Zibeline n°33 septembre 2010
Zibeline n°33 septembre 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°33 de septembre 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 7,4 Mo

  • Dans ce numéro : théâtre... le Off d'Avignon, une manne économique ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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06 POLITIQUE CULTURELLE LA CRIÉE Jean-Louis Benoit, en 2011, arrivera Demain au terme de son second mandat et sera remplacé par un directeur, choisi par le Ministère de la Culture, la Criée étant un Centre dramatique national, et approuvé par la Ville de Marseille la Criée et les différentes collectivités. Après le premier round d’élimination, trois candidats seulement restent en lice, et présentent leur projet en septembre CATHERINE MARNAS Ce qu’ils en pensent Daniel Hermann, Adjoint délégué à la Culture de la Ville de Marseille Zibeline : Quelle est la position de la Ville de Marseille sur la prochaine nomination du directeur de la Criée ? Daniel Hermann : Il convient d’abord de préciser l’importance de cette nomination pour la Ville. La Criée n’est pas une petite affaire, et elle doit avoir -ou retrouver après les difficultés de ces dernières années- un rôle essentiel non seulement dans la Ville, mais dans la région. Je souhaite d’ailleurs qu’à ce titre le conseil général et le conseil régional entrent dans le financement, et il en est enfin question aujourd’hui. Avez-vous un avis sur les candidatures qui restent en lice ? Elles restent en lice parce que toutes les trois sont bonnes ! Mais pour moi une chose est essentielle. Le Ministre dit qu’il faut un directeur qui ait une Agnès Mellon Seule parmi les trois candidats à être implantée dans la Région, elle est connue du public Marseillais, entre autres, pour sa mise en scène à la Criée de Sainte Jeanne des Abattoirs (Brecht, 2007), ou le succès récent du Banquet Fabulateur à la Friche, ses collaborations avec l’ensemble Télémaque (La Jeune Fille aux mains d’argent). Sa Compagnie Parnas, formée par un noyau de comédiens auquel elle est fidèle, est implantée à Marseille mais programmée surtout hors des théâtres de la ville, sur les Scènes nationales de Gap et de Martigues où elle est artiste associée depuis 1994 et 2005, et régulièrement à Cavaillon, Arles, Grasse, Draguignan… Après avoir enseigné au Conservatoire Supérieur de Paris, elle a choisi de donner des cours réguliers à l’ERAC, et sa dernière création avec les élèves était présentée lors du Festival d’Avignon. Si elle est solidement implantée aujourd’hui dans les Pôles Régionaux, sa carrière a pourtant débuté dans la Capitale : assistante de Vitez puis de Lavaudant, Grand Prix National du Ministère de la Culture en 1999, elle continue à jouer régulièrement à Paris (Théâtre de la ville, Rond-Point) et dans les CDNs d’Aubervilliers, Toulouse ou Strasbourg… Mais elle aime surtout à ressourcer son inspiration en créant des auteurs français avec des troupes étrangères : en Amérique Latine (Brésil et Mexique) ou en Asie (Chine, Cambodge). renommée nationale. Je dis oui. Mais il faut surtout quelqu’un qui mette les mains dans le cambouis, qui soit là et ne passe pas sa vie en allers retours, quelqu’un qui s’investisse à fond dans la programmation, la création ici. On pourrait dire qu’avec les trois candidats en lice il reste 1 locale et 2 nationaux. Mais ce n’est pas vrai : Catherine Marnas a une carrière nationale, plus discrète, nettement orientée vers le théâtre plutôt que vers le cinéma, ce qui explique qu’elle ait moins de renommée. Mais ce n’est pas une « locale » au mauvais sens du terme. Ou alors on a de la chance d’avoir une locale comme cela ! Pensez-vous que l’on puisse nommer un acteur, et non un metteur en scène, à la tête d’un Centre Dramatique ? Cela ne s’est jamais fait mais pourquoi pas ? Rien ne l’interdit, et si Simon Abkarian reste en lice c’est parce que son projet est bon, peu importe qu’il soit Spécialiste de Koltès, adepte naturelle des écritures contemporaines (Copi, Py, Dubillard, Pasolini, Rebotier, Frish, Valletti, Huston…), son théâtre est aussi un art de la lutte et de la joie, qui la porte naturellement à mettre en scène les oppressions des femmes, du peuple, de l’histoire, et à créer des spectacles collectifs où le plaisir de la fable n’a d’égal que celui du jeu. A.F. À voir : Le Banquet fabulateur, spectacle convivial qui dit, autour d’une table partagée, l’amour des fables et du théâtre, sera au Sémaphore (Port-de-Bouc), puis à Cannes, Miramas et Aubagne en octobre et novembre. L’occasion, pour ceux qui ne le connaîtrait pas, de découvrir le talent des comédiens de la Cie Parnas, avant de les retrouver en mars 2011 dans Lignes de failles à Gap, Martigues et Draguignan. Le Banquet Fabulateur Les 8 et 9 oct Le Sémaphore, Port-de-Bouc 04 42 06 39 09 www.theatre-semaphore-portdebouc.com ou non un metteur en scène. Comment envisagez-vous l’avenir de la Criée ? Essentiellement dans la continuité. Quant à notre financement, nous poursuivrons avec le nouveau directeur et la nouvelle équipe. La remise à neuf du bâtiment en fera à nouveau un outil extraordinaire : le désamiantage définitif de la grande salle commence en septembre. Pour un coût de 803 000 €, la société AG Développement a été désignée au terme de l’appel d’offre, tout est en route à présent et sera livré en février 2011. Il faut rendre hommage à Jean-Louis Benoit qui ces dernières années a vraiment manifesté une volonté d’ouverture aux compagnies régionales par exemple, et ne pas le juger sur ses deux saisons tronquées, ce qui ne lui rendrait pas justice. C’est pour cela que je parle de continuité, mais avec cet outil neuf et merveilleux, ces deux salles sur le Port en parfait état de marche, avec une façade et un
POLITIQUE CULTURELLE 07 SIMON ABKARIAN Son visage est familier même si ce n’est pas à proprement parler une star. Par pudeur, peut-être, il ne fait pas la une des médias, à moins que ce ne soit son désir « de rester derrière les personnages [qu’il] joue » … Du coup quand on évoque son nom pour une éventuelle nomination à la tête de La Criée, il y a comme un flottement dans l’air. Pourtant le public de la région a déjà eu la chance de le voir dans deux de ses plus beaux rôles au théâtre : Une bête sur la lune d’Irina Brook au Jeu de Paume à Aix, pour lequel il a obtenu le Molière du meilleur comédien (2001), et ce printemps au Gymnase à Marseille dans Le menteur de Goldoni mis en scène par Laurent Pelly. Au théâtre, Simon Abkarian donne l’impression de constituer autour de lui une « famille » depuis qu’il a réuni un noyau d’acteurs rencontrés pour la plupart au Théâtre du Soleil au début des années 80. Avec eux, il monta notamment Peines d’amour perdues de Shakespeare en 98 aux Bouffes du Nord et Titus Andronicus, encore Shakespeare, à Chaillot en 2003. Mais il s’attache également à la mise en scène, à la traduction, à l’écriture (Pénélope Ô Pénélope en 2008 à Chaillot) et à l’enseignement (Conservatoire national d’art dramatique de Paris en 2004 et 2005). Quant au cinéma, sa filmographie est impressionnante et traverse tous les styles : de Cédric Klapisch et Robert Guédiguian avec lesquels il tourna plusieurs fois (respectivement, Ce qui me meut, Riens du tout, Chacun cherche son Brigitte Enguerand chat…, Le voyage en Arménie et L’Armée du crime…), à Martin Campbell (Casino Royale lors de sa courte escale aux États-Unis), Marjane Satrapi (Persépolis auquel il prêta sa voix) ou Jean-Michel Ribes (Musée haut, musée bas)… Comme si un fil rouge invisible liait tous ses rôles autour d’un même engagement pour un cinéma de qualité, exigeant et humain. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI MACHA MAKEÏEFF Metteur en scène, auteur, plasticienne, Macha Makeïeff est aussi, on le sait moins, marseillaise. C’est Antoine Vitez qui lui a mis le pied à l’étrier en lui confiant sa première mise en scène au théâtre des quartiers d’Ivry. Après cela elle s’installe à Paris pour des études de littérature et d’histoire de l’art à la Sorbonne et l’Institut d’Art. La suite est plus connue, grâce aux spectacles dont elle est l’auteur avec son compagnon Jérôme Deschamps, parmi lesquels Lapin-Chasseur, C’est Magnifique, Les Pieds dans l’eau, La Cour des grands, Les Étourdis ou encore Salle des fêtes, dernière création toujours en tournée, et programmée à la Criée au mois d’avril prochain. Grâce aussi aux Deschiens, série culte qui fera les beaux jours de Canal +. Attirée également par l’opéra, elle met en scène, entre autres, Moscou-Tchériomouchki à l’Opéra de Lyon, Mozart Short Cuts que l’on a pu voir au Grand Théâtre de Provence, Les Brigands d’Offenbach qu’elle reprend à l’opéra de Toulon en mai 2011, La Callisto de Cavalli au Théâtre des Champs- Elysées… Ses prochaines mises en scène seront d’ailleurs musicales : le Bœuf sur le toit de Darius Milhaud et Les Mamelles de Tirésias de Francis Poulenc, prévus à l’Opéra Comique et à l’Opéra de Lyon. Avant de devenir directrice artistique iTL.'r'Macha Makeieff Benoit Linero du Théâtre de Nîmes de 2003 à 2008, elle fonda, en 2000, avec Sophie Tatischeff et Jérôme Deschamps Les Films de mon oncle, structure qui se consacre au rayonnement international et à la restauration de l’œuvre de Jacques Tati ; elle a d’ailleurs été commissaire et scénographe de l’exposition Jacques Tati, 2 Temps 3 Mouvements présentée en 2009 à la Cinémathèque Française. Autant d’intérêts divers, d’activités artistiques qui se rejoignent en une œuvre cohérente que sa propre compagnie, Mademoiselle, fondée en 2010, fera perdurer. DOMINIQUE MARÇON hall neufs… Au niveau de la programmation souhaitez-vous des changements ? Cela ne dépend pas de moi, il faut savoir garder sa place. Mais il faut travailler à l’émergence des talents d’ici, la Criée peut faire beaucoup à cet égard. Et quand on a deux plateaux comme ça il faut accueillir aussi les compagnies chorégraphiques et musicales qui travaillent ici, même si c’est un centre dramatique. Faire jouer de grands textes, de grands auteurs, et être capables aussi de modernité. Ce que fait d’ailleurs à l’heure actuelle Jean-Louis Benoit. Avec un nouveau directeur qui sera présent et impliqué, un théâtre en état de marche, un financement nouveau des collectivités territoriales, la Criée peut redevenir un formidable outil de développement culturel. Michel Pezet, vice-président du conseil général en charge de la Culture Zibeline : Quelle est la position du conseil général sur la prochaine nomination du directeur de la Criée ? Michel Pezet : Pour la première fois le conseil général est cordialement invité à donner son avis sur cette nomination, qui dépend bien évidemment du Ministère, puisqu’ils sont les financeurs. Mais Annick Colombani a suivi pour nous le dossier, et nous pensons que l’idée même qu’a eue la DRAC de nous consulter, de demander son avis aux collectivités territoriales, tend à prouver que l’État se préoccupe particulièrement, aujourd’hui, du sort de cette maison. Le conseil général a-t-il l’intention d’entrer dans le financement de la Criée ? Ce n’est pas notre vocation, c’est un Centre dramatique national, mais nous pourrons envisager à l’avenir, si le projet retenu nous intéresse, d’y regarder de plus près sur certaines opérations. En ce sens la candidature de Catherine Marnas retient particulièrement notre attention. Parce qu’elle a du talent bien sûr, ses réussites l’ont largement démontré, mais aussi parce qu’il nous semble que sa démarche inscrirait la Criée différemment dans le paysage artistique régional. Comme un pôle de création ouvert, avec une vraie présence ici du directeur, une démarche pédagogique. Mais la décision ne nous appartient pas, même si nous n’avons pas vocation non plus à jouer les pots de fleur : on nous a demandé notre avis, nous le donnons clairement !



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