Zibeline n°35 novembre 2010
Zibeline n°35 novembre 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°35 de novembre 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 8,7 Mo

  • Dans ce numéro : la création en danger.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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40 MUSIQUE OPÉRA DE MARSEILLE OPÉRA DE TOULON Du souffle à l’opéra La saison des concerts symphoniques de l’opéra de Marseille se devait de rendre hommage à Chopin, bicentenaire oblige. Le Concerto pour piano n°2 en fa mineur était interprété par Bertrand Chamayou, Artiste de l’année 2010 aux Victoires de la Musique : pianiste éclectique et très talentueux, il propose un jeu ample et sans emphase, sensible mais sans mièvrerie, un legato sublime dans le Maestoso, une technique éblouissante dans l’Allegro. Dans les trilles résonnantes du Larghetto, le pianiste semblait caresser le clavier tout en restant en contact avec l’énergie du contrepoint imprimé par un orchestre très concentré… Chamayou vit la musique, regard tourné vers Evelino Pidò, chef élégant et fougueux. Puis L’Ouverture du Freischütz de Weber, où les thèmes de l’opéra apparaissent, donna l’occasion à l’orchestre philharmonique de Marseille de jouer sur diverses La leçon de piano D Natif de Marseille, le pianiste Cyprien Katsaris mérite d’être plus largement reconnu, à la hauteur de son talent, immense. Plein d’énergie et de subtilité, il a été longuement applaudi le 6 nov à l’Opéra de Marseille. Transcendant de virtuosité dans un second concerto pour piano et orchestre de Liszt, pièce techniquement redoutable et truffée de Orchestre philharmonique de Marseille X-D.R. pièges, l’invité de marque (pour la première fois !) dans sa ville fait également chanter son clavier avec une douceur incroyable. Ovationné après cette performance concertante, le locataire d’un soir, modeste et ému d’un tel retour dans son bercail, se livra en guise de rappels à l’exercice favori des compositeurs qu’il affectionne et qu’il sert avec talent : l’improvisation sur des thèmes d’opéras. De Samson et Dalila de Saint-Saëns bientôt donné entre ces murs au Tannhäuser de Wagner, le génial improvisateur régala un public aux anges, tout heureux de vivre ce que pouvait ressentir l’auditoire aux mêmes places 150 ans plus tôt. Avant et après ? N’occultons pas la prestation de grande qualité de l’orchestre philharmonique de Marseille et la direction pleine de vitalité du toujours apprécié Louis Langrée. Inspiré de la ballade du poète allemand Bürger, le poème symphonique Le chasseur maudit de Franck offrit de belles couleurs et un festival d’interventions solistes des plus descriptives, à l’inverse de la symphonie en ré mineur, musique pure par excellence, à la masse orchestrale large et généreuse, remarquablement rendue par l’orchestre. FRÉDÉRIC ISOLETTA Question de programme Nina Uhari et Augustin Bourdon X-D.R. o Le public en a eu pour ses 5 ¤ le 23 octobre à l’Opéra de Marseille ! C’est que l’affiche relevait davantage de la soirée de gala pour mélomane chevronné que du récital « en matinée », dont l’usage veut que l’on y entende d’ordinaire des programmes plus « divertissants ». Des trois superbes Sonates proposées, on aurait conservé la lumineuse Fa majeur de Mendelssohn, dont le profond Adagio, au chant simple et nostalgique, récolte à lui seul mille louanges. On aurait nécessairement gardé, en couronnement, le chef-d’œuvre de Franck, la Sonate en la majeur, dont le fameux thème cyclique sonna avec suavité dans la luxueuse salle marbrée. À la ferveur lyrique et vibrante du violon d’Augustin Bourdon, joué à pleines cordes, la pianiste Nina Uhari Bertrand Chamayou Thibault Stipal - Naive Ouvertures… palettes : élans éclatants du tutti initial, thème dansant en dialogue entre cordes et cuivres, nerveux, d’un beau lyrisme. La 41 e symphonie de Mozart dite « Jupiter » clôturait ce concert. La foi dans le progrès, la francmaçonnerie, la sagesse et la vertu animent le combat du compositeur contre l’obscurantisme : l’énergie incroyable de la fugue finale semble déconnectée du réel -parfaitement rendu par la clarté, la lisibilité des thèmes et des entrées successives, le souci du chef et des musiciens de respecter les motifs principaux et de colorer les motifs secondaires. Un an avant la prise de la Bastille, le génial Amadeus délivrait un message fort avec cette Symphonie… de la Liberté ! YVES BERGÉ Ce concert de l’orchestre philharmonique a eu lieu le 22 oct à l’Opéra de Marseille to Pour son premier concert de saison, le Festival de Toulon a choisi une fois encore de confier la direction de l’orchestre de l’opéra au chef italien Giuliano Carella. C’est devant un Palais Neptune presque comble qu’ils se sont produits dans un programme consacré au XIX e siècle. La première partie commençant avec l’ouverture de La scala di seta, opéra en un acte, était comme souvent chez Rossini, une mise en oreille électrisante, pleine de fougue et de virtuosité orchestrale. Elle fut poursuivie par l’incontournable Concerto pour violon op.35 de Tchaïkovski dont la partie de soliste était confiée pour l’occasion à la merveilleuse Akiko Suwanai. Cette virtuose japonaise à la technique parfaite, au service d’une remarquable musicalité jouant sur un stradivarius ayant appartenu à J. Heifetz, a laissé l’auditoire totalement conquis avant la pause. À la reprise, l’orchestre et son chef interprétaient la 4 e symphonie de Beethoven. Faisant suite à une intégrale du répertoire symphonique du compositeur entreprise la saison passée, cette interprétation aux accents viennois, aérienne, ciselée et dévoilant une architecture ionique aux proportions parfaites achevait ce concert inaugural de fort belle manière. EMILIEN MOREAU Akiko Suwanai Leslie Kee Ce concert a eu lieu le 21 oct à Toulon a apposé un pathos placide au tragique résigné. Cette entente sensible a convenu à la palette romantique du programme, comme à la ferveur déchirante de la « Grande Sonate » n°2 op. 121 en ré mineur de Schumann(qu’on aurait toutefois pu réserver pour un autre récital…). Usant délibérément de la sourdine, la pianiste au jeu puissant parvenait heureusement à ne pas trop déséquilibrer le duo dans l’acoustique réverbérante du Foyer. Peut-être aussi que les musiciens auraient pu placer en ouverture le Grand duo concertant de Liszt tombé en fin d’agape comme une cerise, certes virtuose, mais un peu fade sur un gâteau chargé. On au-rait que mieux apprécié le bijou d’Arvo Pärt livré en bis ! JACQUES FRESCHEL
Divine Thaïs Pour son ouverture de saison, l’opéra de Toulon a programmé en ce début d’octobre Thaïs de Jules Massenet, un incontournable du répertoire lyrique français du XIX e siècle Sur un livret dont le thème fondateur est le mythe de la rédemption, sujet qui pour l’époque était sans doute sulfureux, le compositeur a construit un opéra autour du rôle-titre dans la plus pure tradition des divas comme l’avait fait aussi Bizet pour Carmen. L’analogie ne s’arrête pas là si l’on songe également à l’exotisme, valeur chère au public de l’époque, à la situation géographique du récit en Egypte par Anatole France, dans le roman dont est maladroitement adapté le livret. Les conditions du succès lyrique étaient à ce prix, et aujourd’hui l’intérêt d’un tel ouvrage réside avant tout dans le choix des interprètes. Autant le dire tout net, la distribution vocale de cette représentation était enthousiasmante, aidée par une mise en scène dynamique et efficace qui offrait aux personnages un espace de mouvement traduisant idéalement leurs doutes respectifs, tandis que la sobriété des décors tranchait avec la richesse des costumes magnifiquement mis en lumière. L’orchestre et les chœurs, impeccables, portaient Ermonela Jaho dans le rôle de Thaïs, au vibrato ample dans le grave et aux aigus cristallins, incarnant une héroïne crédible et très convaincante, à l’instar de Franck Ferrari qui était lui aussi parfait en Athanaël, son rédempteur, aidé par une voix puissante de baryton au timbre profond et grave. Le public a donc légitimement rendu aux artistes les honneurs qu’ils méritaient pour cette superbe production. EMILIEN MOREAU LYRIQUE MUSIQUE 41 Frederic Stephan Thaïs était représentée à l’Opéra de Toulon du 12 au 19 oct Dialogue des siècles C’est sur l’orgue fraîchement restauré de l’église des Réformés que l’organiste Thierry Escaich, interprète, improvisateur et compositeur reconnu, a conduit un Office imaginaire le 8 nov. Avec le concours de l’ensemble vocal Sequenza 9-3, de la pianiste Claire-Marie Le Guay et sous la direction artistique de Catherine Simonpietri, ce grand moment musical spirituel était à l’origine destiné à célébrer le 1100 e anniversaire de l’abbaye de Cluny. Véritable traversée dans le temps, miroir entre le monde médiéval et l’écriture contemporaine, de l’introït au sanctus en passant par le graduel ou l’offertoire, les croisements entre le grégorien, De Pérotin, Arvo Pärt, Messiaen, Duruflé et Escaich luimême (œuvres et improvisations) ont pu rappeler combien l’écriture d’aujourd’hui se nourrit de ses prédécesseurs lointains. Avec une spatialisation scénique qui joue de l’emplacement des différents tuyaux de l’orgue, l’échange méditatif et contemplatif devint tout à coup coloré, litanique, captivant un public nombreux admiratif de cet « office » singulier, conscient du privilège d’avoir assisté à un moment unique. AGNÈS CONDAMIN Thierry Escaich Sebastien Erome Orientalisme X-D.R. Le 5 nov le Comœdia à Aubagne avait la bonne idée de reprendre l’opéra exotique de George Bizet Djamileh, créé au couvent des Minimes de Pourrières durant l’été 2009 pour l’Opéra au village. Formation réduite d’orchestre -on y remarquait la belle prestation du violoncelle, de la clarinette et du basson joué par Cylia Travier-, costumes chatoyants, décors bien agencés installaient le spectateur dans une atmosphère de Contes des Mille et une nuits. La mise en scène de Bernard Grimonet imprimait à l’ensemble un bon rythme même si la distribution de la création n’avait pas été complètement reconduite. La jolie voix de Yete Quieroz faisait oublier les faiblesses du chœur qui se rattrapait par un jeu de mimiques cocasses. On ne peut que saluer le dynamisme de l’association l’Opéra au village qui sait promouvoir des œuvres peu jouées, voire oubliées, mais veut aussi les accompagner dans la durée ! M.C.



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