Zibeline n°31 juillet 2010
Zibeline n°31 juillet 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°31 de juillet 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 9,6 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... centralisme, socialisme et culture.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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06 POLITIQUE CULTURELLE LA RÉFORME DES COLLECTIVITÉS TERRITORIALES Centralisme, Socialisme et Culture Le 26 mai se tenait à la Friche une grande réunion publique organisée par le Parti Socialiste à propos de la réforme territoriale, et de ses conséquences sur le monde culturel. Artistes, directeurs de structures, chargés de mission des collectivités territoriales, tous étaient là, attendant l’arrivée de Laurent Fabius, retardé par les mouvements sociaux pour la défense des retraites. Il arriva tout de même, mais laissa ainsi à Jean-Noël Guérini puis à Michel Pezet l’occasion d’expliquer clairement la réforme et ses dangers. Suppression de la compétence générale Les conséquences en seraient énormes. Il faut dire que la culture en régions est financée par les collectivités locales ou territoriales. Malgré la décentralisation la grande majorité des dépenses de l’État (les crédits centralisés) restent à Paris, et les dépenses des Directions Régionales (Drac) du Ministère ne représentent pas plus de 20% des budgets de la culture en régions, et moins encore si on exclut de ces statistiques l’Île de France. La réforme des collectivités territoriales ne pourrait qu’aggraver fortement ces inégalités entre Paris et « Province », mettant à bas les bénéfices de 25 ans de décentralisation, qui ont permis l’émergence puis l’affirmation d’une vie culturelle souvent plus inventive, et démocratique, qu’à Paris. De quoi est-il question dans « cette prétendue réforme qui n’est en fait qu’une entreprise de régression », comme l’affirme Jean-Noël Guérini ? De diminuer le pouvoir des collectivités territoriales « qui sont actuellement majoritairement de gauche » en vue « d’éliminer l’opposition et de recentraliser le pouvoir », mais aussi d’éviter « que le Sénat bascule à gauche », les grands électeurs étant justement ces élus locaux dont le gouvernement veut diminuer le nombre. Guérini balaya ensuite l’argument économique avancé par le gouvernement, expliquant que les émoluments des élus représentaient « 0.01% du budget des collectivités », que « diviser par deux leur nombre n’allait pas diviser leur coût », et qu’en revanche construire de nouveaux services à l’échelle des métropoles allait coûter cher, et faire perdre du temps. « Les élus locaux démêlent les conflits, écoutent les besoins des citoyens, des associations et des entreprises. 75% des investissements nationaux se font localement. Et on veut faire croire qu’on paye les élus de proximité à ne rien faire ? » La loi et l’argent Pour conclure le Président du Conseil Général affirma que « si cette réforme s’applique, les acteurs culturels seront laissés à l’abandon », que « ce sera un Agnès Mellon Agnès Mellon retour sans précédent au centralisme, avec en plus un État en mauvaise santé. » Michel Pezet rappela le bilan positif du Département 13 et de la Région Paca en matière culturelle, et précisa qu’on ne peut sans danger, ni sans réforme constitutionnelle, supprimer le « principe de subsidiarité » : celui-ci est inscrit dans la Constitution, et veut que la responsabilité d’une action publique soit allouée à la plus petite entité capable de résoudre le problème d’elle-même. Cette recherche du niveau pertinent d’action publique devrait, selon Michel Pezet, rendre simplement illégale la suppression de la compétence générale des collectivités territoriales. Mais est-ce vraiment le problème ? Que les collectivités gardent ou non le droit d’intervenir dans le champ culturel, par exception comme l’a laissé entendre le Président Sarkozy, n’a pas une grande importance. La diminution des recettes (suppression de la taxe professionnelle, diminution des droits de mutation) et l’alourdissement vertigineux des charges obligatoires (la moitié du budget du CG 13 est consacré au versement des minima sociaux, dont 67% aux Marseillais) empêcheront de fait les collectivités d’intervenir hors de leurs missions obligatoires. Le CG 13 et la Région PACA parviennent à maintenir un budget constant (dire qu’on s’en réjouit alors que cette stagnation est déjà si préjudiciable !), mais de nombreux départements ont appliqué une diminution de 20% de leurs subventions aux associations culturelles, et n’investissent plus du tout. L’arrivée de Laurent Fabius sur scène lui permit de rebondir sur cette idée d’illégalité de la réforme, en rappelant que le Conseil Constitutionnel « où
— AIM iiz1F =7-"¢. vow.. a, siègent Giscard et Chirac », n’allait pas s’opposer à une « réforme qui favorise la droite ». « Cette réforme politicienne, véritable régression territoriale, a pour but de détruire les magnifiques acquis d’une décentralisation chère aux Français. La levée de bouclier a provoqué une réaction du Président et fait germer cette idée d’exception pour la compétence culturelle. Mais conserver cette compétence si rien ne change au niveau financier ne sert à rien. Un effet de ciseau est imposé aux collectivités, à qui on coupe les recettes tout en augmentant les charges. Vous pouvez disposer des plus belles compétences du monde, sans moyen elles sont un leurre. Les conserver permettrait même de responsabiliser les collectivités qui seront obligées de diminuer leurs subventions tout en conservant une compétence illusoire... Il faut donc mettre en cause l’étranglement financier. » Le programme culturel du PS ? Vint ensuite, rapidement, le temps des questions, dans une rencontre qui se voulait ouverte. Elles furent intelligentes, nombreuses, inquiètes. Chacun semblait d’accord pour se battre contre la réforme, le Synavi appelant les députés à « voter contre une loi qui renforcera les inégalités territoriales », et demandant comment agir. Mais chacun s’interrogea également sur la pertinence des politiques décentralisées de la culture. Ainsi Raphaël Imbert, directeur de Nine Spirit, remercia le CG de programmer des actions culturelles en collège, mais rappela que les élus locaux ont tendance à exiger des artistes des actions sans rapport réel avec leur activité. Annette Breuil, directrice des Salins, rappela que les élus locaux, y compris les élus PS, diminuaient régulièrement les budgets de la culture, et que le PS au niveau national « restait souvent silencieux quant à son programme pour la culture ». Raoul Lay, directeur de l’Ensemble Télémaque, s’excusa de trouver le propos « un peu léger », demanda à Laurent Fabius de parler en termes idéologiques, d’annoncer des mesures et un programme, rappelant que le monde culturel attendait de la gauche qu’elle ait une vision de la culture. Laurent Fabius répliqua que le PS y travaillait. Que la troisième étape de la décentralisation n’était pas envisageable si cette réforme s’appliquait. Que « si on n’arrivait pas à mettre un coup d’arrêt durant ce mandat il faudrait y revenir après 2012 ». « Nos concitoyens ont de plus en plus conscience des liens entre ce qu’ils vivent et les phénomènes nationaux », assura-t-il, et pour cela il affirma « boire du petit lait quand il entendait parler vraiment de politique. » Le gouvernement agit pour « le tout fric » et pour « le bénéfice de 5% de la population, c’est effectivement une question d’idéologie. » Répondant donc aux sollicitations sur une vision nationale qui aille au-delà d’un simple combat sur la réforme territoriale, il dessina quelques lignes d’un programme « en cours d’élaboration » visant à « renouer le dialogue avec les artistes pour remettre au centre la vie culturelle », « entrer dans une décentralisation nouvelle avec plus de moyens financiers et juridiques donnés aux collectivités territoriales, sans diminuer le rôle de l’État » et « une redéfinition des missions du Ministère de la Culture qui devra devenir aussi un ministère des territoires. » Sollicité, Laurent Fabius s’avança, donc. « La culture est un pivot du développement, y compris du strict point de vue économique. Nous voulons la mettre au centre du projet tel que nous allons le bâtir. » Mais il ne calma pas pour autant les inquiétudes. Celles de Pierre Grafféo, directeur du Sémaphore, qui expliquait qu’en 2012 son théâtre serait déjà mort. Ou de ceux qui déplorent la paupérisation déjà à l’œuvre pour tous les artistes : « dans deux ans il faudra des années pour remonter la pente. » Le soupçon que le parti socialiste s’interesse au monde culturel surtout lorqu’il a besoin de son appui pour combattre une réforme flottait discrètement dans l’air. Reproche injuste ? AGNÈS FRESCHEL ET RENÉ DIAZ sais*n CIRQUE & ENTR,','FtTS DE ! 9 AU 15 OCTOBRE C Cie Bis Repetita Devaris causa Escerlate Circus (Espagne)*Complètement â la rue Cie Les Cousins Ça va pas se faire taut seul Cie Les Cousins'La Curiosité des anges L'entreprise Cie François Cervantes'Da/Fort Cie Circrombelico (Belgique) Baal Bertolt Brecht/Français Orsoni Le Mardi â Monoprix Emmanuel Barley/Michel Didym Nour Le GdRA/C. Rulhes/J. Cassier/S. Barrier'Falm de Loup Ilka Schbinbein'Tartuffe d'après Tartuffe de Molière/Gwenaël Morin " Court-miracles Cie Le Boustrophédon I Christian Coumin'Soupçons Dorian Rossel (Suisse) Nuit d'orage - Le Carrousel, compagnie de théâtre (Quebec)/G. Gaudreault'Le développement de la civilisation â venir I Une maison de poupée d'après Henrik Ibsen/Daniel Veronese (Argentine)'Max Gericke ou Pareille au même Manfred Karge/Michel Raskine La Barbe bleue d'après Charles Perrault/Jean- Michel Rabeux'Muur Inne Goris I Pieter de Buysser I Dominique Pauwels (Belgique)" Lotte Raphaël Navarro I Clement Debailleul I Cie 1420'Soirées magiques Julien Maurel Influences Thierry Collet/Michel Cerda I Cie Le Phalène'Coloriage Cie La Locomotive'32, rue Vandenbranden Peeping Tom (Belgique)'Passo Ambra Seriatore (Italie)'Matrioska Tiago Guedes I Materiais Diversos (Portugal) * POUR UN SOER : Temps d`arrêt/Kawa Miguel Nasibor I Hafiz Dhaou I A'rcha M'Barek Nos solitudes Julie Nioche I A.I.M.E.'& un spectacle de cible et d'épée Halory Goerger/Antoine Defoort. www.theatre-arles.corn Envol du programme de le saison 2010-2011 sur simple demande au 04 90 52 51 51



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