Zibeline n°33 septembre 2010
Zibeline n°33 septembre 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°33 de septembre 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 7,4 Mo

  • Dans ce numéro : théâtre... le Off d'Avignon, une manne économique ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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28 MUSIQUE FESTIVAL CÔTÉ COUR LES NUITS DU CHÂTEAU DE TRETS Brésil, fruit de la passion Viva Pergolesi ! Benito Pelegrin, le nouveau directeur artistique de Côté Cour préfère « célébrer la naissance des compositeurs plutôt que leur mort ! ». De fait, le dernier concert du festival aixois, le 27 juillet, a honoré un musicien né il y a trois siècles (mort à 26 ans !), connu pour son Stabat mater et pour avoir déclenché la fameuse Querelle des Bouffons (1752). Mais lorsque Pergolèse compose son opéra buffa La Serva Padrona en 1733, il ne se doute pas qu’en France, après sa mort, l’œuvre fera l’objet d’une joute esthétique engagée par Rousseau. La pièce chantée est cependant, de nos jours, assez peu jouée. On loue donc l’entreprise qui, pour une unique représentation, mise en scène par Jean- Marc Patris, a habilement réactualisé l’opus : le grincheux Uberto est un cadre très dynamique (Cyril Rovery) et Serpina (Raphaële Andrieu) une Le Cloître des Oblats a offert un magnifique écrin à Dona Kju, un trio étonnant et détonnant de fougue et sensualité qui a proposé un programme original de mélodies envoûtantes, rythmes chaloupés, danses communicatives. Cirandas, tournoiement perpétuel de rondes enfantines, baião populaire, batucada, rappelant la samba, côco d’influence africaine : un Brésil aux styles musicaux précis, tous rutilants de liberté. La voix sensuelle de Lanna, jamais forcée, où les sons finissent en résonnance et se posent sur le sable de Copacabana, comme une offrande, s’accompagne au cavaquinho, petite guitare complice. Du Jazz aux Mouflons Les festivals d’été de Trets perdurent, moins fournis que les années précédentes. Une nouvelle formule estivale, sur trois jours (15, 16, 17 juillet) avec des spectacles relevant d’univers totalement différents, jazz, (Rhoda Scott), humour (Laurent Gerra), world music (I Muvrini). Un seul concert jazz, donc, cette année dans la belle cour du château : après une belle première partie avec le Colibri Quartet, se produisait, accompagnée de Lionel Grivet à la batterie, Rhoda Scott, « the barefoot lady », (le surnom vient de sa technique particulière, elle joue pieds nus les basses du pédalier). Cette grande dame du jazz a enflammé l’assistance par l’interprétation de nombreux standards, de Duke Ellington, Ella Fitzgerald, James Brown, Django Reinhardt, avant de se lancer dans un pot pourri à la demande du public, mêlant Valse à Charlotte, The Cat, Moon for love, Summertime… Yves Bergé hôtesse-secrétaire qui finit, à force de malice, pas se faire épouser par son boss. Des dialogues parlés, adaptés en français, ont permis de suivre le fil de la comédie, les airs et duos italiens furent chantés avec talent, et Vespone (Alain Iltis), sbire muet, a catalysé l’attention. En prélude, les clavecinistes Brigitte Tramier et Emilia Chamone, marimba de verre, percussions, redoutable rythmicienne, se joue, avec délectation, de toutes les formules où la syncope est reine. Ugo Castro Alves, guitare à 7 cordes, enchante par ses harmonies inouïes et sa technique éblouissante. Lanna sollicite le public sur des jeux polyphoniques à trois voix, sur lesquels elle improvise à merveille. L’hommage à la déesse de la mer pour une pêche abondante nous fait découvrir le son sublime du marimba de verre qui accompagne les vocalises aériennes de la chanteuse. L’évocation de la vie des marins permet une multiplication d’effets vocaux, entre bruitages et musique concrète, diaboliques accords de la guitare et polyrythmie jubilatoire des percussions (congas, cajón, cymbales). On se délecte de l’accent de Une démonstration virtuose des capacités de l’orgue Hammond ! Malgré un cocasse défaut d’annonce (certains s’attendaient à voir Marc Lavoine !), le concert des Muvrini au stade de La Gardi a drainé une foule I Muvrini Nicolas Dobranowski Jean-Marie Puli, l’Orchestre de chambre Mosaïque (dir. Marie Christine Thomasset) ont, avec bonheur, créé un double concerto inouï sur les scènes françaises. Chapeau ! J.F. a Lanna sur le papillon et la fleur de Victor Hugo qu’elle traduit, laissant vibrer une samba plus funk (Ciranda da rosa vermelha). Les variations de la Cinquième de Beethoven sont encore une fête du rythme, Valsinha de Chico Buarque et Trenzinho caipira de Villa Lobos sont des moments de grâce. Le public reçoit ce rythme incessant sur lequel se posent des mélodies riches, lumineuses ou graves. Le temps d’un Carnaval multicolore, multiethnique, où la musique est sans cesse (en) mouvement. YVES BERGÉ Dona Kju s’est produit lors du Festival Côté Cour le 23 juillet à Aix X-D.R. enthousiaste, ravie d’applaudir ces artistes généreux qui se refusent à entrer dans un moule convenu. Ainsi, l’on pouvait entendre des chants Baolais, ou Dans le port d’Amsterdam (magnifiquement chanté), parallèlement aux morceaux de leur dernier album, Gioia, dont la première chanson est dédiée à frère Xavier Plassat, qui se bat contre l’esclavage des enfants au Brésil. Comme dans tout concert des Muvrini, ce n’est pas seulement la beauté des voix ou la virtuosité des musiciens, l’émotion sensible des textes, le recours à l’humour aussi, qui transportent le public, mais le message de fraternité, la volonté d’une liberté citoyenne, l’appel à l’harmonie. De quoi devenir fan, même pour les accros de Marc Lavoine ! MARYVONNE COLOMBANI
ARLES ISTRES HYÈRES SIX-FOURS MUSIQUE29 Escale en Arles Le lundi 26 juillet, on jetait l’ancre sur les gradins du théâtre antique d’Arles pour une étape très rock du festival des Escales du cargo Les colonnes du théâtre antique en vibrent encore : la performance d’une Izia survitaminée a véritablement su faire larguer les amarres à un public bigarré et nombreux, de prime abord curieux puis peu à peu totalement conquis. En transe, quasi possédée, Izia fait oublier son jeune âge pour livrer un concert bluffant où la communion est totale, dans le rock, le vrai, celui qui prend aux tripes et qui envoie en l’air tous les codes du politiquement correct. Cette énergie, rare et communicative, a transformé en l’espace de trois morceaux un public passif, assis, en foule délirante, dansante et par-dessus tout, heureuse ! On vivait ce moment presque en apnée, parenthèse d’énergie brute, en accord finalement parfait avec la puissance des pierres antiques qui servaient de décor à ce festin de son. Difficile fut la mission des Pony Pony Run Run qui prenaient o la suite de cet extraordinaire moment, le public à bout de souffle s’étant quelque peu désengagé. Arrivé à bon port, le cargo du rock a fait trembler Arles ce soir-là, transmué en bateau pirate le temps d’une étape, d’une escale. PASCALE FRANCHI Entends-tu les Voix... ? Parmi les festivals incontournables de l’été, Les Voix du Gaou s’imposent toujours comme une référence. Retour sur les concerts du 28 juillet Sur la superbe presqu’île des confins du Brusc, on se presse chaque année sans hésiter tant la programmation est d’une constante qualité. Et cet été encore, le festival ne déroge pas à la règle. Quatre groupes se sont succédé ce soir-là sur la scène dominant le parterre des groupies, amateurs ou autres curieux, dans un crescendo maîtrisé d’ambiance et de rythmes rock. Skip the use ouvrait le bal, suivi par les étonnants et électro Pete Doherty Pascale Franchi Izia Pascale Franchi Metronomy, en guise d’introduction aux blockbusters attendus qui devaient suivre. Pete Doherty est ainsi monté sur scène, à grand renfort de cris de fans hystériques, entouré par ses Babyshambles envoûtants. Un soulagement pour ceux qui ne croyaient pas à sa présence ! Quelques instants plus tard, jetant son célèbre galurin dans la foule, il provoquait, il n’en fallait pas moins, les hurlements stridents des nombreuses jeunes filles sous le charme tout british de l’idole controversée, petit revival de concerts d’anthologie où 4 anglais dans le vent provoquaient quelques évanouissements célèbres... Cette prestation nonchalamment rock passée, les Versaillais de Phoenix investissaient la scène en belle apothéose. Du son, du bon, du puissant, et de l’énergie à revendre : ils participaient de la transe collective de la fin de soirée avec brio et maîtrise. De quoi entendre et pour longtemps les Voix dans sa tête ! PASCALE FRANCHI Sous la lune à MIDI ! Au cœur du midi un 24 juillet, un festival perché et branché sur les hauteurs de Hyères Iggy… il s’appelle Iggy… c’est un garçon pas comme les autres… Même si la comparaison s’arrête là avec le Ziggy de Starmania, l’Iguane débarqué avec ses vieux Stooges n’est vraiment pas fait comme nous. Et dire qu’il n’a « que » 63 ans ! La pile longue durée du rock ne sent pas le poids de l’âge, au grand dam du technicien plateau qui a passé la soirée à réparer les frasques du marsupilami déjà torse nu et qui, au dernier pied de micro à ramasser a sans doute du invoquer les dieux et les supplier que le bon vieux Iggy ne repasse plus jamais dans le secteur ! Certains groupes actuels à la morosité affichée auraient quelques leçons à prendre du routard possédé : bonne humeur, plaisir d’être là, communication accrue avec le public et timing aux orties ! Notre Trabant indomptable jouait les prolongations, restant seul sur scène, hilare et pas près d’être couché… Et même si les cordes vocales commencent à fatiguer, la légende est toujours là, les Search and destroy, I wanna be your dog et autre No fun ont littéralement mis le feu au Pavillon Grignan, magnifique demeure du XVI e siècle trop sage, avec des places numérotées sur gradins qui n’ont pas tenu un morceau, les fans de tous âges s’agglutinant sur les barrières et e a Il est des initiatives qui ne peuvent que susciter l’intérêt et la curiosité. La 6 e édition du festival MIDI, sur trois soirées, au cœur-même des jardins de la villa Noailles, cadre enchanteur et privilégié, ne pouvait que faire miroiter les plus hautes attentes… Que l’on ne s’y trompe pas, la foule présente sous les pins de ce haut lieu de la culture hyéroise n’était pas constituée des seuls curieux désœuvrés de la fin juillet, bien au contraire ! C’est toute la jeunesse dorée et décalée de la région qui s’était donné rendez-vous pour danser au son de la programmation électronico-rock de la soirée, oubliant les cigales et la lune qui les regardaient interloqués. Pas moins de cinq concerts se succédaient, engendrant l’enthousiasme et des déhanchés de plus en plus marqués, notamment lorsque le chanteur charismatique des Kindness se laissait aller à quelques pas de danse remarqués ou lorsqu’on se laissait emporter malgré soi dans quelque transe provoquée par le groupe toulonnais des Mina May. Si on pouvait se demander par moment qui des artistes ou des spectateurs était en représentation, le lieu suffisait à faire oublier quelques faux-semblants et permettait de goûter sincèrement cet instant unique. Et si d’aventure la débauche de concerts ne suffisait pas à rassasier les oreilles et les corps, la fête se poursuivait sur la plage de l’Almanarre jusqu’à 4h du matin. De quoi se lever le lendemain à... MIDI ! PASCALE FRANCHI La folie istréenne Les Nuits d’Istres furent percutantes, entre la belle folie d’Higelin et la frénésie d’Iggy & The Stooges Iggy Pop Pascale Franchi même… sur scène pour un morceau en compagnie des inventeurs du punk ! Iggy, quand tu nous tiens…. Quelques jours auparavant c’était Higelin qui régalait un public impatient, heureux de retrouver l’énergie du chanteur intacte… Higelin entamait par un Minimum de légende avant quelques incursions vers le dernier album, pour des morceaux très rock. Et puis, de Mona Lisa Klaxon jusqu’à un Champagne rajeuni, la fête fut totale, jusqu’au « discours » final du toujours engagé Higelin, émouvant même dans ses coups de gueule… F.I. ET DO.M.



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