Zibeline n°35 novembre 2010
Zibeline n°35 novembre 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°35 de novembre 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 8,7 Mo

  • Dans ce numéro : la création en danger.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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36 MUSIQUE GTP 1 Grands concerts au grand théâtre Zhu Xiao-Mei Julien Mignot o Au loin coule une rivière Les trente variations Goldberg de J.S Bach représentent sans conteste un sommet de la littérature pour clavier. Chacune de ces pièces, microcosme de la puissance créatrice du compositeur allemand, derrière une simplicité apparente, dévoile la complexité de cette écriture baroque tardive : les variations s’enchaînent, mécanique céleste, artefact d’un modèle divin, découpant le temps au gré des fluctuations agogiques. Fluidité de la musique, limpidité de l’œuvre, jamais « Bach » (le ruisseau en allemand) n’aura aussi bien porté son nom ! Zhu Xiao-Mei, seule face à son piano, releva le défi d’immerger le public du GTP dans cet ouvrage si intimiste. Pianiste chinoise à la technique admirable, aux pianissimi d’une beauté crépusculaire, la pékinoise osa une interprétation tout en retenue, méditative, splendide mais un peu hermétique ; une lecture quasi contemplative qui avait du mal à s’accorder aux dimensions de la salle : à redécouvrir entre amis dans le secret d’une alcôve. Quatre garçons dans le vent Modigliani aurait sans doute apprécié que ce quatuor porte son nom ! Le tempérament double de l’artiste, fougueux et virulent, réservé et charmant se retrouva sous les archets insensiblement indisciplinés de ces jeunes instrumentistes. La légère surbrillance du premier violon, le jeu un peu forcé du violoncelliste furent superbement tempérés par le son patiné, tout en rondeur, de l’altiste et de son comparse violoniste. Cet ensemble, pépite encore un peu brute, une fois policé par le temps s’affirmera comme un des spécialistes du genre. Le programme présenté en cette soirée fut placé sous le signe de la dualité : de l’introspection sonore du mouvement lent du quatuor de Debussy, proposé en bis, à l’opus 76 du maître Haydn d’une modernité déconcertante en passant par les deux quatuors op 13 et 80 de Mendelssohn, le public du GTP put apprécier la ductilité de la palette de ces artistes. Le syncrétisme de l’adagio non lento du quatuor en la m du jeune Félix à la croisée des styles -baroque, classique- et des techniques d’écriture -contrapuntique, harmonique- résume à lui seul ce concert qui fut, à bien des égards, décoiffant ! CHRISTOPHE FLOQUET Ces concerts ont été donnés le 12 et le 19 oct n Quatuor Modigliani Andrew French Armide enchanteresse Un fil conducteur, Armide (issu de la Jérusalem Délivrée du Tasse), un orchestre talentueux, l’Orchestre Français des Jeunes Baroque, un chef enthousiaste, le pétillant et so british Paul Agnew, une soprano sensible à la belle technique, Emmanuelle de Negri promettaient un concert de qualité qui fut alourdi cependant par des longueurs : le choix du Concerto Grosso n°3 de Haendel, et de la symphonie La Reine de Haydn, se justifiait assez peu, malgré l’admiration qu’avait Marie-Antoinette pour cette œuvre (d’où son nom !). Puis le chef rappelle les maléfices de la magicienne Armide qui change les chevaliers en animaux et tombe amoureuse de Renaud après avoir voulu le tuer. La Suite extraite de la tragédie Armide de Lully donne toute sa force au drame : belles couleurs de cordes, interventions nettes des bois, la soprano maîtrise les phrases amples et les affects baroques si variés, appogiatures, ornements, trilles : Traître, attends, je tiens ton cœur perfide ! L’alternance binaire-ternaire, typique des suites, les entrées fuguées, les lignes planantes des cordes, les appuis du clavecin et les OFJ baroque - Paul Agnew Sylvain Pelly soli des bois, sont de très belle facture. On retrouve de nouveau haine et pitié dans la Cantate Armida abandonnata de Haendel, chant haletant et planant. E. de Negri nous offre un air de Graun, compositeur baroque dont l’opéra Armida n’avait jamais été joué depuis la création ! Al fin è in mio potere : belle ligne de chant et mélodie d’une étrange beauté. Puis l’Air Odio, furore, dispetto, extrait d’Armide de Haydn, est une bourrasque de vocalises, même si la soprano manque d’une marge plus convaincante dans les aigus pour rivaliser avec un orchestre déchaîné de jeunes insouciants, dirigés avec complicité par un chef très présent. Un concert audacieux où le thème et ses variantes se suffisaient largement à euxmêmes. YVES BERGÉ Ce concert a eu lieu le 4 nov au GTP o
QUATUORS MUSIQUE 37 Réviser son Bach On ne peut nier la belle qualité du concert Bach to the future donné au GTP sous la houlette de Jean-François Zigel. Ni la justesse du propos, ni l’irréprochable prestation des artistes… Inventif, original dans l’approche de Bach, le programme a su ménager des surprises, loin des lieux communs. Il ne s’agissait pas de montrer la postérité de Bach et de présenter des œuvres qui s’en inspirent, mais d’analyser quelques morceaux, puis d’improviser, et d’interpréter sur des instruments contemporains ou non du père de la « polyphonie infinie et infiniment renouvelée ». Pratique de l’invention, sonorités électroniques, claviers, piano ou Fender Rhodes, grande Bourbonnaise et petite berrichonne, grand célesta… Cet ensemble hétéroclite était au service d’un propos : la plasticité et l’intemporalité de la musique de Bach. Un quatuor chanté (soprano, alto, ténor, basse) rythme le spectacle, en charmants intermèdes, ainsi que les passages récurrents d’une danseuse papillon aux grands voiles, Raphaëlle Boitel. Curieusement, c’est elle qui recevra les applaudissements les plus enthousiastes ! Parce qu’elle apporta les seuls réels reliefs du spectacle ? On gardera en mémoire la belle sensibilité de l’ensemble et la phrase de Cioran citée en exergue, « sans Bach, Dieu ne serait pas grand-chose » … M.C. Bach to the future a été donné au GTP le 14 oct o Jean-Francois Zygel Philippe Gontier - Naive Quatre Tchèques Décidément l’équipe de la Société de Musique de Chambre de Marseille a du nez ! Depuis l’annonce de la venue du Quatuor Zemlinsky à la Timone, ces quatre cordes tchèques ont remporté le 1er Prix du Concours International de Quatuors à cordes de Bordeaux en juillet 2010. De fait, le 9 novembre, on a découvert leur beau travail sur les sonorités s’appuyant sur une grande cohésion. Ces disciples des Talich, Kocian et Prazak ont le sens de l’effet, des contrastes, joués à plein archet comme dans le fameux Quatuor « Les Dissonances » de Mozart, doublé d’une tension dynamique sans relâchement. L’ensemble laisse aussi un espace essentiel au dessin mélodique individuel surgissant de la polyphonie. Il en fut ainsi dans le Quatuor n°1 op.4 d’Alexander von Zemlinsky, œuvre à l’esprit épique, l’écriture élégante et une expression singulière. Un X-D.R compositeur sous-évalué par rapport aux deux Viennois qui l’encadrent historiquement : Gustav Mahler et Arnold Schoenberg ! Les musiciens ont enfin cueilli dans leur jardin quelques bouquets de Bohème signés Dvorak et Smetana, pour nous les offrir en bis. Dans ces cas-là on remercie… JACQUES FRESCHEL Trois fois quatre Trois quatuors à cordes en un week-end pour à la Chapelle du Méjan à Arles ! Le Prazak le vendredi 23 octobre et le Cuarteto Casals et le Quatuor Alma le dimanche 25 ! Une programmation somme toute traditionnelle : Haydn, Debussy, Mendelsshon pour l’Alma. Mais se lassera-t-on jamais de La jeune fille et la mort interprété par le quatuor éponyme du grand Pablo ? Après Mozart (K 421) quoi de mieux que ces sublimes variations pour mesurer l’épure de cette formation, puis Bartok (n°4) pour admirer sa géométrie et son évolution déjà annoncée par Debussy… Le Quatuor Prazak quant à lui se centrait sur l’école Tchèque après une incursion Russe et orientalisante chez Borodine (n°2 en ré majeur) : doublures délicates, imitations, tissu dense au sein d’une forme sonate éternellement stable et paradoxalement génératrices de combinaisons thématiques et de timbres éternellement renouvelées. Le quatuor Tchèque joue alors sur du velours dans la mélodie du célèbre Nocturne et confirme sa filiation identitaire avec Le Quatuor Slave de Dvorak. Cinq pièces facétieuses de Schulhof rappellent le potentiel idiomatique qu’il C reste à exploiter dans ce type de formation au XX e siècle, et aujourd’hui. Prazak assure et en a sous la touche. On ne se lasse pas des fondamentaux : Rejcha (compositeur franco-tchèque du XVIII e siècle) et deux compatriotes de Bohème interprétés en bis rassurent, et confirment la prolixité et la variété du genre pour les amateurs du carré magique. P.-A. HOYET Quatuor Prazak Guy Vivien



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