Zibeline n°31 juillet 2010
Zibeline n°31 juillet 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°31 de juillet 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 9,6 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... centralisme, socialisme et culture.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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32 MUSIQUE BAROQUE Du Baroque fort ! ei Programmer dans un même concert la très conséquente Missa Votiva de Zelenka et l’Ode pour l’anniversaire de la reine Anne de Haendel, et ce dans l’église du Sacré Chœur à l’acoustique plus que capricieuse, relevait de la gageure ! Difficile en effet de mettre en valeur l’écriture ciselée et brillante de « l’anglais » d’outre Rhin et de travailler la belle matière quasi organique du natif de Bohème et ses multiples plans sonores avec un ensemble aussi compact. Le chœur OPUS 13, à la justesse irréprochable, dirigé avec vigueur par Marie-Hélène Coulomb, resta cependant confiné dans un ton monochrome sans mettre en relief les ondulations contrapuntiques des deux compositeurs. Soulignons pourtant le travail de précision de ces choristes (vocalises impeccables, équilibre des pupitres), qui insufflèrent aux solistes un vent d’enthousiasme. Philippe Martin, baryton au timbre chaleureux avec de beaux aigus, Lucie Roche superbe voix d’alto, chaude, suave, et Cynthia Ranguis soprano tout en délicatesse et rondeur illuminèrent de leur sensibilité les deux œuvres. Regrettons toutefois que l’Orchestre de Chambre de Toulon et du Var, à cause de quelques traits violonistiques mal assurés et d’un problème d’accord entre les cordes-bois et continuo, n’ait pas été à l’unisson des chanteurs. CHRISTOPHE FLOQUET Violes et tags En fait d’opéra « miniature », comme l’annonçait le programme du Théâtre de Lenche, l’adaptation de Zoroastre de Rameau a duré près d’1h45, soit davantage que Didon et Enée de Purcell ! C’est que Jean-Paul Serra, directeur de l’ensemble Baroques- Graffiti, possède un naturel modeste. Certes, avec ses claviers enrobés de lignes de basses de violes (Christophe Oudin et Jean-Christophe Deleforge) et d’un violon virtuose (Sharman Plesner), on est loin de l’opulent orchestre de Rameau qui tonne de coutume dans ses symphonies. Mais le bon goût et la minutie des artistes ont compensé cette mutilation, offrant au cortège vocal une intimité pas toujours équilibrée, mais assez probante. Sur scène, une jeune soprano prometteuse Eleonora de la Pena et le ténor léger Vincent Le Lièvre-Picard ont formé un couple lumineux à la West Side Story, alors que Yukimi Yamamoto et Geoffroy Bussière figuraient un négatif ténébreux à leur duo princier… annonçant La Flûte enchantée ! Aux images projetées de fresques-portraits, graffitis « in progress » filmés à la loupe, l’œuvre a retenti de ses antiques feux baroques, mais nous a aussi paru très proche… Il faut dire que la mise en espace de Renaud Marie Leblanc, modeste elle aussi, repose sur quelques accessoires symboliques, et une subtile direction d’acteurs qui mène ces jeunes interprètes vers l’essence même de leur personnage. On attend dorénavant les prolongements de ce travail entrepris sur l’opus, comme l’introduction de ballets qui iraient puiser du côté de l’Afrique… À suivre ! JACQUES ET AGNÈS FRESCHEL Touhid Ster Danielle Lorin Tonton et le foot Alors qu’on prétend que la France entière mange des pizzas et boit des packs de bière face à des équipes cathodiques qui se disputent un ballon, la vie continue ailleurs… Ainsi aux Pennes-Mirabeau, « l’orgue de tonton » réunissait autour de lui de superbes musiciens, dans un concert baroque de belle tenue. L’orgue de tonton ? en fait, l’oncle d’Isabelle Chevalier, l’organiste Alain Corellou, amateur éclairé d’orgue et de jazz, avait sacrifié à sa passion son salon, en avait découpé la mezzanine pour installer son acquisition, l’orgue du collège Provence. À sa mort, l’énorme instrument sera placé dans l’église Saint-Blaise des Pennes Mirabeau, où il prend toute son ampleur. Ainsi, le 12 juin, il était sans doute ravi de vibrer sous les doigts experts d’Isabelle Chevalier, nièce du fameux mélomane (magnifique improvisation sur J. P.Sweelinck). Le concert suivait trois mouvements correspondants aux univers baroques abordés, Allemagne (Schütz, Buxtehude, Bach), Angleterre (Purcell, Handel), Italie (Patta, Monteverdi). Le baryton Jean-Paul Juchem venait compléter avec talent l’Ensemble Dulcisona, donnait la réplique à la soprano Anne Périssé dit Préchacq. Les voix des deux chanteurs se tissent avec intelligence, se fondent dans les belles sonorités du violoncelle, puis s’en échappent avec brio. Ils arpentent les différentes époques, les différentes langues avec le même bonheur. Que ce soit des e Dulcisona G. Basso solos ou des duos, l’interprétation en est réfléchie, subtile. Aigus aux belles extensions, notes aériennes de la soprano qui sait aussi donner de beaux passages graves, à l’instar du baryton. Les instrumentistes sont aussi remarquables, un violoncelle magistral et virtuose (Anne-Garance Fabre dit Garrus) et une organiste au jeu précis et délié. Les différents univers baroques, graves ou enjoués étaient servis avec une intelligence musicale remarquable… Un choix de concert (le 4 e) dont la jeune association des Amis de l’Orgue peut se féliciter ! MARYVONNE COLOMBANI Concert donné le 12 juin en l’église Saint-Blaise aux Pennes-Mirabeau
CONTEMPORAINE Féérie finnoise m Musicatreize continue l’aventure des Sept Contes musicaux qui se conclura cette année avec Un Retour d’Oscar Strasnoy au Festival d’Aix (voir p.16). Mais pour l’heure l’ensemble proposait une version concert d’Antii Puuhaara, l’histoire d’un jeune finlandais abandonné par son père adoptif, riche marchand. Il parcourt le pays rencontrant forêt hostile, sorcière, géant… au péril de sa vie (texte d’Erik Söderblom). Le comédien Olivier Boudrand, voix du narrateur et du marchand, change de timbre et vit le récit avec émotion. La musique de Tapio Tuomela, pour huit chanteurs, violon, alto, violoncelle, clarinette, harpe, accordéon, est d’une grande variété : harmonies subtiles, sons planants Antii Puuhaara Yves Berge bouche fermée, bruités, grandes lignes mélodiques, thèmes populaires, dissonances acerbes… avec de beaux soli de Jean Manuel Candenot, basse, et Rodrigo Ferreira, haute-contre. L’ensemble vit le récit, des bâillements à la naissance d’Antii aux multiples crescendi dramatiques ; la direction soutenue de Roland Hayrabédian fait naître une musique aux mille palettes : tuilages, legato lyrique, pizzicati étourdissants, bruissements d’une forêt terrible. Les instruments de chambre se jouent des difficultés rythmiques et mélodiques, tandis que clarinette, accordéon et harpe apportent de belles touches populaires ou impressionnistes : les procédés par amplification et variations sont d’une extrême difficulté dont se sortent avec honneur les musiciens. Un travail polyphonique et contrapunctique, conduit en présence du compositeur : on attend avec impatience la version scénique au Gymnase le 4 novembre ! YVES BERGÉ MUSIQUE 33 Ce concert s’est joué aux Archives et Bibliothèque Départementales Gaston Defferre, à Marseille, le 11 juin Lumineux ! Au théâtre des Bernardines l’ensemble Télémaque le 29 mai dernier s’est produit avec bonheur dans un programme exigeant Même si le titre Concert des psaumes peut nous paraitre reposant, il n’en est rien ! Dès les premières mesures échappées du magnifique théâtre, Preludium, Postludium and Psalm de la jeune compositrice hollando-polonaise Hanna Kulenty a donné le tournis à l’auditoire. Mais pas aux deux interprètes. Jean- Marc Fabiano (accordéon) et Guillaume Rabier (violoncelle) ont su maîtriser l’œuvre toute en virtuosité, véritable dialogue aux confins des possibilités timbriques des instruments, donnant parfois l’illusion auditive d’un scintillement électroacoustique ! Le violoncelle fut ensuite rejoint par la clarinettiste Linda Amrani, le violoniste YannLe Roux-Sèdes et le pianiste Hubert Reynouard pour le monument qu’est le Quatuor pour la fin du temps d’Olivier Messiaen. À part, avant-gardiste ou tout simplement hors du temps, la formation inédite de ce quatuor (au début seulement un trio comprenant le 4 e mouvement) a été dictée par la présence d’instrumentistes dans un camp en Allemagne en 1940. Inspiré directement d’une citation extraite de l’Apocalypse selon Saint- Jean, le très spirituel compositeur avignonnais éloigne l’auditeur du temporel à travers des rythmes striés complexes et des couleurs mystiques dans les huit mouvements qui composent l’œuvre. Cette profession de foi très difficile d’exécution a trouvé avec l’Ensemble Télémaque des interprètes formidables qui ont su non seulement se jouer des difficultés techniques dantesques mais également se fondre dans un univers mystique coloré chambriste en étant en parfaite osmose entre eux. Ce qui est une véritable prouesse, étant donnée la partition, et nécessite une complicité de longue date. Avec les interventions éclairées du directeur artistique Raoul Lay et une telle envolée musicale, le temps s’est vu suspendu pour un auditoire conquis, tout heureux d’avoir participé à cet événement. FREDERIC ISOLETTA YannLe Roux-Sedes Agnes Mellon'.serUatian : 11 42. rG 2, 3, & 4 juiiiet 2010 Eglise Saint-André de Rolm Bel Air Orgue. Curdes ti Vents RESERVATION RENSEIGNEMENTS 04 42 94 93 78 06 86 33 58 66



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