Zibeline n°31 juillet 2010
Zibeline n°31 juillet 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°31 de juillet 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 9,6 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... centralisme, socialisme et culture.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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36 MUSIQUE MUSIQUE DE CHAMBRE Au nom du père et de la fille Lorsque les ailes des orgues de l’église Saint Jean de Malte s’ouvrent, le silence se fait dans la nef qui embaume encore des fragrances d’encens. Bernard Foccroulle présente le programme avec clarté et simplicité, livrant au public, en bon pédagogue, les clés de la musique qu’il va entendre. Le propos musical glisse de Schütz à Bach, en passant par Matthias Weckmann, Dietrich Buxtehude, Purcell. Une palette extraordinaire de couleurs se dessine alors, les orgues sonnent comme une multitude d’instruments, flûte, cornemuse, hautbois, orchestre entier, dans de fulgurants emportements. On passe d’univers intimistes, empreints de méditation, aux thèmes baroques de la mort inéluctable, d’un monde de miroirs, rendus par la construction même de certaines pièces de Buxtehude, qui livre la première pièce autobiographique de l’orgue dans son choral funèbre et déploration sur la mort de son père. Et puis survint Bach : souverain, l’instrument Festival virtuose Festival de haute volée que celui du Tholonet, Autour des claviers. Choisis avec discernement, les jeunes artistes invités à cette manifestation, font preuve d’un talent rare. Ainsi, dans la charmante petite église du Tholonet, la « soirée russe » permettait à un public littéralement sous le charme de découvrir Thomas Gould au violon et Alastair Beaton au piano. Qualité des silences, pianissimi étourdissants du violon, qui sut concilier finesse émotion et brillant ; jeu plein du piano, aisance des trilles. La sonate n°1 en fa mineur op.80 de Prokofiev, d’un lyrisme sombre, brisant les conventions classiques, était rendue avec une intensité bouleversante. Le compositeur russe sera repris lors des bis, pour la cinquième des cinq mélodies. Auparavant, la sonate à Kreutzer de Beethoven entraînait les deux musiciens dans une joute virtuose où tous les registres semblent passés au crible. Un concert d’une haute exigence pour des artistes d’exception ! Le dernier concert du festival se tenait le 13 juin dans la nouvelle salle de Palette. Bondée. La gratuité y est sans doute pour quelque chose, même si le prix dans alors prend une ampleur inconnue, et l’interprétation de Bernard Foccroulle, particulièrement dans le Prélude et fugue en la mineur, est simplement magistrale. Ce grand musicien s’incline alors avec une douceur complice devant sa fille, Alice Foccroulle. Toute de mesure et de sensibilité, la voix de cette jeune artiste, qui maîtrise parfaitement les lignes, résiste à la puissance des orgues, s’impose avec des nuances cristallines, de beaux graves de soprano, des finales parfaites. Le propos est tenu jusqu’à la dernière syllabe, l’ultime lettre, rendant l’intelligence subtile des textes. Son interprétation de The blessed Virgin’s Expostulation de Purcell, avec son invocation déchirante à Gabriel et à des cieux étrangement vides, fut superbe d’expressivité. Il est difficile d’être l’enfant de parents célèbres : Alice Foccroulle réussit le pari d’être elle aussi une très grande artiste. Quelle belle transmission ! MARYVONNE COLOMBANI ep les autres lieux n’excédait pas celui de places de cinéma ! L’artiste de la soirée était, à l’instar des concerts précédents, exceptionnelle. Sarah Lavaud, qu’on avait pu découvrir l’an dernier à La Roque d’Anthéron, en hommage au double bicentenaire de cette année, interprétait des œuvres de Chopin et de Schumann. Partitions difficiles et exigeantes. La jeune artiste eut la gentillesse de présenter les implications du programme choisi, mettant en lumière les oppositions et les échos des œuvres et ce Thomas Gould Sussie Ahlburg Bernard Foccroulle Johan Jacobs d’une manière simple, claire et construite, pour un public éclectique dans lequel il y avait de nombreux enfants. Faire partager son art, le commenter pour que chacun apprenne à entendre les œuvres, participe d’un beau souci de démocratisation de la culture. Partagé par les organisateurs du festival. Ainsi, elle nous emporta des obscures clartés du Nocturne op.62 de Chopin aux lignes sinueuses et chromatiques de la Barcarolle op. 60, et de sa lumière radieuse, aux Mazurkas de l’op. 24 où le cœur de la Pologne vibre. Puis c’était le cycle des pièces brèves de Kreisleriana op.16 de Schumann, exercice de miniature hautement acrobatique, puisqu’il exige de la pianiste de se glisser très rapidement dans de nouveaux rythmes, de nouveaux univers. Un bel empâtement de la matière musicale, et une légèreté virtuose, la pianiste semble devenir un centaure d’un nouveau genre, ne faisant qu’un avec le piano. Quel festival vivifiant ! MARYVONNE COLOMBANI 19C Musicales internationales Guil Durance bot, i6ci-rac.ire wa.sicaG cow'de (ffaatef-.af et clu n juillet au 12 août aoio Taltcït, Luiaada,y 1Cecÿkarc, Fi.pc&r4vts.. flrts ef Musiques en Montague ; Z. 0¢ 92 4.5 0,1 Ti WWW,ITlU5ICale5,g1.]llf]e [Un festival intimiste Le Clos d’Albizzi à Cassis propose pour la quatrième année ses « verres musicaux », dans une ambiance conviviale et bon enfant. Le vin de la propriété est offert en fin de concert. Celui-ci se déroule dans les chais, préparation à l’ivresse musicale ? Le 23 mai, c’était l’ensemble Mescolanza, composé de trois spécialistes de la musique médiévale, Stéphanie Mahue, soprano et flûte à bec, Julien Ferrando, orgue et clavicyterium (clavecin primitif évoquant une harpe à clavier) et Jean-Michel Robert, luth. Leur programme, Autour des instruments médiévaux, du temps des papes en Avignon à celui du Roy René s’attache à faire découvrir aux spectateurs l’évolution de la musique du XII e au XV e siècle, le passage de la monodie à la polyphonie, le rôle de l’improvisation, jusqu’aux « stars » du XVe, comme Dufay. Initiation à la facture des instruments, souvent reconstitués d’après la documentation du Moyen Âge, noyer, buis, épicéa… sans compter la belle histoire d’amour pour une guiterne… Un très joli concert, avec des musiciens talentueux, et une vraie démarche historique. M.C.
MUSIQUE 37 Orgue romantique Afin de célébrer la restauration du Grand Orgue entamée en 2007, les amis de l’Orgue de Notre- Dame du Mont ont proposé du 27 au 30 mai, en collaboration avec Marseille Concerts, un programme d’inauguration. Frédéric Chopin, en 1839, avait joué pour les obsèques du chanteur Nourrit les « Astres » de Schubert sur l’orgue alors présent dans l’église Notre-Dame du Mont. Ses remarques, peu flatteuses, sur ce dernier ont poussé le curé à commander le bel instrument que l’on connaît au facteur d’orgues Ducroquet. Inauguré en 1847, il était alors doté de 24 jeux sur 2 claviers et pédalier. Après la bénédiction de l’orgue le 27 mai, suivie d’un récital par Daniel Roth, puis la conférence du 28 mai par le facteur d’orgues Jacques Nonnet à qui avaient été confiés les travaux de restauration, un concert trompette et orgue fut proposé le samedi 29 mai. Le duo Gérard Occello-Chantal de Zeeuw, qui, en bientôt vingt ans de collaboration, a su faire ses preuves, a proposé pour l’occasion de très belles pages de Vierne, Franck, Boëllmann, Mel Bonis, que les sonorités XIX e de l’orgue (d’aujourd’hui 30 jeux !) ont su rendre remarquablement. On pourra regretter que les jeux très harmoniques, moins « rugueux » que ceux d’un orgue baroque, se soient un peu moins pliés à l’écriture de Bach. Mais la prestation de qualité des deux musiciens fit aisément oublier ce décalage de timbre. On nous signala qu’un enregistrement de la plupart De la manière à la matière, opus 2&3 Suite et fin de l’enregistrement des sonates pour piano et violon de Beethoven par le label Lyrinx à la Criée. Si le concert d’ouverture du 26 mars s’était avéré enthousiasmant, malgré l’écriture un peu convenue des sonates de l’opus 12, les pièces proposées le 19 mai et 8 juin, composées plus tardivement (à l’exception de la sonate n°4, qui, la première, avait bénéficié d’un accueil favorable de la critique) faisaient preuve d’une plus grande maîtrise d’écriture, et d’un génie éclos. L’apparition d’un véritable dynamisme, du contraste si Beethovenien entre les mouvements, d’une organisation savante de motifs simples, de particularités rythmiques, de tensions harmoniques peu conventionnelles et d’un lyrisme bien présent dans les mouvements lents ne permettaient pas de s’y tromper : nous étions bien face au « style héroïque » du compositeur, dont les deux solistes David Galoustov et Caroline Sageman n’ont oublié aucune des nombreuses subtilités. Leur exécution remarquable de la sonate n°9, dite sonate à Kreuzer (ironie du sort : Kreuzer, la jugeant inintelligible, refusa de la jouer), à l’écriture délicieusement concertante, a tout simplement ébloui le public. David Galoustov s’étant foulé le poignet (gauche !) peu avant le 8 juin, on n’eut pas le plaisir d’entendre la sonate n°10, trop difficile. Le reste de la prestation (et la reprise, pour la peine, de la sonate du Printemps) fut cependant admirable. On espère avoir bientôt l’occasion d’entendre cette ultime sonate : pour enregistrer l’intégrale, il faudra bien qu’ils nous la jouent ! SUSAN BEL Caroline Sageman Frederique Le Calvez Gerard Occello Agnes Mellon des pièces jouées ce soir-là devrait bientôt être disponible… On l’attend avec impatience ! SUSAN BEL Le chant de la terre Beethoven, Liszt, Chopin, Brahms et Debussy en tête à tête avec Zhong Xu : conversation aux accents chtoniques dans la cité arlésienne ! A l’image d’Yggdrasil dans les eddas scandinaves, le pianiste chinois construisit une véritable « muraille de signes » faisant sourdre des entrailles de la terre un monde musical inouï, arrachant des graves de son Steinway des harmoniques célestes. Enraciné dans le sol, le virtuose ne fit qu’un avec son instrument : sublime dans La vallée d’Obermanndu maître hongrois, chirurgical dans la Sonate 28 de Beethoven, Zhong Xu embrasa la chapelle du Méjean dans l’Isle joyeuse de Debussy. Tellurique ! CHRISTOPHE FLOQUET Ce concert a eu lieu à la Chapelle du Méjan, Arles, le 4 juinr, f I F Festã1 de MuaKpue de Toulon et sa Region Le Festival esüvof 2020 12 juin - 17 juillet I 180 Réservation 18 -4-3177 $ http://rl7usiCrueioulon.page5pr0-OrCl7ge.fr ti..'.r.r, S. 1 ! r r t r/2 ; j, I f Cédric TTberghien/Orchestre Opéra de Toulon Isabelle Faust/Andreas Staler Olivier Gardon Robin Renucci/Vera Tsybakov/Romain Hervé Choeur du patriarcat de Moscou Le Palais royal/Jean-Philippe Sarcos Michel Portal/Quatuor Kocian Cuncordu e tenore de Orosei.g 1 Ka'ba &Marielle Labëque 144 efr K



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