Zibeline n°33 septembre 2010
Zibeline n°33 septembre 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°33 de septembre 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 7,4 Mo

  • Dans ce numéro : théâtre... le Off d'Avignon, une manne économique ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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68 ARTS VISUELS AIX-EN-PROVENCE Dialogue mystique Du vivant de Cézanne, l’atelier du maître aixois accueillait déjà Charles Camoin, Émile Bernard, Maurice Denis ou Georges Rouault ; depuis 2006 la tradition se perpétue avec Vincent Bioulès, Yves Klein, Ben, Jean Amado, François Mezzapelle qui ont investi le jardin et la cabane du jardinier Vallier. Aujourd’hui c’est Vincent Beaurin qui, sacrilège (? !), installe deux de ses œuvres à l’intérieur même du « lieu saint ». Pas sûr cependant que les visiteurs amassés sous la verrière s’interrogent sur cette présence aussi inattendue que discrète ! Par respect pour la vie silencieuse qui s’épanouit ici Vincent Beaurin se met « en retrait », pour mieux faire entendre le Le Spectre dans l’Atelier de Cézanne, vue générale. Èdre 2010, Amour 2010. courtesy Vincent Beaurin Gregory Copitet souffle encore puissant de Cézanne. On découvre, si on est perspicace, le Spot vert orange accroché au mur face à l’entrée, puis on distingue Èdre assis nonchalamment sur le rebord du meuble à dessins avant d’entrapercevoir par-delà la verrière Amour surgissant du feuillage : trois sculptures irradiant de couleur (œuvres rémanentes du prisme cézannien) et de densité (l’épaisseur des matières superposées entretient l’énigme). Trois œuvres spectrales qui trouvent leur prolongement dans le cabanon du jardinier transformé en « chapelle » par un artiste qui a longtemps entretenu une relation fine avec le mouvement théosophique. Là, un autre Spot jaune bordeaux illumine les murs enduits de gris d’où émergent trois Astral et une Sainte-Victoire d’une épure particulièrement bouleversante. Impossible de ne pas ressentir les ondes mystiques qui vibrent entre les œuvres. Formé au métier de ciseleur à l’école Boulle puis designer, Vincent Beaurin développe un langage formel où peinture et sculpture ne font qu’un. Les promeneurs du Jardin des Tuileries ou les visiteurs de la Fondation Cartier pour l’art contemporain à Paris en ont eu récemment un aperçu magistral, déambulant entre des masses monumentales… quand ceux de l’Atelier Cézanne ont eu une version intimiste et minimaliste. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI À cette occasion, les éditions Skira Flammarion publient la première monographie de l’artiste (voir page 74) L’exposition a été présentée du 4 juillet au 29 août à l’Atelier Cézanne, Aix-en-Provence La chevauchée de Cane Après que l’on a traversé le musée des Tapisseries, la présence de Louis Cane devient une évidence. Parce qu’il rassemble un ensemble de Chasubles en résonance avec l’ancien Archevêché ; parce que ses œuvres récentes ont à voir avec la trame, le tissu, le textile, les toiles imprimées ou brodées. Des tapisseries anciennes à la bâche ou au grillage… peu importe le support, il y a l’exaltation de la couleur et le travail d’orfèvre. Depuis les années 70 et le groupe Supports/Surfaces, Louis Cane n’a cessé de développer son langage en abordant la résine, le bois, la pâte de verre, le plastique ou le fer. Un ensemble d’œuvres se découvre ici dans une mise en espace astucieuse qui privilégie l’effet de surprise, particulièrement pour les sculptures. Dès l’entrée un vent de fraîcheur ironique fouette le regard et invite à jouer. D’abord avec la Poussette aux jumeaux sculptée en bois de chêne peint dont le visage maternel aurait pu être dessiné par Picasso, puis à La balançoire plastique composée comme un jeu d’enfant dans une cour d’école. Avant d’être saisi par l’envol gracieux de L’ange Gabriel apporte les couleurs au groupe Supports/Surfaces mais surtout à Louis Cane : un frêle équipage composé d’un ange en plâtre libello-tracté par un essaim d’insectes, tirant un chariot rempli de 526 pastels. Le tout en route pour le paradis, n’en doutons pas ! Louis Cane s’amuse avec le sacré, l’enfance, l’histoire, la..ti 4 4ti. 1 *- ; _dt. S lr.'FG`rrt T, 1.1 A 1..j.. : 316r., -Z. F# 4r., ; +t, 1, µ, 11 xy'I : 7o 4 S } Ç L FFF {y'ri,, k, r x.°". Tr' : , s <, +t F k k 4 i 1:5.EN i i - ir, S'Nympheas, 1995 X-D.R mémoire à l’ombre des figures du passé, Picasso, Les Ménines, Cézanne. Ou Monet dont il a peint sur tissu chinois brodé un remarquable Nymphéas sur le motif. Avec la série des Chasubles, il tisse un fil invisible avec les collections, détournant l’art sacré au profit d’un geste profane qui célèbre la peinture. Sans outrager pour autant les vêtements cérémoniels dont on peut lire encore l’évocation biblique sous l’aplat de peinture. Mais Cane c’est aussi des peintures abstraites sur grillage inox, et une Tresse d’une délicatesse inouïe, précieuse chevelure féminine en résine et fil de pêche : une vague de larmes. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Louis Cane jusqu’au 20 septembre Musée des Tapisseries, Aix-en-Provence 04 42 23 09 91 www.aixenprovencetourism.com/aix-tapisserietipi.htm Ouvrage édité par l’Abbaye Saint André, la Ville d’Aix et la galerie Bernard Ceysson, 28 euros
LA CIOTAT LE LAVANDOU ARTS VISUELS 69 Une vitrine vivante 20 photographes, plasticiens et peintres s’étaient donné rendez-vous durant un mois à la chapelle des Pénitents bleus à La Ciotat pour le festival Les Arts en chantier qui, en trois éditions, a gagné son pari : permettre à tous les publics d’accéder à l’art d’aujourd’hui. Exposition gratuite, marché de l’art en plein air ouvert aux professionnels et aux amateurs, 5 spectacles en nocturne à 5 euros l’entrée, programmation éclectique (musique, danse, performance, théâtre…) : tout avait été mis en œuvre par l’association Artistic promotion et la Ville de La Ciotat pour que cette « manifestation populaire soit un moment de partage en famille ». Dans la chapelle d’où émergeait en son centre la sculpture-totem de Robert Moro, les grands formats de Jacqueline Bilheran-Gaillard aux formes enchevêtrées ont tiré leur épingle de l’accrochage, tout comme les volutes de métal sculpté d’Éric Jaine. En contrepoint aux plasticiens, un nouvel espace dédié à la photographie était imaginé par Philippe Oddoart -lui-même photographe- autour du thème du paysage. C’est le road-movie urbain d’Éric Principaud qui a retenu notre attention avec sa série D’une ville…à l’autre, lentes pérégrinations à cette heure trouble du jour, entre chien et loup… Dedans-dehors, les micro-événements ont rythmé le festival. On pense notamment au spectacle de Caravane pirate qui offrit le soir de l’inauguration un interlude musico-théâtral en noir et blanc du plus burlesque effet, d’agréables saynètes qui revisitaient les fameuses Histoires sans paroles de notre enfance servies par un talent généreux. Ou encore la pièce de théâtre Le grain et l’ivraie jouée par Arnaud Zemichod qui, sur les improvisations du musicien Benoit Bottex, fit résonner d’entre les œuvres une belle complainte poéticoécologique. Dans un décor astucieux de bric et de broc, le comédien interpréta tour à tour, et avec justesse, l’oracle, le rouspéteur, le jardinier, la mer qu’on voit danser le long des golfes clairs et mille autres encore… Enfin, dans « Le festival fait salon », les dessins de Jocelyne Bouvard ont vite attiré notre regard, référencés par ailleurs dans l’édition 2010 de l’Art du nu publié chez Patou. Des œuvres réalisées « dans l’urgence » par une artiste vauclusienne qui a su saisir l’opportunité du festival pour tenter une première approche de la ville. En attendant de figurer bientôt dans le « In », à la chapelle… MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Le 3 e festival Les Arts en chantier s’est déroulé du 27 juillet au 15 août à La Ciotat Caravane Pirate en ouverture du festival Les Arts en chantier Dan Warzy/Zibeline À venir À voir jusqu’au 26 septembre, toujours à la chapelle des Pénitents bleus, la rétrospective et les peintures récentes de Gilbert Ganteaume dont l’œuvre s’inscrit dans l’histoire de La Ciotat (fresque dans la salle des fêtes, monument pour la Paix, mémorial dédié aux victimes de l’amiante…). Un souffle flamboyant C’est la rencontre de deux astres : Marcel Van Thienen, « Marcel le Flamboyant », sculpteur et musicien, et Lalan, peintre, chorégraphe, musicienne. Un couple mythique qui partagea son temps entre Paris et le Var jusqu’à l’accident mortel de Lalan en 1995, et la volonté de Van Thienen de léguer à la ville du Lavandou l’intégralité de ses sculptures et une partie des peintures de son épouse. Ainsi naquit le Réseau Lalan animé par le photographe Raphaël Dupouy, chargé par Van Thienen - disparu en 1998 - d’entretenir la flamme et de faire vivre leurs œuvres… Aujourd’hui les voici à nouveau réunis pas la magie d’une exposition pensée comme un dialogue silencieux, une correspondance sensuelle entre les mobiles sonores de l’un et les toiles abstraites de l’autre. Des œuvres inédites choisies dans « la collection du Lavandou » par Raphaël Dupouy qui réalisa un court-métrage émouvant où l’on voit Lalan danser dans son atelier quatre jours avant sa disparition… Ce n’est pas tant la qualité des œuvres, irréfutable, que la combinaison des deux univers qui enchante. Celui des sculptures animées de Van Thienen, fascinantes par leur aspect ludique : « d’un mouvement simple comme la rotation, souligne Raphaël Dupouy, il créait un aléatoire voulu, souvent programmé », attachantes par leur musicalité réelle ou évocatrice ; celui éthéré des paysages évanescents de Lalan, muse de Zao Wou-ki et amie d’Henri Michaux. Comme la complémentarité entre un autodidacte passionné de technologie qui composa notamment « une mise en scène sonore » d’un texte d’Henri Michaux et une artiste au confluent de deux cultures qui participa à de nombreux spectacles pluridisciplinaires. En regard les unes des autres, les œuvres trouvent ici une juste résonance. Face à cet événement éphémère, Expo Lalan VanThienen au Lavandou R.D. une question se pose : pourquoi ne pas offrir une visibilité permanente à la collection du Lavandou, riche de quelque 200 pièces confondues ? Quand on a un tel « trésor », il est bon de le partager. M.G.-G. L’exposition Lalan, Van Thienen, la collection du Lavandou a a été organisée du 6 juillet au 12 septembre à l’Espace culturel du Lavandou À venir Le Réseau Lalan propose au Musée arts et histoire de Bormes-les-Mimosas l’exposition Baigneuses consacrée aux œuvres picturales réalisées sur ce thème dans la cité balnéaire, des grands noms classiques aux artistes contemporains. Un catalogue est édité dans la collection « Le Regard de la mémoire » (63 pages, 25 euros). jusqu’au 17 octobre 04 94 71 56 60



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