Zibeline n°31 juillet 2010
Zibeline n°31 juillet 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°31 de juillet 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 9,6 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... centralisme, socialisme et culture.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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46 THÉÂTRE ATELIERS 3 BIS F BERNARDINES Massacre à la perceuse Le Théâtre des Ateliers a présenté Les Dingues de Knoxville de Joël Jouanneau par La compagnie d’entraînement. Création enlevée, déjantée, portée par la belle énergie des élèves-comédiens en formation professionnelle pour une année sous la vigilance artistique d’Alain Simon, maître des lieux. Depuis 1995, chaque année, 10 apprentis comédiens bénéficient d’une formation gratuite de 900 heures à l’issue d’une audition. Une belle aventure riche d’expériences multiples, de rencontres constantes avec le public et des créateurs contemporains, de séminaires. Les Dingues de Knoxville est une comédie foldingue, sans histoire précise, avec un fil conducteur qui tourne autour de l’univers burlesque de Jerry Lewis, des Marx Brothers ou des Pieds Nickelés. Les personnages viennent d’univers différents et se rencontrent peut-être Mytholalies...ei Soirée emblématique de la mission du 3bisf, lieu d’arts contemporains sis au cœur de l’hôpital psychiatre d’Aix, qui a vu se succéder et se croiser action et réflexion, création et parole autour de l’idée de Sacrifice, en écho à une expérience menée à Palerme au centre Amazzone (une affaire de femmes ?). Iphigénie ouvre la danse sur les pieds nus d’Anne-Marie Chovelon, en lourde robe de princesse, fendue dans le dos : ruissellement de la sombre chevelure qui cache parfois le visage, galop circulaire et percussions font d’abord craindre le pire tautologique sur le mythe et le primitif... puis le corps trouve son chemin dans un singulier tremblement, bras et sein droits dénudés, plus proche de la Bacchante que de la vierge : tête renversée en arrière, ce n’est pas la victime mais la guerrière qui Chauffe mollets ! Mogador et le Châtelet sous la coupole des Bernardines ! C’est gonflé, mais comme le dit Elfriede Jelinek invitée à mettre son grain de sel en situation « Ce qui est si précieux c’est de pouvoir tout se permettre... » Pas évident de les mettre sur scène ces quarante jeunes tous issus du Département Arts du Spectacle et Musicologie de l’Université de Provence ; la chapelle est devenue nef avec praticable flanqué de spectateurs et chœur où officient les musiciens en direct ; la table d’autel (du Cheval Blanc) est à sa place pour les sacrifices barbares ; l’opérette est une école de la cruauté, on le sait depuis Valère Novarina, mais quand elle est viennoise, créée à Berlin en 1930 et revisitée par Angela Konrad, elle vous laisse tout chose entre rires moisis et surprises en cascade. Faut avoir envie d’y croire à ces servantes en costumes tyroliens (très chou) et chaussures de rando qui vous accueillent en chantant, à ces démêlés juridico-amoureux autour de la combinaison qui s’ouvre par devant ou par derrière (coquin), à ces chassés-croisés de villégiature multipliant les incarnations d’acteurs... Première demiheure : trop de mollets qui courent sur scène, de chœurs un peu lourds et peut-être une certaine hésitation à habiter vraiment cette fantaisie alpestre, et puis le troupeau de vaches affalées (très féminin) m b sur un plateau de tournage, au coin d’une rue ou dans un hypothétique désert. Chacun a son histoire ou son fantasme : femme fatale, cow-boy de pacotille, détective privé... Les saynètes s’enchaînent de façon burlesque et quasiment aléatoire sous la direction d’un meneur de jeu. Deux clowns ponctuent ces moments, jouant aussi bien les cactus du désert que la guenon accrochée à sa liane : grand moment ! Scènes de drague, d’intimidation, comiques, mais la noirceur n’est jamais loin. Le tout rend compte de l’incohérence de notre monde jusqu’à la scène finale où le détective se transforme en tueur à la perceuse ! CHRIS BOURGUE Les Dingues de Knoxville s’est joué du 8 au 16 juin au Théâtre des Ateliers, Aix. quitte la scène. Jean-Pierre Raffaeli lui, assume malicieusement la figure mythique du conférencier table-tableau-verre d’eau-didactisme poli. Remise à niveau des connaissances et problématiques ancrées dans la création contemporaine : le mythe comme contenu dynamique et transformationnel, comme consensus à briser, de quoi donner du grain à moudre à l’artiste ; limpide, passionnant, un peu frustrant car borné par l’impératif horaire en pleine évocation de ces femmes qui de Rebecca Horn à Louise Bourgeois font le détour par la réinvention permanente du sacré pour donner une forme à leur questionnement, leur angoisse... Retour à Iphigénie, devenue souffle et voix, exécutée comme une partition où se lit quelque chose de la meugle en cadence, deux marmottes sifflent et soufflent ; ça y est, le rythme est en place et c’est le moment de tout dérégler ; bien joué ! on l’avait Richard Roux Inscriptions en cours pour la formation 2010/2011- prochaine audition en septembre. www.theatre-des-ateliers-aix.com remarqué, ce convive blême à petite moustache noire en train de manger sa soupe ; on les avait entendus ces propos d’auberge peu amènes sur les étrangers... Le fringant se métamorphose en grinçant, les maquillages coulent, le funiculaire tombe, on reparle de la servante séduite et noyée, la violence se déchaîne et révèle des talents singuliers (la biche foudroyée, grand moment), les claques joviales sur les cuisses folkloriques déclenchent des batailles dérangées, il en faut de peu que les bras se tendent à l’oblique et que les talons claquent pour d’autres danses. Terrifiant comme un beau travail de fin d’année ! MARIE-JO DHO Au Joyeux Tyrol, d’après l’Auberge du Cheval Blanc et l’œuvre d’Elfriede Jelinek, a été présenté aux Bernardines du 8 au 13 juin X-D.R. femme éternelle (?), par la performeuse vocaliste (sic) Miriam Palma sur un texte de Lina Prosa en italien puis en grec, parfois emphatique, impossible à saisir littéralement. Perplexité immédiatement dépassée par la dernière proposition de la soirée, dérangeante à souhait : Sacrificale/Notte trasfigurata est un film de Federico Stampa dont les extraits d’une vingtaine de minutes offrent la vision énigmatique d’un homme scarifié qui semble s’immoler volontairement ; ses paroles de bénédiction comme une litanie l’accompagnent et… la nuit s’installe. C’est beau ou grotesque selon l’humeur, peut-être grand... Le mythe n’est pas mort ! MARIE JO DHÖ Mito a été proposé au 3bisf le 11 juin
Apéritifs durables Chroniques de l’alcoolisme ordinaire, Les nouvelles brèves de comptoir entraînent le public dans une tournée des bars plus qu’enlevée. Jean-Marie Gourio a une nouvelle fois recueilli et adapté ces phrases qu’on saisit parfois au vol si l’on traîne au zinc. On reste d’ailleurs perplexe et un tantinet admiratif : comment s’y prend-il ? les a-t-il réellement entendues, ces répliques qui tuent, et qui tirent tous azimuts, inspirées par la lecture du journal, la météo, les sujets de l’époque : mondialisation, écologie, Obama, crise… ? En réalité, on n’a pas vraiment le temps de se poser ces questions. Jean-Michel Ribes mène sa troupe tambour battant dans une ivresse millimétrée. Les verres se remplissent et se vident à toute allure, les vannes fusent non-stop, on s’esclaffe, on oublierait presque de respirer entre deux. Un bistrot, une scène et des personnages différents que les 8 comédiens jouent à fond, les jours de la semaine se succèdent jusqu’au lundi suivant, retour à la case départ et fin de la virée. Bref, ça tourne. Et grisé par ce flux continu, vaguement écœuré par ses relents de racisme, de violence et de connerie, ému pourtant par ce que cette philosophie de comptoir suggère de résignation et de solitude, on sort de là titubant, comme si on avait abusé de « rumsteck sans steak ». FRED ROBERT o Les nouvelles brèves de comptoir ont été représentées au théâtre du Gymase du 1er au 12 juin GYMNASE BANCS PUBLICS MINOTERIE Brigitte Enguerand Seule avec ce fatras plastique Elle se tient assise dans ce qui pourrait être un sas, cloison translucide en fond de scène, issue en lanières plastifiées côté cour, sachets de supermarché multicolores partout sur le sol. Seule sur sa chaise, en blouse et talons plats, elle défroisse puis découpe méticuleusement des sacs plastique. Et elle parle. Elle, c’est La Petite. Employée dans une grande surface, elle rêve d’être actrice. Alors, là, pendant sa pause, au fond du magasin, elle répète son rôle, celui d’« une revenante dans une histoire d’Antiquité », un tout petit rôle, une apparition. Et, déplissant sa robe de scène (toute de sacs plastique elle aussi), elle dévide à voix haute le fil de sa vie et convoque les autres Tous tant qu’ils sont. Pour la mise en scène de ce monologue, 1er mouvement de la pièce de Suzanne Joubert, Xavier Marchand a choisi la sobriété et l’efficacité. Une économie de mouvements et d’effets que souligne la simplicité du décor tout en suggestion, et qui met en valeur la direction d’acteur. D’actrice en l’occurrence. Edith Mérieau campe avec finesse la jeune employée ; non sans humour, elle donne corps à toutes les voix qui la traversent. Ainsi prennent vie tous ceux qui diraient s’ils étaient là : le père parti battre campagne, la mère et son Robert (le dictionnaire), et tous les autres, Glenn, Simon, Benoît le Portoricain et Paul le gros lourd et la sœur du maire de secteur… La comédienne restitue brillamment la richesse d’un texte universel ancré dans un quotidien des plus prosaïques, un texte aux multiples registres et dont l’oralité résonne, comme un écho du fatras de nos existences ordinaires. FRED ROBERT Tous tant qu’ils sont a été représenté à La Minoterie dans le cadre de Hors Piste, carte blanche à Xavier Marchand, du 20 au 22 mai THÉÂTRE 47 Fabrice Duhamel 6 Une minute dans la bouche La petite forme présentée par Charles Eric Petit aux Bancs publics confirme son talent, et celui de ses deux comédiens. Dans un cadre très intime, dos à dos sur des tabourets, Guillaume Clausse et Thomas Cerisola conversent comme sur Internet, échangeant quelques invitations d’un érotisme cru à une rencontre dévoratrice. Les images fonctionnent à l’envers, euphémismes dévoilant en termes sexuels le désir d’une dévoration qui n’a rien de métaphorique, où la jouissance régressive, cannibale, force les portes de l’effroi. Slashs et smileys qui s’énoncent ne rendent pas plus virtuels l’énoncé concret de ce monstrueux appétit de Di@ble en bouche. La fin, de glaise, de cri, de primalité digestive, laisse pantois. Reste qu’il manque au milieu l’accomplissement de l’acte de o dévoration. Innommable ? On reste sur une faim paradoxale et équivoque, comme si lors de ces quarante minutes X-D.R on était allé au terme, jusqu’à l’expulsion, mais non au bout, en évitant la rencontre concrète et la jouissance. En se disant de plus que cet effroi-là, si spécifique -homosexuel, masculin et franchement déviant, jusqu’au crimeintéresse au fond fort peu… A.F. Le Di@ble en bouche s’est joué aux Bancs Publics du 3 au 5 juin



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