant la programmation resserrée (deux pièces maximum), intercalée d’entractes confortables (une petite heure pour éviter le mauvais trip…), permettaient une accoutumance fructueuse à des tournures stylistiques et des procédés de compositions propres au maître de Hambourg. Salque, investi, et Bidini inaugurent le voyage avec la Sonate en mi mineur : les jalons sont posés, traits appuyés 0 sur les nuances et les harmoniques au violon solo, en donnant une impression d’immobilité, cependant riche en couleurs. Le morceau, s’achevant par un sublime pianissimo, a démontré l’immense talent du chef invité, et la volonté nouvelle de l’OLRAP de s’ouvrir au répertoire contemporain. Pour suivre, l’opus phare de la soirée, le Concerto pour violoncelle et orchestre n°1 de Chostakovitch, fut joué par une autre star : Alexander Kniazev. par alternance, ruptures rythmiques et harmonies familières en sixtes, c’est bien Brahms conclu par un troisième mouvement solide et fugué. Lise Berthaud étaye le Trio Atanassov et ses jeunes membres plein d’engagement dans le Quatuor pour piano et cordes op 60 et met majestueusement en valeur les accents beethovenien de l’allegro final. L’overdose est finement évitée par un 0 Composé pour Rostropovitch en 1959, il porte toute l’émotion et l’âme sensible du peuple russe. Le soliste l’a interprété avec fougue et passion, et c’est dans la Cadenza que, suspendu à l’archet de l’interprète, le public a écouté, hypnotisé par tant d’émotion. L’ovation qui suivit fut à la mesure de ce succès ! Infatigable, malgré l’intensité physique qu’il déploya dans le Concerto, le violoncelliste est revenu jouer, en bis, deux extraits de Suites changement de texture avec le Sextuor à cordes n°1 et ses appels de quartes caractéristiques dans les variations qui induisent une passacaille à l’arrière plan et l’héritage de la tradition. Nous sommes alors disponibles pour le retour du piano dans le trio op 87 ! Atanassov s’épanche sur les unissons aux couleurs modales et populaires de l’andante et se montre mordant dans le Scherzo. La clarinette Lise Berthaud Claude Doare de Bach, avant de quitter la scène, se fondre dans le public et écouter la dernière partie du concert, Vakoulski dirigeant avec dynamisme l’Oiseau de feu de Stravinsky. CHRISTINE REY Ce concert a eu lieu le 19 nov à l’Opéra d’Avignon de Romain Guyot est séduisante dans les pianos et les sons filés de la Sonate avec piano. Une mezzo-soprano, Andrea Hill, répond alors à la berceuse de l’altiste du trio avec une voix chaude et mesurée contant La nostalgie apaisée et La Berceuse sacrée sur des arpèges Brahmsiens. Puis le shoot final ! Le Quintette pour piano et cordes en fa mineur ! L’auditoire accro est prêt à recevoir les rythmes pointés ou en triolets sur les basses obsédantes du Scherzo. Après une introduction empreinte de chromatismes annonciateurs d’une tonalité élargie, le Finale entretient la magie des accents brahmsien. Dernier Quintette avec clarinette et ultime montée d’adrénaline, ultime soulagement sur les motifs quasi-improvisés de l’anche (adagio) et la juste pudeur de la mélodie pour finir en douceur. Aimez-vous Brahms ? Oui, décidément ! PIERRE-ALAIN HOYET La folle nuit brahmsienne a eu lieu le 4 décembre au théâtre de Nîmes Louis Robillard Guy Vivien Saint Louis 0 L’immense organiste Louis Robillard s’est produit le 18 nov sur les grandes orgues de la paroisse Saint Joseph à Marseille Émérite interprète et pédagogue, le spécialiste du répertoire symphonique a offert au public venu en nombre écouter le maître un superbe récital. Du haut de la tribune qui surplombe la nef, les grandes orgues Cavaillé-Coll de Saint-Joseph ont sonné magnifiquement dans une littérature taillée sur mesure par un spécialiste du genre. Avec des pièces de Franck, Widor, Liszt (une superbe transcription des Funérailles par l’organiste lui-même) et la fameuse Sicilienne de Fauré adaptée également pour l’orgue par l’hôte de marque, la puissance et la richesse sonore du très bel instrument étaient parfaitement exploitées. Un trois claviers gigantesque dans la pure tradition symphonique française que fait revivre avec succès l’Association des amis des orgues Cavaillé-Coll de Saint-Joseph et Saint- Philippe, initiatrice de plusieurs manifestations dont la prochaine verra se succéder à la tribune les organistes de la paroisse pour un concert de Noël à ne pas rater (19 déc à 16h). FRÉDÉRIC ISOLETTA



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