Zibeline n°36 décembre 2010
Zibeline n°36 décembre 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°36 de décembre 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 8,8 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... entreprises et culture.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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12 THÉÂTRE MERLAN GYMNASE Moitié femme moitié chiffon Déjà en 2007 Le Merlan coproduisait Éloge du poil de Jeanne Mordoj, aujourd’hui il récidive avec Adieu Poupée -initialement baptisé La Femme sans passéet transforme pour partie sa salle en gradins. Une Dans un couple, on n’est jamais seuls, dit La Palice ; on n’est jamais deux non plus, ni même un, rétorque, plus lucide, Renaud Marie Leblanc qui met en scène pour la seconde fois cette saison Christophe Pellet. Elle, jeune cadre dominatrice et surbookée, l’Un, acteur porno, et l’Autre, dealer désœuvré, couchent ensemble. C’est pourtant moins un triangle amoureux que la redistribution erratique d’un même duo à géométrie variable, qui fait du troisième un truchement nécessaire, comme le sont les représentations sociales, fantasmatiques ou médiatiques dont l’acte sexuel se nourrit et qui lui font écran en même temps. Chacun cherche, en vain, à éprouver dans les contradictions du jeu sexuel l’intimité et l’unité illusoire d’une présence à soi ; ou à se laisser prendre par l’imposture géniale du couple, qui institue l’accouplement en acte social : produire et se reproduire, avoir un travail et faire un enfant, reviennent finalement au même, à L'[CHANGE de Paul Claudel C"'Thëâtre de Ajmer, Franck Dimech spectacle en 1apon&s surtitre en français accepter de trouver une place dans le jeu social. L’espace scénique, vidé de ses couleurs mais saturé d’écrans, est une scène pornographique : les corps y sont livrés dans leur nudité démunie et brutale jusqu’au dégoût, mais désincarnés, asservis, déréalisés par le montage sonore et vidéo. On pouvait tout craindre : pourtant, ni provocation voyeuriste, ni variation rebattue sur le trouble érotique dans ce parti pris qui témoigne au contraire d’une intelligence aiguë et féconde du propos. La tension tenue entre l’obscénité et la présence sensible, juste et simple des trois acteurs, remarquables, porte avec précision et densité l’inquiétude émouvante de jeunes gens pas encore tout à fait adultes qui cherchent, à l’aveugle, comment entrer dans la vie. AUDE FANLO Avec Guillaume Clausse, Marie Dompnier, Julien Duval, et Benjamin Dupé (musique) DU 11 AU 16 JANVIER à la Friche la Belle de Mai 41 rue Jobin 13 003 Marseille. Réservations au 04 95 04 95 02 jauge réduite donc pour une petite forme théâtrale qui requiert proximité et intimité avec le public. Accrochées aux murs, suspendues au plafond, amassées au sol, des poupées de chiffon occupent la maison jusqu’à recouvrir l’habile couturière, ellemême poupée et pas vraiment femme. Leur corps est tordu, leurs visages grimaçants, leurs silhouettes grossières. Incapable de communiquer, la femme sans passé fabrique des poupées humaines chargées d’émotions, personnages dramatiques à part entière. Mais il lui faut vite réagir, reprendre le dessus pour sortir de cette asphyxie qui la tue à petit feu, et même les malmener ! Dans un état d’hypnose et d’hallucination, Jeanne Mordoj déroule un long et décousu monologue d’une voix fluette, d’un ton monocorde, avec des gestes lents entrecoupés de Le jeu sans amour du hasard Agnes Mellon À noter Eric Von Stroheim se joue jusqu’au 17 décembre. Spectacle interdit aux moins de 18 ans silences oppressants. Elle transforme son corps en poupée difforme et grotesque comme si cette métamorphose était son unique chance de renaître à la vie, d’animer son visage peinturluré quelques instants à l’image de ses figurines. Un jeu de double s’engage, violent, un jeu de massacre aussi. Destruction et renaissance : dans ce vaste champ de bataille, elle va gagner son autonomie, récupérer un peu de sa force vitale mais laisser le spectateur en eaux troubles. Car le texte de François Cervantes est plus cruel que sa voix ne le laisse entendre, et son interprétation linéaire éteint sa petite flamme. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Adieu Poupée a été créé au Merlan du 18 au 25 nov #} CoLabiche ? Le Livre d’or de Jan procure une impression étrange. La pièce d’Hubert Colas créée à Avignon durant le Festival 2009 (voir Zib’21) révèle toutes les qualités, rares, et surtout rarement réunies, de l’auteur/metteur en scène marseillais. Sa scénographie est à la fois astucieuse, légère et belle ; sa direction d’acteurs, de leurs sourires et de leurs regards, est simplement parfaite ; et son sens de l’espace et du rythme sont exceptionnels : pas une seconde d’ennui durant plus de deux heures, les séquences durent et se succèdent exactement comme il le faut et rythme des mots à l’intérieur des répliques, des respirations dans les passages comiques, est réglé comme une horloge subtile, sans excès de vitesse, avec juste les bonnes impulsions. Mais malheureusement l’absence d’intérêt du propos est tout aussi sidérante que la pertinence esthétique mise en œuvre. L’artiste disparu, les personnages qui gravitent autour de cette Agnès Mellon Théâtre du Merlan, Marseille 04 91 11 19 20 www.merlan.org absence et semblent tous creux et vains, désœuvrés et ternes. Parlent sans dire rien, sinon leur illimité désir, et leur illimitée impuissance à jouir du monde. Un tableau d’une génération et d’un milieu qui ne sont pas dénoncés, pas défendus non plus, à peine montrés dans leur nonchalance proche de l’inexistence. Depuis Avignon l’ensemble a gagné encore en virtuosité : les problèmes de distribution sont réglés, le rythme est encore plus efficace. En fait le Livre d’or de Jan possède les mêmes qualités qu’une très bonne mise en scène de vaudeville : on y rit énormément, on s’époustoufle des trouvailles, mais on s’inquiète de la distance prise avec le réel du monde. Paradoxal, pour une création si contemporaine ! AGNÈS FRESCHEL Le Livre d’Or de Jan a été repris au Gymnase du 7 au 11 décembre
LENCHE CENTAURE SIRÈNE THÉÂTRE 13 Trompette ou piano ? D Frederic Chehu Claviers intempérés Pas de sirène en janvier ! C’est l’habitude mais ça va nous manquer ! D’autant que la dernière ne fut pas passionnante, malgré l’insolente éclaircie qui s’afficha pile à midi (au cœur de l’orage ! quand le ciel est gris le premier mercredi du mois, si vous êtes marseillais dites-vous que ça va s’éclaircir : le Ciel, météorologique du moins, est avec Lieux Publics…). Mais Nicolas Cante resta terne. Non que son univers sonore soit dénué d’intérêt : homme orchestre il fait feu de tout clavier, déclenche et trafique Un vaudeville de Labiche ça peut vite devenir tartignole. Un peu convenu et prévisible. Aussi ne peut-on que louer le travail léger et divertissant proposé par la compagnie l’Égrégore dans la mise en scène d’Ivan Romeuf. Dans un lieu intimiste, les spectateurs se retrouvent assis en rangées face à face, les acteurs évoluant sur des estrades au milieu. Vous arrivez comme à la maison et l’on vous offre un thé avant de vous asseoir. Vous faites partie des invités aux fian-çailles arrangées de Caroline Letrinquier (Sandra Cambrouze) au jeune architecte Paul (Jean-Marc Fillet) sur la proposition d’un notaire. Lequel Paul fréquente assidûment une veuve énamourée, Mme Champbaudet (Anne Lévy), ce qui lui permet de rapidement grimper à l’étage chez sa maîtresse dont il attend le signal au piano. Lui-même d’ailleurs souffle dans une trompette dont vous devinez l’érotique symbolique... Mais il se trouve que le père Letrinquier (Maurice Vinçon) a pour ami intime le mari cocu (Jérome Beaufils). Vous y êtes ? les sons synthétiques en direct, et les confronte à l’univers classique d’un piano déglingué mais aux hauteurs tempérées. L’idée est intéressante, d’autant que les sons se confrontent à la sirène intempestive et pas moins intempérée (mais à l’abri miraculeux des intempéries vous l’aurez compris). Mais d’une part l’univers sonore hésite entre une pulsation (trop) marquée et (vraiment trop) régulière et des nappes lisses plus contemporaines, d’autre part la performance refuse tout spectaculaire et s’affiche dos au spectateur, Apparition Laterna magica (voir p 40) est allé faire un tour chez les Centaures, et y montrait le résultat d’un atelier proposé aux enfants : ils ont travaillé avec des papiers, des éléments naturels pour créer des animaux imaginaires dont les photos sont projetées. Suivies d’un court métrage tourné dans la ville industrielle d’Odessa. Alternance de gros plans sur les pattes d’un cheval tapant fortement du sabot dans l’eau, de fumées d’usine, de structures tubulaires. Noir. Un bruit d’eau, une masse blanche. Peu à peu nos yeux distinguent le Centaure : Nuno, le premier cheval de la compagnie et Manolo, torse nu, grande jupe blanche. Les deux corps se confondent. Manolo joue lentement avec la queue du cheval comme avec une chevelure dans laquelle il s’enroule. Leur reflet se dessine dans X-D.R ce qui est paradoxal pour un spectacle de rue… Bref, un travail qui mériterait d’être affiné et de s’écouter dans le confort feutré d’un concert assis. Lieux publics pourrait songer à investir une caverne (publique ?). Il n’y pleuvrait pas plus. AGNES FRESCHEL Mekanik Kantatik a été joué à midi pile le 1er décembre sur la place de l’opéra dans le cadre de sirène et midi net une grande flaque noire. Instant magique de poésie, vision fantomatique éclairée par la lune, venue des contes nordiques, peut-être. Temps suspendu. CHRIS BOURGUE Poème Centaure n°3, Hydrocarbure, s’est donné le 11 déc à la Campagne Pastré À venir Poème Centaure n°4 le 8 janv Théâtre Centaure, Marseille 9 e 04 91 25 38 10 www.theatreducentaure.com Ça se corse ! De piano en trompette, d’imbroglio en chansonnette, tout risque de se casser la figure. Le ballet incessant du salon de la veuve à celui de Letrinquier est accompagné du piano d’Anne Gastine qui a composé les arrangements musicaux, les musiques d’origine ayant été perdues. Tout finit par s’arranger par une dernière pirouette et une chanson invitant les spectateurs à parler du spectacle autour d’eux...comme le faisait Shakespeare ! CHRIS BOURGUE À noter La Station Champbaudet jusqu’au 23 déc Mini-théâtre du Panier, Marseille 2 e 04 91 91 52 22 www.theatredelenche.info STAGES LONGUE DUREE POUR COMEDIENS LA REPL QUE dIJ.731100 « CREATION D'UN MOMENT DE VIE » Formateur : Galin Stoev Du7au12et du 21 au 26 février 2011 A Marseille 5e fabriquer sa propre palette d'outils afin de pouvoir transformer un texte dramatique en une expérience personnelle de jeu ou de mise en scene. R. PAYSAGES I NTERIEURS » Formateurs : Philippe Genty, Mary Unrlerwead..Irgnw., Pa l Du 7 mars au 8 avril 2011 A Marseille Du souvenir au iangage scénique, les dïfffrentes étapes d'une création théâtrale. INSCRIPTION et RENSEIGNEMENTS ! 049150508410602015140 contact@lareplIque.org www.Iareplique_org POSSIBILITE



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