Zibeline n°35 novembre 2010
Zibeline n°35 novembre 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°35 de novembre 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 8,7 Mo

  • Dans ce numéro : la création en danger.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 58 - 59  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
58 59
58 LIVRES Livres d’enfants, livres de grands… Jolie collection au format de poche que la Junior d’Actes Sud : papier épais, police de caractères claire, illustrations intelligentes, textes écrits avec finesse sur des thèmes sensibles lorsque l’on a 9 ans : découverte des autres, acceptation de soi… Foin du diktat de la silhouette gracile qui semble de rigueur, à fortiori pour l’exercice de la danse. Tout le monde se moque de Margot parce qu’elle est grosse, d’une « famille de gros » … Elle va jusqu’à s’affubler de tous les surnoms devant le miroir, afin de se préparer à les accepter, à en rire, lorsque, inévitablement, on se moquera d’elle. Trouvera-t-elle l’activité qui l’épanouira ? Arrivera-t-elle à considérer son corps « comme son ami et non son ennemi » ? La danse de l’éléphante de Jo Hoestlandt nous fait découvrir un personnage attachant, qui, contrairement aux autres ne cherche pas (enfin !) à se transformer en une autre, mais à trouver sa voie, sa place, comme elle est… Les illustrations de Camille Jourdy se donnent en écho au texte, simples et expressives, comme celles qu’esquisse Glen Nom de nom ! L’auteure et illustratrice Anne Delbos aime jouer sur les mots ! Après Mots pour maux, Nom de nom paraît aux éditions L’Initiale à Marseille, nouvel album jeunesse et tour du monde en seulement 15 stations. Même si les critères de choix nous échappent, décliner des mots (subjectifs ?) pour dire leur histoire, leur étymologie, évoquer leurs différents usages est une aventure réjouissante. Et les métamorphoser en images est une réussite. De A comme alarme à S comme sucre, on apprend que café vient de « cafeh » apparu en 1651 en Turquie et qu’il Cha-pron pour Un papillon d’hiver de Richard Couaillet. Tom se sent bien solitaire, avec des parents tellement absorbés par le travail qu’il n’a plus l’impression de les intéresser. Les jeux, les DVD, ne comblent pas le manque d’amour… et lorsque les vacances arrivent, un horizon d’ennui se profile. Il a 20 euros en poche, et part… Retrouvera-t-il ses parents ? Qui va-t-il rencontrer ? Un parcours initiatique où chacun gagne en humanité. Une fable poétique pour apprendre à grandir… Les livres y aident merveilleusement non ? MARYVONNE COLOMBANI La danse de l’éléphante Jo Hoestlandt, Camille Jourdy Actes Sud Junior, 7 euros est aussi une liqueur apéritive en Éthiopie (« qahwah »), que « loustic » signifie rigolo en allemand (« Lustig ») ou encore que robot fut utilisé par l’écrivain tchèque Karel Kapel dans un roman de science-fiction (« robota »). Mais tout cela ne serait pas très amusant si Anne Delbos se contentait d’en décrypter l’usage ou le sens, non, elle donne aussi une leçon de géographie. L’album est construit comme un atlas avec, en vis-à-vis, une carte du monde en couleurs avec l’indication du pays d’origine et un tableau-montage d’images, de photos, de dessins qui sont autant de drapeaux imaginaires d’un monde à réinventer. Alors, si « les mots aiment voyager », il n’y a pas une minute à perdre… M.G.-G. Anne Delbos était l’invitée de la librairie À l’encre bleue à Marseille le 7 oct dernier Un papillon d’hiver Richard Couaillet, Glen Chapron Actes Sud Junior, 7 euros Nom de nom Anne Delbos Éd. L’Initiale, collection L’utile, 11 euros Grandir et apprendre Les tout-petits adoreront l’histoire de Lola, inconsolable car elle a perdu son doudou, un beau patchwork de 22 carrés colorés. Ses parents collent des affiches dans le quartier pour le retrouver, des voisins ramènent des carrés et le patchwork se reconstitue. Lola fait ainsi la connaissance de Lili et abandonne le doudou pour le vélo et sa nouvelle amie. Tout cela est rassurant et joyeux comme les couleurs acidulées des illustrations de Natacha Sicaud. Le texte d’Irène Cohen-Janca choisit le dialogue et la musique des mots, pour raconter une histoire qui apprend à grandir. Pour les plus grands un coffret sur la montagne : ils découvriront la genèse des reliefs et les noms des cailloux, apprendront à choisir leur équipement de randonnée, à fabriquer un périscope, pour observer les animaux sans être vus, et un clinomètre, pour mesurer les pentes. Mais aussi à reconnaître les rapaces en plein vol grâce aux formes de la queue et des ailes, les fleurs alpines, les différents mammifères. Un livret leur contera les légendes des montagnes, et un plan leur permettra de mouler des briques de neige pour construire un igloo ! On retrouve dans tous les coffretsdécouvertes des éditions Petite Plume de carotte les illustrations de Christian Voltz, son bonhomme de cailloux et de carton. Des coffrets avec guide, recueil, livret et plan. On en redemande ! CHRIS BOURGUE Le doudou de Lola Irène Cohen-Janca, Natacha Sicaud Éd. Du Rouergue, 13,50 euros Ma boîte à trésor : la montagne Frédéric Lisak, Christian Voltz Éd. Petite plume de carotte, 16,50 euros J
RÉGION IMAGE DE VILLE MONTPELLIER CINÉMA 59 Le Court de la région Le 4 nov, la Région proposait la première d’une série de projections des films qu’elle a soutenus. La soirée, La o Les tours font leur cinéma Des enfants dans les arbres de Bania Medjbar Région suit son court, était consacrée au court métrage : on a pu voir cinq films et rencontrer certains réalisateurs. Nous avons déjà dit tout le bien que nous pensons des Enfants dans les arbres de Bania Medjbar et le peu d’intérêt du Détour de Cristina Ciuffi. La Réparation de Julien Boustani et Cecilia Ramos nous montre un vieil homme qui, réparant des poupées an-ciennes, retrouve sa sœur, perdue depuis des années. Si on croit peu au scenario, le jeu de Serge Merlin est intéressant. Quant à Jérôme Bleitrach qui a produit d’excellents films, il vaudrait mieux qu’il continue dans cette voie. Son Changement de cap est raté ! Très réussi en revanche Le corps noir, premier film, projeté pour la première fois, de notre collaborateur Rémy Galvain. Noir, comme le costume du protagoniste, un pickpocket taiseuxei Image de Ville s’est ouvert tout naturellement par un sommet du burlesque américain, Safety Last (1923), où Harold Lloyd, acculé à se surpasser dans une société marchande sans filet, gravit la façade d’un gratte-ciel. Le skyscraper symbole de puissance architecturale naît à Chicago à la fin du XIX e siècle au même moment que le cinéma. S’inspirant de la vie de Frank Lloyd Wright, King Vidor dans Le Rebelle (1949) exalte cette modernité radicale à travers l’idéalisme forcené d’un architecte, présenté dans la dernière séquence du film, à contre-ciel, seul au sommet du building new-yorkais qu’il construit. Le cinéma hollywoodien fait de la verticalité urbaine un cadre et un mythe. Batman, Spider-Man, King Kong s’élançant d’un étage à l’autre, bousculent l’horizontalité de la lecture ; le regard s’élève ou sombre dans la faille des rues. Plongées, contreplongées, vertige des travellings, réfraction de la lumière, les tours font leur cinéma ! Lors de la soirée inaugurale, Jean Nouvel, invité d’honneur, a opposé les verticalités en dialogue avec le paysage et l’histoire à celles du chaos capitaliste de Shanghaï, tours guerrières « autistes » écrasant l’individu et son passé. Alain Fleischer a lu un texte dense sur la dramaturgie de la verticalité, fondement de la civilisation. La soirée tours-infernales proposée au Renoir, puis les onze courts métrages de onze réalisateurs de nationalités différentes sur le 11 septembre, ont permis de passer de la fascination de Babel au cauchemar des châteaux de cartes qui s’écroulent. Des peurs pour-de-rire aux peurs pour-de-vrai. Mégapoles des solitudes, on a revu avec plaisir le Tokyo de Sofia Coppola dans Lost in translation en 2003 et le Paris de Blier dans Buffet froid en 1979 : La Défense à peine érigée, dans la tradition d’un polar marseillais, obsédé par les photos de ville enregistrées dans l’appareil qu’il a volé. Noir, comme un corps physique idéal absorbant la lumière sans la réfléchir jusqu’au dénouement malicieux qu’on ne dévoilera pas. Arrêts sur images dans la dynamique d’un itinéraire, superposition des cadrages, des regards, métaphore discrète de la création et de sa réception. Une heureuse surprise ! ANNIE GAVA ET ÉLISE PADOVANI désert d’espaces bétonnés où résonne le délicieux non-sens des dialogues. Pour sa 8 e édition, le festival aixois, à travers débats, documentaires, fictions a exploré un sujet passionnant aux vertigineuses contradictions. ÉLISE PADOVANI Harold Lloyd dans Safety Last En passant par Montpellier… 250 films, 23 pays de la Méditerranée, 9 jours de cinéma et de rencontres, la 32 e édition du Cinemedde Montpellier vient de se terminer. Et si le Festival semble avoir pris cette année un tournant plus « glamour » grâce à la présence de nombreuses stars, on n’en découvre pas moins des films internationaux à l’avenir fragile. Ainsi le 1er long métrage de la Géorgienne Rusudan Pirveli, Susa, qui a obtenu le prix du soutien à l’export, ce qui lui permettra peut-être d’être distribué. Susa, superbement interprété par Avtandil Tetradze, est un jeune garçon qui travaille dans une distillerie clandestine et qui est régulièrement racketté. Il vit avec sa mère et attend que son père revienne et change leur vie. Pendant une heure vingt, nous partageons, dans des paysages gris, son quotidien triste, égayé par le kaléidoscope qu’il a fabriqué et on est scotché à ce visage fragile, cette ténacité tranquille. Tout aussi cabossés par la vie, les protagonistes du film du Serbe Srdjan Koljevic, The woman with the broken nose : un chauffeur de taxi réfugié bosniaque, sa cliente qui se jette du haut du pont, lui laissant un bébé sans nom, une enseignante qui n’a The woman with a broken nose de Srdjan Koljevic e pas fait le deuil de son fils renversé par les parents d’un de ses élèves, amoureux d’elle, une pharmacienne qui ne s’est pas remise de la perte de son amour de jeunesse, toutes ces vies se croisent pour dessiner le portrait de Belgrade dans l’après-guerre. Sans oublier le pont qui relie la ville nouvelle à l’ancienne, toujours embouteillé, symbole de la situation de l’ex-Yougoslavie. À la fois drôle et touchant, le film a obtenu le Prix du jeune public. Parmi les nombreuses avant-premières que le public de Cinemeda pu découvrir, le deuxième film d’Audrey Estrougo, Toi, moi, les autres, une comédie musicale très réussie dont nous reparlerons à sa sortie en salles… ANNIE GAVA www.cinemed.tm.fr



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Zibeline numéro 35 novembre 2010 Page 1Zibeline numéro 35 novembre 2010 Page 2-3Zibeline numéro 35 novembre 2010 Page 4-5Zibeline numéro 35 novembre 2010 Page 6-7Zibeline numéro 35 novembre 2010 Page 8-9Zibeline numéro 35 novembre 2010 Page 10-11Zibeline numéro 35 novembre 2010 Page 12-13Zibeline numéro 35 novembre 2010 Page 14-15Zibeline numéro 35 novembre 2010 Page 16-17Zibeline numéro 35 novembre 2010 Page 18-19Zibeline numéro 35 novembre 2010 Page 20-21Zibeline numéro 35 novembre 2010 Page 22-23Zibeline numéro 35 novembre 2010 Page 24-25Zibeline numéro 35 novembre 2010 Page 26-27Zibeline numéro 35 novembre 2010 Page 28-29Zibeline numéro 35 novembre 2010 Page 30-31Zibeline numéro 35 novembre 2010 Page 32-33Zibeline numéro 35 novembre 2010 Page 34-35Zibeline numéro 35 novembre 2010 Page 36-37Zibeline numéro 35 novembre 2010 Page 38-39Zibeline numéro 35 novembre 2010 Page 40-41Zibeline numéro 35 novembre 2010 Page 42-43Zibeline numéro 35 novembre 2010 Page 44-45Zibeline numéro 35 novembre 2010 Page 46-47Zibeline numéro 35 novembre 2010 Page 48-49Zibeline numéro 35 novembre 2010 Page 50-51Zibeline numéro 35 novembre 2010 Page 52-53Zibeline numéro 35 novembre 2010 Page 54-55Zibeline numéro 35 novembre 2010 Page 56-57Zibeline numéro 35 novembre 2010 Page 58-59Zibeline numéro 35 novembre 2010 Page 60-61Zibeline numéro 35 novembre 2010 Page 62-63Zibeline numéro 35 novembre 2010 Page 64-65Zibeline numéro 35 novembre 2010 Page 66-67Zibeline numéro 35 novembre 2010 Page 68-69Zibeline numéro 35 novembre 2010 Page 70-71Zibeline numéro 35 novembre 2010 Page 72-73Zibeline numéro 35 novembre 2010 Page 74-75Zibeline numéro 35 novembre 2010 Page 76-77Zibeline numéro 35 novembre 2010 Page 78-79Zibeline numéro 35 novembre 2010 Page 80-81Zibeline numéro 35 novembre 2010 Page 82-83Zibeline numéro 35 novembre 2010 Page 84-85Zibeline numéro 35 novembre 2010 Page 86-87Zibeline numéro 35 novembre 2010 Page 88-89Zibeline numéro 35 novembre 2010 Page 90-91Zibeline numéro 35 novembre 2010 Page 92-93Zibeline numéro 35 novembre 2010 Page 94-95Zibeline numéro 35 novembre 2010 Page 96