Zibeline n°34 octobre 2010
Zibeline n°34 octobre 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°34 de octobre 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 9,6 Mo

  • Dans ce numéro : Avignon... à fond les saisons !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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X-D.R 46 SPECTACLES LE MERLAN CENTAURE JEU DE PAUME SALINS Est-ce magique ? Après un Défilé de marques programmé au Gymnase (voir p 43) la saison du Merlan débutait en ses murs avec 10 jours de magie La démarche artistique de Nathalie Marteau, directrice de la Scène Nationale, est toujours singulière : elle invite des formes inattendues, qu’elle produit souvent et présente à des publics très mixtes, des plus branchés culture jusqu’aux gamins turbulents des quartiers nord. Et ça marche, parce que les formes sont accessibles, près du corps - comme on dit d’un vêtement- et loin des textes la plupart du temps. Proposant d’autres écritures. Mais la magie, fallait l’oser ! Si les arts circassiens ont conquis leurs lettres de noblesse dans les salles de théâtre subventionnées, il n’en est pas de même pour les saltimbanques illusionnistes, manipulateurs de cartes, de lames rétractables ou de pensées. La programmation proposée au Merlan n’échappa pas toujours à un côté Grand Cabaret de Patrick Sébastien. Ce qui est dommageable : ce que l’on peut voir là n’a a priori pas grand-chose à faire sur une scène o subventionnée. Mais est-ce bien sûr ? Scorpène avec ses analogies scientifiques approximatives, son côté grandiloquent mine de rien, est un brin agaçant. Mais ce qu’il parvient à produire donne l’impression vertigineuse qu’il entre dans les têtes. Et interroge sur le réel, le regardé, le temps du spectacle, ce qu’on nous montre et qu’on nous cache. Comment fait-il, se demande-t-on ? Comme devant les manipulations plus terre à table de Bébel, qui produit un close-up sidérant, proprement inexplicable. Les numéros Dark Blue Bloom X-D.R illusionnistes à coups d’épées, de lévitation et de miroir traversé de part en part de Hugues Protat et de son épouse potiche, ou l’abattage comique du show de Gaetan Bloom, sont plus contestables mais tout de même… Il y a là non pas un art en soi, mais tout un pan illusionniste que la scène contemporaine, toute à ses réflexions sur la distanciation et la cruauté, a négligé d’explorer. Il est si divin d’y croire, d’être épaté, bluffé, illusionné ! Les arts circassiens ont apporté à la scène d’aujourd’hui un sens de l’exploit épatant qui lui manquait. Peut être les magiciens ont-ils aussi à lui apprendre… Les enfants qui étaient là, les parents aussi, et les adultes sans enfants, n’en revenaient pas : si on voit des magiciens chez Sébastien, à la télé la manipulation est nettement moins sidérante ! Et puis il y avait le Soir des Monstres d’Etienne Saglio, comme une preuve du bien fondé de cette programmation. Le magicien, qui est aussi acrobate, metteur en scène et comédien, maitrise les arts magiques pour faire naître des monstres : ses jonglages illusionnistes, ses tuyaux qui s’animent et qu’il massacre longuement, ses jeux des cordes qui s’emmêlent et l’envoient dans les airs, ses projections qui multiplient le réel et le diffractent jusqu’à le faire disparaître, tout cela construit un spectacle terrifiant et soufflant, dont la magie est un ingrédient essentiel. Entre l’appétit cruel de Max et les maximonstres, et les acrobaties burlesques de Buster Keaton. AGNÈS FRESCHEL La Magic Week s’est déroulée au Merlan du 1er au 10 oct Performance Le Centaure propose dorénavant une performance tous les mois ! Ces petites formes font leur réputation dans le monde des salons hippiques, où ils remportent toutes les compétitions. Artistiques et troublantes, elles plaisent beaucoup aux jeunes adolescents, souvent fans de chevaux et habités de monstres hybrides mythologiques… A.F. Poème Centaure Le 13 nov Théâtre du Centaure, Marseille 8 e 04 91 25 38 10 www.theatreducentaure.com Matisse et la danse Bonne idée que de mettre l’idée de Matisse en danse ! Ses couleurs et ses formes simples, ses aplats et ses feuilles découpées, trouvent dans la courte pièce de Michel Kélémenis une illustration de choix. Pertinente. Cela commence par une visite au musée en noir en blanc, puis on s’introduit dans l’atelier du peintre, il y rencontre l’inspiration (Caroline Blanc, magnifique et mutine), puis les traits et les couleurs… La narration est limpide, cela se conclut par une belle évocation des Danseuses, sur un clair de lune de Debussy orchestré... Et si les choix musicaux synthétiques du début sont plus contestables, le Jazz de Redolfi donne à la pièce juste le peps qui manquait aux premières scènes ! A.F. Henriette et Matisse a été créée à la Biennale de la danse à Lyon, et dansée aux Salins le 5 oct. Agnès Mellon Agnès Mellon Elle sera reprise au Jeu de Paume, Aix les 13 et 14 oct dans le cadre de Mömaix 0 820 000 422 www.lestheatres.net
CHÂTEAUVALLON GYMNASE GRAND THÉÂTRE DE PROVENCE SPECTACLES 47 Double face Si l’étiquette hip hop colle encore à la Cie Farid’O, Saleté est autrement plus complexe. La parole rude et incisive de Robert Schneider est portée par quatre danseurs-récitants incarnant tour à tour Sad, irakien de 30 ans débarqué en Allemagne où il vend des roses. Préjugés, jugements hâtifs, peur, différence jaillissent, exhumés de sa tête sur une BO qui scande autant les mots que les corps. Des interprètes à l’énergie « hip hopienne », c’est vrai, dont chaque déplacement, chaque glissement, chaque modulation semblent s’immiscer dans la respiration de l’autre. Théâtre et danse se marient subtilement : au texte écorché vif et militant qui puise sa cruauté dans la violence faite aux peaux basanées (« la guerre a un sens ») répondent une danse fluide, des figures aériennes. Comme si Farid Ounchiouene détricotait la dure réalité par la douceur des corps, une certaine légèreté. Dans les rues de Cet Offenbach-là commence au milieu du fatras d’un plateau de théâtre qu’une troupe de comédiens découvre au seuil de sa première répétition. On monte La Vie Parisienne ! Mais le metteur en scène fait fauxbond. La partition posée sur un lutrin, les chanteurs découvrent le premier chœur, lisent les dialogues initiaux, se répartissent les rôles… Peu à peu, ils laissent tomber leur feuille, jouent comme s’ils improvisaient : la sauce prend. Foin d’une gare ! Les Brésiliens ou Suédois débarquent au fil du livret, la machine prend son élan, l’idée fonctionne à pleine vapeur… et force comique ! Pourtant ce qui est le plus original, et sans doute aussi le plus économique, c’est qu’Alain Sachs distribue des artistes capables de jouer la comédie, chanter, danser… et même interpréter l’accompagnement instrumental. On se relaye au piano (selon un planning sans doute calculé sur excel), on sort sa trompette, son violon ou Bassora ou d’ailleurs, l’étranger n’a pas de nom de famille - pourquoi faire ? - il vend des roses. Et dans ce ballet de fleurs rouges, les épines ne blessent même plus les mains de ceux qui dansent… A contrario, la Cie Alexandra N’Posse développe exclusivement une grammaire hip hop et smurf et son spectacle Les S’tazunis sent le « réchauffé », enfile les démos et les saynètes comme un collier de perles en essayant, vainement, de raconter une histoire. Haro sur la super puissance américaine, son affreux billet vert, la convoitise des hommes, le tout à la louche… Dans cette bande joyeuse qui surfe sur toutes les musiques made in USA, les hommes tirent leur épingle du jeu en offrant un ou deux soli puissants, dont une partition fusionnelle avec une table. Mais c’est peu ! MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Hommes-orchestre Mille et une couleurs o D Saleté et Les S’tazunis ont été donnés respectivement les 24 sept et 1er oct à Châteauvallon son violoncelle, sa clarinette, une grande duduche tire sa flûte, et vas-y qu’on te pousse au pied d’une harpe, qu’on frappe en bande sur un marimba ou tout autre outil sonore… Les Siecles Agnes Mellon X-D.R Les musiciens des Siècles ont fait briller de mille feux l’odyssée des Ballets Russes au Grand Théâtre de Provence : nous n’étions certes pas au Châtelet le 4 juin 1910 mais, cent ans et des poussières plus tard, François-Xavier Roth a fait revivre avec éclat le programme, pour le bonheur des oreilles de tous âges rassemblées ce soir-là. 1910 : la fabuleuse histoire des Ballets Russes n’en était qu’à ses balbutiements et faisait découvrir au Tout-Paris les pages orchestrales russes mêlant folklore, avant-garde, tradition romantique et orientalisme exacerbé. Le Festin, ballet regroupant des extraits symphoniques de Moussorgski, Glinka ou Tchaïkovski et Les Orientales, esquisses chorégraphiques associant Glazounov et Arenski aux nordiques Grieg et Sinding (avec des Saleté Andras Fenris Et en plus de gueules de théâtres, certains en possèdent la voix ! Haut-perchée à souhait en Veuve d’un colonel, graveleuse celle du Bottier, tandis que la coquette Métella s’illustre dans le seul air réellement lyrique de l’œuvre (les voix sont cependant reprises par des micros en façade). L’idée distanciée chemine ardemment, autant dans le pastiche « Son habit a craqué dans le dos », que dans l’univers pré « dada » qu’on peut parfois dénicher chez Offenbach… Le tout dans la fête… et couronné par vrai Cancan en apothéose. JACQUES FRESCHEL La Vie Parisienne a été jouée au Gymnase du 28 septembre au 2 octobre orchestrations originales des compositeurs contemporains Mantovani et Piper) ont le temps d’une soirée plongé un auditoire comblé au cœur des productions du visionnaire Diaghilev. Après des Danses polovstiennes de Borodine très enlevées, la version historique avec récitant de Shéhérazade du génial orchestrateur Rimski-Korsakov démontra le souci d’authenticité de cet ensemble jeune et dynamique, dialoguant avec le verbe tranchant de Daniel Mesguich. Un concert sans frontière où une foisonnante palette de timbres était disposée sur la scène du Grand Théâtre. FREDERIC ISOLETTA Ce concert a eu lieu le 5 oct au Grand Théâtre de Provence à Aix



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