Zibeline n°34 octobre 2010
Zibeline n°34 octobre 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°34 de octobre 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 9,6 Mo

  • Dans ce numéro : Avignon... à fond les saisons !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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06 POLITIQUE CULTURELLE LE CAC À ISTRES TOULON Recentrages Après la mise à l’écart à mi-parcours de saison de son directeur Bernard Hennequin (pour cause, semble-t-il, d’éléments par trop sexués offerts au regard dans l’exposition Brunier-Mestas), le Centre d’Art Contemporain réoriente ses activités futures. Une direction unique sous la houlette administrative de Jocelyne Urban et artistique de Catherine Soria regroupe désormais les trois structures déjà présentes dans le Pôle Arts Visuels : le Centre d’Art Contemporain, l’Artothèque de Miramas et l’Adapp(1). Avec un budget semble-til identique (mais on n’a pas jugé bon de nous en communiquer le détail malgré notre demande claire de précisions !), il s’agit « …de mutualiser les moyens des trois structures en conservant les missions et l’identité de chacun. La programmation doit donner envie au public, avec un vrai travail autour des œuvres » indique Catherine Soria. D’où l’importance donnée à la médiation : une partie du personnel de l’Adappbascule vers l’art contemporain pour « un travail plus pointu » tandis que l’association se consacrera aux actions vers les publics amateurs et le patrimoine. Expositions et aide à la production d’artistes locaux et plus réputés, en émergence, échanges nationaux, internationaux, mise en réseau avec h CHAQUE PRFF1IER MERCREDI DU MOIS., MIDI NET, QUAND SONNENT I S SIRENIS. MERCREDI 3 NOVEMBREs, SIRENES ETmiD i LE SILENCE EST UNE RIVIERE QUI COULE DANS TOUS LES SENS LES CU8l7E44.45 ES NET Parvis de L'opéra Marseille www.l evxpubLics.cam d’autres structures d’art contemporain, développement de partenariats pour « ne pas être seulement programmateur, mais articuler de la pensée avec une politique artistique », telles sont les ambitions de la nouvelle directrice. Un modèle de programmation annuelle est envisagé selon le fil rouge d’une thématique : mise en bouche en début d’année avec une exposition introductive, puis une monographique, un temps fort en milieu de calendrier, deux expos monographiques pour finir. Pour 2011, Les Réalités de la Fiction inaugurent cette nouvelle démarche avec dans l’ordre : Les 4 temps de la fiction, Bruno Peinado, Images Transversales (art et cinéma), Nicolas Pincemin, Lilian Bourgeat. Le regroupement du pôle arts visuels en un seul bâtiment sur le site du Centre Éducatif et Culturel d’Istres a été évoqué plusieurs fois, en particulier par Jean Hetsch, vice-président de Ouest-Provence, délégué aux affaires culturelles, lors du vernissage de Michel Stéfanini le 24 juin, ou dans le journal du SAN Ouest Provence de septembre. Depuis sa création en 1993 et divers changements de directions, le CAC d’Istres n’a pu prendre totalement sa place dans le paysage de l’art contemporain régional. L’opportunité est-elle offerte avec ce recentrage du Pôle Arts Visuels ? CLAUDE LORIN Weebles (2010) de Laurent Perbos, exposition Tout l'univers jusqu'au 13 novembre au CAC d'Istres Claude Lorin (1) Association intercommunale pour le développement des arts plastiques et du patrimoine Var des deux rives Les Rencontres artistiques méditerranéennes font entendre la parole des artistes et acteurs culturels étrangers Maroc, Italie, Espagne, Tunisie, Italie, Palestine, Albanie, Liban : les Rencontres organisées par le conseil général du Var ouvrent une fenêtre sur d’autres cultures, entrecroisant paroles, témoignages et créations. Trop rarement présent en France, Roger Assaf a offert deux temps forts : le premier comme auteur, comédien et metteur en scène du monologue La Ville aux miroirs qui fit regretter aux spectateurs la configuration peu propice du Crepdes Lices… Un souhait entendu par le conseil général qui rappela ses objectifs : « éveiller la conscience des diffuseurs varois, leur faire découvrir d’autres propositions, bref, être le passeur entre artistes, publics et structures » … Le second comme directeur du théâtre Le Tournesol à Beyrouth et rédacteur d’une Encyclopédie universelle du théâtre en langue arabe dont il prépare le 4 e volume. Dès les premières minutes, il donna le ton : « Vous continuez à faire du théâtre ? c’est du militantisme ! » Un dialogue s’instaura autour des conditions de travail des artistes au Liban, de la transmission orale, de l’écriture contemporaine. De ses matériaux de création (la mémoire contemporaine et la réalité vécue), de ses interrogations (« comment faire du théâtre qui rassemble dans une société totalement divisée ? »), de l’absence de subventions (« personne n’a de salaire au Tournesol, les seuls à avoir des rentrées d’argent travaillent à la télévision ») et de ce qui fait leur force : rassembler autour du théâtre toutes les confessions. À la librairie d’images Contrebandes, la lecture d’Éric Valentin entraîna à Tanger, la ville du conteur MohamedMrabet avec lequel il travaille à la retranscription de ses « Dits ». En quelques pages extraites du recueil de textes et de peintures Le Poisson conteur (Le Bec en l’Air éditions), il donna corps aux mots dits par Mrabet, inspiré par les expressions de son visage et le mouvement de ses mains. Peu après, les places de Toulon s’animèrent à la faveur d’artistes espagnols : le clown muet Léandre Ribera qui n’hésita pas à faire entrer dans son jeu les spectateurs hilares, la Cie Kamchàtka dont les silhouettes grisâtres intriguèrent autant que leurs valises rétro… Et Andrès Marin, l’une des grandes figures du flamenco contemporain, qui clôtura les festivités à l’Hôtel du Département. Espérons donc qu’en 2011 les Rencontres sortent enfin de leur confidentialité professionnelle, pour figurer en bonne place dans l’agenda culturel du public. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Les 4 e Rencontres se sont déroulées du 1er au 6 oct dans 10 lieux à Toulon www.var.fr
HORS-LA-LOI POLITIQUE CULTURELLE 07 Il est peu fréquent d’être accueilli au cinéma par des cordons de policiers et des cris haineux. C’est pourtant dans ces conditions que le dernier film de Rachid Bouchareb a été projeté à Marseille en avant-première au Pathé Madeleine, le 20 septembre MADELEINE VHS SdilkfülE LA € IIEHVEH'JE Chez nous A.G Le site de La Ligue du Sud, qui demande à ses adhérents 100 euros pour que Marseille ne devienne pas terre d’Islam, appelait à manifester contre un « film anti-français financé par l’État Français ». Il faut aller faire un tour sur ces sites : celui du Chardon Varois glace le sang, dessine les Arabes comme des animaux sans visage, en appelle à la libération de la France par… Charles Martel ! Quant aux Petits échos d’Oran, il écrit : les gauches extrêmes, le Parti communiste, les socialistes à la Mennucci, la Ldh, la Licra, le Mrap, toutes celles qui vomissent la France, veulent faire un État soumis à la charia, repentant et humilié... Patrick Mennucci, venu promouvoir le film en partie Fresque pour mémoire Si Indigènes mettait en scène les colonisés défendant en 43 une marâtre-patrie qui n’était pas la leur, Hors-la-loi, deuxième volet d’une trilogie annoncée, présente l’avènement d’une nation indépendante dans la douleur et la violence à travers le destin tragique d’une famille algérienne. subventionné par la Région PACA, fut donc ce soirlà traité de collabo. Mot lourd de sens… les Algériens sont-ils des nazis ? Comment l’extrême droite française compte-t-elle faire oublier que les miliciens se recrutaient dans ses rangs ? Résultat des appels Internet : quelques manifestants empêchèrent le public de passer, bousculèrent les journalistes malgré les cordons de police, hurlèrent des horreurs à l’encontre d’un Harki venu voir le film « pour savoir », scandèrent des insultes à l’encontre des quelques contre-manifestants… dont un « rentre chez toi » insistant à la face d’un français musulman désemparé de tant de bêtise. Peu de mal, direz-vous ? Sans doute, si ces réactions nauséabondes n’entraînaient avec elles celles d’une droite a priori respectable et qui, pour ménager un électorat d’anciens rapatriés et de nouveaux xénophobes, en appelle à la censure, confond mémoire et histoire, et continue de nier les faits les plus établis. Et le droit des Algériens, des Français musulmans, des autres aussi, d’aller regarder de près cette histoire, qui est la nôtre, et dont l’examen seul pourra enfin permettre de bâtir une maison commune. (Voir le point de vue de notre historien p 76). AGNÈS FRESCHEL L’expropriation par les colons dans les années 30 et les massacres de Sétif en 45 constituent les traumatismes initiaux qui poussent trois frères à l’émigration et les placent chacun à leur façon hors d’une loi injuste. L’essentiel du film se déroule entre 1950 et 1960 dans le Paris des usines Renault, du couvre-feu pour les Algériens, de l’immense bidonville de Nanterre superbement photographié. Dans la continuité de la Résistance, le Paris des porteurs de valises, des faux papiers, du terrorisme, de sa répression. Le Paris d’un FLN clandestin aux collusions mafieuses s’imposant par le meurtre de ses concurrents politiques. Dans un registre différent, Les Sacrifiés de Touita proposait une même lecture sans concession de la période (Zib. 25). Reconstitution historique à grands moyens, revendiquant les influences du cinéma américain -Coppola et Scorcese ne sont pas loin, convoquant les ombres de Melville en citation feutrée : Bouchareb ne signe pas ici un chefd’œuvre cinématographique mais une fresque populaire, parfois pesante, servie avec talent par Djamel Debbouze, Roschdy Zem, Sami Bouajila. Elle image enfin, dans la mémoire collective, cette « sale guerre » qui appartient à l’histoire commune des deux pays. ÉLISE PADOVANI Hors-la-loi de Rachid Bouchareb



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