Zibeline n°31 juillet 2010
Zibeline n°31 juillet 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°31 de juillet 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 9,6 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... centralisme, socialisme et culture.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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60 CINÉMA CINÉCOLE LA QUINZAINE AFLAM Le nom des gens de Michel Leclerc Michael Crotto On achève bien le plaisir C’est une sélection particulièrement réussie qu’a présentée la commission Cinécole : ce marathon de cinéma, collaboration de 28 ans entre l’Académie de Nice, Cannes Cinéma et la ville de Cannes, s’est déroulé les 22 et 23 mai à l’espace Miramar. Issus de toutes les sélections du Festival, les quatorze films étaient variés. Les 330 participants, enseignants, étudiants et lycéens, ont pu réfléchir, rêver, pleurer et rire. Deux comédies les ont ravis : Le Nom des gens de Michel Leclerc, un film au rythme enlevé où l’on voit même Jospin avec une réplique qui tue : « un jospiniste aujourd’hui, c’est aussi rare qu’un canard mandarin sur l’île de Ré » ; Sound of Noise, premier long métrage des Suédois Olaf Simonsson et Johannes Stjärne Nilsson, satire déjantée des institutions musicales. Construit comme un thriller, le film fait se succéder gags et inventions absurdes sur un rythme trépidant, servi par un casting de comédiens musiciens sauf Sanna Persson, la tête du gang qui a décidé d’exécuter une œuvre musicale apocalyptique en utilisant la ville comme instrument… Musique encore dans le documentaire de Renaud Barret et Florent de la Tullaye, Benda Bilili : de 2004 à 2010, de Kinshasa aux Eurockéennes de Belfort, les réalisateurs aident et filment l’ascension musicale et humaine de Papa Ricky qui rêve de faire du Staff Benda Bilili le groupe de musiciens handicapés le plus célèbre du monde. Un film qui parle de solidarité, de musique, d’amour, une vraie leçon de vie, qui a été le Coup de cœur de Cinécole. Entre nos mains de Mariana Otero suit durant trois mois les projets, les questionnements des employées d’une entreprise de lingerie féminine : va-t-on sauver la PME en constituant une scop ? Même si le documentaire est lent à démarrer, cette galerie de portraits fait réfléchir sur la solidarité ouvrière. Autre fait de société abordé par Illegal : les sans papiers. C’est à une dénonciation féroce que se livre Olivier Masset-Depasse qui, ayant découvert qu’il habitait tout près d’un centre de rétention, en Belgique, a mené une enquête solide avant d’écrire un scénario de fiction. À travers l’histoire de Tatiana, superbement interprétée par Anne Coesens, le réalisateur a voulu montrer la situation terrible que vivent des gens, seulement parce qu’ils n’ont pas de papiers. Un film coup de poing qui aurait pu se passer du mélo de la séquence finale. Pour finir, le dernier film du doyen du cinéma, Manuel Oliveira (102 ans), L’Étrange Affaire Angelica, conte fantastique où un photographe qui doit prendre un cliché d’une jeune fille morte la voit lui sourire dans son objectif. Des scènes oniriques pour prolonger la nuit de cinéma de la centaine de spectateurs qui ont tenu le coup des 28 heures de projection de ce superbe marathon. ANNIE GAVA Autres coups de cœur Des hommes et des dieux (prix Éducation Nationale) de Xavier Beauvois, pour sa grandeur d’âme et ses plans serrés sur les beaux visages des moines, pour la liberté et la force de l’engagement face au chaos et la haine la plus abjecte. Tournée de Mathieu Amalric, pour ses images et créatures felliniennes entre burlesque mélancolique et New Burlesque, surtout lorsque les masques et les faux-cils tombent. Le nom des gens de Michel Leclerc, pour Sara Forestier. Nul ne lui résiste, même Arthur Martin (Jacques Gamblin), quadragénaire timoré ; bien éloignée du prosélytisme politique cette Bahia Benmahmoud qui couche avec ses adversaires de droite pour les convaincre ! Tous les partis pris du film sont poussés jusqu’au bout, sur un rythme effréné et avec allégresse. MURIEL BENISTY ET ANDRÉ GILLES Une Palme d’Or un peu Marseillaise Cette année, la Palme d’Or du court métrage a récompensé un film d’animation, Chienne d’histoire de Serge Avedikian. L’univers graphique développé dans le film est le fait d’un artiste marseillais, Thomas Azuélos, illustrateur pour la presse, dessinateur et scénariste de BD qui développe une œuvre originale. Vous pouvez lire, entre autres, Abigaël Martini, les aventures d’une stagiaire commissaire à Marseille. YUGEN http://azuel.free.fr Cleveland contre Wall Street Christopher First Douze à la Deux jours après l’annonce du palmarès cannois,l’Alhambraa présenté 12 des 22 films sélectionnés pour la 42 e Quinzaine des réalisateurs. En ouverture, Pieds nus sur les limaces de Fabienne Berthaut, soutenu par la région PACA et distingué par le Art Cinema Award. Lily pleure, s’empiffre sur la tombe de sa mère, tue les animaux, confectionne pantoufles et porte-clés en fourrure, enchaussette les arbres, dort avec un dindon, détourne les objets quotidiens de leur fonction, dit ce qu’elle pense, ne connaît ni le dégoût du sexe ni celui des cadavres, artiste instinctive, sans limite, insupportable, inadaptée. Amenée à s’occuper d’elle après la mort de leur mère, sa sœur aînée, l’urbaine, la pudique Clara, résignée à une existence lisse auprès de son avocat de mari, bascule dans cet univers et reconsidère sa vie. Malgré quelques complaisances, servi par le jeu généreux de Ludivine Sagnier, de Diane Kruger et les créations plastiques de Valérie Delis, le film réserve de jolis moments de fusion sororale mais laisse le spectateur dans l’inquiétude de l’« hiver sans pantoufles » qui suivra inéluctablement ces instants solaires. Au programme, deux autres films français peu novateurs parlant d’amour et de désir. Celui de Katel Quillévéré, Un poison violent, prix Jean Vigo 2010, sur fond de catholicisme breton, crise de couple et émois adolescents, dont le sujet semble tiré de l’épître de St Paul aux Galates, cité lors de la confirmation
CINÉMA 61 Quinzaine o de la jeune héroïne : « Car les tendances de la chair s’opposent à l’esprit, et les tendances de l’esprit s’opposent à la chair. » Celui de Louis Garrel, Le petit tailleur, court métrage en noir et blanc, gracieux et nostalgique, à l’ombre de la vieille Nouvelle vague : cafés parisiens, citations littéraires, voix off, jeunes gens beaux et amoureux. Bien loin de cette douce France, The light Thief d’Aktam Arym Kubat élargit l’horizon dans un Kirghizstan balayé par les vents sibériens et par ceux de l’histoire, contrée où de nouveaux enjeux économiques bousculent les équilibres des communautés villageoises et où les rêves lumineux d’un cœur pur ne peuvent qu’être éteints par les mafieux universels. Dire le monde tel qu’il va et tel qu’il ne va pas, c’est aussi le propos de Jean- Stéphane Bron dans Cleveland vs Wall Street, offrant par ce reportage-fiction aux habitants de Cleveland, expropriés à la suite de la crise des subprimes, le procès que les puissantes banques de Wall Street leur ont refusé, démontant à travers le témoignage de ces pauvres gens démunis et crédules la mécanique vicieuse du capitalisme financier. Précis et implacable. Mais le film le plus audacieux de cette sélection demeure Le quattro volte de Michelangelo Frammartino, un petit joyau de cinéma à l’éloquence taiseuse qui rend l’œil intelligent. Olmi et Tati réunis. Sans musique, sans dialogue, sans histoire autre que celle du cycle des saisons, des événements infimes et essentiels de la vie de ce village perché de Calabre. De la mort du berger à la naissance d’un chevreau, de l’abattement d’un arbre centenaire au travail des charbonniers. Plans fixes qui arrêtent le temps et où advient soudain l’altération, la différence, les prémisses du passage, la révélation d’une correspondance poétique ou même un gag. La Quinzaine, cette année encore, a donné un aperçu de la diversité du travail des jeunes réalisateurs dont on espère qu’il trouvera, par les voies impénétrables de la distribution, un chemin vers un public plus large. ÉLISE PADOVANI The Light Thief d'Aktam Arym Kubat Le festin nu de David Cronenberg 20th Century Fox Tanger, muse cinématographique e C’est sur Une Fenêtre à Tanger, court métrage d’Yves de Peretti, que s’ouvrait le 27 mai, à l’Alcazar, le cycle Tanger Rêvée proposé par AFLAM. Une Fenêtre à Tanger, c’est une rencontre, celle de Matisse avec l’art oriental. Et par extension, celle des artistes avec cette ville. Avant Matisse, il y a eu Delacroix ; après, Jean Genet, Roland Barthes, Paul Bowles et Jack Kerouac, Joseph Kessel. Et puis des cinéastes. Car une des facettes de la beauté de Tanger, c’est son animation, faite pour le cinéma. Elle provoque des pulsions de l’image, comme l’exprimait Hicham Ayouch après la projection de son film Fissures au cinéma Variétés. Si la forme, proche du Dogme, et l’absence de scénario pouvaient déconcerter, le désir d’immersion dans la nuit tangéroise était contagieux. L’attraction que crée Tanger sur les hommes, surtout ceux de passage, a parcouru Tanger Rêvée. Dans Loin, d’André Téchiné, Serge ne peut s’empêcher de quitter Tanger et Sarah puis de revenir sans cesse vers elles. Dans Juanita de Tanger, ladite Juanita, espagnole tangéroise des années où la ville était zone internationale, les regarde aller et venir, ces passants de Tanger, elle incapable de tant d’errance. Le film de Farida Belyazid, première femme réalisatrice marocaine, a cette mélancolie sans tristesse des films d’Almodovar, l’interprétation de Mariola Fuentes y étant pour beaucoup. La période internationale de Tanger, propice aux échanges et donc aux trafics, est souvent au cœur de ces oeuvres. La ville fut le cadre de films d’espionnage français teintés d’exotisme et de romance dans les années 30. Dans ce registre joliment suranné, AFLAM proposa Gibraltar de Fedor Ozep, Alerte en Méditerranée de Léo Joannon et, plus proche de nous, L’Homme de la Jamaïque de Maurice Canonge. Si les deux premiers suivent les aventures d’officiers occidentaux, en proie aux crimes et aux charmes de la ville autonome dans un classicisme presque scolaire, le dernier, qui date de 1950, a le bon goût de prendre le sujet à l’envers : une femme peut-elle faire d’un trafiquant un homme rangé ? Car dans la Tanger rêvée par les cinéastes, une Tanger interlope, les tentations sont permanentes. Tanger et son statut international, c’est un peu Chicago et la prohibition : un vivier à films noirs. Arcady s’y est essayé dans Dernier Eté à Tanger avec un Thierry Lhermitte en détective privé entraîné par une femme fatale dans une série de crimes obscurs. L’épaisseur du casting (Lhermitte, mais aussi Hanin, Lindon et Villeret) ne suffit toutefois pas à éviter les travers caricaturaux du réalisateur. AFLAM fut bien plus inspirée en projetant Cronenberg et son halluciné et hallucinant Festin nu, adapté du roman de William Burroughs, ou encore Tresses de Jillali Ferhati qui entrelace crime passionnel, vengeance et politique. RÉMY GALVAIN



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