Zibeline n°31 juillet 2010
Zibeline n°31 juillet 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°31 de juillet 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 9,6 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... centralisme, socialisme et culture.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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72 RENCONTRES LIVRES À vous de débroussailler Le 30 mars dernier Frédéric Mitterrand annonce une nouvelle fête du livre or ganisée par le Centre National du Livre et lancée pour « favoriser la lecture » auprès des scolaires et des « publics empêchés » (centres hospitaliers et pénitenciers), mais aussi des voyageurs (gares) et des passants (places publiques). Par ailleurs, diverses manifestations sont confiées ça et là aux opérateurs du livre… En toute hâte, les divers artisans du livre ont mis en place des rencontres ! Ainsi on vit à Marseille Les Oralies des contes lus en public qui ont arrêté les passants et ravi les plus jeunes. À Aix, grâce à l’entregent légendaire d’Annie Terrier, une manifestation autour du Nobel Français le plus présent dans notre région : Gao Xingjian vint dans la ville deux fois avant son prix (2000) et sa naturalisation (1997), s’installa un an en résidence à Marseille pour y créer son opéra (2003) et y réaliser un film, puis revint souvent à Aix, en particulier à l’université où un département de recherche lui est consacré. La Montagne de l’âme est incontestablement un roman important… mais la rencontre ne fut pas passionnante, faute des moyens (traducteurs, intervenants, techniques) que déploient habituellement les Écritures croiséespour mettre à portée de confidence les plus grands romanciers du siècle. Précédé de son court métrage Après le Déluge, dont la beauté plastique se devinait malgré la lumière du jour qui grisaillait tous les contrastes, la rencontre emmenée par Un beau soir de mai Cour de la Charité. Les rencontres du CIPM n’ont pas toutes la rime suivie et la grâce affirmée du dialogue de ce vendredi ; à la table, deux compagnons de longue route (« 42 ans » constatent-ils émerveillés) échangent des souvenirs, se glissent des noms, personnes et lieux, partagent de somptueux silences ; des invités se sont décommandés nous diton, l’un est malade, l’autre a déposé un dessin… de toutes façons « les amis ne sont plus ici » morts ou absents ; curieusement, face à ces deux monstres sacrés de la radio (Alain Veinstein et ses Nuits Magnétiques) et de la littérature (Pascal Quignard, ses prix, sa culture et sa quête du rare), les chaises posées sont restées Pascal Quignard et Alain Veinstein Jean-Marc de Samie al un peu vides, comme au diapason de cet « auditoire imaginaire » auquel il est fait allusion. Les paroles circulent autour de l’actualité de la publication en Poésie-Gallimard de Lycophron et Zétès, traduction du grec de l’Alexandra (autre nom de la prophétesse Cassandre), poème tragique d’une belle obscurité d’un auteur alexandrin du III e siècle av. JC, accompagnée de fragments et autres textes parus en revue, quelques-uns sous le pseudonyme de Zétès, Quignard luimême s’incarnant dans le « chercheur ». Lectures et bâtons rompus, zigs-zags étymologiques, rien qui pèse ni qui fâche ; peu à peu le poète élabore sous la légère poussée de son complice une petite page où tremble le sens « l’assignation, je ne supporte pas/je suis un homme du saltus, entre sauvagerie de la forêt (silva) et paix du champ cultivé (ager)/poète, non, plutôt exceptor, préleveur et cueilleur... » où l’on entend bien, comme dans la musique, le « plus ancien que soi qui erre dans la voix ». Leçon de liberté raisonnable, incitation à chercher la clé jamais perdue dans les buissons et quand nasillent un peu trop fort les talkie-walkie des gardiens qui font la fermeture : « je m’arrête ? tu t’arrêtes. » MARIE-JO DHO L’entretien entre Pascal Quignard et Alain Veinstein a eu lieu le 28 mai au CIPM m Ecritures croisees Guy Astic se perdit dans des considérations cinématographiques générales assez fades, Gao Xingjian s’exprimant assez mal en français, les questions s’éternisant, et Noël Dutrait, son traducteur et grand spécialiste des Lettres Chinoises, essayant en vain de revenir à la littérature… mais restant trop poli pour couper la parole au grand homme qui ennuyait l’auditoire. Quelques fulgurances pourtant, que pouvaient entendre ceux qui connaissent une œuvre où la quête de soi donne les clefs du monde : « Nietzsche est un grand malade, on ne peut pas être au-delà des autres. » Et puis un peu plus tard : « L’artiste ne peut pas détourner, ni résoudre, les difficultés qui sont devant nous. Au fond l’art consiste à les affronter. Puis à les sublimer. » Juste de quoi donner envie de plonger dans La Montagne de l’âme (Seuil), ou dans sa dernière pièce Ballade nocturne. Et de résister à cette stupide accélération événementielle qui sied si mal à la littérature, en espérant que la deuxième édition, prévue en mai 2011, saura se construire hors de l’urgence. AGNÈS FRESCHEL À vous de lire s’est décliné également à Martigues (L’Odyssée voir p 40) et à Montévidéo à Marseille (Manifesten voir p 73) Cap au nord (1) b C’est une Escale dépaysante qu’ont proposée deux librairies, Aux vents des mots à Gardanne, puis L’Attrape mots à Marseille. En accueillant Joseph Boyden, elles ont fait vibrer les terres du midi au souffle puissant de la nature farouche et du septentrion. L’écrivain canadien est comme ses romans, sincère et généreux. Il est aussi élégant, affable, bref très séduisant. À Marseille, devant une assemblée Aurelie Éché nombreuse pour partie assise par terre, dans un américain fluide que l’excellente traduction de Marguerite Capelle a su rendre, Joseph Boyden a répondu, ou pas d’ailleurs, aux questions de la libraire Agnès Gateff puis du public conquis. Il a évoqué son désir d’écrire sur ces gens auxquels personne ne s’intéresse, ces membres du peuple premier qu’il côtoie puisque sa mère est de la tribu Anishnabe. Un peuple dont l’existence est rude mais dont la culture connaît aujourd’hui un renouveau certain. L’écrivain, a-t-il souligné, se doit de transmettre cet héritage dans ses œuvres, comme les anciens le font en enseignant leur langue ou leurs techniques de chasse aux jeunes du nord de l’Ontario. Il a aussi parlé d’ours, de chasse, d’alcool et de drogue, de modes de vie entre cree et rap. Il a finalement peu parlé de son dernier livre (chroniqué dans Zib’30). Une bonne manière de susciter l’envie de découvrir cet auteur salué par Jim Harrison et plébiscité par le public en Amérique (même les Indiens l’ont bien accueilli, a-t-il confié) comme en Europe. FRED ROBERT À lire Le chemin des âmes (roman) et Là-haut vers le nord (nouvelles), désormais disponibles en poche (Le Livre de Poche) ; Les saisons de la solitude (Albin Michel)
RENCONTRES 73 Écritures indociles Emprunter n’est pas voler, n’est-ce pas ? Laissons les éditions Al Dante, sans lesquelles les soirées Manifesten n’auraient pas eu lieu, déposer en titre leur carte de visite programmatique... Ils eurent l’art et la manière d’occuper intelligemment l’espace d’une manifestation officielle presque improvisée : À vous de lire proposé par le Centre National du Livre et le Ministère de la Culture. C’est à Montévidéo, et aussi chez deux libraires partenaires, que les rencontres ont eu lieu dans un dispositif fort simple et de proximité : lectures, projections au service des textes. En deux soirées, des surprises, plutôt bonnes et un humour présent dans la plupart des prestations. Dans l’ordre des apparitions, le pas du tout sérieux Petit traité de scissiparité de Henri-Pierre Jeudy et Maria Claudia Galera exposé à deux jeunes voix (merci l’Erac) façon cantate micro-guitare sèche, ne laisse pas l’auditeur un instant baisser l’oreille : virtuosité quasi rimbal-dada-ienne (le je et l’autre) du voyage en corps clos de deux sœurs siamoises, artistes en règles au pinceau menstruel ; où l’on apprend que la mort est la véritable cohérence pendant qu’épidermes poilus, globules mignons et tumeurs naissantes en guise d’intériorité flottent doucement sur le mur du fond ! La « conférence » de Véronique Pittolo, toute d’aisance Cap au nord (2) Les écrivains contemporains du continent nord-américain semblent encore largement empreints des topoi de la nature sauvage et du struggle for life. Au libraire de l’Odeur du temps qui lui demandait si Sukkwan Island en était une nouvelle illustration, David Vanna acquiescé. Oui, en 2010, un romancier américain peut choisir le Wild pour y camper ses David VannDavid Vanno D. f% bricolée, nous met la Révolution dans la Poche ; maniant le power-point avec une désinvolture feinte, raillant dans un même élan objets et sujets de la communication, faisant revivre l’ami du peuple Jean Paul Marat en Lorand Gori ou Badin Aliou, l’auteure pointe l’éternelle quête du bonheur démocratique et propose malicieusement son projet marketing pour lancer le look « Robespierre ou la mélancolie du guillotiné » ! Moins caustique, à la table et sans distance Jacques- Henri Michot lit de manière pourtant fort civile sa personnages. Afin de mettre à nu et en lumière ce qui les caractérise, comme sur une scène de théâtre. Après Boyden, ses échappées sur les rivières gelées, ses chasses à l’orignal ou au castor en Ontario, voici donc Vannet son Alaska farouche, où la nature violente est le miroir des conflits humains, et où visiblement il est dur de survivre… On vous en dira plus le mois prochain ! La rencontre, animée par Corinne Marziou et traduite par Emmanuelle Boutet, a permis de découvrir un jeune auteur dont c’est la 1 re œuvre de fiction, quoiqu’elle ait beaucoup à voir avec sa biographie et soit visiblement une entreprise de retrouvailles avec un père suicidé. L’occasion également de saluer son éditeur français Gallmeister, qui a su le promouvoir en s’appuyant sur le réseau des libraires indépendants et a permis que 60 000 exemplaires soient à ce jour vendus en France, contre 3000 aux USA ! FRED ROBERT David Vannest venu début juin dans le cadre des Itinérances littéraires des Libraires du Sud parler de son roman Sukkwan Island (éd Gallmeister, 21.70 euros) à Cavaillon, Marseille, Aix, Manosque et Forcalquier chronique intimo-socio-culturalo résistante Comme un Fracas ; en homme de bonne compagnie, il fait rimer méthodiquement émotion, dénonciation et citation ; sont convoqués Beckett et Marat morts un 13 juillet, Duras, Godard, Chaplin et Archie Shepp. Tout y est, c’est dommage... Et pour finir, rien moins que la rencontre entre une Poétesse perchée sur une malle métallique, une sainte épistolière et un metteur en scène en caleçon ; Liliane Giraudon et Robert Cantarella, liés par les fils de leur MP3 commun qui distille et envoie le texte dans l’oreille comme un cœur son flux sanguin, font un duo réjouissant : lui, regard inquiet, pantalon plié sur le bras gauche, accompagne du bout des lèvres la prose précipitée (sic) de notre héroïne en voyage ; elle, doublure quasi organique, semble soutenir de son souffle les flamboyantes saillies des lettres de S te Catherine de Sienne ; délicieuse étrangeté ! MARIE-JO DHO Véronique Pittolo X-D.R. Les soirées Manifesten ont eu lieu à L’Odeur du Temps, à L’Histoire de L’Œil et à Montévidéo du 27 au 30 mai dans le cadre de À vous de lire Hommage à de futurs confrères ! o Depuis quatre ans, le CLEMI (Centre de liaison de l’enseignement et des médias de l’information) organise en partenariat avec la Fondation Varenne un concours des journaux scolaires qui récompense au niveau académique les meilleures productions des établissements de l’académie, de l’école primaire au lycée, en passant par la prison pour mineurs de Marseille. Celles-ci sont par ailleurs sélectionnées pour participer au concours national et en 2009, l’académie d’Aix-Marseille avait remporté trois des quatre prix nationaux ! Les lauréats académiques 2010 se verront quant à eux remettre leur prix par le recteur Jean-Paul de Gaudemar, le 29 juin prochain. À cette reconnaissance institutionnelle, joignons un hommage enthousiaste à nos futurs confrères ! Pour qui s’apprêterait à s’attendrir sur de gentilles feuilles de chou bricolées avec les moyens du bord à la photocopieuse exsangue du bureau du principal, avec d’émouvantes contributions sur la fête de fin d’année, c’est l’occasion de découvrir des aventures collectives exemplaires, dévoilant à la fois des engagements humains, des expériences pédagogiques et des talents individuels remarquables. Le professionnalisme de ces journaux, organisés comme de petites entreprises de presse, la qualité des maquettes, l’originalité des thématiques, l’inventivité et l’exigence rédactionnelles, la diversité des thématiques abordées, étonnent et forcent le respect : amis zibeliniens, sachez que la relève est assurée ! AUDE FANLO Le palmarès académique 2010 est à découvrir à partir du 29 juin sur le site du CLEMI www.clemi.ac-aix-marseille.fr. Le palmarès national 2010 est consultable sur le site de la Fondation Varenne www.cnjsvarennes.org



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