Zibeline n°33 septembre 2010
Zibeline n°33 septembre 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°33 de septembre 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 7,4 Mo

  • Dans ce numéro : théâtre... le Off d'Avignon, une manne économique ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 14 - 15  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
14 15
14 THÉÂTRE AVIGNON OFF Le Off d’Avignon, une Indéniablement, juillet transforme la ville d’Avignon en une terre culturelle désormais très rentable. Mais qui profite des 80 millions d’euros (estimés) de retombées économiques générées par le In et le Off ? Le Festival, un sacré commerce ! À la Chambre de Commerce et d’Industrie, on reste prudent sur la mesure des retombées du Festival en pleine saison touristique. « Le taux de remplissage hôtelier est exceptionnel en juillet, quasiment 100% de réservations un mois à l’avance. Certains visiteurs sont envoyés parfois jusqu’à Nîmes par l’Office de Tourisme » confirme Philippe Bondurant, directeur de la communication à la CCI. Sans compter les bénéfices des particuliers qui (sous)louent leurs habitations, une pratique coutumière difficilement mesurable. « Au niveau du commerce, notamment des restaurateurs, on observe un timide début de reprise. Un léger mieux qui n’éponge pas la baisse des recettes des 2 années précédentes » : les festivaliers, comme les autres touristes, dépensent moins avec la crise… Ces 80 millions sont largement générés par le Off, le nombre de spectateurs étant 10 fois plus important que celui du « In ». « En 2003, le Festival avait généré 54 M €, même après l’annulation du In. Les commerçants restent traumatisés par l’événement », explique le Manager du centre ville. « Il doit continuer à bien fonctionner, c’est l’activité qui permet de redorer les trésoreries. 90% des commerçants font leur chiffre d’affaires en juillet. C’est le 1er mois de l’année. » Bernard le Corff, directeur du Collège de la Salle et chargé de la communication d’AF&C (Avignon Festival et Compagnies) précise : « Si l’impact économique est la litanie du transport, hôtellerie, commerce, il faut y rajouter le volume financier généré par les ventes des spectacles après le Off et la vitrine pour la Ville, qui s’investit de plus en plus. » Le In vend cette année 116 000 billets et affiche une fréquentation de 95%, mais le Off à lui seul enregistre plus d’1.2 M d’entrées, soit près de 7 M de recettes. Un taux de remplissage en légère diminution (55% contre 56% en 2009), dû à l’accroissement du nombre de salles et de propositions spectaculaires. 7000 artistes occupent ainsi 123 lieux et l’on peut estimer qu’il y a 500 000 spectateurs qu’il faut loger, nourrir… Le Off, un pari sur l’avenir Pour jouer dans le Off, « un moment majeur pour une troupe » selon Bernard le Corff, 1100 spectacles ont donc été enregistrés par AF&C (adhésion 210 € HT). Les compagnies investissent, en moyenne, entre 20 et 50000 € (location, hébergement, salaires, communication), pour des recettes comprises entre 10 et 30000 €. Soit un déficit de 10000 € souvent inéluctable. Mais « Jouer dans le Off, c’est la meilleure manière d’avoir les programmateurs. Même s’il n’y a qu’eux dans la salle, c’est primordial. Cette année en moyenne chaque troupe en a reçu 40. On n’en a jamais vu autant. » Une moyenne qui fait rêver ! Le Off, qui comptera l’an prochain 1300 spectacles (d’après AF&C) essentiellement dans le centre ville, est donc indéniablement une forte source de revenus pour la ville et le département. Mais la question de l’affluence se pose sérieusement. « Avignon est un lieu de rassemblement, tout doit se passer au plus près du centre ville. Les directeurs de théâtre oublient parfois de dire qu’au-delà des remparts, il n’y a pas beaucoup de salut, à part Villeneuve en Scène ou Monclar » affirme Bernard le Corff. « En même temps, plus on est compressé dans les remparts, plus les prix vont augmenter. Il va falloir qu’on en sorte, mais tranquillement. » Si le rapprochement avec le Festival d’Edimbourg ou de Pékin fait rêver certains, à Avignon le problème de place va devoir se régler sous peine d’implosion. Des risques calculés AF&C organise en région des réunions préventives auprès des troupes pour qu’elles mesurent le risque financier. Même pour les compagnies permanentes d’Avignon, pour lesquelles le problème de l’hébergement est réduit, le déficit reste important. Certains ne jouent qu’une dizaine de jours pour limiter les risques. D’autres comptent sur les 3 semaines du Off pour créer une tournée, comme la cie Onstap, avec son spectacle Parce qu’on va pas lâcher. Mais louer une salle repérée reste d’« un coût exorbitant ». Sur les 123 lieux que répertorie AF&C, aucun n’achète les spectacles, seuls 15% proposent de « coréaliser » en participant à la communication, 25% partagent des recettes et 60% sont en location. Pour exemple, le théâtre du Balcon et le Chien qui Fume louent leur salle de 200 places, pour un créneau horaire, 12000 € (selon AF&C). Moins chères, les salles du Bourg Neuf ou de la Luna (3500 €) n’ont que 50 places. Plutôt malins (et intrépides), les Onstap ont donc mutualisé les 120 places du chapiteau le Mazouing, sur la Barthelasse, avec 7 autres compagnies. 7800 € de participation financière pour chacun. Grâce à un gros travail auprès des diffuseurs, ils ont reçus plus de 5700 spectateurs, Delphine Michelangeli dont beaucoup de pros (180 pour Onstap, une cinquantaine de dates envisagées). La cie Hors Série, avec La géographie du danger d’Hamid Ben Mahi, un magnifique solo sur le parcours d’un sanspapiers et sa lente métamorphose vers la déshumanisation, aura sans doute contribué à faire reconnaître le lieu, pour cette première tentative réussie. Au Théâtre des Halles on peut prendre des risques. La reprise de leur dernier spectacle Simples Mortels, difficile à tourner vu l’ampleur du décor, revient à 50000 €. « Alain Timar ne crée pas en pensant à la tournée » explique Sophie Redon. « Et au Festival, on ne parle pas en termes de rentabilité financière, mais plutôt artistique et de diffusion. » Les 50% de remplissage seulement pour cette reprise n’ont donc rien de dramatique, puisque Rhinocéros a lui enregistré une belle fréquentation et que la création 2008, Je veux qu’on me parle, avait très bien tourné pendant 2 ans. Le lieu a vu passer 15509 spectateurs (malgré l’arrêt tragique du spectacle de Philippe Avron après 12 représentations) pour 10 spectacles accueillis. Rentable ? Pour les professionnels du tourisme sans aucun doute… mais pour les compagnies, jouer au Off est un investissement sur l’avenir très coûteux. Autant proposer des spectacles de qualité, pour conquérir le public qui passera dans la salle… et fera tourner l’info ! DELPHINE MICHELANGELI
CRT THÉÂTRE 15 manne économique ? Parcours d’une battante Edmonde Franchi, auteure et comédienne marseillaise, a vécu sa 6 e participation au Off avec CarmenSeitas qui a fait salle comble depuis sa création en 2008 et était accueillie par le Théâtre du Chêne noir Zibeline : Quel bilan pouvez-vous tirer de votre participation ? Edmonde Franchi : Faire un bilan à la toute fin du festival est difficile. Car il est presque toujours négatif, on perd pas mal d’argent, on est fatigué et il est tôt pour tirer des conclusions en terme de retombées. Puis au bout de 2 mois, on se dit qu’on a eu 3000 spectateurs, de bons échos dans la presse, qu’on a déjà fait 5 ventes. Notamment nous jouons à Clermond- Ferrand et à Septèmes en novembre. Quelles ont été les conditions matérielles de votre séjour ? J’avais loué une maison et un appartement pour les 9 personnes de l’équipe. Gérard Gélas (Directeur du Chêne Noir,ndlr) m’avait proposé une co-réalisation. Très intéressant car dans ce cas il n’y a pas de frais de location, et ce sont eux qui s’occupent des réservations, de la billetterie. C’est un grand confort ! Après chaque représentation on pouvait discuter avec le public dans la cour. Mais même ainsi sur le plan financier on reste très déficitaire. J’ai pourtant obtenu une subvention de l’AF&C pour l’Aide à la diffusion du Off, affectée sur dossier à 10 compagnies sur 1000 chaque année ! Comment voyez-vous l’avenir du Off ? Le nouveau directeur, Greg Germain veut faire un festival prestigieux. C’est une bonne idée. Ce n’est pas le nombre qui compte, ce sont les conditions dans lesquelles travaillent les compagnies, il faut surtout que les conventions collectives soient respectées. Prête à recommencer ? Oui. Peut-être avec mon dernier solo, Coeur@prendre, un spectacle sur la solitude, avec les succès des années 60. En prenant un technicien sur place cela n’engagerait pas trop de frais, c’est l’avantage des solos... Un autre spectacle en préparation ? Oui. J’ai fait une résidence d’écriture pour De toutes beautés ; l’écriture c’est comme la couture : on taille, on assemble, on reprend... La 1 re forme sera donnée à la Busserine les 19 et 20 novembre, avec 2 musiciens. PROPOS RECUEILLIS PAR CHRIS BOURGUE Carmenseitas Philippe Houssin Qui travaille en été ? Le Comité Régional de Tourisme de PACA dresse chaque année un bilan de la saison d’été, en enquêtant auprès des professionnels. Enquête complétée, dans chaque département, par les Comités Départementaux du Tourisme. Cette année encore le bilan, dans la deuxième région touristique de France (après Paris), est bon : la crise économique l’affecte paradoxalement, et l’année 2009 s’était avérée très surprenante, avec un net retrait de la clientèle étrangère, mais des records pour ce qui était de la clientèle Française, venue d’autres régions, ou simplement restée en PACA. L’année 2010 renforce cette tendance : les touristes restés en France par souci d’économie y ont pris goût, et la clientèle étrangère, hormis les Anglais, revient… De quoi satisfaire les professionnels, même s’ils disent unanimement que les touristes dépensent moins, en particulier au restaurant, préférant les pique-niques, réduisant l’alcool, négociant les prix et diminuant la durée des séjours. Il n’en reste pas moins que 110 millions de nuitées (hôtels, gîtes et campings) sont vendues en juillet/août dans la Région, et qu’il faut doubler ce chiffre si l’on veut tenir compte des touristes hébergés par les familles et les amis, et des maisons secondaires (PACA est la 1 re région en ce domaine). La part du tourisme culturel ? Lors de la dernière enquête à ce sujet, 5% des touristes interrogés déclaraient venir « principalement » pour les festivals. Ce qui représente tout de même 11 millions de nuitées, si l’on tient compte des hébergés. Un chiffre énorme, qui confirme l’impact des festivals sur l’activité économique. D’autant que le directeur du CDT du Var soulignait que « même ceux qui viennent pour la plage et le soleil sont de plus en plus nombreux à consommer des visites de villes, de monuments et de musées », ajoutant même que « les activités périphériques, sportives et culturelles sont devenues structurelles, même en août, même dans le Var. » Car les autres départements, en particulier les départements Alpins, soulignent l’attractivité culturelle de leurs territoires, avec des équipements comme le Musée de Quinson, ou les festivals de musique classique. Les Bouches-du-Rhône, plus vastes et complexes, constatent le succès des investissements muséaux et festivaliers à Aix et Arles, et notent que Marseille commence à attirer un certain tourisme culturel. Quant au Vaucluse : 116 000 spectateurs au Festival d’Avignon, plus un million de places vendues durant le off, sans compter la forte attractivité des Chorégies et de Vaison-la- Romaine, et tous les « petits festivals » qui animent le territoire. Une activité économique essentielle, dont on peut déplorer qu’elle grève sérieusement les budgets courants de la culture, consommant en été une grande part des subventions des collectivités vauclusiennes… AGNÈS FRESCHEL Comité Régional de Tourisme www.chiffres-tourisme-paca.fr



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Zibeline numéro 33 septembre 2010 Page 1Zibeline numéro 33 septembre 2010 Page 2-3Zibeline numéro 33 septembre 2010 Page 4-5Zibeline numéro 33 septembre 2010 Page 6-7Zibeline numéro 33 septembre 2010 Page 8-9Zibeline numéro 33 septembre 2010 Page 10-11Zibeline numéro 33 septembre 2010 Page 12-13Zibeline numéro 33 septembre 2010 Page 14-15Zibeline numéro 33 septembre 2010 Page 16-17Zibeline numéro 33 septembre 2010 Page 18-19Zibeline numéro 33 septembre 2010 Page 20-21Zibeline numéro 33 septembre 2010 Page 22-23Zibeline numéro 33 septembre 2010 Page 24-25Zibeline numéro 33 septembre 2010 Page 26-27Zibeline numéro 33 septembre 2010 Page 28-29Zibeline numéro 33 septembre 2010 Page 30-31Zibeline numéro 33 septembre 2010 Page 32-33Zibeline numéro 33 septembre 2010 Page 34-35Zibeline numéro 33 septembre 2010 Page 36-37Zibeline numéro 33 septembre 2010 Page 38-39Zibeline numéro 33 septembre 2010 Page 40-41Zibeline numéro 33 septembre 2010 Page 42-43Zibeline numéro 33 septembre 2010 Page 44-45Zibeline numéro 33 septembre 2010 Page 46-47Zibeline numéro 33 septembre 2010 Page 48-49Zibeline numéro 33 septembre 2010 Page 50-51Zibeline numéro 33 septembre 2010 Page 52-53Zibeline numéro 33 septembre 2010 Page 54-55Zibeline numéro 33 septembre 2010 Page 56-57Zibeline numéro 33 septembre 2010 Page 58-59Zibeline numéro 33 septembre 2010 Page 60-61Zibeline numéro 33 septembre 2010 Page 62-63Zibeline numéro 33 septembre 2010 Page 64-65Zibeline numéro 33 septembre 2010 Page 66-67Zibeline numéro 33 septembre 2010 Page 68-69Zibeline numéro 33 septembre 2010 Page 70-71Zibeline numéro 33 septembre 2010 Page 72-73Zibeline numéro 33 septembre 2010 Page 74-75Zibeline numéro 33 septembre 2010 Page 76-77Zibeline numéro 33 septembre 2010 Page 78-79Zibeline numéro 33 septembre 2010 Page 80-81Zibeline numéro 33 septembre 2010 Page 82-83Zibeline numéro 33 septembre 2010 Page 84-85Zibeline numéro 33 septembre 2010 Page 86-87Zibeline numéro 33 septembre 2010 Page 88-89Zibeline numéro 33 septembre 2010 Page 90-91Zibeline numéro 33 septembre 2010 Page 92-93Zibeline numéro 33 septembre 2010 Page 94-95Zibeline numéro 33 septembre 2010 Page 96