Zibeline n°35 novembre 2010
Zibeline n°35 novembre 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°35 de novembre 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 8,7 Mo

  • Dans ce numéro : la création en danger.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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72 LIVRES RENCONTRES Les Littorales 2010 Juliette Luck Littoralement autres Malgré les intempéries exceptionnelles, malgré les vacances, la date imposée et pas forcément idéale, la 3 e édition des Littorales a permis l’émergence, au cœur de Marseille, d’un festival littéraire ambitieux. Destinées à donner toute leur place aux libraires dans la réflexion sur le monde et la société, ces nouvelles Littorales, se sont « musclées » comme l’a déclaré Molly Fournel, présidente de l’association Libraires à Marseille. Musclées, mais pas alourdies. Pour le plus grand plaisir des amateurs d’une littérature de qualité et de débats vivants. Une ambition affichée Le rendez-vous annuel des libraires marseillais et de leurs lecteurs se démarque des traditionnels salons du livre qui se bornent souvent à organiser quelques rencontres dédicaces et à donner succinctement la parole aux auteurs invités, dans un brouhaha lassant. Bien sûr, les Littorales proposent elles aussi des stands, le weekend sous chapiteaux, où les écrivains peuvent dialoguer avec leurs lecteurs et signer leurs ouvrages, où les libraires orientent, conseillent. Un espace commercial indispensable au soutien des librairies indépendantes. Et plaisant car riche de rencontres personnelles. Mais c’est loin d’être tout ! Cette année tout particulièrement. Le choix d’une thématique n’est pas étranger à l’évolution du festival vers une réflexion approfondie sur la littérature contemporaine, romanesque en particulier. Moi, et les autres, un thème suffisamment large pour favoriser la diversité des approches, et en même temps une ossature qui tient la manifestation, lui confère une unité. La journée de réflexion organisée le 29 oct à la BMVR Alcazar, une des nouveautés de cette édition, a ainsi permis de cerner un certain nombre de notions ou de mettre en perspective les formes et tendances du roman d’aujourd’hui, que les rencontres des jours suivants ont illustrées. Nouvelles écritures du réel L’intervention inaugurale de Dominique Viart a magistralement tordu le cou au cliché tenace d’une littérature française autofictionnelle et nombriliste. Dans une allocution brillante, car érudite mais limpide, l’universitaire, spécialiste entre autres de Pierre Michon et de François Bon, coauteur de l’anthologie La littérature française au présent, a replacé œuvres et tendances dans leur contexte, insistant en particulier sur le tournant des années 80 et la fin de ce qu’il est convenu d’appeler « les 30 glorieuses » ; c’est cette mutation socio-économique qui a, selon lui, remis le réel et la société au centre de l’écriture romanesque, d’une manière évidemment très différente de celle des grands romans du XIX e siècle. On assiste ainsi au grand retour de livres sur le monde du travail, qui alertent sur ses dérives langagières et révèlent une attention renouvelée des romanciers au quotidien et au collectif. La vulgarisation de la psychanalyse ayant d’autre part conduit à une sorte d’« impossibilité autobiographique » (du moins sous la forme traditionnelle), il a fallu « chercher d’autres voies pour se saisir soimême », d’où l’émergence de plusieurs types de récits où le moi se cherche à travers autrui : récits de filiation (La place d’Ernaux, Les vies minuscules de Michon, Lambeaux de Juliet…) fictions biographiques ou relecture fictionnalisée de faits divers comme l’affaire Romand dans L’Adversaire d’Em-manuel Carrère… il s’agit toujours de « se projeter dans la vie d’un autre pour se connaître soi-même ». C’est « dans l’entrelacs du moi et des autres qu’apparaît la figure intéressante ». Et dans la position interrogative, sur soi, sur les autres, sur le monde, que se place la littérature. Rien à voir donc avec une quelconque posture nombriliste… Une remarquable conférence qui n’a hélas été suivie que par un public clairsemé. Jour de travail pour les uns, congés de la Toussaint pour les autres. Dommage, elle donnait des clés pour les rencontres à suivre et une vraie cohérence à l’ensemble. Moi, les autres et le roman Ouverture au cinéma, clôture en BD, soirée musicale tzigane, l’exploration des liens entre l’intime et le collectif a dépassé le champ de la seule littérature. Celle-ci est pourtant restée au cœur des débats. Et du Jeudi du Comptoir, proposé au gourmand Thé dans l’encrier, au Comptoir littéraire établi cette année dans l’ambiance élégante de La Bo[a]te, il a été question du roman actuel au-delà du thème choisi pour la présente édition. Statut du personnage, hybridation du genre, engagement de l’écrivain et surtout, surtout, importance de la forme. Maylis de Kérangal, qui vient de recevoir le Prix Medicis, a parlé de « saisie », de « captation du réel », évoqué l’enjeu de la description qui fait avancer le récit et de son travail à bras le corps sur la matière des mots. Vincent Engel a rappelé la formule de Ricoeur selon laquelle le roman opère « une mise en forme du temps » et insisté sur le peu d’intérêt de la narration anecdotique. Qu’ils donnent la parole à un singe comme Tristan Garcia ou à un chœur de salariés comme Nathalie Kuperman, qu’ils recherchent, à la manière de Soazig Aaron, une écriture proche de la voix, les écrivains invités aux Littorales ont rendu palpable leur métier de travailleurs des mots et leur passion pour une littérature active, non retranchée. Ils ont permis aussi de mesurer le regain de vitalité d’un genre un peu vite enterré en France ! FRED ROBERT La 3 e édition des Littorales a eu lieu à Marseille du 27 au 31 oct. Les romans évoqués sont chroniqués dans le Zib’34 ou dans les pages suivantes
Escales, le retour Les Escales en Librairie ont repris ! L’opération, financée par le Conseil général 13 et destinée à soutenir la librairie indépendante, offre aux lecteurs du département des rencontres régulières, dans et hors Marseille. En octobre, c’est le Mexicain David Toscana qui était accueilli, dans le cadre également des Belles Latinas et en avant-première de 2011, année du Mexique en France. Toscana n’est pas inconnu : invité à la 2 e édition du festival CoLibris en 2009, il y avait présenté son premier roman traduit en français, El ultimo lector. Cette édition française, il l’avait « gagnée » en tant que lauréat du prix Antonin Artaud, que notre partenaire le libraire et éditeur marseillais Jacques Aubergy a créé au Mexique sur le modèle des prix littéraires français. Pour cette première Escale de la saison, le romancier présentait son 2 e ouvrage traduit, Un train pour Tula (voir p 76). Ce roman, comme le précédent, est un hommage plein de clins d’œil à la littérature classique, le Quichotte de Cervantes en tête. Dans la lignée de l’auteur espagnol, dans celle aussi des grands Sud-Américains, Borges, Cortazar, Toscana propose, dans cette histoire qui s’enchevêtre toute seule (car où est la vérité ?), une réflexion sur la fiction. Un jeu également puisque, a-t-il déclaré, « c’est au lecteur de jouer avec le roman », afin que celui-ci ne soit pas seulement un récit mais une authentique « expérience ». Car, selon Toscana, on ne lit pas des romans pour s’évader mais au contraire « pour s’immerger totalement dans la vie réelle ». Vaste programme… FRED ROBERT X-D.R David Toscana a été reçu le 13 oct au Cercle Rouge. La rencontre était organisée par l’association Libraires à Marseille et la librairie L’Écailler. À lire : El ultimo lector et Un train pour Tula, tous deux édités chez Zulma Écrire à La Marelle Il faut laisser son véhicule sur le parking devant la Cartonnerie, s’éloigner des studios, du skatepark, emprunter un escalier entre deux palissades, tout près de la voie ferrée, et voilà, on y est. L’ancienne villa du directeur général de la Seita, une belle maison de maître un peu décatie, ne se contentera plus désormais de regarder passer les trains. Elle reprend du service pour la promotion de la littérature contemporaine. Initié par Jean-Claude Izzo, soutenu par Philippe Foulquié, le projet n’est pas nouveau, et la Villa a déjà accueilli écrivains et troupes de passage. Mais aujourd’hui La Marelle a l’ambition de devenir LE lieu des projets d’auteurs. Au rez-de-chaussée, de part et d’autre du vestibule, les bureaux des Éditions du Bec en l’air et ceux de l’Association Des Auteurs Aux Lecteurs (ADAAL) ; à l’étage, un grand appartement qui pourra facilement héberger un ou plusieurs écrivains. Dans un tel espace, inscrit dans l’hyper centre marseillais et au cœur du bouillonnement culturel de La Friche, place donc à l’écriture, mais aussi aux rencontres X-D.R avec les habitants, les lecteurs, et les différentes disciplines. Ne reste qu’à arranger encore un peu les lieux et dès le 1er trimestre 2011, La Marelle accueillera son premier invité, François Beaune, actuellement en résidence à Manosque (voir Zib’34). À suivre… FRED ROBERT Samedi 11 décembre, sous chapiteau - 20h Une expérience â partager entre déambulation, projection et performance autour de l'acteur centaure Tous les eeme samedis du mois Petite forme (15-20 mn) - Tout public 5 € Jauge limitée - Réservations et l Iletteries 04 91 25 3810 et 04 96 11 04 60 (Espace Culture) Centre Equestre Pastré 33 traverse de Crthcge:1:i008 fv9Grsc°.II 04 91 2.538 10 - www.theatreducentaure,çam MuCEM T jrlit I4.JSR G ! ! {MLIS.iP4aSEV.4. ! J[ryrtII.sX'ardis du MuCEM Comprendre les civilisations entre'Méditerranée et Europe Europe et Mediterranee l'horizon Z030 par Italypso NICOLAIDIS... I F'.r.PErnF(:HAOLJFM0I5.418H30AALCAZJxR liOiuTl`Uur r Nnuwril n 4:Ii:h I..11, RPI:iu4n. r i Si OUR ?. 9rJ.RUkCE.yhs



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