Zibeline n°33 septembre 2010
Zibeline n°33 septembre 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°33 de septembre 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 7,4 Mo

  • Dans ce numéro : théâtre... le Off d'Avignon, une manne économique ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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22 MUSIQUE FESTIVAL D’AIX CHORÉGIES D’ORANGE Fusion des Arts Il y a dans le travail entrepris par la chorégraphe Trisha Brown à l’Opéra quelque chose de captivant, de profondément novateur. En particulier parce qu’elle fait danser les chanteurs, qu’elle tente de mêler le mouvement plastique des corps, les arabesques qu’elle trace, à même le sol, à la craie noire, sur de grands panneaux figurant le décor, aux lignes ornées du chant baroque, aux dynamiques rebondies des rondeaux, rigaudons et autres antiques menuets. Son Orfeo avait dérouté il y a une douzaine d’années, parce que le public saisissait mal les amplifications que la scénographe voulait imprimer au livret, le sens des pantomimes qui se superposaient au geste vocal dans les dialogues, les airs ou les récits. Si l’on retrouve cet effet « parasite » dans son travail effectué sur Rameau, c’est dans une moindre mesure, car les extraits tirés d’Hippolyte et Aricie et l’Acte de Ballet Pygmalion sont davantage conçus autour de la danse que le chefd’œuvre de Monteverdi : la fusion des arts opère mieux. Les danseurs glissent de l’un à l’autre par des portés arrondis, des mouvements de balanciers, des corps à corps qui cherchent l’apesanteur… Trisha Brown modernise un vocabulaire puisé dans la danse préclassique, peu connue, en épousant le duvet sonore, les somptuosités orchestrales des Arts Florissants guidés tout en nuances par William Christie. Sur scène, à côté de Sophie Karthaüser, mixant quelque ébauche chorégraphique aux trilles de rossignol de la blanche Aricie, du ténor au registre un peu inégal Ed Lyon, on découvre une tragédienne à la voix sombre et à la présence scénique fascinante : Karolina Blixt (Phèdre). JACQUES FRESCHEL Pygmalion a été représenté au GTP. lors du Festival d’Aix du 16 au 21 juillet > Elisabeth Carecchio L’excellence au service du populaire Tosca. Puccini a laisse une œuvre sublime où se mêlent puissance, révolte et amours, dans une grandiloquence et une exacerbation assumées. La mise en scène de Nadine Duffaut maîtrise cet espace du drame, de la scène grandiose du Te Deum à l’intimité d’une séduction sournoise : l’immense tableau de Marie Madeleine, paradoxal envahissement de l’espace par un visage intime, sert d’ancrage Mistral gagnant Avec Roméo et Juliette, Faust et Mireille, Raymond Duffaut aura fait le tour, en quelques saisons au pied du Mur, de la trilogie majeure des opéras de Gounod. Pour l’adaptation lyrique du poème provençal de Frédéric Mistral, il fait appel à un familier de l’œuvre dont la mise en scène de 1993 était encore représenté à Marseille il y a peu. Robert Fortune renouvelle son matériau scénographique à l’aide de vidéo-projections. Ici c’est sur un large panneau blanc que les décors sont figurés. Des images fascinantes s’affichent, fixes ou mouvantes : vues d’Arles façon B.D., une « Nuit étoilée » rappelant Van Gogh, des berges du Rhône plus fantastiques que nature, la Crau et son soleil noir, des cierges géants qui pleurent la mort de l’héroïne aux Saintes-Maries… Sur le plateau, la production est pléthorique, avec trois grands Chœurs réunis (Marseille, Avignon et Nice) accompagnés des pitchouns de la Maîtrise de Bouches-du-Rhône. Une profusion qui sied merveilleusement à un opus riche en scène de foule, des Magnanarelles à la Farandole arlésienne, de la fête de la Saint-Jean à la procession finale... Alain Altinoglu dirige l’Orchestre National de Bordeaux avec maestria, très à l’écoute de belles voix. Nathalie Manfrino est une Mireille jeune à la Grand Angle-Orange permanent à l’action. Catherine Naglestad, Tosca émouvante (Vissi d’arte) est solide dans tous les registres. Roberto Alagna (Mario Cavaradossi), est très présent vocalement et scéniquement, dans les moments ensoleillés Recondita armonia, comme dans les passages dramatiques Vittoria, Vittoria, puis torturé dans le propre tableau qu’il peint. Idée pertinente, Tosca s’y brisera aussi. Scarpia, Falk Struckmann, bon comédien, entre violence vocale (Te Deum) et scène d’amour (e allor sedete e favelliamo) fut le 18 juillet sujet à des défaillances dans les aigus étonnantes pour un baryton rompu aux joutes wagnériennes. Quant à l’orchestre Philharmonique de Radio France, il sonne magnifiquement : l’équilibre des timbres et les multiples palettes sonores sont un régal, des tutti imposants aux motifs solistiques. Le chef d’orchestre, Mikko Franck, soutient le récit et la hardiesse du langage musical dès les trois premiers accords d’une sombre atonalité. Les chœurs des Opéras de Région apportent une fougue jubilatoire (superbe Maîtrise des Bouches-du-Rhône) dans les passages avec le truculent sacristain, octogénaire bondissant Michel Trempont et une démonstration de force dans la parade militaire des sbires de Scarpia. Wojtek Smilek (Angelotti), baryton sombre et généreux et Christophe Mortagne (Spoletta), ténor léger et mordant, contribuent au beau succès d’ensemble : le plaisir d’un opéra vériste populaire comme seules les Chorégies en offrent, simplement, aux amateurs. YVES BERGÉ Tosca a été donné les 15 et 18 juillet à Orange diction claire qui assume avec puissance la scène tragique de la Crau. Florian Laconi évite l’écueil du rôle, un ténor pas trop léger dans Vincent, au timbre et aux aigus solides, capable de nuances. Marie-Ange Todorovitch triomphe derechef dans la sorcière Taven, et les rôles des pères (Nicolas Cavalier, Jean-Marie Fremeau) ou de Vincenette (Karen Vourc’h) son idéalement servis. Seul l’Ourrias de Franck Ferrari est en dessous : son timbre homogène et couvert manque de projection et ses aigus ne s’ouvrent pas assez. JACQUES FRESCHEL Mireille a été chantée à Orange du 4 au 7 août Philippe Gromelle - Orange
MUSIQUE 23 Diva & divo Au début on tend un peu l’oreille, car Juan Diego Flórez n’est pas de ces ténors à décibels qu’on reçoit bien calé dans un fauteuil d’orchestre : il faut aller un peu vers lui pour apprécier la pureté d’un chant unique. Le pari est osé, car on imagine difficilement entendre, dans l’immense théâtre antique, autre chose qu’un chanteur à coffre. Mais on est vite rassurés : après quelques minutes la nuit tombe et le miracle acoustique d’Orange opère. Dès lors, on jouit pleinement du récital belcantiste du Péruvien, d’un registre d’une égalité hors du commun, sans « passage » perceptible, d’aigus d’une facilité déconcertante : l’aria « Una furtiva lagrima » est un modèle « di grazia » quand les contre-uts en série de La Fille du Régiment n’en paraissent même pas… À ses côtés, Natalie Dessay, sans doute plus à l’aise sur un plateau de théâtre que dans l’exercice particulier du récital, enchaîne avec maestria vocalises, sons filés et autres acrobaties signées Bellini et Donizetti. Tout un répertoire, qu’au fil des ans, larnsemble Télémaque r innRaoul Lav soprano s’est approprié. Si le vent, invité familier de la vallée du Rhône, ne facilitait pas la tache de la diva emportant sporadiquement quelquesunes unes de ses partitions, celle-ci fit montre d’une grande bravoure dans la Folie de Lucia ou un « Sempre libera », livré en bis, et dont les aigus, agrippés à la force du gosier, nous donnent des frissons ! J.F. Concert lyrique Dessay/Flórez donné le 17 juillet aux Chorégies Concert lyrique Natalie Dessay-Juan Diego Florez X-D.R II 111 15. I LJn1 Filkl our >'I Nisi iniii[01,01infjn Su EiGrtifs > : - in ! di P. ! 1.. ! ! 1. I Cir.% I Egi Mart MR-TM Ina ir') ! 3 : I : TripE I $1,-Quirtin-iisi iro ; 1., kik ! ) 11 u14 niy.rribiT I CartKirc.ur. N 27 ti 22 ricreeintri, I Shangai Ch no Une jeunesse très romantique Toujours aux Chorégies, le 6 août, l’Orchestre National Bordeaux Aquitaine, sous la direction de son jeune chef Kwamé Ryan, a du lutter contre un vent capricieux, et un sort apparemment défavorable ! On attendait le virtuose turc Fazil Say dans un programme Tchaïkovski avec le célébrissime concerto pour piano n°1 en si bémol mineur et la 6 e symphonie en si mineur dite Pathétique : malade, il fut remplacé par le russe Andreï Korobeinikov, 24 ans, prix du Conservatoire de Moscou à 19 ans, virtuose très inspiré. Le concerto débute par d’immenses accords du piano suivis d’un thème legato magnifique des cordes. Le pianiste semble voler sur le clavier, le posséder, époustouflant dans les passages rythmiques et retenu dans les moments de nostalgie et de mélancolie. Le chef très expressif, bondissant puis sensible, magnifia le deuxième mouvement où le dialogue entre violoncelles et hautbois planait au-dessus de l’Empereur Auguste. L’orchestre sonne et répond au mistral par un souffle et un élan, comme en un double concerto de circonstance... Cuivres et percussions n’écrasent jamais des cordes homogènes. Le pianiste fait sa révérence avec une mélodie de Moussorgksy arrangée par lui-même au clavier : populaire, enjouée, magnifique. Dans La Symphonie Fantastique, le chef dessine avec son corps les contours mélodiques du premier thème sombre. On trouve dans l’Allegro con grazia une valse légère, élégante, sans mièvrerie. L’Allegro molto vivace est un scherzo assez militaire d’une grande vitalité, où l’orchestre modèle chaque motif dans une étonnante énergie. Un chef et un pianiste triomphants, un orchestre très présent et un romantisme Y.B. Poet Décembre 2010 Mois des Comixisitews to. nouvimhrpakt7froffribi Marrolk. Corripmitrin:is. fOilko.r$ Las prinpurt ; 4-4ongup RH.* El rari 7:. ! Us File'1111101111 1 itili prhok-ai$ami U. 1 r1i:4111 7r, - ry..1 iltir.. Tlçairgibp 11 >1J:. Ir..:1:..:11'1-11..r.i:.r.ii,rii, AT.O4pelk.. ildrallque cletaika,the LA us ! Siqutig I fame :'.3.1%.kinii'Wpm 1..t..111:41.La mu5illueit hi puluitian : emi io..A..rift-ifs 5 PAIN:II:9 11..-111 T- LII mu 54,4911 10 Wu".5. hi. ildi 7 rieien Thk3Irpr.14 ! MingForia...dab *al ro.noolptrr I.5rirri-M0 — 111011° 4k41 41b..0 1"1".. *lb apilirif do itpronsiik..sei aut.nurrftriniikin imF'p hibto r Gti-oe Unclip 4 o_t la EitE I 1.311 31 BarnervararntiV l'1 Akprt. ru7.r, i n n m r d a orT, it : fa ig Ai= I* E



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