Zibeline n°33 septembre 2010
Zibeline n°33 septembre 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°33 de septembre 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 7,4 Mo

  • Dans ce numéro : théâtre... le Off d'Avignon, une manne économique ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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26 MUSIQUE DURANCE LUBÉRON CHAILLOL Délices sur Durance a L’un des nombreux charmes du Festival Durance Luberon réside dans la multiplicité des lieux de concerts. Le festivalier devient voyageur, apprécie les paysages, les lieux, architectures secrètes… On regarde, on déguste, on hume les fragrances de l’été, on savoure les concerts, autant de délicieuses étapes pour le mélomane. D’abord, au Château Paradis, la délicate Jeune Fille aux Mains d’Argent de Raoul Lay, avec l’ensemble Télémaque en grande forme, le génial comédienmarionnettiste Franck Manzoni, les très beaux chœurs conjugués Le Chant du Voisin (dirigé par Catherine Delolme) et l’Académie du Chant Populaire de Alain Aubin, dans une mise en scène tout en finesse de Catherine Marnas. Souvent, les spectateurs viennent revoir cette œuvre, qui à l’exemple des feuilles qui repoussent au printemps comme les mains coupées de la jeune fille, émerveille toujours. Un conte joué pour la 51 e fois ce 15 août, fait exceptionnel dans le monde de la musique contemporaine ! Le 18 août, au Château de la Verrerie, 500 kilos de tension sur les cordes d’une harpe (Marie-Pierre Daboval) jouée avec passion et les trilles champêtres d’une flûte (Bernard Marin). Concert qui reprend avec bonheur les standards de la Barcarolle des Contes d’Hoffmannle duo des fleurs Culturellement vôtre ! Au cœur des vallées du Champsaur, entre Valgaudemar et Pays Gapençais, le village-station de Chaillol peut être fier du chemin parcouru depuis 14 éditions. Pourtant, ce bourg perché à 1600 mètres d’altitude reste un endroit inconnu du géocentrisme étatique français. Au cœur de cette immense contrée communément appelée « province », appellation qui consiste à désigner les lieux où les « autres » gens habitent, Chaillol a la chance de pouvoir compter sur une équipe de choc dirigée par Michaël Dian. Changer l’image sommaire de l’implantation culturelle en milieu rural, offrir une programmation d’une excellente qualité, proposer des rencontres d’autres cultures (Maghreb, Japon…), de la musique contemporaine, accompagner l’auditeur en journée (ballades musicales, rencontres, ateliers…), voilà un pari difficile à tenir. Et pourtant gagné ! Du hameau de Saint-Michel à Saint-Bonnet en passant par Tallard ou La Batie-Neuve, la bonne humeur et la proximité des artistes rapprochent ostensiblement touristes et autochtones du rituel concertant trop sacralisé : les interprètes ne sont pas là pour jouer les tubes du classique mais pour faire découvrir toutes les musiques au gré des rencontres. de Lakmé ou la Méditation de Thaïs, pour livrer quelques passages rarissimes, comme un extrait du Voyage à Reims de Rossini. Bémol : un rhume d’été nuisait aux performances vocales de Dominique Marin. Mais Le Rossignol de la géniale harpiste Deborah Henson-Conant fut interprété avec o Du 18 juillet au 13 août, le Festival de Chaillol a désacralisé la musique avec bonheur Olivia Hughes, Ingrid Schoenlaub et Laurent Wagschal Alexandre Chevillard La jeune fille aux mains d'argent Agnes Mellon fougue par Marie-Pierre Daboval. Puis le 23 août à Silvacane, l’alliance déconcertante du chœur et des harpes d’Ad Fontes Canticorum et de la danse de la tradition de l’Inde du Sud, Arabesques & Mudras formation de Nirmala et Patrick Gleize. Le propos était d’interpréter par la danse la musique composée par Gustav Holst (que l’on connaît surtout pour la symphonie des Planètes), et quelques-unes de ses traductions des hymnes du Rig Veda. Beauté des voix, fluidité des gestes qui se figent en statuaire de temple, rapidité des mains qui racontent, parfois même en traduction simultanée du texte dit par Jean Pascal Mouthier. Un apprentissage de la lenteur… Enfin le 25 août au Château de Mirabeau, une soirée romantique, au cours de laquelle on se sent une âme de châtelain, avec un orchestre qui ne joue que pour vous plaire… Buffet viennois, promenade dans le parc, on écoute des poèmes, Heine, Daumer, Wesendonck, Goethe… Agnès Audiffren, toujours superbe, les rend avec juste ce qu’il faut d’intensité passionnée. L’ensemble Unissoni, cordes et vents, joue en septuor pour Beethoven, (la douceur de l’air fait oublier les petits dérapages) puis en octuor sur un Schubert plus enlevé. L’ensemble est charmant. Et vivement l’automne : Durance Luberon s’épanouit en été mais court sur l’année tout entière ! MARYVONNE COLOMBANI Ainsi le tunisien Jasser HajYoussef (violon et viole d’amour) le 29 juillet, accompagné par Ahmad Al- Khatib (oud) et Youssef Hbeisch (percussions) dans un moment musical de haute volée, rapprocha avec sensibilité l’orient et l’occident, de même que le trio japonais Miyazaki présentant le koto (instrument roi de la famille des harpes), ou François Rossé évoquant l‘improvisation aux jeunes stagiaires musiciens de l’académie d’été de Chaillol, qui fonctionne en parallèle avec le festival. Autre pari : programmer Le sacre du printemps de Stravinsky dans sa version pour deux pianos (Florestan Boutin et Michaël Ertscheid) accompagnant la danseuse japonaise Toschiko Oiwa pour un solo époustouflant. Vêtue d’une tunique virginale, le lotus se forme, la jeune fille est pure et fait corps le piano, converse avec les instrumentistes, répète ses gestes comme un thème litanique avant d’être proie de convulsions à même le sol, devenant le sacrifice lié au désir de l’homme. L’intégrale de la musique de chambre de Ravel attestait également des ambitions du festival, mettant au jour les filiations des compositeurs : le quatuor Bénaïm y proposa le 25 juillet L’interrogation de Landwoski, étirant le temps de façon inquiétante, puis le quatuor à cordes de Frédéric Pattar, jeune compositeur présent qui put expliquer son processus d’écriture. La soirée du 31 juillet fut sublime grâce à l’interprétation d’Oliva Hughes (violon), d’Ingrid Schoenlaub (violoncelle) et Laurent Wagschal au piano : le Duo pour violon et violoncelle de Ravel, œuvre incroyablement moderne, et le célèbre trio furent les témoins d’une fusion instrumentale passionnelle, à l’image du festival. FRÉDÉRIC ISOLETTA ET AGNÈS CONDAMIN
Aux sources du sorcier Depuis 2006, l’Opéra au village enchante les étés de Pourrières par la qualité des spectacles et la convivialité du Couvent des Minimes, belle bâtisse du XVIe, restaurée depuis 40 ans par Jean de Gaspary. Un goût des raretés qui s’allie au bonheur de faire découvrir des partitions oubliées… Cet été, le public fidèle (guichet fermé !) a été invité à déguster, outre le délicieux dîner sous les marronniers, Le dernier Sorcier de Pauline Viardot dirigé par Luc Coadou et mis en scène par OPÉRA AU VILLAGE TRUMPETARTENSEMBLE Bernard Grimonet. Ce dernier raconte avec passion les recherches menées aux bibliothèques de New York, de Harvard, les négociations par l’intermédiaire d’avocats, de connaissances, tout un jeu diplomatique de négociations, l’aide du professeur Zekulin de Calgari, la collaboration de Alexandre Zviguilsky, conservateur du musée Tourgueniev (Bougival), pour se procurer livret et partition du Dernier sorcier, inaccessibles en France ! Et pourtant, l’œuvre est un petit bijou, cela tient du Songe d’une nuit d’été, avec un sens subtil de la mélodie, et une distanciation ironique dans le tour convenu du conte. Jolie mise en scène malgré l’étroitesse des lieux, décors superbes de dentelles et de filet blanc ! Fraîcheur du jeu, délicatesse des costumes, rigueur de la direction (Luc Coadou). Œuvre féministe aussi, (est-ce pour cela qu’en France elle a été oubliée ?), l’harmonie féminine triomphe, portée par le charmant chœur des elfes : une Flûte enchantée inversée dans le propos, un Zarastro dégradé, dans le MUSIQUE 27 personnage du vieux sorcier bougon, Krakamiche, et une reine de la nuit magnifiée dans la reine des elfes qui permet aux jeunes gens de s’aimer… Fable écologiste avant la lettre, la forêt est rendue à ses habitants, épargnée des destructions que le pouvoir masculin lui faisait subir. Une œuvre formidable ! MARYVONNE COLOMBANI Le dernier sorcier a été recréé à Pourrières du 15 au 23 juillet X-D.R X-D.R X-D.R Sonnez, trompettes, la gloire d’un maître ! Voici 18 ans, Horst-Dieter Bolz, professeur de trompette au Conservatoire Supérieur de Trossingen, a initié une étrange coutume : inviter ses élèves chez lui, en Provence, pendant les 15 derniers jours d’août ; les faire travailler d’arrachepied pour les concours de recrutement les plus difficiles ; et, afin de les motiver, donner des concerts associant leurs instruments aux grandes orgues tenues par Jean-Jacques Tournebise- Cerrutti, titulaire de celles de Forcalquier. Le stratagème a permis à ces jeunes musiciens d’occuper aujourd’hui les premières places au sein des orchestres les plus prestigieux d’Allemagne… mais ces musiciens émérites, solistes virtuoses sont restés fidèles à la Provence et à leur professeur : ils continuent à se retrouver pour le plaisir de faire de X-D.R la musique ensemble, sous forme associative ; ainsi, solistes de l’Orchestre de Stuttgart, de Philharmoniques, d’Opéras, de radios et télévision d’État… jouent bénévolement par fidélité à leur professeur ! La trompette a connu son heure de gloire au XVII e siècle dans les Cours d’Europe pour célébrer la gloire du Roy ou de Dieu, et elle connaît un renouveau contemporain. Aussi le programme proposé était-il varié : après un hommage au Grand Siècle avec le Carrousel de Lully, la Canzon de Gabrielli permettait à l’orgue de donner la réplique aux trompettes dans la pure tradition vénitienne, la suavité des cuivres répondant tantôt à la douceur, tantôt à la puissance et l’éclat des grandes orgues. La Suite d’Abdelazer d’Henry Purcell, succession de musiques de scène, permettait d’apprécier le très populaire rondo. Dans la Symphonie de Fandares du Provençal Jean-Joseph Mouret, on retrouvait avec bonheur la saveur et l’accent du Sud. Dans le concerto pour 8 trompettes du compositeur américain contemporain Thomas Wilson, l’utilisation des sourdines permettait un son plus jazzy, parfois proche du didgeridoo. Verdissage, de KarlHeinz Kôper, offrait une composition échevelée, un puzzle farfelu où les thèmes les plus populaires de Verdi, de Bizet se croisent, se métissent et se répondent en de subtiles ou hilarantes variations. Un bis de Gabrielli venait récompenser la folle ovation du public pour ces musiciens de haute volée ! JEAN-MATHIEU COLOMBANI rAoluE. flE71iEF iF1Foi DU FILM Prrurz..-vr 11 IAIND bONNENT IE 1RttFEI Ce concert a été donné du 17 au 23 août à Sisteron, Manosque, Courthézon, Aix et Gréoux les Bains



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