Zibeline n°35 novembre 2010
Zibeline n°35 novembre 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°35 de novembre 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 8,7 Mo

  • Dans ce numéro : la création en danger.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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54 SPECTACLES LE CARRÉ LES SALINS MASSALIA Gagner le Nord o La Cie Artefact a conçu une fable écologique qui évite les bons sentiments. Fondé sur la catastrophe réelle de 2006 - un oléoduc s’était fissuré, entrainant la fermeture progressive de Prudhoe Bay, et les excuses publiques de BP - Alaska forever retrace le cupide cercle vicieux qui entraîne un dirigeant capitaliste, pas plus cynique qu’un autre et ancien amoureux des vastes étendues glacées, à laisser éclater des pipelines hors d’usage, submergeant les villages Inuit de millions de litres de pétrole brut… De très bonnes idées président à la création : l’Alaska, territoire poétique, y apparaît grâce au chant d’une femme, un tambour, des luminescences boréales, des contes Inuit de corbeaux et de baleines ; tandis que l’agressivité de l’entreprise pétrolière est portée par des jingles, des images d’archives, extraits de JT, et projections en très gros plan du visage du dirigeant cynique, incarné par un François Cottrelle très inspiré. Ses deux comparses, danseur et musicienne, furent moins convaincants le soir de l’avant-première, appuyant d’un lyrisme Artefact Olivier Baco extraverti inutile un propos et une mise en scène (Philippe Boronad) tout à fait efficaces. Un spectacle à recommander cependant à toutes les consciences adolescentes, qui ne connaissent souvent de l’écologie que sa tendance culpabilisante, et non sa critique profonde du productivisme. AGNÈS FRESCHEL Alaska forever a été joué le 22 oct à Châteauvallon et le 9 nov au Théâtre Durance. Il sera repris au Carré Sainte Maxime, où la Cie Artefact est en résidence, le 20 nov 04 94 56 77 77 www.carreleongaumont.com Arabiyetna Giorgio Colombo Reflets d’Odyssée Le spectacle inaugural du festival de Théâtre arabe en Région (voir p18) s’adressait aux enfants, et leur parlait vraiment ! Français et Arabe s’entremêlaient pour raconter comment la Famille Tombola rencontre le vieil Ulysse, amnésique, et font remonter à sa mémoire ses exploits anciens, jusqu’à ce qu’il retrouve sa vieille Pénélope qui avait recommencé à l’attendre dans le silence… L’histoire est jolie, et les trois comédiens dynamiques jouent, chantent, content, réinventent les scènes en marionnettes discrètes et en objets pauvres et ingénieux : une flûte, un papier de soie qui sort du chariot à roue, deux plumeaux colorés qui les rehaussent et voilà Ithaque ! Le cyclope porte un masque de plongée et hache menu… des poivrons colorés, les sirènes un paquet de chips tentateur, le chariot ambulant se transforme en vaisseau spatial, tout décolle, juste par la grâce du verbe, de l’humour et de l’imaginaire. Les enfants suivent sans s’interroger, dans les deux langues, on entend dans le public une mère qui avec son enfant fredonne tout bas la berceuse arabe que la comédienne chante… Une simplicité sans artifice qu’Éric Deniaud, le metteur en scène, a su retrouver au Liban, en travaillant sur l’épopée fondatrice méditerranéenne, et l’art des conteurs. A.F. Arabiyetna a été joué au Daki Ling, Marseille, du 11 au 13 nov dans le cadre de la programmation du Massalia Les envoleurs d’humour Ils ne manquent pas d’idées les deux zigotos de BP Zoom, et même s’ils ne parlent pas - tout au plus quelques injonctions - ils savent très bien se faire comprendre ! Leur langage très poétique, est basé sur des regards, des mimiques, des postures, appuyé par une bande-son qui reprend de grands standards entraînants, dont A Wonderful World qui donne son titre au spectacle. Philippe Martz et Bernie Collins piochent dans divers univers - théâtre, cirque et cinéma - pour inventer Mister B et Mister P, pile et face complémentaires d’un même personnage, l’un gaffeur et timide, l’autre professoral et désabusé, tous les deux fragiles face à leurs « exploits » : d’un voyage en montgolfière/carton, au saut en élastiques suspendus aux cintres, sans oublier le lâcher d’avions en papier sur le public subjugué qui s’en donne par la suite à cœur joie, les deux clowns révèlent autant qu’ils s’en amusent les états d’âmes des pauvres humains que nous sommes. But Wonderful quand même ! DOMINIQUE MARÇON A Wonderful World a été joué au Théâtre des Salins, à Martigues, les 28 et 29 oct X-D.R
JEU DE PAUME PÔLEJEUNEPUBLIC TANDEM SPECTACLES 55 Au pays de Pacamambo Fantaisie minimaliste Sur cette Piste là, trois fois rien. Seulement 2 grands costauds aux biscotos saillants, 1 Monsieur Loyal longiligne et 1 mini blonde aussi fine que mutine. Des physiques contrastés d’où naît l’esprit comique, renchéri par les situations, le jeu théâtral et clownesque du quartet qui a pour tout agrès ses propres corps. Pas besoin de décorum, juste un soupçon de fantaisie, une pincée de tendresse et le tour est joué, leur inventivité et leur souplesse font le reste ! Acrobaties, sauts et portés les plus fous ou les plus périlleux s’enchaînent et se succèdent au millimètre sur le tempo d’un banjo, d’un trombone ou d’une contrebasse car tous sont aussi d’excellents musiciens… Les figures réalisées mains à mains sont de véritables prouesses, les scènes souvent espiègles et le combat malicieux parce qu’inégal entre la frêle voltigeuse finlandaise et L’actuel a une histoire ! L’association Tandem, labélisée scène de musiques actuelles (SMAC) proposait aux collégiens et lycéens de l’agglomération toulonnaise un concert pédagogique retraçant « l’histoire des musiques actuelles du blues à nos jours ». A priori, la mission consistant à résumer un siècle de musique en 1 heure 15 semblait périlleuse voire impossible mais, sans prétention aucune, les deux intervenants présents sur scène se sont acquittés de la tâche avec beaucoup d’aisance ! L’exercice était bien rodé tant du point de vue technique que musical puisque alternaient avec fluidité des extraits vidéo et des prestations live à la ferveur communicative, le tout dans une ambiance chaleureuse et décontractée. Qu’il s’agisse de blues, de folk, de rock and roll ou même de reggae, l’ingénieur du son de l’association, alias Colonel Nico et Poupa Claudio, connu pour avoir été l’auteur de tubes raggamuffin, ont su mettre en valeur avec talent et professionnalisme les différentes caractéristiques de ces musiques nées jadis, et qui nous sont pourtant toujours contemporaines. En définitive, même si le Pacamambo Vincent Lucas - Le Facteur d'images o 0 o Comment parler de la mort aux enfants ? En créant un hymne à la vie ! C’est le parti pris de Wajdi Mouawad, l’auteur de Pacamambo, magnifié par la mise en scène de Marie Provence (Cie Méninas). Au plus près de son écriture franche qui évoque la mort « avec sa face de citrouille écrasée », la nomme dans sa crudité, avec l’odeur et la décomposition des corps, elle crée une subtile mise en lumière pour différencier le passé, le présent et l’imaginaire et abolir les espaces entre le réel et le pays de la mort joliment nommé « Pacamambo, le pays de toutes les lumières ». Elle balaye tout effet démonstratif pour se concentrer sur le jeu - très juste - des acteurs, la petite Julie qui restera plusieurs jours aux côtés du cadavre de sa grand-mère Marie-Marie à la douceur enveloppante ; son Chien dont la drôlerie opère comme un sas de décompression ; la Mort, pas féroce pour un sou ; et la psy, illustration psychorigide du monde des adultes et élément déclencheur de l’histoire. Car jusque-là Julie refusait de raconter les jours qui ont suivi sa La piste la, Cirque Aital 2 Christophe Raynaud de Lage résumé semblait un peu rapide en termes historiques, il n’en était pas moins complet : la fin de la séance était consacrée aux musiques plus récentes que sont le rap et l’électro, complétant ainsi ce voyage panoramique dans la sphère des musiques populaires du 20 e siècle. ÉMILIEN MOREAU Du blues à nos jours a tourné dans l’agglomération toulonnaise du 20 oct au 10 nov dans le cadre du 14 e Forum des musiques actuelles de Toulon Concert pedagogique Du blues a nos jours X-D.R disparition, gardant enfouies dans son cœur ses heures passées à défier la mort… Wajdi Mouawad traverse toutes les secousses et les interrogations de l’âme humaine face à l’inéluctable et, s’adressant aux enfants, illustre ainsi le rite initiatique du passage de l’adolescence à l’âge adulte. Tragique mais pas triste, poétique mais pas larmoyant, animé d’une petite flamme intérieure (la même qui illumine le cœur des personnages), le spectacle capte l’attention du jeune spectateur sur des notions aussi complexes que l’absence, le trou noir, la peur, la séparation grâce à des gestes doux et tendres, de vieilles valises rassurantes, des flacons de parfum embaumants et toujours les frétillements cocasses du Chien. C’est tout simplement lumineux. M.G.-G. Pacamambo a été créé le 5 nov au Théâtre du Jeu de Paume à Aix-en-Provence ses acolytes aussi forts que des bœufs. Comme dans ce duo irrésistible où le lutteur démarre en douceur, danse agile et souple, pour finir en combat de catch, hilarant ! Heureusement, le Cirque Aïtal a la délicatesse de masquer son extrême tension derrière une légèreté et une facétie contagieuses, et une musique omniprésente. Musique liée à la gestuelle, les sons aux corps, pour faire oublier le danger au public. Comme tout est bien qui finit bien, la fêle jeune fille parvient même à terrasser - gentiment - les trois « zigotos ». Mais le plus beau dans cette Piste-là c’est de les regarder, sans qu’ils aient besoin de raconter des histoires, monter leur corps jusqu’au ciel, juste pour toucher les étoiles. M.G.G. La Piste-là a été joué du 15 au 30 oct à Toulon, programmation PôleJeunePublic Le Revest Bout d’chanson Les chansons de Michel Melchionne ont peutêtre bercé vos enfants… On l’a retrouvé dans la chaleureuse petite salle de Théâtre et Chansons, avec le spectacle créé en 2008, Chansons bouts de crayons. Décor coloré, crayons de mousse, tout doux pour une écriture poétique, une guitare, rythme soutenu, tempi variés, les enfants restent captivés, certains fredonnent les airs, reprennent les couplets en chœur. Délicatesse du Petit Prince, voyage avec le Dragon de Chine ou le Nautilus, l’alouette chante dans le ciel bleu, le Pivert a la tête à l’envers, et le roi de Chuchotis Chuchota fait toujours rire avec sa toute petite voix… Michel Melchionne mène ses spectateurs dans un monde de fantaisie délicieux, et montre que l’on peut écrire et chanter pour les enfants de manière intelligente. M.C. 0 Chansons Bouts de Crayons a été donné le 17 oct à Théâtre et Chansons dans le cadre de Mômaix



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