Zibeline n°35 novembre 2010
Zibeline n°35 novembre 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°35 de novembre 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 8,7 Mo

  • Dans ce numéro : la création en danger.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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08 ÉVÉNEMENTS ENTRETIEN AVEC VÉRONIQUE GENS MUSÉE CANTINI Il est bientôt midi dans l’amphithéâtre de la Timone, le 12 oct… un jour de grève nationale ! Mais Véronique Gens est sur le qui-vive : elle fait travailler un quatuor tiré de Don Giovanni à de jeunes chanteurs aux aguets. La soprano les guide en vérifiant le texte, invite à reprendre la polyphonie en e L’art du legs scindant les couples Anna/Ottavio et Elvira/Leporello, demande de « moins » chanter… On apprend avec tristesse la mort de Joan Sutherland ; on se souvient d’elle, merveilleuse dans Lucia. On songe alors que si ces maîtres-là ne transmettent pas leur art… il se perdra ! C’est peut-être ce qui a poussé Véronique Gens à soutenir le projet du baryton Cyril Rovery : fonder une troupe de chanteurs dans la région afin d’y monter des ouvrages, tout en perfectionnant leur science au contact des personnalités du monde lyrique. Après une courte pause, deux barytons s’époumonent dans l’Air du Champagne. Là, ce sont les accents, coups de boutoir du séducteur que la diva demande de marquer, en jouant le texte, en s’amusant… On donne le meilleur de soi ! Il en sera ainsi jusqu’au cœur de l’après-midi, au pas de charge, avant que Dame Gens n’attrape miraculeusement son unique vol pour Paris… Veronique Gens M. Ribes & A. Vo Van Tao - Virgin Classics Zibeline : Animez-vous souvent de telles master class ? Véronique Gens : Sur le travail d’une seule œuvre, c’est la première fois. Si j’ai accepté de participer à ce projet c’est que je connais bien Don Giovanni, ayant chanté Donna Elvira des dizaines de fois dans le monde, dans des mises en scène différentes. Comment avez-vous organisé le travail ? Les chanteurs de la classe étaient de niveaux différents, mais tous très demandeurs ! J’ai donc insisté, non pas sur la technique, mais sur l’interprétation des rôles en plaçant les personnages dans les différentes situations de l’ouvrage. L’expérience était intéressante, y compris pour moi ! Vous venez de l’école baroque. C’est dans ce sens que vous avez fait travailler les musiciens ? Oui ! L’interprétation de Mozart a définitivement évolué aujourd’hui, grâce aux « baroqueux ». On n’imagine plus de chanter Mozart comme dans le passé, avec le poids d’une tradition révolue. Si j’ai été choisie pour ce travail spécifique sur Don Giovanni, c’est justement parce que je n’envisage pas les choses comme une artiste sortant du conservatoire. Qu’entendez-vous par le « poids des traditions » ? Aujourd’hui on entend mieux les choses. Les tempi étaient plus lents autrefois, on n’a plus envie d’entendre certains ports de voix… Avez-vous assisté aux représentations du Don Giovanni à Aix cet été ? Oui, bien sûr, je chantais au Festival cet été (Alcestendlr). Je ne parlerai pas de la mise en scène, on en a dit assez ! Mais Louis Langrée à la direction du Freiburger Orchestra… c’est comme cela que j’envisage l’interprétation de Mozart ! ENTRETIEN RÉALISÉ PAR JACQUES FRESCHEL Hérold n’est pas fatigué Pour le centenaire de la naissance de Jacques Hérold, le musée Cantini offre au peintre surréaliste une rétrospective allant des débuts parisiens aux années soixante Parce qu’il n’est pas aujourd’hui le plus connu, l’exposition du musée Cantini a le grand mérite de nous faire redécouvrir les œuvres de celui qui fut un des fervents acteurs du surréalisme, et qui trouva aussi refuge aux heures les plus sourdes dans la cité marseillaise. Le jeu permit probablement aux artistes réfugiés à Marseille lors de la seconde guerre mondiale de garder le moral en attendant leur espère-visa à la villa Air-Bel sur les hauteurs de la Pomme. C’est là que Breton et quelques autres, dont Jacques Hérold, ont réinventé le Tarot en Jeu de Marseille. On nous offre ici un très bel ensemble de ces dessins originaux complétés de cadavres exquis et d’autres dessins collectifs, dont le musée possède une belle collection avec bien d’autres peintures et sculptures. L’exploration de l’irrationnel et du rêve permit à ces révolutionnaires d’inventer plusieurs méthodes, passées dans le commun pour les unes, que Jacques Hérold prolongea singulièrement dans ses peintures et ses sculptures : les Germinations (1930-34), Ecorchés (1934-38), surtout les Cristallisations (1938-48) inspirées des réflexions de Hegel sur le cristal, apparaissent comme constituer la formalisation plastique du principe de condensation cher à l’inconscient freudien. Expliquez-vous ! C’est parce que cette exposition est complète et pertinente qu’elle aurait mérité un traitement plus didactique. Il aurait permis au visiteur de croiser les Jacques Herold, Les Tetes, 1939, huile sur toile, 81x85 cm, Fnac-Mnam depot 1987, Musee Cantini, Marseille Jean Bernard œuvres et les documents présentés avec les questionnements sous-jacents : l’œuvre d’Hérold dans le Surréalisme (il était considéré par ses pairs comme un des théoriciens les plus authentiques du mouvement), la période Marseillaise, les expérimentations poétiques et littéraires, l’après Surréalisme… En fond de salle, une vidéo concernant moins l’artiste que son ami Yves Tanguy en devient anecdotique. En choisissant un parcours linéaire sans guère de repères, l’exposition provoque une déambulation flottante pour le visiteur qui saura compenser en choisissant d’être guidé, ou par l’indispensable lecture du catalogue richement documenté (textes du commissaire de l’exposition Christine Poullain sur la période marseillaise, deC. Dauphin et R.-H. Iché pour les relations au surréalisme) et comportant une iconographie exceptionnelle. Et comme prolongement naturel, il tirera bénéfice de l’accrochage du premier étage pour retrouver une sélection du fonds surréaliste du musée avec les œuvres de Brauner, Ernst, Masson, Seligmann, Miro ou Matta. CLAUDE LORIN Jacques Hérold et le Surréalisme jusqu’au 17 janvier Musée Cantini, Marseille 04 91 54 77 75 www.marseille.fr
ENSEMBLE TÉLÉMAQUE ÉVÉNEMENTS 09 Résolument contemporains ! Des voyages musicaux proposés par Télémaque en compagnie de compositrices et compositeurs des XX e et XXI e siècles ? Voilà qui a de quoi séduire... Durant un mois, différents lieux marseillais vont accueillir concerts, démonstrations et ateliers, esquissant le portrait de la musique de notre temps, sans négliger les compositeurs fondateurs. Raoul Lay, qui dirige l’ensemble depuis 16 ans, a toujours à cœur de défendre la musique contemporaine en la mettant à la portée de tous. C’est ainsi qu’il a présenté pendant plusieurs années des Portraits lors desquels il expliquait simplement les partitions avant de les diriger. Aujourd’hui Télémaque va plus loin en proposant deux journées d’ateliers pédagogiques de composition pour enseignants et adolescents, qui montreront comment noter la musique au moyen de graphiques, sans être musicien (17 et 18 nov à Montévidéo). Une rencontre Jean-Marc Fabiano Agnes Mellon autour de l’accordéon (le 30 nov à L’Alcazar) mettra en lumière la virtuosité de Jean-Marc Fabiano, et au placard ceux qui vouent l’instrument à la musette ! L’histoire de la musique sera abordée en trois ateliersconcerts (16, 23 nov et 7 déc, L’Alcazar) pour ouvrir des portes : la musique des « penseurs » avec Schoenberg comme chef de file, puis Boulez : celle des « instinctifs » qui s’attachent à l’énergie et la pulsation comme Stravinsky, enfin la musique des « sensuels » et des « coloristes » derrière Debussy et Ravel. La Bibliothèque accueillera également une exposition d’Agnès Mellon (voir couverture), qui traque ces musiciens depuis 8 ans (jusqu’au 7 déc). En même temps, trois concerts (voir p.32) : Compositrices de l’ailleurs (le 17 nov au Point de bascule), Les pinceurs d’âme (le 19 nov, La Magalone) et Le rêve de l’homme-oiseau (le 26 nov, aux Bernardines). Avec trois créations dont une commande (Pierre- Adrien Charpy), et trois premières françaises. Et lorsqu’on lui demande si Télémaque veut revenir au concert, Raoul Lay s’exclame « Nous en avons toujours fait ! Mais à présent que nos productions scéniques avec le théâtre, la danse ou le cirque ont fidélisé un public nombreux, nous voulons faire le pari du concert. Il est temps que ceux qui voient de la danse ou du théâtre contemporain aient la curiosité d’écouter de la musique sans danser, sans spectacle, sans texte. Nous voulons revenir à cette expérience-là, et rassembler sans filet un public pour écouter de la musique en création. » CHRIS BOURGUE Le mois des compositeurs jusqu’au 7 déc 04 91 39 29 13 www.ensemble-telemaque.com Open space Mise en bouche réussie pourei l’ouverture du Mois des Compositeurs C’est à la Minoterie le 10 nov qu’a débuté la grande entreprise de musique contemporaine sous l’impulsion de Raoul Lay, directeur musical de l’Ensemble Télémaque. Guide de cette première soirée, le chef d’orchestre et compositeur a déroulé un accueillant tapis rouge à ceux qui trouvent le « concert type » soporifique et formalisé. Emmené dans un parcours entre des œuvres variées, l’auditoire nombreux a été conquis par les surprises musicales, invité à se déplacer et participant à une spatialisation inhérente à la musique contemporaine. Après un extrait vidéo du délirant oratorio burlesque Desperate Singers, la toujours surprenante et virtuose Sequenza III de Bério fut magistralement interprétée par la soprano Brigitte Peyré. Rires, cris, chuchotements, gloussements…, rien n’effraie la chanteuse « comédienne », rompue à l’écriture et aux désidératas fantasques du compositeur italien. Rejointe par le trompettiste Gérard Occello, elle fit découvrir, et apprécier, la musique décoiffante et pleine d’humour du compositeur newyorkais Max Lifchitz, joué pour la première fois en Europe. Heureuse initiative, comme celle d’inviter le public à débattre, autour d’un verre et d’agapes partagées, sur ce monde sonore moderne qui se dévoile et se comprend. Car Télémaque continue à défendre la création musicale contemporaine, qui peut tout à fait s’apprivoiser ! FRÉDÉRIC ISOLETTA t th6âtre DURANCE {hâteau-Arnaux/> vendredi 10 décembre - 21h. « Cet instant-là » Tecnologia Filosofica & Michele di Mauro (Turin - Italie) 4t (Danse-thé6tre - Première en français En partenariat avec l'Officiria dans le cadre du #esiivai DANSEM Saint-autan (04) wwwtheatredurancefr - 04 92 64 37 34



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