Zibeline n°34 octobre 2010
Zibeline n°34 octobre 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°34 de octobre 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 9,6 Mo

  • Dans ce numéro : Avignon... à fond les saisons !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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66 LIVRES LES CORRESPONDANCES DE MANOSQUE Rencontres, lectures, spectacles… les Correspondances, années après années, transforment Manosque en capitale littéraire. Mieux, en centre du monde des lettres Lectures La petite salle du Théâtre Jean-le-Bleu accueillait de précieuses mises en voix : celle d’Antoine Volodine et de deux de ses hétéronymes fut un moment intense. L’auteur était accompagné de Dominique Pinon et d’Agnès Sourdillon proposant une lecture à 3 voix, celles de 3 écrivains présents dans son dernier livre. Lecture frontale, manuscrits éclairés par 3 lampes et une bande-son souvent inquiétante… tout l’univers du livre est là : regard fixe, visage impassible, obscurité. Pour dire la noirceur du monde, l’endoctrinement des enfants, l’amputation des soldats blessés, l’échec terrifiant des utopies égalitaires. Pour en finir avec « le camp des paroliers officiels » et les « 10 décennies de douleur ». … Dessiner la lecture en direct… L’entreprise, presque délirante, donna lieu à un moment de pure magie. Il faut dire que François Schuiten et Jacques Abeille se connaissent bien. Que l’univers du dessinateur belge semble être né au creux d’un miroir graphique où se reflèterait les constructions mentales de Jacques Abeille. Suivant, détournant, mettant en abyme les descriptions surréelles du poète de la quête le dessinateur ne les donne pas à Olivier Adam Francois-Xavier Emery voir : il les transcende et les détourne. Un bémol à la magie ? L’accompagnement inutile, improvisé sans inspiration, par un guitariste involontairement plongé dans une œuvre dont il n’avait pas la connaissance intime. Difficile de se hisser sans préparation à ces hauteurs-là. … Lots of love est une lecture à 2 voix : celle du père, Scott Fitzgerald, celle de la fille surnommée Scottie. Hippolyte Girardot et Marie Vialle lisent l’échange de lettres des dernières années de la vie de l’écrivain. Scott est ruiné, alcoolique, réduit à l’écriture de scénarios. Il s’inquiète pour les études et l’avenir de sa fille, lui prodigue ses conseils. Il apparaît mesquin et parfois même pitoyable : on n’est pas convaincu par le choix de ces textes terre à terre. Écrivains, Antoine Volodine éd. Le Seuil Les mers intérieures, Jacques Abeille François Schuiten, Attila Les Jardins statuaires, Jacques Abeille, Attila Les Cités obscures, François Schuiten, Casterman Lots of love, éd. Le Livre de poche Rencontre de Sophian Hadjadj avec Jerome Ferrari Francois-Xavier Emery Rencontres Comment dire de soi sans dévoiler son être, et se soumettre à un entretien littéraire quand on n’est pas un as de la représentation ? Sans doute en désignant l’écrit comme ultime refuge… Kim Thuy, auteur de Ru, se livrait aux confidences avec une gêne trop volubile lors de son entretien avec Pascal Jourdana, qui sut néanmoins donner une belle idée de l’ouvrage. Autobiographie déguisée, le roman se nourrit de l’expérience de boat people de la jeune femme, sa fuite de Hanoï avec sa famille, le camp, l’exil, l’accueil merveilleux au Canada Elle y tiendra un restaurant, « Ru de l’âme ». Quatre ans, dix mille assiettes lavées… il est temps pour Kim Thuy de retourner en étrangère au Vietnam, puis d’emprunter la voie des mots, 10 000 mots répondant aux 10 000 assiettes… « Jouer avec les mots pendant un an », voici le pari, un livre naît, Ru. Pourtant les mots résistent, la langue française imparfaitement maitrisée mais « seule langue dans laquelle [elle peut] réfléchir ». L’auteur s’émerveille de la vie, trouver dans toute épreuve un pendant positif est un peu agaçant. Puis elle lit un passage de son roman. Quête de soi, images fulgurantes, aquarelle qui dessine par touches successives, strates de sens et de temps… Le badinage s’efface devant une écriture forte et sensible. Émotion. … Olivier Adam porte une veste à carreaux qui lui donne un air de baroudeur. Son dernier roman, Le cœur régulier, lui a été inspiré par sa résidence à Kyoto : les grands arbres, le ciel, si importants pour les japonais… Il confie à Michel Abescat qu’un article sur un japonais qui apaisait les candidats au suicide lui a donné son point de départ. Le personnage de Sarah a peu à peu surgi, « mêlant la force du réel Kim Thuy Francois-Xavier Emery et celle de la fiction pour faire entendre une voix. Le masque du féminin permet peutêtre plus d’authenticité, d’intimité. C’est à ce jour, me semble-t-il, le livre le plus intime que j’ai écrit. » Une rencontre bienvenue, après une lecture musicale qui, la veille, avait aplati considérablement le texte (voir Zib 33) en lui imprimant un rythme étranger à sa course. Pourquoi ce flux rock ininterrompu et indifférencié qui noie l’évolution subtile du personnage, le passage de la France au Japon, le sentiment antagonique d’amour/indifférence, presque incestueux, envers le frère mort ? … Sofiane Hadjaj interroge Jerôme Ferrari en historien. Ou en romancier qui s’est attaché à l’Histoire. Celle, sale, de la Guerre d’Algérie, du côté des Français tortionnaires, militaires de carrière plongés dans les horreurs de la répression à Alger en 1957 (voir p 70). C’est en philosophe que Jérôme Ferrari lui répond, interrogeant la nature humaine, l’origine du mal, la barbarie. Affirmant qu’elle est en chacun, naturellement, et que les Lumières nous trompent. Passionnant. Le coeur régulier, Olivier Adam, éd. de l’Olivier Ru, KimThuy, Ed Liana Levy Où j’ai laissé mon âme, Jérome Ferrari, Actes sud CHRIS BOURGUE, AGNÈS FRESCHEL, MARYVONNE COLOMBANI Voir également p 33 le concert de Brigitte Fontaine
RENCONTRES LIVRES 67 En marge des Correspondances Un Brésilien en Russie… O Bernardo Carvalho a la bougeotte. Pourtant, entre Paris, Manosque et Mouans-Sartoux, il a pris le temps de se poser un soir à L’Attrape-Mots à Marseille. Histoire de parler, abondamment et dans un excellent français, de son dernier roman.’Ta mère répond à la commande d’un producteur qui a offert à quinze auteurs une résidence d’un mois dans une grande ville du monde, à condition qu’ils y écrivent une histoire d’amour et cèdent leurs droits sur une éventuelle adaptation cinématographique. Carvalho a choisi Saint-Pétersbourg. Sans connaître ni le pays ni la langue, inspiré par quelques lectures et documentaires, il s’est lancé. De la contrainte thématique et de l’expérience « flippante » vécue là-bas, il a tiré une fiction (voir p.67) sous-tendue par la panique. Ecrite de façon brute, sans autres effets que ceux d’une construction millimétrée : une manière originale d’aborder l’histoire d’amour. … et un homme louche à l’Alcazar Le festival ActOral y a proposé une heure avec François Beaune, actuellement en résidence à Manosque. Auteur d’un 1er roman remarqué, fondateur de la revue Louche et promoteur d’objets dérivés louches, telles les cartes postales à l’envers (le texte en est déjà rédigé, il suffit d’inventer l’image !), c’est peu dire que la notion de louchitude lui est chère. Porter un autre regard sur la réalité, biaiser pour voir autrement ; par-delà l’apparente facétie et les métaphores fromagères, le propos est loin d’être vain. FRED ROBERT Éternelle jeunesse de la résistance Pour la 27 e édition de la Fête du Livre, les Écritures croisées créent l’événement, et la surprise Inattendu, le choix d’un invité d’honneur, Stéphane Hessel, qui n’est pas à proprement parler un écrivain : c’est pourtant une salle comble qui applaudit, à la soirée inaugurale, l’arrivée du résistant à la carrière diplomatique exceptionnelle, et qui rend hommage aux idéaux qu’il défend et incarne en même temp, une culture humaniste et européenne, une immigration exemplaire, l’engagement indéfectible pour les droits de l’homme et pour le Tiers-Monde. Inattendue aussi la personnalité même de cet invité : dès son arrivée, il improvise avec son complice Jean-Louis Crémieux- Brilhac, son conscrit, grand historien et fondateur de la Documentation française, une saynète facétieuse qui régale le public ; sa vie et ses messages sont profondément édifiants, mais il s’amuse et cabotine presque. Il incarne la mémoire d’un siècle, de la déportation à la création de l’ONU, de De Gaulle à Mendès France, mais il vient pour parler au présent, des désastres écologiques, des conflits du Moyen- Orient, du climat politique, avec un engagement idéaliste et parfois provocateur de jeune militant et de vieux renard à la fois ; et il s’interrompt soudain pour réciter, à la façon d’un mantra, un poème d’Edgar Poe… Avec un rendez-vous avec les étudiants, une programmation cinématographique riche de l’expérience tragique du monde, une belle exposition photographique réunissant les clichés les plus célèbres de l’actualité, et un panel d’invités qui lient leur engagement artistique à la lecture de l’histoire, la Fête du Livre a une nouvelle fois réussi son pari, en se plaçant cette année sous le signe de l’éternelle jeunesse de la Résistance. Et sous la protection d’un jeune homme de 92 ans ! AUDE FANLO La Fête du livre a eu lieu du 1er au 3 oct à la Cité du livre, Aix. L’exposition de l’agence Magnum : 25 ans de reporters sans frontières, se poursuit jusqu’au 4 nov. 04 42 26 16 85 www.citedulivre-aix.com français Beaune’Ta mère, de Bernardo F Carvalho C (éd. Métailié) e et Un homme louche de François Beaune (éd. Verticales). ura homme louche Dans le cadre de sa résidence à Manosque jusqu’en janvier, et afin de poursuivre son « grand déballage », François Beaune est en quête d’histoires vraies, que vous pouvez lui adresser à l’hôtel Voland à Manosque ou par mèl à gdeballage@gmail.com. Si vous êtes à Marseille, vous pourrez aussi venir les lui raconter dès mars 2011 puisqu’il sera alors en résidence à La Friche Des maisons D et des hommes Parce que l’édition et la promotion d’ouvrages originaux, non formatés, nous est chère, nous ne pouvions manquer le rendez-vous annuel proposé par la BDP Gaston Defferre en partenariat avec l’ARL Paca. On ne change pas une formule qui fonctionne ; c’est donc sur le même principe que se sont organisées ces 3 e Rencontres de l’édition indépendante : une maison d’édition de la région en invite une venue d’ailleurs. C’est ainsi par exemple que les éditions Parenthèses avaient fait signe à Champ Vallon de Seyssel dans l’Ain, qu’André Dimanche présentait le superbe travail éditorial de Clémence Hiver (de Sauve dans le Gard), que la jeune maison des Alpes-de-Haute- Dennis Stock-Magnum Photos Venice Beach Rock Festival. Californie. 1968 Provence C’est-à-dire recevait La Louve Editions, venue de Cahors pour présenter ses ouvrages historiques, et que Le Port a jauni avait fait signe à Lirabelle, de Nîmes… Ces journées, ponctuées de tables rondes, lectures et autres intermèdes musicaux, se déroulent dans un climat détendu, propice aux échanges. Elles offrent chaque année des découvertes insolites, telle cette « entreprise éditoriale effrontée (et non effondrée) », Monsieur Toussaint Louverture (c’est son nom !), invitée de Toulouse par l’agence éditoriale toulonnaise Géhess. Elles permettent aussi de mieux connaître ces professionnels d’une édition hors des sentiers battus, dont on ne peut que soutenir l’ambition et la passion. FRED ROBERT Les 3 e Rencontres de l’édition indépendante se sont tenues à Marseille les 17 et 18 sept



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