Zibeline n°32 août 2010
Zibeline n°32 août 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°32 de août 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 72

  • Taille du fichier PDF : 8,3 Mo

  • Dans ce numéro : créer maintenant, imaginer demain.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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44 DISQUES Attention sirène Si vous voulez basculer en quelques titres dans un monde chimérique, il vous suffit d’enclencher The dreamer’s dances d’Ameylia Saad Wu, artiste complète et cosmopolite. Chanteuse lyrique et harpiste, celle qui se voulait sirène cultive avec bonheur ses origines : sino-libanaise, réunionnaise et depuis dix ans installée chez nous. Avec les treize titres où elle accompagne sa voix au timbre velouté à la harpe celtique, la sirène fait exploser les cloisons, mêlant compositions personnelles et adaptations d’airs traditionnels irlandais et chinois. S’écoutant comme un cycle découpé en trois parties Poète sans frontière Enfant des Comores, l’inclassable marseillais Ahamada Smis n’a besoin que de quelques mots bien placés pour penser sa musique, qui oscille entre le hip hop cher à sa ville d’adoption et la world qui coule dans ses veines. Rompu aux techniques du slam, ce jongleur de mots concentre dans les seize titres de l’album Être des rencontres géniales et parfois inattendues venues d’Afrique noire en passant par la funk, la soul, le rap… Avec des featuring enregistrés de Kinshasa aux Comores et de multiples collaborations, il pare ses textes travaillés et intelligents de couleurs rutilantes. De passage dans la région aux Voix du Gaou en ce mois de juillet (voir p 34), notre Piqué au vif Le quatuor grenoblois ne fait qu’Un, en douze titres qui dévoilent au grand jour le concept Ortie. Presque plus noise que rock, le bouquet d’Ortie laisserait volontiers quelques feuilles envahir la planète électro. Il faut dire qu’après le premier essai Zéro aux cinq titres parus en 2009, il fallait laisser pousser et se développer Un, premier véritable album dont la gestation s’est révélée créatrice. Noisy et pourtant jamais confus grâce notamment à une rythmique incisive insufflée depuis la batterie, Ortie est une plante à deux têtes, R.O.C.K Qui a dit que Marseille n’est pas une ville de rock ? La présence dans notre cité de groupes émergents comme The H.O.S.T, trio ayant contracté le virus d’une musique ni world, ni hip hop, ni r’n’b mais bien rock’n roll, est un heureux présage. Love, birth and disillusions, deuxième opus aux treize titres énergiques, annonce une vraie résistance aux envahisseurs ! Sans accent et en anglais : l’identité se forge surtout à coups d’idées et d’influences bien digérées. Mélodieux mais également puissants, habités de riffs bien acérés, les titres enlevés de cet album seront jetés en pâture Vent d’Ouest Sur la scène électro-dub, les nantais du Dub Orchestra se font une place. Les cinq compères venus d’horizons très différents ont façonné leur identité composite, punk-rock, dub et reggae, le sillon du sound-system étant trop étroit à leur gout. Leur Dub Orchestra est un savant mélange instrumental de toutes ces composantes : rock-fusion ou sonorités planantes presque psychédéliques, passant de temps en temps par de simples rythmes syncopés dignes des origines du reggae, les douze titres s’apprécient à la fois par leur unité (earth, love & dances cycle), ce premier album est sans contexte une grande réussite, qui laisse sur le bord de la route les clichés dévolus à l’instrument celte et trouve une symbiose singulière entre une voix lyrique qui a su trouver la couleur adéquate et un instrument qui respire la volupté. FREDERIC ISOLETTA The dreamer’s dances Ameylia Saad Wu autoproduction slameur du monde semble fédérer un genre qui a besoin de sang neuf et d’énergie créatrice. Alors, un petit tour sur l’île du Gaou pour retrouver cet artiste engagé au verbe haut ? on a tous besoin d’une slamothérapie mosaïquée… FRÉDÉRIC ISOLETTA Être Ahamada Smis Colombe Records Les Voix du Gaou, Six-Fours www.voixdugaou.fr deux voix (guitare et batterie), deux voix complémentaires portées par les autres membres du quatuor. Rappelant par moment The Youngs Gods ou Radiohead, Ortie ne se noie jamais dans ses influences et offre un brulot sombre et rageur. F.I. Un Ortie autoproduction sur le Quai du port le 21 juillet prochain dans le cadre de Rock on the beach organisé par le magazine Rock & Folk. De quoi convaincre les sceptiques et les curieux par une découverte live ! F.I. Love, birth and disillusions The H.O.S.T auto production -The Factory et leurs richesses intérieures, n’oubliant jamais un bon drum’bass toujours efficace. Passés par la case Vieilles Charrues, les nantais seraient à coup sur appréciés au Sud, et y poseraient volontiers leurs sound-systems ! F.I. Sonic deviance Dub Orchestra Mosaïc Music Distribution
La Lionne de Marseille Régine Crespin nous a quittés le 5 juillet 2007 à 80 ans. Une exposition au Palais Garnier (à voir jusqu’au 15 août), coproduite par l’Opéra National de Paris et la Bibliothèque Nationale de France, retrace la carrière de celle qu’on surnommait parfois « La Lionne de France » … peut-être pour sa faculté à passer du calme apparent à la sauvagerie… comme dans Tosca ! Dotée de moyens extraordinaires, d’un timbre ample, clair et d’une déclamation noble du français, elle a régné sur la plupart des scènes du monde. Le problème avec la Crespin, c’est qu’on a un peu de mal, après elle, à écouter d’autres cantatrices ! À l’occasion de l’exposition, Actes Sud coédite avec l’Opéra de Paris un bel hommage bibliographique : un catalogue de belles Belle Troyenne La recréation d’Andromaque de Grétry a marqué les esprits en octobre 2009 au Théâtre des Champs-Élysées et à Bruxelles lorsque l’opus fut donné en version de concert. Alors qu’on assiste aux représentations (enfin !) mises en scène par Georges Lavaudant à Montpellier, on se procure aussi l’enregistrement de la tragédie-lyrique très proche des vers de Racine. Hervé Niquet, le Concert Spirituel, en collaboration avec le Centre de Musique Baroque de Versailles et le Centre de Musique Romantique Française (Palazetto Bru Zane), poursuivent avec Andromaque la redécouverte d’œuvres oubliées du répertoire français. On avait déjà apprécié la parution de livres-disques, dans une très belle édition et fort joliment documentés, consacrés à Callirhoé de Destouches, Proserpine de Lully ou Sémélé de Marin Marais. Andromaque est la seule Tragédie-Lyrique d’André Ernest Grétry (1741-1813), davantage connu pour ses opéras-comiques de Romances sans parole Éminent spécialiste Lisztien, Bruno Moysan s’intéresse ici au genre de la fantaisie, peu étudié et pourtant significatif du monde théâtral qu’est l’Europe de Liszt, où le compositeur virtuose tiendrait naturellement le rôle principal derrière son clavier. Une Europe sans frontière à l’image de la fantaisie pour piano de Liszt paraphrasant de manière poétique et virtuose l’opéra italien de Rossini, Donizetti, Bellini, les contemporains français Auber et Meyerbeer ou encore le déjà célèbre Don Giovanni de Mozart pour une société acquise au bel canto. Ce « lien social » qu’est la fantaisie fait l’objet d’une étude particulièrement soignée sur les années 1830-1848 et la vie parisienne de cet habitué des salons. Ce genre, « fondé sur le plaire » peu prisé des pianistes de nos jours, était pourtant le fer de lance des programmes du héros Sous la direction de Jean Duron, musicologue et directeur du Centre de Musique Baroque de Versailles, les éditions Mardaga publient Le Prince et la Musique, Les passions musicales de Louis XIV, étude complète et riche en enseignements sur la relation particulière qu’a entretenue toute sa vie le souverain avec la musique. Décliné en quatre grands chapitres composés d’articles d’éminents spécialistes, l’ouvrage, agrémenté de superbes iconographies, aborde « l’héritage et l’éducation du roi, le goût du roi, la mise en scène par l’objet et l’image et la musique : une affaire d’état. » Abondamment documenté et foisonnant de détails et anecdotes, cette étude se parcourt néanmoins avec plaisir et facilité grâce aux changements de focale de chaque photos chronologiques, clichés de spectacles ou portraits privés, de ses débuts à Nîmes aux triomphes internationaux dans Wagner, Verdi, Puccini, Gounod, Berlioz, Strauss, Poulenc… Jusqu’aux adieux en 1989 après 40 ans de carrière. Un souvenir qui ravit les fans de la diva marseillaise, agrémenté des contributions affectueuses d’André Tubeuf et Hubert Nyssen. JACQUES FRESCHEL Hommage à Régine Crespin André Tubeuf, Hubert Nyssen, Christophe Ghrisbi Éditions Actes Sud, 29 euros caractère plus léger. Créé en 1780, à l’époque où Gluck quitte la France, l’auteur en appelle au Grand-Siècle, à Racine (1667) et aux origines du genre fondé par Lully. Cependant, cette œuvre regarde aussi vers l’avenir et ce qu’en feront, en France, les Romantiques… jusqu’à une forme d’aboutissement que constituera Les Troyens de Berlioz. La partition d’Andromaque est formidablement servie par Karine Deshayes, veuve d’Hector, sombre tragédienne très musicale, Maria Riccarda Wesseling, mezzo-soprano altière pour la fière Hermione et par le solide ténor Sébastien Guèze (Pyrrhus). JACQUES FRESCHEL Livre & 2CD, Glossa GES 921620-F Andromaque est représenté au Festival de Radio France à Montpellier les 12 et 13 juillet romantique si prompt à se placer aux avant-gardes de la société. Les liens invisibles qui nourrissent les inspirations du compositeur et le monde qui l’entoure, social et politique, apparaissent comme évidents à la lecture de Liszt virtuose subversif qui, comme toujours aux éditions Symétrie, propose un regard neuf et une pensée singulière autour ici d’un compositeur pourtant sujet à de nombreux écrits. FREDERIC ISOLETTA Liszt virtuose subversif Bruno Moysan Ed. Symétrie, 45 euros La musique du roi soleil articles. De Versailles et son théâtre quotidien ouvert aux arts, « premier temple de musique du monde moderne », aux « politiques culturelles » menées par le roi soleil où art rime avec goût mais surtout pouvoir, les passions musicales de Louis XIV n’auront plus de secret pour vous. F.I. Le prince et la musique Jean Duron Ed. Mardaga, 29 euros ARTS LIVRES 45 : 11 LE PRE N{:T. 1:T L A 11.E11.51QUEL. 1:1L1013 011.1.1.COM d. X[1."



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