Zibeline n°32 août 2010
Zibeline n°32 août 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°32 de août 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 72

  • Taille du fichier PDF : 8,3 Mo

  • Dans ce numéro : créer maintenant, imaginer demain.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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16 FESTIVALS FESTIVAL DE MARSEILLE La chimie prend corps La soirée inaugurale du F/D/Am/M ressemblait à un numéro de haute voltige. Risqué et exigeant dans ses propositions artistiques qui ont tenu leurs promesses La vie qui bat Guy Borremans À la Salle Vallier, le Festival retrouvait ses fondamentaux avec le spectacle de Ginette Laurin, La vie qui bat, emporté par le souffle de ses interprètes et l’ardeur de l’Orchestre des Jeunes de la Méditerranée. Conçue sur mesure pour la partition de SteveReich, la chorégraphie emprunte aux cellules répétitives sa colonne vertébrale sans jamais les illustrer. La rencontre entre le mouvement -écriture toujours sobre, sans fioritures, avec un sens du détail exacerbé- et la montée en puissance de la musique -aux timbres et aux couleurs très richesjoue de l’équilibre et du déséquilibre, de la collision avec la rythmique ou de l’abandon. Comme si les corps entraient en résonance ou en dissonance, tétanisés d’un bout à l’autre par la partition. Pas de démonstration outrancière mais un labyrinthe de combinaisons ingénieuses. Avec, dans les mouvements d’ensemble notamment, ce léger décalage d’une main qui s’échappe, une bouche imperceptiblement entrouverte, le fléchissement de l’arc d’un bras. Échappés vers le ciel ou reposés au sol, les corps oscillaient comme les battements d’aile d’un papillon. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI En prélude à la danse, l’installation de Yayoi Kusama, Infinity Mirror Room Fireflies on the Water, ne pouvait trouver plus bel espace que le cloître de la Vieille Charité : le choix du festival comblait la directrice des Musées de Marseille Marie-Paul Vial, satisfaite d’accueillir « une pièce muséale » … Par petits groupes de trois personnes maximum (entrer seul est un luxe inouï), on plonge littéralement dans un bain de couleurs, de lumières et d’eau : un retour au cosmos originel mêlé au sentiment de finitude nous envahit, une sensation de vertige et d’inéluctable nous étreint. L’artiste japonaise née en 1929, par son obsession de la multiplication des signes à l’infini à travers un jeu de miroirs, nous projette de manière violente dans l’enveloppe matricielle… Autre artiste, autre génération, autre choc, avec les vidéos de Marie Reinert : dans Faire, sa caméra caresse les volumes, les verrières et les murs de béton des Archives départementales d’Ille-et-Vilaine dont elle souligne l’âpreté des angles, les espaces de lumière avant de chorégraphier le mouvement répétitif et ordonné des archivistes. Dans Roll-on, Roll-of, présenté au Palais de la Bourse, l’immersion dans l’univers de bateaux de transport de la société Marfret et de ses porte-containers est proprement étouffante. Là encore, elle orchestre un ballet hypnotique d’hommes et de machines : rythme lent, plans fixes, regards échangés entre ceux qui travaillent et la caméra nous rejettent à l’extérieur d’un huis clos oppressant. Deux vidéos où la plasticienne et vidéaste fait montre d’un vrai regard. Roll-on, Roll-off Marie Reinert La Vie qui bat a été joué en ouverture du Festival de Marseille le 17 juin. Les expositions ont été proposées au Centre de la Vieille Charité du 17 juin au 6 juillet La ville à corps pendus D’un Festival de Marseille qui laissait naguère place à des manifestations populaires ET de qualité - on pense notamment aux regrettés ciné concerts de La Sucrière -, la nouvelle édition du FDAmM semble avoir voulu garder quelque chose. D’où peut-être la proposition du chorégraphe autrichien Willi Dorner : des performances-déambulations gratuites, en plein centre ville, à des heures d’intense passage. Bodies in urban spaces, le concept a été adapté à l’hyper centre, un parcours insolite concocté et, 4 fois, la vingtaine de danseurs-acrobates aux tenues de sport flashy a subjugué le public par ses postures incroyables. Corniches, grilles, porches, rampes, panneaux et même coins poubelles, aucun interstice ne leur résiste. Seul, à deux, en tas, ils s’encastrent, se suspendent, se lovent, comme pour se fondre dans le paysage urbain, statues éphémères (et physiquement éprouvantes) semées au pas de Festival de Marseille Isabelle Organini course du Palais de la Bourse aux escaliers de la gare. Un bien joli spectacle ! Dommage que le Service d’ordre, omniprésent et très directif, ait laissé la pénible impression de trimballer une horde de visiteurs en mal d’exotisme dans un quartier populaire au mieux indifférent à ce déferlement hipster… FRED ROBERT Bodies in urban spaces a été donné les 18 et 19 juin dans le cadre du Festival de Marseille 0
DANSE FESTIVALS 17 Envols, et nouveaux académismes Avec la compagnie le Marietta Secret et les Ballets de Monte-Carlo dans la même soirée, le CNCDC Châteauvallon a conduit le public à faire le grand écart entre la danse contemporaine née dans les années Bagouet et le style néo-classique cher à Jean-Christophe Maillot. Peu de spectateurs ont d’ailleurs opté pour le diptyque… On avait laissé Hervé Robbe à Danse à Aix en 2002, en habitué du festival, dans son jardin musical et chorégraphique Des horizons perdus ; on le retrouve avec une pièce de 2007, Là, on y danse, qui exprime son désir « d’un nouvel élan sur l’écriture du mouvement ». Là donc plus d’images vidéo mais un retour au plateau plutôt déconcertant : envolées magnifiques du Concerto pour violon en Ré de Stravinsky pour le passé, compositions actuelles pour le présent, décor de blocs gris à la manière d’Oscar Schlemmer pour Men’s dance for women, Ballets de Monte-Carlo Marie-Laure Briane l’entre-deux. Et la danse ? Des silhouettes grisâtres, bloquées dans une raideur étriquée sans qu’aucun flux ne circule entre elles. Décadrages, déplacements, traversées, courses frénétiques, index souvent tendus vers le ciel, les danseurs semblent plus « téléguidés » que libres acteurs. Même quand la danse prend des couleurs et s’emballe dans un désordre faussement anarchique, elle semble prisonnière d’un carcan invisible. On était pourtant prêt à croire que tout pouvait basculer quand « la syncope et l’effondrement [ne sont] pas loin » … Dans l’amphithéâtre en plein air, les Ballets de Monte-Carlo se sont laissé emporter par la vague musicale de SteveReich, ondulant dans un mouvement d’ensemble trépidant. SteveReich qui laisse toujours le champ libre à la musique des corps comme aux possibles interprétations des chorégraphes : ici Jean-Christophe Maillot dans Men’s dance for women et à Marseille Ginette Laurin dans La Vie qui bat (voir ci-contre)… Après cette pièce bruissante d’un envol gracieux, le second ballet Altro Canto part I accusait un académisme et une gestuelle maniériste amplifiés par les costumes de KarlLagerfeld. De « la belle ouvrage » certes, technique parfaite, puissance et rigueur indéniables, mais vide de charge émotionnelle ! MARIE GODFRIN-GUIDICELLI À venir Le 16 juillet, en avant-première du Festival d’Avignon, la création La tragédie du roi Richard II d’après Richard II de Shakespeare mis en scène par Jean-Baptiste Sastre, avec Denis Podalydès. Le 20 juillet, soirée danse avec Daniel Larrieu (À chaque vent le papillon se déplace sur le saule), Kubilai Khan Investigations (Espaço contratempo) et Alonzo King. Les 23 et 24 juillet, les étoiles et soli du Ballet de l’Opéra de Paris et les 30 et 31 juillet, les Nuits Flamenca. Nouveau Festival 2010, Ollioules 04 94 22 02 02 www.chateauvallon.com Haïku aux champs Imaginez ces premiers jours d’été, ceux qui hésitent encore, précédant de quelques mesures les cigales… une pelouse, des arbres, un plan d’eau… feu, avec les rayons du soleil qui s’arasent… Nous sommes à Peyrolles, au Plan d’eau du Plantain, quatre classes de l’école de Jouques présentent le travail réalisé sous la houlette du chorégraphe Marco Becherini. Mise en danse de quelques fables de La Fontaine, Les animaux malades de la peste, La colombe et la fourmi, Le chêne et le roseau, Le loup et l’agneau. Six heures seulement ont été accordées au chorégraphe pour mettre en œuvre cet ambitieux projet ! Les enfants ont bien mémorisé les chorégraphies, jusque dans les saluts. Rien de bêtifiant, une vraie mise en scène, o une réelle complexité. Une belle ouverture pour la troisième édition de Danse dans le Canton ! La compagnie Marie Hélène Demaris enchaînait par une prestation tout en finesse. Allégories de la Kumo no naka... dans les nuages X-D.R a Danse et de la Poésie, Marie Hélène Demaris et sa complice, la conteuse Marie Laure Rey, évoluent, légères, comme les mots des haïkaïs, ces poèmes japonais qui en trois vers livrent de subtils fragments, émerveillement du monde, vol d’une libellule, froissement du vent, frémissement d’une fleur, appréhension de l’infime, des variations du vent dans les nuages… Un regard, une main qui virevolte, une flûte, un papillon sur un chapeau de paille tressée. Questionnement des choses, « à quoi rêvent les fleurs ? ». Une danse de poésie qui nous accorde au monde… MARYVONNE COLOMBANI Kumo no naka (dans les nuages) a été donné le 24 juin au Plan d’eau du Plantain, à Peyrolles



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