Zibeline n°32 août 2010
Zibeline n°32 août 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°32 de août 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 72

  • Taille du fichier PDF : 8,3 Mo

  • Dans ce numéro : créer maintenant, imaginer demain.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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54 CINÉMA RENDEZ-VOUS D’ANNIE PORTRAIT W. BENEDETTO FILMS Les 30 et 31 juillet, le 13 e Festival du film court d’Aigues-Vives présente En avant la musique ! orchestre de jazz, buffet à 20h, projection de courts métrages à thème musical à 21h30 aux arènes. Avec, entre autres, le Mélomane de Mélies, Ciné plein-air, programmé par Tilt, continue avec, entre autres, au Théâtre Silvain, le 19 juillet, en partenariat avec La Rue du Tango, Conversaciones con Mama de Santiago Carlos Oves. Avant la projection, à 19h, pique-nique aux airs de tango suivi d’initiations gratuites au tango et d’un petit bal. Le 24 juillet, au Panier, en partenariat avec Amnesty International, Welcome de Philippe Lioret, un film extrêmement touchant qui pose en termes simples le problème des sans papiers. Le 7 août, au Panier, Mascarades de Lyes Salem précédé du superbe court métrage Mon petit frère de la lune de Frédéric Philibert. Ciné Plein Air, Marseille Tilt 04 91 91 07 99 www.cinetilt.org Le saut de l’ange Sidi Ifni, une ville au sud du Maroc, la plage, le foot, la belle vie. Pour Louis, 12 ans, le temps de l’insouciance, de la complicité fraternelle s’achève brutalement derrière les volets fermés du bureau de son père maniaco-dépressif qui lui annonce brutalement son suicide imminent, l’enfermant dans une promesse de silence et le condamnant à la solitude du secret. L’eau vivante des jeux d’enfants devient alors, dans des nuits noires et bleues déchirées par un phare, l’eau de mort des noyades et de l’asphyxie. Les amusements innocents s’alourdissent de menaces. D’une syllabe à l’autre, le lien ténu de marabout à bout d’ficelle peine à maintenir la continuité, le désir de poursuivre. La caméra ne lâche quasiment pas l’enfant guettant son père dont il est désormais l’ange gardien. La poitrine serrée, on suit la manipulation perverse de l’adulte aimant et torturant son fils, jusqu‘au dernier plan, insoutenablement vide. Olivier Gourmet, en Salle comble au Pathé Plan de Campagne, le 9 juin, pour la projection, en avant-première, du film d’Olivier Baroux L’Italien, dans le cadre de Cinestival. Par des stridulations admiratives, cornets de pop corn à la main, les fans, chauffés par un animateur digne des plateaux du petit écran, accueillent Kad Merad, la star qu’on voit à la télé, pardonnant son retard, par avance conquis. L’acteur, avenant, cabotin parfois, signe quelques autographes, rejoint la scène où, avec Olivier, il donne un petit show de présentation bien rôdé. Il salue dans le public son papa algérien, sa maman berrichonne qui peinèrent eux aussi pour s’imposer dans la société française comme le Mourad Ben Saoud du film, commercial dans un garage Maserati de Nice sous le nom d’emprunt de Dino Fabrizzi. Les rendez-vous d’Annie Joséphine Baker, Le p’tit bal perdu de Decoufflé, un brin de Traviata… Festival du Film, Aigues Vives (30) 04 66 51 04 78 www.cine-aiguesvives.com Du 2 au 14 août, le festival Grandeur nature propose des projections cinéma en pleine montagne et sous les étoiles… dans plusieurs lieux du Queyras. Seront invités, entre autres, autour d’un de leurs films, Tony Gatlif, Marie Jaoul de Poncheville, Jacques Rémy Girerd, Jacques Perrin… Le 2 août à 20h30, à Château Queyras, projection de Liberté de Tony Gatlif, et rencontre avec le réalisateur et les organisateurs du Festival. Le 4 août à 21h à Ceillac, ce sera le superbe Tulpan de Sergey Dvortsevoy. Grandeur Nature, Queyras (05) 06 99 52 55 05 www.festivalgrandeurnature.com Un Ange a la mer de Frederic Dumont père souffrant, tendre, violent, cruel est impeccable. Martin Nissen incarnant Louis, impressionnant de maîtrise et de sensibilité. Un ange à la mer dit l’air et l’eau, le ciel et l’abîme, l’envol et la chute. Le spleen sans l’idéal. Les vers de La double identité, ressort scénaristique, génère les situations qui se veulent cocasses ou émouvantes. La comédie, pétrie de bons sentiments, vendue sans doute à la Région en leur nom, veut dénoncer la continuité des préjugés sur l’étranger. Rital hier, arabe aujourd’hui. Hélas, le film n’est que clichés. Et sur les Italiens, élégants, volubiles, désinvoltes, embobineurs. Et sur les musulmans dont les pratiques seront redécouvertes par Mourad-Dino dans le livre-programme qu’il potasse pour honorer la promesse faite à son père de suivre le ramadan : l’Islam pour les nuls. N’importe quel beauf raciste se trouverait dédouané de ses mauvais penchants en accordant toute sa sympathie à ce Mourad converti à la religion consumériste, dont les parents vivent dans une belle Le 8 août à 21h 30 au Parc Rambot, les Rencontres Cinématographiques d’Aix-en-Provence proposent Les Instants d’Été, Courts côté jardin, une programmation de cinq courts métrages dont Donde esta Kim Basinger d’Edouard Deluc, grand prix de la compétition nationale au Festival Clermont-Ferrand, et le superbe Carnet de Voyage : Madagascar de Bastien Dubois. Rencontres Cinématographiques d’Aix-en-Provence 04 42 27 08 64 www.festivaltouscourts.com Du 3 au 16 septembre, les Instants Vidéo Numériques et Poétiques, invités par le Best Of Festival, présentent L’entrée de l’art vidéo en gare de La Ciotat à l’Eden Théâtre de La Ciotat, peut-être la plus vieille salle de cinéma encore existante : « des vidéos qui (re)visitent le cinéma. De films en films. » Projection des Histoire(s) du cinéma de Jean-Luc Godard. Une table ronde réunira philosophe, universitaires et vidéastes. Eden Théâtre, La Ciotat 04 42 08 38 15 Baudelaire récités par Louis, reviennent, lancinants : « Ange plein de bonté, connaissez-vous l’angoisse, la honte, les remords, les sanglots, les ennuis ?... » Frédéric Dumont a mis dix ans à finaliser ce premier film autobiographique, primé dès sa sortie et soutenu par la région PACA. Le temps sans doute de mettre à distance sa douleur d’enfant impuissant face à la folie paternelle, de dominer enfin « ces vagues terreurs de ces affreuses nuits qui compriment le cœur comme un papier qu’on froisse » ÉLISE PADOVANI Un ange à la mer de Frédéric Dumont a été projeté en avant-première aux Variétés le 25 juin. Sortie en salles le 30 juin Pathé, pop corn, couscous et mozzarella villa marseillaise, dont la sœur (Saphia Azzedine) est prof certifiée par l’éducation nationale, qui a un ami juif et une petite amie blonde (Valérie Benguigui) avec laquelle il échange de grotesques rugissements sensés exprimer le désir. Sans oublier les futures répliques cultes ! « Mourad veut dire désir. Eh ! bien éprouves-tu encore un peu de « Mourad » pour moi ? » Il n’est pas ici question d’opposer un cinéma se prétendant populaire et comique à un cinéma d’auteur forcément morose, mais d’affirmer que la qualité est due à tous et ne passe pas par la simplification, la complaisance ou la paresse. ÉLISE PADOVANI
CINÉMA 55 Amina, celle qui aime la France Le 2 juillet a été présenté à l’auditorium de la Région le premier film d’Ariane Ascaride, Ceux qui aiment la France, qui fait partie d’une série de onze films, Histoires de vie, programmée sur France 2 depuis le 4 juillet. À partir du scénario écrit par Baya Kasmi, Ariane Ascaride réalise un film sympathique, porté avant tout par sa jeune actrice Sofia Lassoued, une jeune Parisienne qui sait ce Force de gravité Nostalgie de la lumiere de Patricio Guzman Pyramide distribution Le FID Marseille s’est ouvert avec le dernier film de Patricio Guzman, habitué du festival : Grand Prix en 1992 avec La Croix du Sud, présent en 1996 avec Chili, la Mémoire obstinée, et de nouveau Grand Prix en 2001 avec Le Cas Pinochet. Au Gymnase la salle Nom : William Benedetto Profession : Directeur de cinéma Signe particulier : se sent très marseillais Né à Tavel, un village du Gard, d’une mère anglaise et d’un père d’origine italienne, William Benedetto est installé à Marseille depuis une douzaine d’années. Après des études d’économie à Montpellier et un DESS de management culturel à Paris, il se « fait les dents » dans un centre socioculturel à Champignysur-Marne, s’occupant d’une programmation jazz et de projets en milieu scolaire. Dès son plus jeune âge il baigne dans le milieu du théâtre -il est le fils d’André Benedetto- et une des façons de s’en démarquer est d’aller voir du côté du cinéma, qu’il a découvert, adolescent, à travers des films grand public comme La guerre des étoiles. Aujourd’hui, c’est à des classiques comme Buster Keaton ou des contemporains comme le Chinois Jia Zhang Ke ou la Française Mariana Otero que vont ses préférences. Recruté à l’Alhambra Cinémarseille pour s’occuper d’un festival Images et science, il a « adopté » ce cinéma, qui correspond à son engagement de par son inscription réelle dans un quartier populaire. Depuis plusieurs années déjà, il programme et a pris officiellement ses fonctions de directeur le 1er juillet, succédant à Jean-Pierre Daniel avec qui il a travaillé étroitement durant une dizaine d’années. « J’ai de la chance car Marseille a peu de salles et je dirige un cinéma indépendant. Même s’il n’y a qu’un écran et si les tarifs sont trop bas aux yeux des qu’elle veut, tout comme son personnage. En effet, Amina, l’héroïne du film, a onze ans et demi, est française, déteste, dit-elle, les Arabes. Sauf sa famille. Et encore, seulement ses parents et ses trois frères. Elle lit Victor Hugo, veut devenir Présidente de la République, parle avec Dieu en qui elle ne croit pas. « Je suis raciste. Je trahis mon père et ma mère. Je suis une honte pour comble a manifesté son enthousiasme pour Nostalgie de la lumière, superbe travail qui ouvre un espace-temps ethnographique, politique, poétique et mélancolique. Des astronomes, venus du monde entier, observent un ciel si transparent qu’on pourrait « toucher les étoiles » et recueillent les ondes lumineuses émises il y a des millions d’années, dans le désert chilien d’Atacama, au sol qui ressemble à celui de Mars. Ce sol, « terre damnée pleine de sel » est fouillé inlassablement par des femmes qui espèrent retrouver les restes de leurs proches abattus par la junte de Pinochet, à Chacabuco, une ancienne mine indienne transformée en camp de concentration. Femmes et astronomes ont le même but : aller à la rencontre du passé, le fouiller sans relâche pour distributeurs, je me bats pour qu’il y ait des films en sortie nationale. Il est très important de poser une programmation, un mois à l’avance, et d’assumer ses choix. Cela a été le cas récemment pour le jeune public avec Kérity, La Maison des Contes et Pierre et le loup. » William Benedetto A.G C) l’humanité. Je mérite de mourir... Mais je ne meurs pas, ce qui est peut-être une preuve que tu n’existes pas. » Bref, Amina croit en la France et Ariane croit en elle, « l’avenir de la France ». Le film sera diffusé sur France 2 à la fin du mois d’août. A.G.comprendre le présent, et cette métaphore construit le film par rebonds. Le cinéaste fait alterner les paroles des scientifiques et les témoignages douloureux de ces femmes qui cherchent l’apaisement, incarnant la résistance à l’amnésie nationale chilienne ; la jeune femme, élevée par ses grands-parents obligés de dénoncer leurs enfants pour sauver leur petite-fille, est bouleversante ; peut-être le futur du film… Une méditation métaphysique, que favorisent les motifs récurrents du cercle, les images en si gros plan qu’elles en deviennent parfois irréelles. Un film graphiquement superbe, où l’on accepte de se perdre dans le passé, ou ce présent qui « n’existe pas ». ANNIE GAVA De séances marquantes à l’Alhambra, William en a vécu à la pelle ! La projection de La Commune de Peter Watkins, un film de six heures avec une chorale et une soupe populaire… ; Momo le Doyen de Laurent Chevallier avec les musiciens de Momo Wandel Soumah, venus tout droit de Guinée ; la soirée dégustation de vins autour d’Invictus de Clint Eastwood. Des moments de partage, comme la projection de Khamsa de Karim Dridi avec les habitants du Ruisseau Mirabeau ou la République Marseille de Denis Gheerbrant. Car avec son équipe de dix personnes, il assure quelque 750 séances de cinéma par an et une douzaine de séances en plein air. Des projets ? William espère beaucoup de Marseille-Provence 2013 : il voudrait que cet « autre cinéma du côté de l’Estaque » devienne « l’Alhambra, maison du cinéma », en multipliant les expériences, ateliers, jeux, résidences d’artistes ; et en collaborant avec d’autres structures. « On a tous besoin les uns des autres ! » Dans l’immédiat, à la rentrée, il mettra en lumière les documentaires qui ont reçu une aide de la Région. Il ya aussi des échanges prévus ente les lycéens de St Exupéry et des lycéens d’Istanbul, projet coproduit par Marseille-Provence 2013… ANNIE GAVA



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