Zibeline n°35 novembre 2010
Zibeline n°35 novembre 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°35 de novembre 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 8,7 Mo

  • Dans ce numéro : la création en danger.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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14 THÉÂTRE MINOTERIE BANCS PUBLICS GYMNASE CENTAURE VITEZ Passe-muraille Saluons la finesse de l’équipe de Julie Kretzschmar, initiatrice des Rencontres à l’Echelle : plaquette programme élégante, à la signalétique efficace, et aussi affiche malicieuse, hommage léger aux curiosités fondatrices qui poussent diaboliquement à aller voir chez les autres ! C’est à Istres que le solo de Hamid Ben Mahi a posé hip hop une des problématiques de cette 5 e édition (voir p23) : laisser au mot « tension » toute sa dynamique créatrice. La soirée d’ouverture marseillaise aux Bancs Publics, le 13 nov, a parfaitement illustré cet « esprit d’entreprise fragile ». Deux projets diversement aboutis réunissaient en un chiasme parfait un musicien français (Aurélien Arnoux) et un égyptien chorégraphe (MohamedShafik), une française chanteuse (Emilie Lesbros) et un violoniste algérien (Kheireddine M’Kachiche). Energie débridée mais répétitive, décibélisme hyper expressionniste convenu pour le premier duo ; reptations souples et jetés vigoureux témoignent d’une belle maîtrise technique... qui malheureusement exhibe un peu trop ses intentions. La rencontre a lieu, en revanche, évidente et partagée par un public conquis, entre la voix et le Intérieur damassé bourgeois Aller voir un Goldoni est toujours un plaisir. Celui-ci tourne depuis plus d’un an, a fait dernièrement étape à Sète et Nîmes avant de s’arrêter au Gymnase. Le barbon y est interprété par Robert Hirsh, 85 ans dont plus de 60 ans de carrière, et il est entouré de Claire Nadeau et Clémentine Célarié, ce qui garantit le succès public de cette production privée du Théâtre Hébertot : La Serva amorosa remplit, et ravit, la salle. Faut-il s’en réjouir ? On préfèrerait mieux que le public soit aussi facile à convoquer sur la création de Hubert Colas (voir p 7), mais cette intrusion dans l’intimité bourgeoise du XVIII e siècle ne manque pas de charmes. D’abord, avant tout, parce que le texte de Goldoni fonctionne comme une mécanique rigoureuse et intelligente, explorant le Valise en carton « Paris est plus près de Bou Saada que La Mecque... La géographie, c’est comme la famille, une question de proximité ! » Voilà à peu près ce que claironne spirituellement et invariablement M.Meffren, l’instituteur toujours bien français, en septembre 62, à ses élèves des hauts plateaux algériens… Finalement il n’y a que les chiffres qui soient arabes alors ? MohamedKacimi a 7 ans et vit à El Maleh dans une famille de lettrés au cœur d’un village quelque peu épargné par la guerre (l’autorité naturelle d’un grand-père tenant en respect les forces françaises, nous précise l’auteur dans l’entretien qui a suivi la pièce). L’Indépendance de juillet va paradoxalement sonner le glas d’une fabuleuse liberté pour l’enfant, et sa compagne Nadia ; la fiction commence où ne s’arrête pas non plus l’autobiographie ; et Alger 1962 est franchement un beau texte de théâtre qui violon, l’arabo-andalou jazzé et la musique contemporaine, la chanson tout simplement et le rythme qui fait danser ! MARIE-JO DHÔ fond des cœurs sans sacrifier au rythme comique, faisant entrer la comédie dans l’ère de la psychologie - et du féminisme- comme en France un certain Marivaux. Ensuite parce que Robert Hirsch, sémillant vieillard, entretient avec le personnage une proximité troublante, une fragilité émouvante qui nous fait comprendre ses renoncements face à la virago qu’il a épousée en secondes noces. Sa mémoire même le lâche, son cœur le fait souffrir, et il y a quelque chose de « vrai » dans ses mains qui retombent lassées, ou s’accrochent aux jupes de sa femme… D’autres dans la distribution sont épatants, Lélio le bel idiot, Arlequin le valet imbécile. Mais les personnages de demi-caractères sont nettement plus convenus, puise la force de son écriture dans l’effroi des années 95 et sait dire finement la désillusion intime au cœur de la liesse populaire, signe avant-coureur d’autres Meetic.med, M. Shafik X-D.R. À venir Bien sûr, il y a une suite en ce lieu : clôture alléchante le 27 nov avec Ramallah mon amour, film vigoureux de Natacha Musléra suivi de la performance festive de quatrE (au féminin) Vraoums habilement déjantées. X-D.R. catastrophes… Qu’en reste-t-il sur le plateau ? Un dispositif séduisant de simplicité : un mur-rideau de la mémoire où glissent les images/photos et cartes/visages et Entre temps se seront croisées des lectures : ne pas manquer l’hommage au journaliste algérien assassiné (pléonasme ?) Saïd Mekbel, le 18 nov ni Les Borgnes (voir p 19) du passionnant et vivant Mustapha Benfodil le 26 nov. Du théâtre : une pièce du même auteur De mon hublot utérin… bla bla bla présentée en étape de création à la Friche le 19 nov. Des projets pluridisciplinaires autour du travail de Soeuf Elbadawi, auteur et metteur en scène comorien le 20, 21, 22 nov dans des cités des quartiers Nord et à l’Ecole Centrale de Marseille...et bien d’autres propositions détaillées sur le site des rencontres... et la si jolie plaquette ! Les rencontres à l’échelle Jusqu’au 27 nov Les Bancs Publics 04 91 64 60 00 http://lesrencontresalechelle.com hésitant entre un jeu réaliste et comique, empêtrés dans le décor trop chargé, dans des costumes trop riches, dans des sous-textes qui échappent parfois… L’ensemble passe, bien, mais ce n’est pas du grand théâtre, et il nous prend l’envie de susurrer au public rassemblé : allez quoi, soyez moins frileux, partez explorer d’autres univers, les horizons nouveaux sont les seuls qui brillent vraiment… La Serva amorosa Jusqu’au 20 nov Le Gymnase, Marseille 0820 000 422 www.lestheatres.net territoires, un peu l’âme du spectacle avec la musique composée par Rachid Guerbas et jouée en direct par Stefano Genovese ; mais aussi une trop vieille métaphore en forme de valise tirée par Nadia (Valérie Grail) en partance pour l’autre rive sur un quai marseillais ; le dialogue avec Gharib l’exilé (Zakaria Gouram, qui semble endosser le rôle tant il bute sur les mots) n’offre pas les moments d’intensité attendus : la passion est dans les mots, pas dans les voix ni dans les gestes ; dommage : il était si beau le regard noir du grand-père sur l’affiche ! MARIE-JO DHÔ Alger 62 de MohamedKacimi a été donné à La Minoterie du 4 au 7 novembre La pièce est publiée chez Actes-Sud Papiers
Idéalisme de la pensée matérialiste Peut-on vivre sans utopie ? Il est encore difficile d’évoquer l’URSS avec objectivité, on a vite fait d’opposer, avec raison mais manichéisme, totalitarisme d’avant et liberté retrouvée. Mais l’ère soviétique n’était-elle pas aussi celle de l’illusion ? Il s’agit ici de comprendre le grand mensonge qui exploita le rêve d’une vie meilleure pour tous. À l’oubli programmé de cet idéal, Sveltana Alexievitch oppose une analyse attentive et sensible des êtres, et interroge l’Histoire par l’observation de l’histoire des gens. Trois personnages sont mis en scène. Leur point commun ? chacun a voulu se donner la mort, non par mauvaise conscience, mais à cause de la chute de l’idéal qui les a fait vivre. La mort de l’utopie à laquelle ils ont tout sacrifié revient à les exclure, d’ailleurs, leurs enfants les condamnent, le monde les ignore… Peut-on vivre dans un univers où l’individualisme détruit toute volonté de progrès général ? En analysant le passé, l’auteur nous renvoie aussi une image insatisfaisante du monde capitaliste contemporain… L’adaptation et la mise en scène de Nicolas Struve sont remarquables de vérité et exempt de tentation réaliste : décor sobre, délimitation minimale des espaces, les trois acteurs ne se rencontrent jamais. Chacun se livre à un long monologue, sur le ton de la confidence, de la confession, reformulant des souvenirs avec une sincérité émouvante et juste, humour aussi… X-D.R. Un jeu d’une sobre et bouleversante intensité. Du très grand théâtre ! MARYVONNE COLOMBANI Ensorcelés par la mort de Sveltana Alexievitch/Nicolas Struve a été donné au théâtre Antoine Vitez les 9 et 10 nov r P riS. "Slips inside" die okïdok (Belgique) Vendredi 26 Novembre 2030 Salle Polyvalente Beñ'èi'Etci n réservations : www.forumdeberrae.carnDeux corps, une âme... Le Théâtre du Centaure abrite des êtres mythiques, mi-homme, mi-cheval, qui nourrisent l’imaginaire des spectateurs. On ne s’étonnera donc pas de leur affluence et de la présence de nombreux enfants, parfois effrayés lorsque Yudishtira, l’étalon lisutanien noir, fonce sur le public et s’arrête pile. Bête magnifique que l’on devine concentrée et tendue tant la performance présentée demande un travail minutieux. Manolo dit un texte de Fabrice Melquiot, son complice depuis longtemps. NASDAQ, texte surprenant sur les traders, traîte de la violence du monde de la Bourse. Après la performance un court métrage nous emmène dans Istanbul. Ces formes courtes se nomment Poèmes Centaures et s’inscrivent dans le vaste projet de Flux, parcours nocturne dans plusieurs villes européennes, mélange de films, de poèmes, de performances, qui change de forme en changeant de lieu devenant chaque fois oeuvre unique. L’intégrale en sera présentée en juin dans plusieurs lieux de la campagne Pastré. À suivre... CHRIS BOURGUE Frederic Chehu Poème Centaure N°2 s’est donné le 13 nov à la Campagne Pastré, Marseille Poème Centaure N°3 le 11 déc 04 91 25 38 10 www.theatreducentaure.com RE4CCYTRE2 d'dRERROIS FRr.IEItl Es333.7 II IIfE Yffililll 6. Li C+I 9u PErL Er9i311rEElM,4BSEILtE Sk1EUl PT NOVEM01RE 2010 [SPACE JULIEN 20N3O vartet l'JIRTIE TpVGE üMIbÏ EEIâE119LE 9illeaterie ; EspaeE3sultura h6arSeille 01 : 96 11 114 81 w16"d',B8p3COCR1:uf9,ne1 I Oipi'iek.cum I EIIIetal



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