Zibeline n°34 octobre 2010
Zibeline n°34 octobre 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°34 de octobre 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 9,6 Mo

  • Dans ce numéro : Avignon... à fond les saisons !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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70 LIVRES Sous un ciel si bleu, si vide Que reste-t-il du 11 septembre ? À l’heure où la polémique autour de la future mosquée fait rage, à quelques mois du dixième anniversaire des attentats, Thomas Reverdy situe son 4 ème roman tout près de L’envers du monde : Ground Zero, « une absence en béton ». New York donc, août 2003. La canicule stagne sur la ville. Le ciel y reste inexorablement bleu. Comme ce jour de septembre où deux avions ont percuté les tours jumelles. Sur le chantier, le corps d’un ouvrier arabe est découvert dans un puits de forage. Homicide ? Accident ? Le roman débute comme un policier. Ce qu’il n’est pas, même si l’on y croise un inspecteur du FBI. Car il importe assez peu de connaître les raisons de cette mort ou l’identité de l’éventuel assassin. Cette disparition initiale - « comme s’il n’avait jamais existé » - donne le ton du roman. Un récit à plusieurs voix sur le deuil, le manque, le désarroi. On y suit Pete, ancien policier présent lors des Le 7 e ouvrage du Brésilien Bernardo Carvalho répond à une commande. Celle d’une histoire d’amour dans une grande ville du monde, ici Saint-Pétersbourg (voir p 65). Carvalho a accepté la contrainte… pour mieux la contourner (n’est-ce pas là l’intérêt des contraintes ?). Dans ce roman qui multiplie les points de vue, navigue dans le temps et sort de la ville pour des incursions en Ingouchie, en Tchétchénie et même au Brésil, on est bien loin des clichés sur la cité de Pierre le Grand. Et les amours qu’il met en scène n’ont rien à voir avec des lunes de miel sur la Neva. Pas d’exotisme slave, aucune couleur locale. Malgré le ravalement des façades, un climat de brutalité et de déréliction domine cette ville panoptique, quadrillée par la police et pourtant pleine de zones obscures. Un univers glacé, même au printemps, et glaçant. Où se débattent les fils déshérités de ce système inhumain, où le comité des mères de soldats étudie plus d’une centaine de cas par jour, où il faut tricher pour éviter attentats, reconverti depuis dans la visite du site, Candice, serveuse à Brooklyn dont le mari a été pulvérisé dans l’une des tours, et Simon le Français venu donner des ateliers d’écriture à l’université et se documenter sur les attentats en vue d’un livre. « Tout le monde a ses fantômes », qu’il parvient ou non à oublier. À travers trois personnages un brin paumés, trois itinéraires subtilement croisés, Reverdy entre dans l’intimité de l’histoire américaine récente. Mi-empathique mi-distant, il brosse le portrait d’une Amérique meurtrie. Et pose quelques pertinentes questions sur le monde comme il va… à sa perte ? FRED ROBERT L’envers du monde Thomas Reverdy Éd. du Seuil, 18 euros Scène primitive chez les primates Sois fidèle à l’humain, Doogie. Tandis que les humains se sont retranchés sur des stations orbitales, l’Afrique est devenue une sorte de conservatoire naturel. La famille Evans y gère un zoo immense et expérimental, et à la façon d’une Genèse post-moderne, tente d’y recréer l’animal à l’image de l’homme : Doogie, chimpanzé surdoué, y parvient presque. Recueilli bébé, le petit singe a été élevé avec les enfants du couple et il a acquis un langage et une éducation élaborés. Mais un crash au retour du voyage de promotion renvoie le prodige « civilisé » au cœur de la jungle, et le contraint, pour survivre et rejoindre le zoo, à retrouver par degré son animalité. Le récit est construit sur le monologue intérieur du singe : les « mémoires », qui retracent rétrospectivement la vie au zoo, alternent avec les épisodes « de la jungle » : ces deux trames retracent les trajets symétriquement inverses de Doogie, progression et régression, où basculent, à travers le langage, la conscience, la mort, la sexualité, les pulsions, les limites entre homme et animal. Pourtant, ces deux récits convergent : à la Amours slaves LITTÉRATURE façon d’une anamnèse, le retour au zoo coïncide avec la scène primitive du mystère de sa naissance… S’inspirant d’un fait divers réel, Tristan Garcia propose une ultime variation sur l’homme-singe, qui commence comme la Planète interdite et s’achève en conte cruel. Mais l’originalité et la réussite du livre tiennent avant tout à l’inventivité de la narration, à la cohérence du langage singulier de Doogie, étonnant pidgin mêlant anglicisme, préciosités et barbares barbarismes. Et au portrait cocasse et pathétique de Doogie, imitation simiesque de l’homme dans ses rêves de puissance, lorsqu’il traverse la jungle avec son slip XXL, son pistolet et son chien, comme dans ses rêves de servitude volontaire, dans son attachement désespéré à son origine, à laquelle il a donné le nom de sa mère, sœur et divinité : sa maîtresse Janet. AUDE FANLO Mémoires de la jungle Tristan Garcia Éd. Gallimard, 19,50 euros le service militaire et le départ forcé pour la Tchétchénie, où l’armée prostitue ses jeunes recrues afin de renflouer ses caisses, où la violence est souvent la seule issue. L’amour ? Quelques rencontres furtives, éphémères. « Quand il n’y a plus rien, il y a encore le sexe et la guerre. Le sexe et la guerre sont ce que tous les hommes ont en commun […] ». La langue volontairement neutre, cynique presque, rend à merveille le quotidien terrible d’un pays miné par la corruption et le désespoir. FRED ROBERT Ta mère Bernardo Carvalho Traduction Geneviève Leibrich Éd. Métailié, 17 euros L’auteur était invité aux Correspondances de Manosque et président d’honneur du Festival du Livre de Mouans-Sartoux Thoras B Reverdy L'envers du monde L’auteur était présent aux Correspondances de Manosque pour une rencontre croisée avec Lionel Salaün (Zib’33), autour de leur vision de l’Amérique ry Ti.m [,l.lC'l[l Nkinlvilresdelajt Tristan Garcia sera présent lors des Littorales à Marseille (voir p63) Bernardn Carvalnn'Ta mère Anne-Marie Métailié était l’éditrice invitée d’honneur à Mouans-Sartoux
Grève à tous les rayons Après le succès de Notre usine est un roman, commande des salariés licenciés d’un centre de recherche pharmaceutique à Romainville, l’écrivain militant Sylvain Rossignol s’est lancé dans une fiction sur un supermarché, un monde du travail fermé où la communication est réduite à peu de choses : chacun est à son poste, du directeur aux caissières, en passant par les vigiles. Quant aux clients ils sont surtout préoccupés par leur chariot. Rien que de très banal. Mais voilà que la caissière Noémie se livre à un acte singulier et fou : elle cache le code-barres d’un bouquet de fleurs et par là même les offre à un client. Séduit, celui-ci se débrouille pour toujours passer à la caisse de Noémie les jours suivants. Cependant Noël approche et la responsable du rayon poissonnerie, Viviane, nouvellement déléguée syndicale, veut inciter le personnel à refuser de travailler le 24 décembre qui tombe un dimanche. Le directeur s’inquiète, les caissières se mobilisent, Viviane et Noémie deviennent amies, Julien se déclare solidaire. Sylvain Rossignol anime tout cela par de courts chapitres essentiellement dialogués, variant les points de vue par des monologues incisifs dont la juxtaposition est jubilatoire. Le vote de la grève réveille les consciences, déclenche une parole libératrice. Trop beau pour être vrai ? Sur la Canebière Monoprix est en grève… CHRIS BOURGUE Carte de fidélité Carte de fidélité Sylvain Rossignol Éd. La découverte, 14 euros Sylvain Rossignol sera présent lors des Littorales à Marseille (voir p63) Pour que l’on n’oublie pas Pourquoi chroniquer le dernier roman de Maurice Gouiran ? Depuis que ce docteur en mathématiques, spécialiste des systèmes d’information sur les incendies de forêts, s’est lancé dans l’écriture, il publie un livre par an au moins, jouit d’un lectorat fidèle qu’il rencontre volontiers lors des nombreux festivals où il est invité. Certains de ses textes sont même étudiés en lycée ; bref, il n’a pas vraiment besoin de publicité ! Il importe pourtant de saluer ce nouvel opus. Car, au-delà de l’enquête de Clovis Narigou son double à peine déguisé (Narigou, Gouiran, vous voyez ?), au-delà de ce qui ne manquera pas d’agacer les allergiques au polar dit marseillais, à savoir les digressions sur les us et coutumes des piliers de bars de l’Estaque ou sur la faune et la flore de nos belles collines, au-delà de tout cela donc, voilà une palpitante leçon de mémoire. Gouiran utilise les ressources de la fiction policière pour débusquer les silences et les mensonges de l’histoire. Dans Franco est mort jeudi, on navigue entre plusieurs périodes douloureuses de l’histoire espagnole récente, on entre dans la mémoire de ceux qui ont vécu la guerre civile puis l’exil. On prend aussi conscience que les forces réactionnaires sont toujours là, prêtes à reprendre du service et qu’il convient de rester plus que jamais vigilant. Placé sous la tutelle d’Orwell, dont une page est citée en exergue, ce roman engagé et humain est à lire pour se souvenir… FRED ROBERT Franco est mort jeudi Maurice Gouiran Éd. Jigal, 18 euros David Toscana Mercredi 13 octobre 19 h Le CerCie ruuge - 41, rue Aade.nhe Thiers 13001 Marseille Vendredi 15 octobre 18 h 30 Librairiel.e 07er.ier d'abondance - 38 rue du MDvtin Salon-de-Provence Maxence Fermine Jeudi 25 novembre 18 h 30 Librairie Le {. ertier Ge Saint-Yves - 10. rue Venture 13001 Marseille Vendredi 26 novembre 18 h Librairie Lettres Vives - 3, cours Rristde Briand 13150 Tarascon Jean Rouaud Mercredi 1$r décembre 18 h 30 L:brairle St Paul Siiue - 47, Bd Paul Pcytral 1371}6 Marseille Jeudi 2 décembre 19 h Librairie Vents du Sud - 7. rue du Mardetfal Foch 13100 AntenProvence Rencontres d'auteurs mensuelles dans les Bouches-du-Rhône ral CONSEIL 21 GENERAL SGA2IGAARGN f [LAC LID 7FLORENCE AU6ElE45f RAM9 ? rAaADESCUJ 4484EkT aeREL ? CHRISTIAN CRUEL 7 BELINGA CANRGNE F`, =RR c&I.t f FLOUS GE BERANGAL yiNCENT ENGEL 1 TRiSTAN GARCIA f GULLLAUNE GUEAA4D 7 GHISLAINE HENBERA : FABRICE HUMBERT f CRIS F NATHALIE HUPERMAN 1 JEAN-RIE/IRE uEGUI$ V4RGIN LINHARr 1 SrLVAiN ROSSIGNOL.1 JOY SORMAN +WASSYl74 iIyMZALI f WON TOUS&AINT f DOMINIQUE VIART



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