Zibeline n°33 septembre 2010
Zibeline n°33 septembre 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°33 de septembre 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 7,4 Mo

  • Dans ce numéro : théâtre... le Off d'Avignon, une manne économique ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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88 HISTOIRE MARSEILLE AU MOYEN ÂGE Marseille invisible Installées dans les vastes bâtiments de l’ancienne usine de la SEITA, les archives municipales ont organisé une exposition sur la Marseille médiévale, période peu visible architecturalement, mais d’un très grand intérêt historique Deux oriflammes marquent le début du parcours. Une large banquette affiche les événements de période : 1040, pour la première extension médiévale des remparts ; 1481, pour le rattachement au royaume de France. À noter, dans la vaste entrée, une maquette de la ville d’avant la destruction des faubourgs, en 1357, excellente représentation du site et de son occupation. Déployée en deçà de l’actuel Cours Belsunce, elle est cernée de remparts (extension de 1190) percés de portes et entourés de fossés. Une chaîne ferme le port, la butte du Panier porte ses moulins et, partout, se pressent les édifices religieux. Un aqueduc, encore visible porte d’Aix, ravitaille la ville. Hors les murs, l’abbaye de Saint-Victor, isolée sur son promontoire, est un havre de paix pour la communauté monacale. Le pouvoir La première salle de l’exposition débute par un rappel : la ville est un enchevêtrement de plusieurs pouvoirs. Le comte de Provence réside à Aix, il est représenté à Marseille par un vicomte. Au X e siècle, celui-ci partage ses fils entre vicomté et l’épiscopat. Mais la réforme de l’Église en occident met un terme à cette cohabitation familiale. L’indépendance épiscopale est sanctionnée par une fausse donation de privilège faite par Benoit IX à l’abbaye de Saint-Victor. Le document exposé est remarquable, illustré de figures et nanti de sceaux. L’empereur Frédéric I er, autorité souveraine en Provence, confirme, en 1164, les biens et possessions de l’Église de Marseille. Au XII e siècle, l’émiettement du pouvoir continue lorsque le chapitre épiscopal -les chanoines qui assistent l’évêque- devient indépendant. La ville, et c’est ce que montre fort bien une carte plaquée sur le mur, est coupée en trois. En 1178, le comte de Barcelone, souverain de la ville depuis son mariage avec l’héritière vicomtale, exempte la cité de certains droits. On entre dans une autre période pour la cité : l’essor du commerce, en liaison avec le renouveau de la circulation, avec les grands pèlerinages et les Croisades, permet l’enrichissement de la ville, son développement urbain et l’épanouissement d’un certain nombre de catégories sociales. Dès lors, la lutte pour le pouvoir politique se développe entre ancienne et nouvelle élite. L’émancipation de la Commune prend la forme d’alliances entre villes voisines, notamment entre Arles, Avignon et Marseille. L’autonomie Des consuls sont mentionnés pour la 1 re fois en 1193, et en 1218 la Confrérie du Saint-Esprit permet aux métiers d’être intégrés dans le gouvernement urbain. Cette autonomie se rencontre encore avec le traité signé avec Gaète, autre cité Méditerranéenne. Il faut dire que Marseille a désormais de vrais concurrents sur mer, surtout les Italiens -dont Gènesqui dominent le commerce. Le deuxième grand thème de l’exposition est le port, centre de l’activité et le fondement de la ville. On sait qu’il a gardé son importance depuis l’antiquité grecque et romaine. L’appui de l’Empereur pour obtenir des privilèges commerciaux aux Marseillais est nécessaire : un acte de 1226 atteste de l’intervention du Comte de Savoie auprès de Frédéric II. De même, il faut se concilier le prince. Les actes montrent le rôle de Raymond Béranger, ou de la famille d’Anjou à partir de 1257. Les droits perçus sont un enjeu stratégique : pour le prince, il s’agit de garnir ses finances ; pour la commune, de faire prospérer ses marchands ! Les richesses viennent, bien sûr, du commerce. Un cartulaire de Jacques Messier, la « table de la mer », relève pour 1380- 1387 les taxes perçues sur les marchandises. Charles d’Anjou, nouveau souverain après la transition des comtes de Barcelone, récupère la totalité des droits en 1257. Mais, lorsqu’il est incapable de s’acquitter de ses charges (la cure du port ou la solde des gardes), il concède des prélèvements à la Commune. On notera aussi la présence d’un atelier monétaire qui fonctionne jusqu’en 1243 : il frappe des coranats et des menuts que l’on peut voir exposés en vitrine, ainsi qu’un Plan de Marseille en 1575, gravure extraite de l'Atlas de Braum et Hogenberg, Civitates Orbis Terrarum projet de l’imposition sur les maisons appuyées au rempart (1252). La population est alors estimée entre 10 et 20000 habitants. La cité s’est organisée. Elle possède des statuts que l’on peut consulter dans le cartulaire dit « livre rouge » (seulement pour la couleur de la couverture !) de 1257. Le comte désigne un viguier, chef du conseil de la ville et gouverneur de la cité. Celui-ci nomme à son tour 6 prud’hommes chargés de désigner le conseil : même si les Libertés sont garanties, le contrôle politique reste bien présent. Religion et alimentation La ville chrétienne est évoquée avec un fac-similé de manuscrit d’Arnaud de Villeneuve, un commentaire de l’Apocalypse. De même sont représentés l’abbaye de Saint-Victor (dessins), les ordres mendiants ou les confréries, l’activité des religieux avec les hôpitaux que les ordres militaires (templiers ou hospitaliers de Saint-Jean) organisent. Ces ordres bénéficient du privilège de faire partir deux navires par an pour la Syrie, chargés de pèlerins. À noter encore que Louis d’Anjou renonce à ses titres pour l’habit franciscain. Il meut à 23 ans, inhumé à Marseille dans le couvent de l’ordre, il est canonisé en 1317, 20 ans après sa mort. Parmi les documents de la pratique on peut voir un graduel (partition des chants religieux), un bréviaire (livre de poche) pour la liturgie ou encore des missels. Mais, ici, les archives ne sont pas les détentrices des documents les plus fameux, qui appartiennent à l’église. De même, si l’on trouve une évocation de l’approvisionnement ou de l’alimentation, la corbeille de fruits exposée en vitrine n’apparaît pas vraiment exceptionnelle ! On notera pourtant un livre de recettes journalières du collecteur de l’imposition sur le poisson frais et salé : rédigé par Hugues Bonecroix, notaire, en 1402. De même un contrat de location du jardin de l’abbaye de Saint-Victor, rappelle l’importance des légumes (pois, fèves, pois chiche, lentilles) ou de l’ortolage (potager) avec le chou, les poireaux, les épinards, courges, oignons, blettes, laitue, concombre, brocolis ou encore bourrache. Troubles et fin Une maquette de nef médiévale trône au centre de la pièce, reconstitution incertaine mais très explicite, qui ramène à la vie troublée de la fin du Moyen Âge. Les tensions commerciales sont restées âpres et elles se doublent désormais de troubles politiques. Charles Duras conteste la légitimité de la reine Jeanne. La guerre de cent ans provoque l’errance de troupes qui pillent le plat pays où elles séjournent. Marseille, unifiée en 1348, apprend alors à se défendre. Mais elle est saccagée en novembre 1423. Une querelle de succession s’ouvre à la mort de Jeanne II : Louis III d’Anjou chasse les troupes de l’autre prétendant, Alphonse V D’Aragon. La flotte, partie de Naples, pille Marseille pendant 3 jours, pour se venger. La ville mettra un quart de siècle à s’en remettre. La mère de Louis III, Yolande, intervient pour concéder des facilités financières. Les bouleversements économiques et politiques produisent un changement social d’importance : une nouvelle élite urbaine, issue du négoce, triomphe. Mais l’heure n’est plus au triomphe. Le roi René ne s’intéresse pas à la ville, et la néglige ! Sa mort en 1480 et celle de son successeur, l’année suivante, scellent un autre destin pour la cité : elle entre dans le royaume de France. Elle devient un appendice de la couronne, qui la traitera comme une province lointaine. Les limites des archives Les archives ont mis à contribution leurs fonds pour présenter la ville à l’époque médiévale : la teneur des actes explique le centrage sur l’histoire politique. Même si certains aspects de la vie matérielle sont présents, on a peine à imaginer le quotidien des Marseillais de l’époque. D’autant que la principale lacune provient de l’exposition de documents qui ne sont pas traduits. Résumer un document ne lui donne pas de vie : au lieu de dire que le répertoire de Giraud Amalric s’exprime dans la langue du port, une spécificité, il aurait fallu en donner l’exemple. RENÉ DIAZ La ville oubliée : Marseille au Moyen-âge Jusqu’au 27 nov Archives Municipales, Marseille www.marseille.fr D
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