Zibeline n°31 juillet 2010
Zibeline n°31 juillet 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°31 de juillet 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 9,6 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... centralisme, socialisme et culture.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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08 POLITIQUE CULTURELLE AP-HM L’assistance Publique-Hôpitaux de Marseille, avec ses 15000 agents, ses 3500 lits et plus d’un milliard de budget, est le premier employeur de la région. Quand elle initie un projet culturel, c’est avec une ampleur inaccoutumée : ses Conversations de Salerne sont ambitieuses, et promettent de devenir dans les années à venir un laboratoire pertinent Le corps est esprit L’idée est de construire une pensée autour de la santé. Parce que les hôpitaux sont des lieux où des questions existentielles cruciales se posent quotidiennement, interrogations liées à la naissance et à la mort, au rapport au corps et au genre, à l’esprit et à la santé mentale, à la foi aussi, historiquement. Mais la référence à Salerne est loin d’être innocente : il est aussi question de bâtir une culture méditerranéenne de l’hôpital, une alternative à l’homogénéisation de l’OMS qui repose sur un modèle économique et idéologique anglo-saxon. De construire des rencontres médicales qui ne se centrent pas sur la diffusion des techniques, des savoirs et de l’hygiène, mais sur la place humaine du patient à l’hôpital. Avec pour ambition affichée de contribuer à infléchir le référentiel de l’OMS, afin qu’il puisse « bénéficier d’un rayon de soleil du Sud. » Dans ce projet-là, l’AP-HM n’avance pas seul : centres universitaires, les Hôpitaux de Marseille s’associent à l’Université de la Méditerranée et à ses 74 labos, mais aussi aux hôpitaux universitaires de Bab-el Oued (Algérie), Rabat (Maroc), Tunis (Tunisie), Alexandrie (Égypte), Beyrouth (Liban), Gênes (Italie) et Barcelone (Espagne). Les conversations auront lieu jusqu’en 2016 à Marseille chaque année, et dans une des autres villes du pourtour méditerranéen. Avec pour point d’orgue 2013, puisque le projet est labellisé par la Capitale Culturelle, et un thème pour chacune des 16 conversations. Les problèmes abordés mettront le patient et la prise en compte de sa culture au centre des interrogations. Par exemple on se demandera quelle est la culture alimentaire de l’hôpital, pourquoi les repas y sont insipides, et si on ne peut y concevoir une nourriture méditerranéenne qui échappe aux normes gustatives anglo-saxonnes… À Beyrouth, en novembre, il sera question de religions et de spiritualité, à Rabat du Beau à l’hôpital, puis de la prise en compte de la famille, de la diffusion des savoirs thérapeutiques… Le premier jour Le 29 mai à l’Alcazar a donc eu lieu la première conversation : L’Humain à part-entière. Il y fut question le matin de « médicalisation et humanisation dans l’histoire de la médecine et de l’hôpital ». Pierre le Coz précisa les divers sens du mot culture : la recherche de valeurs universelles fondées sur les Humanités s’oppose aux cultures anthropologiques particulières, mais la prise en compte des diversités culturelles, leur étude approfondie pourrait rejoindre l’universel et, en plaçant l’humain au centre, retrouver l’Humanisme. Puis Rafik Khalil rappela l’histoire, les Grecs et leur Asclopeion, les premiers hôpitaux publics musulmans, le moyen-âge en Europe et ses léproseries, puis les premiers établissements ouverts conçus au retour des Croisades… Quelques conceptions humanistes du soin furent développées : le courant holiste qui appelait à un approfondissement du rapport médecin/patient dès les années 30, l’hygiène de l’eau en Tunisie, la prise en charge des infirmiers, fondée sur le soin aux personnes et non aux maladies… L’après-midi fut consacré à des échanges autour de l’éducation et l’art à l’hôpital. De la place des enseignants auprès des enfants malades, des « soins culturels » auprès d’adolescents en difficulté psychique. Christophe Haleb, chorégraphe, en résidence à l’Hôpital Psychiatrique Montperrin (pavillon 3bisf), expliqua l’importance de l’art en ces lieux, qui parlent différemment du corps, de l’espace et du temps. Autant de Conversations qui ont donné à chaque patient potentiel, puisque nous sommes tous un jour ou l’autre voués à occuper ces lits de malades, l’impression qu’il n’est pas perçu par l’univers hospitalier comme une mécanique qui se coince, mais comme un être symbolique doté d’un esprit et de sens. Rassurant, et formidable. AGNÈS FRESCHEL www.ap-hm.fr O AP-HM Pourquoi Salerne ? L’École a une légende idéale… Elle rapporte que le foyer médical de Salerne, ville de la côte amalfienne, a été fondé conjointement par un Grec, un Romain (Salernus), un Juif et un Sarrasin à l’époque de la chute de l’Empire Romain. Quoi qu’il en soit, à côté d’un hôpital bénédictin fondé au VII e siècle, une université est attestée dès le IX e siècle : on y traduit activement les textes grecs, on y enseigne bien sûr, et on observe, examine, soigne les patients, tout en rassemblant et diffusant les savoirs. La médecine est pratiquée et enseignée par les deux sexes, dépasse les doctrines religieuses, œuvre à ce que les langues de publication ne soient pas un obstacle, et répand les pratiques héritées ou découvertes. L’École de Salerne voit son apogée au XI e siècle, avec l’arrivée de Constantin l’Africain, et la publication par Trotula d’un traité des maladies des femmes… Miniature représentant l'École de Médecine de Salerne à partir d'une copie du Canon de la médecine d'Avicenne
MARSEILLE PROVENCE 2013 MUCEM POLITIQUE CULTURELLE 09 Investir pour 2013, et après Il est plus que temps. De confirmer clairement les engagements quant aux investissements prévus pour 2013… et d’avancer les travaux. Si Bernard Latarjet affirme qu’il n’y a « aucune difficulté quant au budget de fonction-nement et au programme des activités de préfiguration de 2013 », s’il avance « ne pas avoir d’inquiétude sur les engagements », l’État devant confirmer son programme d’investissement dans les prochains jours, ainsi que la Ville de Marseille, il avoue aujourd’hui son « inquiétude quant aux délais ». La « gestion du compte à rebours est extrêmement tendue. C’est encore jouable, mais de nombreuses épées de Damoclès sont entre les mains des maîtres d’ouvrage, et flottent au-dessus des têtes. » Et lorsqu’on lui demande, étant donnés les problèmes de la Criée, de l’Opéra de Marseille, les retards d’allumage du MuCEM etc… si des solutions de repli sont prévues, sa réponse est claire « Nous réfléchissons forcément à des plans B, mais la grande expo par exemple dépend de la rénovation du Palais Longchamp. Non seulement aucun plan B n’est envisageable pour une exposition de cette ampleur, mais aucun échec n’est possible. Vous imaginez-vous que nous puissions renvoyer les tableaux à l’Ermitage, au British Museum ou au Moma avec un mot d’excuse ? » Pourtant, il confesse que certaines difficultés proviennent d’un état d’esprit particulier à Marseille, qui transforme l’inquiétude en une paralysie méfiante, et non en force positive. Il est vrai qu’ici personne ne semblait croire à la candidature, et que depuis chacun fait la moue devant les avancées. « Il faut absolument coordonner les projets, nous avons un besoin de cohérence et de politique commune qui sorte des prés carrés politiques » affirmait Michel Pezet. Car cette conférence de presse sur les investissements pour Marseille 2013 avait lieu au Conseil général 13, Michel Pezet voulant « lever les malentendus » sur la confiance et l’engagement du CG envers l’association Marseille Provence 2013. « Nous ne savons pas où en est le calendrier, il n’y a pas de plan de financement inscrit dans le temps. Mais cela concerne les engagements de la Ville de Marseille et de l’État : pour ce projet c’est Monsieur Latarjet qui a tout fait, et il a toujours eu le soutien entier du Conseil général, depuis le début de la candidature. » Un soutien qui se traduit aujourd’hui en budgets supplémentaires : on sait que le Conseil général 13 a maintenu les sommes globales allouées régulièrement à la culture -investissement et fonctionnement- et voté des budgets spécifiques de fonctionnement (12,5 Md’ €) pour Marseille 2013 sans entamer ces dépenses courantes. Jean-Noël Guérini annonce à présent « les investissements spécifiques pour préparer 2013. Et Regards neufs sur le MuCEM En prélude à l’inauguration du Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée en 2013, les jeunes créateurs entrouvrent la porte du Fort Saint-Jean pour 4 jours. Un événement car les ruines du Fort sont rarement accessibles au public. L’initiative est portée par Marseille Provence 2013 et s’inscrit dans le cadre de la manifestation nationale Imaginez maintenant du ministère de la Jeunesse et des Solidarités actives. Quelque 60 artistes âgés de moins de 30 ans ont été choisis par un comité artistique composé d’acteurs culturels du territoire attentifs à mettre en valeur leurs projets et à créer des passerelles avec les jeunes et le monde professionnel : ainsi, de nombreux étudiants spécialisés en arts et culture participent aux préparatifs de l’opération et contribuent à son bouillonnement… Au-delà des valeurs de transmission et Les beatboxers MicFlow et Tiko X-D.R. de partage qui animent Imaginez maintenant, quid de la création ? Dès les premiers instants, le collectif Wagon- Landscaping nous plonge dans « un jardin éphémère, imaginatif et contemporain, inspiré des folies du 18 e siècle », invitation à regarder différemment l’environnement naturel du Fort, terrasses en pierre blanche, pelouses sèches et ruines, revisité au travers d’un parcours déambulatoire, sonore, visuel et aromatique. Surprises, surprises… La visite continue avec le projet in situ de Last Compagnie autour de sa prochaine création Une liquidation d’après un texte de Liliane Giraudon (à découvrir à Act’Oral 2010), la programmation d’artistes de la scène émergente régionale en musiques actuelles (avec le festival Mimi). Avec la projection en boucle à la Caserne de 8 courts et moyens-métrages (avec le FID Marseille) ou encore les œuvres de 4 chorégraphes du bassin méditerranéen (avec L’Officina)… Jour et nuit les formes artistiques se succèderont toutes les 30 minutes pour nous faire goûter maintenant aux délices du futur MuCEM, lieu emblématique de l’histoire et de l’avenir de Marseille. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI après ! ». Ces dépenses correspondent, pour Marseille, « aux besoins dont a fait part Monsieur Latarjet » : le CG financera à sa demande une partie du Palais Longchamp, de l’Ilot 3 de la Friche, de l’aménagement de l’espace du J1, la salle de concert du Palais Carli (Conservatoire) et cela pour un montant de 5 millions d’euros, en dehors des 19,5 Md’ € du MuCEM (déjà voté). L’autre partie des dépenses se concentrera sur la ville d’Arles : outre les travaux du Museon Arlaten (30 Md’ €) et du Théâtre Antique (7 Md’ €) déjà votés, « le Conseil général votera le 18 juin une enveloppe supplémentaire pour l’extension du Musée départemental Arles Antique ». Les résultats formidables du MdAA, à la grande pertinence, à la muséographie magistrale, aux actions pédagogiques exemplaires, et au succès phénoménal (216.000 visiteurs de l’exposition César) expliquent cet investissement supplémentaire, financé totalement par le Conseil général, et destiné en grande partie à la barge romaine de 30m de long découverte dans le Rhône, et qu’il conviendrait de sortir, de restaurer et d’exposer. Une entreprise passionnante… qui ne suffit pas à expliquer le déséquilibre territorial : si Arles et Marseille ont grand besoin du CG, elles ne sont pas les seules qui nécessitent des investissements culturels. La disparition de la taxe professionnelle va faire plonger bien des territoires. AGNÈS FRESCHEL Comité artistique : actOral/montévidéo, A.M.I, Daki Ling, DFragment, FID Marseille, La MesÓn, L’Officina/Festival Dansem, MuCEM, OSF Production Imaginez maintenant Du 1er au 4 juillet Fort St-Jean, Marseille www.imaginezmaintenant.com Une liquidation, Last Cie Elise Tamisier



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