Zibeline n°35 novembre 2010
Zibeline n°35 novembre 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°35 de novembre 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 8,7 Mo

  • Dans ce numéro : la création en danger.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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68 ARTS VISUELS MUSÉE ZIEM INSTANTS VIDÉO L’émotif du paysage Les Signes-Paysages d’Olivier Debré suggèrent leurs infinis sublimes au musée Ziem. À confronter avec la collection permanente Le musée de Martigues, créé en 1908 en hommage à l’œuvre de Félix Ziem s’est constitué au fil du temps une importante collection où se joue la question du paysage. En contrepoint à cette histoire de l’art (expos Ziem, les Orientalistes, les Fauves…) le musée ouvre son champ artistique en programmant régulièrement des artistes contemporains. En s’attachant à la période des Signes-Paysages qu’Olivier Debré commença à la fin des années cinquante, l’exposition rend compte de cette posture particulière de la peinture non-figurative face au paysage (les bords de Loire, Japon…) où la sensation prévaut sur la représentation. « …Je traduis l’émotion qui est en moi devant le paysage, mais pas le paysage » rappelait volontiers le peintre. À y regarder de près, plus proches du sublime que du mysticisme de Mark Rohtko (que rencontra Olivier Debré), certaines peintures gardent la trace matérielle des évènements survenus lors des séances réalisées sur le motif (sans chevalet) : myriade d’impacts de pluie, coulures, brins d’herbe conservés tels quels par le peintre dans la couche picturale. La réalité s’inscrit comme par effraction douce dans ces espaces bien vite qualifiés d’abstraits où l’on pressent brumes, strates, orages, opacité ou clarté de l’air, humidité, chaleur ou fraîcheur matinale, dissolvant sujet, objets, motif, scène et codes picturaux pour faire apparaître un autre monde… Dépl(o)iements Les Instants Vidéo numériques et poétiques se dépli(o)ent à chaque édition tel le mycélium de l‘univers mycologique. Du long travail en réseau souterrain émergent à la bonne saison en maints lieux nombre de propositions qui vont jusqu’à outrepasser l’hexagone. À Marseille le projet (((Sur vol))) de Giney Ayme a été conçu en six actes (le plasticienpoète est aussi performeur) qui se répondent dans l’espace et le temps du festival, jouent de différents médiums - photo, vidéo, poésie, son/musique, numérique, performance - et convoquent plusieurs comparses - Florence Pazzottu, Fred Dumond, Fred Griot, Philippe Boisnard. Selon l’exigence de chaque intervention. À partir de cet éclatement conçu comme une règle du jeu, Giney Ayme a tenté le double pari de l’éparpillement et de la cohérence (co-errance) en fondant sa réflexion Olivier Debre, Rouge des Hauts, 1959 Andre Morain b ao « Le peintre ne doit pas seulement peindre ce qu’il voit devant lui, mais aussi ce qu’il voit en lui-même ». Olivier Debré aurait-il repris à son compte l’invitation de son prédécesseur romantique Gaspard David Friedrich pour formaliser ce qu’il désignait par abstraction fervente ? Une belle conférence du regard pour aujourd’hui, où chaque espace de la planète semble connu, car cartographié et google-mapisé. Autour de l’exposition plusieurs manifestations sont à porter dans votre agenda en novembre et décembre (voir p 92). CLAUDE LORIN sur la découverte d’une liasse de plans représentant la cité phocéenne. Puis pour paradoxalement brouiller les pistes il a extrait de ces repères géographiques des possibles conceptuels : confrontation/mimétisme du normé et du naturel (une écorce de platane s’intègre dans Signes-Paysages Olivier Debré jusqu’au 23 janvier Musée Ziem, Martigues 04 42 41 39 60 www.ateliermuseal.net La première exp(l)osition avait eu lieu l’année dernière sous le signe deleuzien. Pour la 23 e édition des Instants Vidéo, Giney Ayme ventilait six propositions dans autant de lieux marseillais Giney Ayme, Sur vol #1 Ecarts, vue partielle de l'exposition La Traverse,2010C.Lorin/Zibeline un plan) ; extraits vidéo et photo réinjectés d’une proposition dans l’autre, d’un lieu à l’autre ; perspectives ramenées à des plans fixes et mouvements de passants ; fragment littéraire (Le Premier Homme, Camus) traité en vidéo puis comme matière textuelle… Au final, un sentiment imparfait de fragilité, signe (et interpellation) sous lequel étaient placées les Rencontres d’Averroès rejointes par ces 23 e Instants Vidéo qui avaient choisi Edouard Glissant : « Dans le panorama actuel du monde, une grande question est celle-ci : comment s’ouvrir à l’autre sans se perdre soi-même ? ». CLAUDE LORIN (((Sur vol))) Giney Ayme jusqu’au 20 nov « Ecarts », La Traverse « Vous êtes ici », Espace Culture www.instantsvideo.com
Marges russes Dans le cadre des Littorales (voir p 72), l’Atelier Vis-à-Vis présentait pour la première fois en France une passionnante sélection de livres d’artistes russes Bien que soit reconnue la préséance historique des livres futuristes italiens et russes tel l’almanach Sadok sudej (Bien juger) de 1910, l’influence des œuvres d’Apollinaire et Marcel Duchamp (Olga Khan, Pogarsky/Yuran, Evgeny Trelkov…) le livre d’artiste contemporain en Russie constitue un phénomène assez récent d’une vingtaine d’années dont cette exposition nous a offert un condensé éclectique mais bien trop succinct. Mikail Pogarsky commissaire de cette sélection avec Viktor Lukin rappelle que bon nombre de ces artistes sont issus des écoles d’art et de design comme de l’univers de la poésie. « Pour moi, le Suzdalev X-D.R o I TOULON MARSEILLE TRANS-EN-PROVENCE ARTS VISUELS 69 livre d’artiste n’est pas un simple recueil d’informations. C’est un outil où l’artiste peut mixer différentes disciplines comme le graphisme, la sculpture, la photo, le design, le numérique et peut faire appel à tous les sens ! ». Ainsi Hôtel son livre-paquet de cigarettes imprimées à fumer ou In vinas veritas, bouteille de vin, papier mâché, emboîtage bois de Valerij Orlov. Peut-on espérer que l’initiative de Danièle Ubeda, excellente mais réduite à quelques vitrines et deux journées, puisse trouver dans le futur un format d’ampleur suffisant, qui a l’avantage d’outrepasser la thématique méditerranéenne en vogue actuellement ? Nous reste la très documentée publication des éditions de l’Atelier Vis-à-Vis sur le sujet (voir p 82).C.L. Les XIIIes Rencontres de l’Edition de Création -Book Project International/23 Artistes du Livre Russes- ont eu lieu les 30 et 31 oct www.ateliervisavis.com Inquiétante étrangeté À Toulon, la photographie fait rage : Florence Henri est à l’Hôtel des arts, la Maison de la photographie offre une carte blanche à Bernard Plossu*, le Musée d’art déploie sur deux étages une partie de sa collection et la série Fables 2004-2007 de Karen Knorr. Dans une espèce de va-et-vient entre les débuts pictorialistes jusqu’aux expressions contemporaines, conceptuelle, expérimentale et plasticienne. Parcourir les salles sous le « regard » de Cartier-Bresson, Kertész, Ronis, Riboud, Gilbert and George, Tosani et… Karen Knorr est une expérience revigorante. On se dit que le Musée d’art n’a pas froid aux yeux qui fait entrer le loup dans la bergerie ! Avec audace il intègre la photographie animalière et « baroque » de l’artiste allemande au sein même de son institution, ce fameux « espace de la haute culture » dont elle perturbe les codes : a-t-on jamais vu les salles d’apparat du Château de Chambord habitées par des animaux empaillés ? Karen Knorr, Karen Knorr, Ledoux's Reception, courtesy galerie Les Filles du Calvaire fascinée par la taxidermie, place ses volatiles et ses gibiers dans un décorum ostentatoire, entourés de meubles, d’objets et de tentures précieux, comme s’il s’agissait de portraits officiels. Dans ses tirages impressionnants (122 x 152 cm), d’une qualité technique parfaite, elle révèle le moindre détail d’une dorure, d’un tableau (dans le tableau), d’une broderie, d’un plumage. Et écorne au passage les rapports de l’homme à l’animal quand elle l’introduit dans l’espace romantique de lieux habituellement protégés de sa profanation ! Mais ne sommes-nous pas dans un musée, là, à regarder un blaireau hargneux nous montrer les dents ? M.G.-G. (*) à l’occasion de son exposition Berlin au Centre d’art Le Moulin à La Valette jusqu’au 16 janvier 2011 Musée d’art, Toulon 04 94 36 81 01 www.toulon.com 10 ans de peinture poétique Près de Draguignan, les inondations du 15 juin auront eu raison de la galerie Remarque installée à Trans-en-Provence depuis 1999. « Trop de dégâts et de lourdes pertes » qui ont fait baisser les bras de Stéphanie Ferrat, plasticienne et poète, et de son complice Jean-Pierre Sintive (Éditions Unes). Noyées ou fortement endommagées les gravures, les photographies, les lithographies, les estampes stockées depuis toutes ces années, sans compter la collection de 39 livres illustrés, petits tirages de 33 exemplaires numérotés, qui faisaient sa fierté… Car X-D.R la galerie Remarque, unique en son genre, c’était ce dialogue chuchoté entre un artiste plasticien et un poète, une exposition couplée avec une édition. Jamais l’une sans l’autre et toujours en présence des poètes qui, le soir du vernissage, faisaient résonner leurs propres mots couchés sur Vélin d’Arches. Une « rencontre intime » entre l’art contemporain et l’écriture dont le dernier rendezvous aura été celui de Gilles du Bouchet avec D’une obscurité, l’éclaircie de Pierre-Yves Soucy. Un titre prémonitoire qui pourrait laisser espérer une résurrection… Mais faute de lieu, Stéphanie Ferrat et Jean-Pierre Sintive s’interrogent sur la poursuite de l’aventure éditoriale : « A-t-elle encore du sens ? » … L’éclaircie viendra peut-être de la présence de la galerie - en tant qu’éditeur éclairé - dans les salons d’ici et d’ailleurs : après En matière de livres à la Ferme des Arts à Vaison-la-Romaine, le Marché de la poésie de Paris l’invite cet automne à bras ouverts et organise des « lectures solidaires » auxquelles les artistes, fidèles compagnons, ont déjà répondu présent. M.G.-G. www.galerieremarque.blogspot.com



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