Zibeline n°34 octobre 2010
Zibeline n°34 octobre 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°34 de octobre 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 9,6 Mo

  • Dans ce numéro : Avignon... à fond les saisons !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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50 CINÉMA FFM FILMS Corps et âmes C’est sur les tarentelles endiablées du trio Gli Ermafroditi que se sont ouvertes, le 28 sept au cinéma le Prado, les rencontres FFM. Prélude emblématique de l’énergie des organisatrices qui, depuis 2006, font découvrir au public marseillais le travail cinématographique des femmes de Méditerranée. Première rencontre : Questione di cuore, une comédie à l’italienne qui débute par deux infarctus et s’achève par un enterrement ! Francesca Archibugi y raconte l’amitié entre Angelo, carrossier de son état, et Alberto, scénariste en panne d’inspiration, réunis par la peur de la mort et le goût de la vie. Une façon drôle, tendre, d’interroger les apparences et à l’instar d’Alberto d’imaginer des réponses. Avec Cosmonauta, dans le même registre, Susanna Nicchiarelli s’amuse des illusions et des contradictions des communistes italiens au temps du spoutnik et de Gagarine, mêlant au parcours initiatique fictif d’une jeune militante des images d’archives. Se défendant d’un réalisme social potentiellement réducteur, la réalisatrice tunisienne Raja Amari a présenté Les secrets, huis clos tragique sur la condition féminine que l’expression métaphorique et symbolique rend universel. Violence des vérités dévoilées par la suggestion de la mise en scène sous la lumière diffuse de Renato Berta. Hafzia Hersi, alias Aïcha-Cendrillon claudiquant au bal des maîtres sur des escarpins rouges, un talon cassé, ou s’avançant au grand jour, sa robe virginale éclaboussée de sang, libre enfin, crève l’écran. Films incarnés. Le corps des femmes sujet et objet cinématographiques de désirs, de frustrations, d’outrages. Le corps à peine pubère de Niloofar, destiné à l’écartèlement des accouchements successifs dans le film libano-iranien de Sabine El Gemayel, plus bouleversant par son (2) propos que par sa forme trop illustrative. Le corps inconvenant de Lily la folle dans Pieds nus sur les limaces de Fabienne Berthaud (voir Zib’31). Les corps-fantômes des bosniaques violées et assassinées par les nationalistes serbes, pièces à conviction manquantes pour le tribunal international de La Haye dans le thriller politique de Christian Schmid, La révélation. Films sur les choix aussi. Celui de Luna (Jasmila Zbanic), celui d’Eduart (Angeliki Antoniu). Pour l’exilé Esfedandyar de retour au pays, entre vengeance et apaisement, un choix qui s’inscrit magistralement dans tous les plans de Sepideh Farsi. Jeu sur les mises au point, reflets, cadrages où se recompose un Téhéran géométrique, ville abstraite que nul ne reconnaît plus. Le prix du public de 13 en courts, mini-festival organisé aux Variétés à l’intérieur des Rencontres, a été décerné à la fiction douce-amère Phone Story de Berivan Binevsa. Il aurait pu aller Les secrets de Raja Amari à Sabine El Chamaa pour Promenade : une vieille dame dans les ruines blanches d’une ville bombardée, ramasse un à un des morceaux de murs effondrés. Plus tard, couchée à même le sol dans son nouveau logement qui peu à peu se colore, elle regarde le patchwork qu’elle a reconstitué où courent d’anciens motifs rompus. Image de l’entêtement de la vie et de la mémoire, corps et âme endoloris, comme dans de nombreux films de cette sélection qui a tenu ses promesses de femmes. ÉLISE PADOVANI Films Femmes Méditerranée a eu lieu du 28 sept au 6 oct Désaliénation Le 21 sept, Mariana Otero était au cinéma Le Mazarin, à Aix, pour présenter Entre nos mains, un film généreux, éminemment politique. « Je voulais porter mon regard sur une utopie qui se confronte au réel… et je me suis intéressée aux scop, entreprises qui fonctionnent sous forme de coopératives. » Mariana Otero s’immerge donc, à Orléans, pendant trois mois, dans une PME de lingerie féminine, Starissima, dont les salariés, en majorité des femmes, décident de construire leur propre coopérative. Elle montre ainsi leurs interrogations, leurs doutes, leurs difficultés à prendre la parole, à décider. Il faut investir un mois de salaire et, comme le dit une des ouvrières, « Si ça marche pas, tu perds tout. » b Mariana, qui filme elle-même, a su tisser de véritables liens avec ces femmes, cela est manifeste : le film se construit avec elles dans une énergie commune. « Créer une coopérative ou créer un film, c’est pareil ! … Plus elles s’impliquaient dans le projet, moins elles avaient peur, y compris devant la Entre nos mains de Mariana Otero caméra. » C’est à une évidente libération de la parole de celles à qui « on n’a pas appris à penser » que nous assistons et, en ces temps difficiles, c’est réjouissant ! Le sujet est grave : l’entreprise se solde par un échec économique mais l’expérience collective enchante. La séquence finale, en comédie musicale, est l’aboutissement d’une vraie aventure humaine visant à transmettre le désir qui a été de faire vivre l’utopie. ANNIE GAVA Entre nos mains était également programmé aux Variétés à Marseille par Films-Femmes-Méditerranée
Aller simple On pourrait craindre qu’Illégal n’en dise guère plus que son affiche. Le titre, la dureté de ses lettres majuscules, apposé au tarmac d’un aéroport, des agents de police usant de la force pour qu’une femme monte dans un avion, le tout noyé dans la grisaille du plat pays. En bref, Madame est sans-papiers sur un territoire de l’union européenne, donc hors-la-loi, donc interpellation, détention, et aller simple vers son pays d’origine. Pas besoin d’être belge pour connaître ce doux refrain. Madame sur l’affiche, c’est Tania, immigrée russe qui vit seule avec son fils de 14 ans, et qui, dès les premières images du film, efface ses empreintes digitales au fer à repasser. On vous le disait. Sanspapiers. Donc arrestation à la sortie du bus, centre de rétention de la banlieue bruxelloise, et retour vers la Russie. Bouh, vilain système. Et ? Illegal Versus-production a Et Tania. Car Illégal n’accable pas, ne cherche pas de coupable, ne cadre pas si large. La réussite d’Olivier Masset- Depasse est de ne jamais faire de la subjectivité fictionnelle un prétexte à la critique sociale. Chez lui, la fiction est toute-puissante. Sa réalité, c’est Tania et rien d’autre. Parce que Tania (Anne Coesens, admirable de retenue) n’a aucunement l’intention de partir, parce que son fils, Ivan, eh bien c’est toute sa vie, et que de toute façon, elle s’est juré de ne plus jamais fouler le sol russe. Pourquoi ? On ne le sait pas. Et puis cela nous est égal. Ce serait donner du grain à moudre aux affréteurs de charters. Ce qu’elle est prête à endurer pour rester en Belgique auprès de son fils, l’enfermement, la misère des centres familiaux de rétention, la violence policière, dépasse, et de très loin, cette question de la légalité administrative et des pratiques gouvernementales. En allant au bout de sa subjectivité, Illégal s’applique à démontrer qu’au-delà d’un système, il y a l’humain, et qu’il est bien là le cœur du débat. RÉMY GALVAIN Sortie en salles le 13 oct Liberata, une héroïne corse L’héroïne du film de Philippe Carrese, pasionaria de la Résistance, est une allégorie de l’île qui, dès 1943, sortit seule, par l’unique force de ses combattants, du joug fasciste, et fut ainsi la première région française occupée à réussir sa libération. Comment concilier les fâcheux errements des intellectuels et artistes corses lors du congrès de A Muvra en 1938 avec l’obstination des insulaires à ne livrer aucun Juif aux forces d’occupation pendant toute la durée de la guerre, le fameux serment de Bastia de « vivre et mourir français », le rôle réel des FFI ou celui proclamé, pendant les décennies de l’après-guerre, des gaullistes et de leurs acolytes tardifs… Philippe Carrese réalise une fiction pour FR3, sans grand moyens financiers, donc nécessairement symbolique et dépouillée, mais qui par sa finesse d’analyse apporte un témoignage bouleversant de ce que fut la réalité de cette période. À travers les relations ambiguës de deux frères, résistants et communistes, avec deux soldats de l’armée italienne qu’ils retournent contre les Chemises noires, c’est toute la spécificité de la résistance Corse qui est symbolisée. Liberata relate une belle histoire d’amour mais manie aussi humour et ironie dans des dialogues savoureux, écrits tant en Corse qu’en Italien ou en Français ; l’accent est juste et la langue belle, ce qui est constitue une rareté dans les films évoquant l’île. JEAN-MATHIEU COLOMBANI Liberata a été projeté à la Maison de la Corse, à Marseille, le 25 sept II y a des PAYS-MELÉS, 00 Ses espacer se melsdgentoû des routes sari [incertaines, 00 ; se : cantagnessaudeln s'epatlsuent of Ics *ivirsros prennent b goût de l'AI do mcr Ce sont un general des Ilan de pseaege, entre 414 « 4i par:49C>r * b,rhuur ou entre deux ambres qui sprectainrttrdu+nent lour Iumicrc.eipi ? FaM Gr4.anir. MARSEILLE RENCONTRES INTERNATIONALES SAU 14 NOVEMBRE 2014 23Ff instants numeriques oues et Lqa Inrmmrrmrraa agrgm4rQ: !'aC741Br. Ifrvll.kmtw5 Cckir:Oran Ihgrtne% Fb.encr, Mta'Ila,el./snfropce haxsm6re erxi7:p0 higoe 003a9m+ t7èya-Aaa1 M9IQUBB Rod de 9OUC.M1lCe oeamnle:drlmnar.Lecorc ; kcva>cl » rns{9rrlel 22E FESTIVAL CINÉMATOGRAPHIQUE D'AUTOMNE DE GARDANNE Fit r —11 Du 22 octobre au 2 novembre 2010 www_cintrna-gardanne_fr Tgl08 92 fib 03 42'r7ti



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