Zibeline n°32 août 2010
Zibeline n°32 août 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°32 de août 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 72

  • Taille du fichier PDF : 8,3 Mo

  • Dans ce numéro : créer maintenant, imaginer demain.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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14 FESTIVALS Comme chien et chat 7 garçons et 7 filles. 14 élèves de 3 e année de l’École Régionale d’Acteurs de Cannes qui illuminent le plateau durant 2 heures. Pour leur dernier travail avant la vie professionnelle, ils sont dirigés par le talent généreux et précis de Catherine Marnas. Un travail rigoureux qui laisse toute sa place à l’émotion sur un plateau quasiment vide, dans le décor judicieux de Carlos Calvo, fait de boîtes empilées formant un puzzle de containers en parfait accord avec le propos. Il s’agit de plusieurs extraits dramatiques de Koltès mêlés à des notes de travail, des lettres qui donnent un éclairage particulier sur l’univers du dramaturge. Luttes et guerres, exploitation de l’homme par l’homme, rapport des sexes. Personnages sombres, perdus ou ratés qui s’affrontent, se déchirent, s’accrochent pour ne pas sombrer. Et la langue de Koltès, comme un canif très aiguisé, tranche dans le vif de la chair des comédiens : chacun a SA scène, où il donne tout comme s’il avait tiré à Dévorer les mo(r)ts C’est une drôle d’entreprise que celle des Carboni : leur théâtre portatif, Posada particulière, leur permet de promener leur esprit de tréteaux vers un public qui franchit ainsi avec moins de réticences (et pour moins cher !) les murs de toile que les portes imposantes des Cours et des Théâtres. Lorsque Clémence Massart, guidée par Philippe Caubère, y officie, on touche aux fondements du théâtre populaire… c’est-à-dire à l’art du comédien. Clémence Massart est une bête de planches. Saltimbanque parfaite, qui sait prendre des accents impossibles, changer de personnage à vue, imposer des caricatures aux antipodes, jouer de l’accordéon et de la trompette en même temps, émouvoir puis faire rire, et dire les textes, dire, en les rendant intelligibles dans leurs moindres nuances. Son numéro de transformiste a la virtuosité de ceux de Caubère, en moins narcissique (ce qui n’est pas une critique). Ses variations autour du thème sont fondées sur les asticots, ceux qui mangent les morts, et grouillent dans Shakespeare (« un souper où il ne Faire une halte dans ce Perpetuum Mobile en plein air, au milieu des arbres et des caravanes, à l’heure où les cigales commencent à se rendormir, c’est plonger dans le monde onirique de la THÉÂTRE o e Pierre Grosbois une courte-paille muette. Virevoltant Mathieu Tanguy qui boxe contre le vide, habile Mikaël Teyssie, déjà si profondément juste... Les filles sont toutes formidables, surtout celles qui osent le comique, comme Pauline Jambet qui singe Marilyn avec rouge à mange pas, mais où il est mangé », précise Hamlet à propos de Polonius qu’il vient de pourfendre), permettent de décliner toutes sortes de textes, noirs, glaçants, romantiques, ironiques, petites chansons drôles, rappels matérialistes, jamais morbides, de notre réalité de chair qui finira boulottée. Voyage dans la littérature, vanité en œuvres, prétexte à textes (La Charogne de Baudelaire, Michaud, Giono et sa vision apocalyptique des rats dans les tranchées, Jankelevitch et ses considérations sur la mort et le fugace…), la performance de la comédienne fascine malgré les trous de mémoire (que de textes !). Trois accessoires, deux ficelles, des chapeaux et des masques sommaires, un tout petit feu d’artifice… et quelque chose de grand se produit. Comme si un soliste était venu sur la place voisine jouer simplement les pages les plus virtuoses du répertoire, sans en avertir personne, que les gens du quartier… AGNES FRESCHEL Du minuscule au majuscule Perpeteuum Mobile, Cie Ton und Kirschen Vincent Muteau troupe Ton und Kirschen. Une troupe créée il y a 18 ans dans un petit village d’Allemagne par Margarete Biereye et David Johnston, membres fondateurs du FootsbarnTheater, et venue participer au Festival Villeneuve en Scène. Les 8 comédiens (allemands, anglais, italiens, français) nous mènent dans une fresque fantastique de théâtre de mouvement et d’images. Si le propos reste un peu flou et décousu, c’est sans doute pour mieux nous perdre dans cette cérémonie mystérieuse où s’épanouit tout un cosmos d’images. « Le paradis est fermé, il faudrait faire le tour du monde pour voir si on ne peut pas y rentrer par derrière ». Tous nous entraînent alors dans ce cabaret où des personnages haut en couleurs traversent avec des boules géantes, jouent du violon-trompette, hissent la grande voile, brûlent les livres. Dans une manipulation qui va crescendo d’un théâtre d’objet miniature et gigantesque, où les marionnettes sont en lèvres et gants de vaisselle, et la saisissante Louise Belmas encombrée par ses paquets et sa psychose… Un véritable spectacle, qui a permis à chacun de mettre au jour ses qualités individuelles, et son sens du travail choral : les metteurs en scène n’ont plus qu’à aller choisir parmi ces jeunes talents, qui bénéficient pendant deux ans du Fonds d’Insertion des Jeunes Artistes Dramatiques (FIJAD). CHRIS BOURGUE Si un chien rencontre un chat s’est joué du 22 au 26 juin à La Criée, et au Festival d’Avignon au cloître St Louis du 8 au 12 juillet www.erac-cannes.fr X-D.R L’Asticot de Shakespeare a été joué dans la Posada des Carboni le 21 juin à Marseille, et le 3 juillet à Noves deuil ou se disputent une bien-aimée, où les soldats revêtent leur uniforme et utilisent leurs armes sans plaisir, où des géants d’acier chantent une aria de Gustav Mahler en pleurant, une diversité d’émotions visuelles nous parvient. Une poésie d’un monde en construction, porté par une machinerie d’une grande inventivité mais modeste. Et une vraie tendresse pour le genre humain. DELPHINE MICHELANGELI Perpetuum Mobile Le Bosquet, Villeneuve Les Avignon jusqu’au 18 juillet (relâche le 15) à 21h15 04 32 75 15 95 www.villeneuve-en-scene.fr
Prétexter Shakespeare Entrée royale, cette année, pour l’ouverture du 21 e festival Théâtre Côté Cour à Salon de Provence, puisque le Château de l’Empéri ouvre les portes de sa très belle cour X-D.R Renaissance à une adaptation de La Nuit des Rois de Shakespeare, revisitée par la comedia dell’arte. Une jeune fille échoue sur une île : croyant son frère jumeau disparu dans le naufrage, elle se déguise en homme, rentre au service du Duc d’Orsino, terrible et mélancolique, et courtise en son nom la belle et prude Olivia. Dédoublements et jeux de dupes de l’intrigue se prêtent à la version carnavalesque que propose Jean Hervé Appéré, qui fait la part belle à la farce, aux soubrettes gouailleuses, au bouffon lunaire, aux importuns ridicules. Dans un décor minimaliste de théâtre de rues, les comédiens masqués et costumés enchaînent des numéros de virtuosité mêlant au texte chants, musique et acrobaties. L’adaptation très libre ne résiste pas à quelques bons mots racoleurs, ni à des gags façon Tex Avery ou Benny Hill en costumes qui font mouche, même s’ils Du sens jusqu’au bout des doigts Le festival de danse de Vaison a 15 ans. Le théâtre antique revit lors de ces soirées, une foule dense se presse sur les gradins, on y attend la nuit. La silhouette des cyprès s’estompe, les nuages d’été s’effacent. Les musiciens s’installent sur le côté de la scène, deux chanteuses, un chanteur, un tanpura (sorte de luth), une flûte, un sitar, deux pakhavaj : ces tambours à deux faces, qui auraient été joués par Shiva Nataraja lui-même, « le seigneur de la danse », symbolisent la vibration divine qui envahit le cosmos. La musique de Madhup Mudgal, sur la trame traditionnelle du mythe des amours de Parvati et de Shiva, est narrative, et illustre l’histoire contée par les danseuses, grâce à une codification subtile qui nous échappe, mais dont on saisit l’esprit grâce au chatoiement des costumes, à la précision des gestes… Les chevilles ceintes de clochettes vibrent à l’unisson, aux rythmes nets que les pas frappés sur le sol leur imposent. Magie virevoltante, arrêts sur une pose de statuaire, visages expressifs, mains qui redessinent le monde, tour à tour papillons, oiseaux, éventails… une symbolique dont on aimerait savoir saisir les arcanes ! Style Odissi donc, de l’état d’Orissa (au sud de Calcutta), art millénaire et sacré, codifié à Madhavi Mudgal & Dancers Ajay Lal FESTIVALS 15 effacent la diversité des registres de la pièce. La bonne humeur énergique de la troupe satisfait un public de tout âge. Shakespeare n’est finalement qu’un prétexte, mais il a l’habitude : de tragédies irakiennes, en comédies punko rock’n roll, il sait s’adapter… AUDE FANLO La Nuit des Rois de Shakespeare, par la Cie Comédiens et compagnie, a été jouée le 5 juillet à Salon de Provence Elle est reprise lors du Festival d’Avignon, jusqu’au 31 juillet, au théâtre du Petit Louvre, à 14h20. 04 32 76 02 70 www.le-petitlouvre.com l’extrême, dans une écriture riche et raffinée. Et pourtant, on a une impression de liberté, de vivacité, de spontanéité même, dans cette danse, un accord subtil unit les danseuses et la musique, et lors du superbe solo de Madhavi Mudgal tout devient harmonie. Ananya, titre du spectacle, désigne le Magistral ; jamais nom n’a été aussi bien porté ! Le public ne s’y trompe pas, tenu en haleine par cette impression de grâce : le signifié n’est pas dans l’histoire, et rien n’est plus difficile à produire que cette évidente facilité qui semble flotter sur l’air audessus des corps matériels… MARYVONNE COLOMBANI Ananya a été donné à Vaison la Romaine le 9 juillet, en ouverture du festival international Vaison Danses - TH 1,1-1,_AP41rn E D U BALCON 7 AU 31 JUILLE1. 10h45 Reservations 04 90 85 00 80 ! OIL Prcdudion ! Ale de Garqueirrinne, carrrof-Alpie çJPFIERCUTI-1eh, over : le souten du Creil C41érril du Mr



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