Zibeline n°32 août 2010
Zibeline n°32 août 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°32 de août 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 72

  • Taille du fichier PDF : 8,3 Mo

  • Dans ce numéro : créer maintenant, imaginer demain.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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24 FESTIVALS MUSIQUE Guitares étoilées Le délicieux cadre du château de Valmousse a accueilli l’ouverture et les premiers concerts de la 10 e édition du Festival International de Guitare de Lambesc, organisé par l’équipe de passionnés avertis de l’association AGUIRA. Ainsi, le 27 juin, l’on pouvait écouter la sensible Valérie Duchateau qui faisait partager son cheminement musical, composé de rencontres fortes, Angel Iglesias, Marcel Dadi, les chansons de Barbara, Django Reinhart et la guitare manouche… Chaque œuvre tissait au-delà des mots le patchwork moiré et subtil de la vie même de cette magnifique interprète. Ses origines classiques se mêlaient en fin de concert aux accents généreux du grand flamenquiste PedroSoler. Ce dernier subjugua la salle par son jeu, les rythmes frappés sur le doublage de sa guitare, « bois de citronnier » … Intimité directe avec le public ! La musique sourd des doigts de l’artiste avec le naturel de la respiration ; l’instrument se fait tambour, vent danse, harmonie… Le lendemain apporte aussi ses enchantements, guitare baroque aux subtiles richesses et aux rythmes précurseurs du jeune Sarde, Antonello Lixi, dans l’interprétation d’œuvres aussi variées que celles de Kapsberger, Antonio de Santa Cruz, Bach, Vivaldi, François Le Cocq. Puis l’émouvant duo de Jorge Cardoso, maître incontesté de la musique d’Amérique latine, et de la jeune et remarquable Sylvie Dagnac, glisse de Khatchatourian, Mendelssohn, Saint-Saëns, à des thèmes Jorge Cardoso Gunnar Hammar co Anniversaire réussi Comme chaque année depuis maintenant 60 ans, le Festival de Toulon, un des plus vieux en France, a repris ses quartiers d’été à la Tour Royale et à la Collégiale Saint-Pierre de Six-Fours les plages. Certaines prestations peuvent d’ores et déjà servir de maître-étalon en matière de qualité artistique, tant les mélomanes toutes générations confondues semblaient enthousiasmés. Le 12 juin, Isabelle Faust et Andreas Staier interprétaient un programme monumental de sonates romantiques, composées par Schumann, Weber et Beethoven. Aux virtuoses coups d’archet de la violoniste répondait un toucher pianistique d’une finesse remarquable et les jeux d’imitation que l’on pouvait entendre dans les différentes partitions laissaient transparaître une grande complicité entre ces deux solistes de renommée internationale. Le 14 juin, le pianiste Olivier Gardon venait offrir aux mélomanes un récital d’œuvres de Schumann, Debussy et, bicentenaire de la naissance oblige, Chopin. Son touché incisif fit merveille dès le début avec l’incontournable Fantaisie en ut majeur, même si le troisième mouvement, plus lent paraissait moins convaincant. En revanche, les extraits choisis d’images furent totalement envoûtants, et la délicatesse du jeu laissait percevoir la récurrence de l’eau dans l’univers poétique de Debussy, qui se mariait avantageusement avec de Cardoso (Milonga), de Garcia, (pasillo), de Rojas ou de Heraclio Fernandez (El diablo suelto). Les trains et les avions peuvent bien passer, ils n’offrent pas de meilleures invitations au voyage que celles auxquelles convient les artistes. Aux hirondelles succèdent les stridulations des insectes de la nuit. Nous repartons avec du rêve à l’âme. MARYVONNE COLOMBANI Le Festival International de guitare de Lambesc a eu lieu du 27 juin au 3 juillet D lyrisme de Chopin, et conclut un programme plus que généreux. Pour son 60 e anniversaire, le Festival recevait également le 28 juin les deux brillants pianistes Véra Tsybakov et Romain Hervé pour un concert intitulé Dialogue du vent et de la mer où intervenait Robin Renucci récitant des poèmes (Hugo, Verlaine,Verhaeren...) autour de ce thème. Les interprétations, à 4 mains ou en soliste, d’œuvres de Debussy, Ravel, Chopin, Alkan et Ibert étaient musicalement remarquables et subtilement poétiques ce qui tranchait avec une déclamation verbale lyrique et exaltée certes, mais malheureusement mal et trop amplifiée. Enfin, un feu d’artifice vocal fut offert aux amateurs le 4 juillet par le Chœur du patriarcat orthodoxe de Moscou sous la direction d’Anatoly Grindenko : ténors aux aigus d’airain, et basses profondes aux graves abyssaux, merveilleusement mis en valeur par l’acoustique de l’édifice, ont conquis l’auditoire avec un répertoire mêlant sacré et profane allant du XVI e au XIX e siècle. La suite de la programmation s’avérant tout aussi prometteuse, gageons que le public saura profiter comme il se doit de la suite de ce beau cadeau estival… ÉMILIEN MOREAU Isabelle Faust Felix Broede Cardoso 1er roi de Lambesc o Annoncée soirée « concertos », il aurait été plus judicieux de nommer ce concert de clôture du Festival de Lambesc, soirée Cardoso ! Le guitariste argentin relégua le pauvre Rodrigo et son Concerto Aranjuez aux portes de la nuit. Après un discours inaugural autour du « mythe », vint le temps de Cardoso compositeur, Cardoso chef d’orchestre, Cardoso guitariste, Cardoso… Ses compositions, aux inflexions piazzoliennes avec rythmes chaloupés et grandes mélodies, ne sont pas désagréables. Les deux guitaristes, Sylvie Dagnac et Valérie Duchateau, qui n’eurent d’ailleurs pas les honneurs des présentations, proposèrent une interprétation très fine et agréable. L’orchestre Aguira, fraîchement constitué, malgré quelques problèmes de justesse et de mise en place, tint son rôle avec beaucoup d’application. La chanteuse Guadalupe Larzabal qui intervint dans le concierto del vino de… Cardoso fit preuve d’une belle musicalité. Enfin, le grand guitariste Gérard Abiton, sûrement transi de sommeil, vint clore la soirée ! Aisance technique, finesse de jeu, musicalité extraordinaire… un vrai moment de musique. Rodrigo vs Cardoso, y a pas photo ! CHRISTOPHE FLOQUET Ce concert a été donné au château de Pontet-Bagatelle à Lambesc Le festival estival de Toulon se conclura le 17 juillet par un récital des sœurs Labèque à Châteauvallon http://musiquetoulon.pagespro-orange.fr
FESTIVALS 25 Voyages voyages L’orchestre philharmonique a donc livré, sous la direction de Friedrich Pleyer le 21 juin et de Dominique Trottein le 2 juillet, deux prestations d’un niveau inhabituel dans ce type de contextes. Le concert donné à l’occasion de la fête de la musique place Bargemon n’avait en effet rien à envier aux meilleurs concerts symphoniques de la saison. L’efficacité et la musicalité des Ouvertures des Noces de Figaro (Mozart), du Barbier de Séville (Rossini), de la Forza del destino (Verdi) laissaient admiratif, d’autant que bruits et musiques environnants empiétaient souvent sur leur territoire Dixième édition déjà des rendez-vous musicaux des jardins d’Albertas. Le 30 juin, le superbe Duo KW offrait un récital au cours duquel étaient interprétées des musiques de compositeurs tels Strauss, Bizet, Brahms, Wagner, Liszt, Bellini, Bach, Beethoven, Moussorgski, Ravel, qui avaient toutes la particularité d’avoir été reprises au cinéma, de L’Odyssée de l’espace à La route de Madison… Malgré Les chants de la mer noire X-D.R. Le Festival De Vives Voix a proposé cette année un programme pour le moins varié, voyageant des polyphonies bamiléké à la chanson Klezmer, en passant par les chants traditionnels géorgiens, espagnols ou du slam… Organisés par la Maison du Chant et naviguant dans Marseille, sept concerts et deux master classes, respectivement du 1er au 9 juillet et du 22 juin au 7 juillet ! Une rencontre entre quatre solistes atypiques au Théâtre de la Sucrière, accompagnés par le violoncelliste Emmanuel Cremer et une master class enthousiaste a ouvert et clos ce festival dans un joyeux micmac baptisé Vocal Deliria Extended. Plein d’airs en plein air L’Opéra de Marseille renoue avec d’anciennes habitudes en proposant deux concerts d’été, gratuits, en extérieur ! Où un swing choral aux accents bamiléké s’attaqua avec brio à quelques mélodies de Purcell, Fauré et d’autres, à divers chants traditionnels, sans jamais tomber dans le piège du passage à la moulinette. L’ancrage lyrique teinté d’ironie du contre-ténor Alain Aubin, le devenir-oiseau sensationnel de l’inclassable Emilie Lesbros, ainsi que les accents grecs de Thelassonique de Maria Simoglou et les acrobaties vocales du jazzman camerounais Gino Sitson parvinrent à s’unir parfaitement tout en se laissant entendre chacun, et tout cela dans une bonne humeur évidente ! Récit d’un voyage ethnomusicologique en Géorgie, les Chants de la Mer Noire s’avérèrent également brillants : la mezzo-soprano Brigitte Cirla, qui avait en 2002 parcouru plusieurs régions de Géorgie en compagnie de deux professeurs du Conservatoire de Tbilissi, la soprano Marianne Suner, Vincent Audat, haute-contre et baryton et la mezzosoprano Tania Zolty ont parcouru plusieurs pages de cette musique traditionnelle subtile et intense, ainsi que quelques chants orthodoxes, turcs et bulgares. Très belle prestation, servie par l’acoustique avantageuse de la Chapelle Sainte Catherine. SUSAN BEL sonore : le concerto pour violon en ré majeur de Tchaïkovski et le travail remarquable de la soliste Saténik Khourdoian, ainsi que le Ballet de la nuit de Walpurgis (extrait du Faust de Gounod) pâtirent particulièrement de la proximité de musiques dont il suffit de pousser les watts pour faire triompher le l’orage qui a précédé le concert, empêchant les dernières mises au point, l’humidité de l’air, qui nuisait à l’éclat des sons, les chœurs déchaînés des crapauds de l’étang, la prestation de ces deux grands musiciens quoique insatisfaisante pour eux, sévères autocritiques, a su séduire un large public. Cette belle démarche d’amener à la musique un ensemble éclectique de spectateurs fait partie Satenik Khourdoian X-D.R. Récital pour pianos et crapauds des exigences de ces généreux musiciens. Leur programme popularisé par la diffusion filmique n’en était pas moins ambitieux et d’une belle tenue, interprété avec générosité et rigueur. Les atlantes et les statues du parc s’illuminaient d’ocres et de mauves… Un spectacle de plein air enchanteur, croassements compris ! MARYVONNE COLOMBANI Le Grand Siècle en ouverture Le Festival Durance-Luberon prenait des airs du Grand Siècle pour le prélude de sa treizième édition le 19 juin. L’abbaye de Silvacane accueillait sous ses voûtes le département de Musique Ancienne du Conservatoire Darius Milhaud d’Aix-en-Provence, pour un concert remarquablement interprété, face à une salle comble et enthousiaste. Horlogerie imperturbable du bourdon des violes de gambe, sur laquelle se déploie la mélodie descriptive portée par le violon baroque de la célèbre Sonnerie de Sainte Geneviève du Mont de Marin Marais… épure de la flûte à bec dans la 5 e suite de Pierre Danican Philidor, qui par delà la légèreté du propos, parfois se dramatise, soutenue par les accents du clavecin : une invitation au « carpe diem », aucune pesanteur, la bienséance nous le rappelle, il n’est guère de bon ton de s’appesantir sur les côtés tragiques de l’existence, pirouettes souriantes, élégance toute de retenue… puis, les voix s’élancent pour le Magnificat de Marc Antoine Charpentier ; les harmoniques se développent aériennes, se mêlent sans se perdre, flattées par la superbe acoustique de l’abbaye. Enfin, avec un bel allant, des extraits de tragédies lyriques du créateur du genre, Lully, transportaient un public déjà conquis. Un très beau concert qui laisse bien augurer de l’édition à venir ! M.C. volume ! Moins abouti musicalement mais plus festif, le concert donné le 2 juillet au Palais Longchamp, en se concentrant sur des tubes classiques énergiques (Ouverture de Carmen, Valse de la Symphonie Fantastique, le célèbre Pizzicato de Léo Delibes …) parvint à ne pas trop souffrir des allées et venues (à pied ou en trottinette) de ses jeunes spectateurs. La lenteur de la Valse de Casse-Noisette ou de l’Allegretto de la 7 e Symphonie de Beethoven laissa cependant deviner une certaine prudence. Petits défauts audibles, mais quel plaisir de voir la musique d’orchestre rencontrer un tel succès (les deux concerts furent évidemment pleins) auprès d’un public inhabituel, sous le charme d’une puissance live et acoustique qu’il découvre ! SUSAN BEL Clara Kastler et Hubert Woringer X-D.R.



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