Zibeline n°30 juin 2010
Zibeline n°30 juin 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°30 de juin 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 9,4 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... la culture en danger.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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66 PHILOSOPHIE RÉALISME POLITIQUE LIVRE Idéalisme du bouclier fiscal : Platon est-il de droite ? Il est de coutume de considérer les opinions de gauche comme un idéalisme : elles projetteraient sur le monde des notions abstraites de justice auxquelles la réalité opposerait une résistance farouche. À l’inverse, les idées de droite sont de coutume qualifiées de réalisme puisque opposant à cet idéalisme la dure réalité des faits : il y a des riches et des pauvres on n’y peut rien changer ; toute politique doit donc soutenir l’effort des premiers à faire travailler les seconds. Or la fiscalité de droite est un idéalisme. Qu’entendons-nous par-là ? qu’elle considère ses idées indépendamment de la pratique : elle soutient que la baisse des charges des entreprises et les économies d’impôts des riches seront réinvesties dans le circuit de production, même si cela s’est toujours avéré faux. Cet idéalisme est soutenu par un autre que la droite manie : la liberté, qui se réduit en fait à la possibilité de s’enrichir quand on est déjà riche. Toute analyse montrant que cette définition réductrice de la liberté ne profite qu’à une minorité n’entame en rien les principes. Ainsi pour la droite le droit se substitue à la réalité. Puisque la liberté est principe de droit, peu importe qu’elle n’existe pas dans les faits. Cet idéalisme est en fait plus absolu que l’idéalisme radical de Platon. Celui-ci posait que les idées existaient indépendamment de la réalité matérielle : s’il n’y avait pas d’homme ou d’arbre, l’idée d’homme ou d’arbre existerait bel et bien. Idem de l’idée de justice dont l’absence d’exemple pratique n’implique en rien l’inexistence de l’idée. À tout le moins y a-t-il chez Platon une définition concrète de la justice, qui est que chacun reste à sa place. Ce qui est, dans les faits, le fondement de l’ordre social de droite. La justice est affaire de réalisme À l’inverse le réalisme considère qu’une idée n’a aucune existence indépendante de la réalité ; c’est le vieux débat d’Aristote contre l’idéalisme platonicien. On peut connaître ce monde par nos expériences et notre réflexion. La connaissance est donc toujours une connaissance de la réalité telle qu’elle est, et la science consiste justement à généraliser à partir de nos observations. De même la pensée de gauche s’enquiert de la réalité de l’expérience pour définir et construire théoriquement autour de cette enquête. Les débats concernent alors l’analyse contradictoire de l’expérience et des rapports de force réels, et non idéals. Un réalisme philosophique et politique se doit de revendiquer une fiscalité élevée, garante d’un état protecteur faisant fonctionner un système par répartition, des services publics forts, condition pour qu’une société fonctionne à peu près correctement. Les riches ne doivent pas payer parce que c’est idéalement juste, mais parce que le fonctionnement social, d’après les expériences réelles, se portent mieux à l’aune d’une fiscalité élevée. La justice est affaire de réalisme. La fiscalité n’est qu’un angle d’attaque parmi d’autres montrant qu’une politique de gauche est dans ses fondements réaliste et une politique de droite idéaliste. Ainsi la gauche qui accepte le libéralisme est idéaliste, et non réaliste comme elle voudrait le faire croire. RÉGIS VLACHOS Recherche objective Tout peut-il être objet de science ? La réponse négative, soucieuse d’humanisme, a l’avantage de balayer les dangers fascistes d’une mise en équation de l’action humaine. Il n’empêche que la science pourrait permettre à divers champs de la pensée, de l’histoire à la philosophie, de produire des discours plus rigoureux. Parmi les divers critères de la démarche scientifique, le souci des faits est indiscutablement la première exigence : il serait inconcevable qu’un scientifique ignore telle découverte majeure, alors que l’on admet qu’historiens et philosophes puissent ignorer des faits. Les sciences humaines reproduisent souvent la pensée dominante, et le monde intellectuel semble davantage soumis aux assauts de la propagande que la population. L’exigence d’objectivité, consubstantielle du combat émancipateur, est la principale préoccupation de l’œuvre de Chomsky et de son dernier livre, choix d’articles sur la nature humaine, la vérité et la liberté. S’appuyer sur la science pour définir la nature humaine permettrait en effet d’en finir avec certaines balivernes, comme la méchanceté ou le besoin d’un chef. Chomsky s’appuie donc, dans un premier long article, sur les acquis de la linguistique, sa spécialité. Le langage est tout à la fois une clé et un modèle pour une étude sur la nature humaine : étudier le langage c’est étudier un système de contraintes formelles. L’étude de ces contraintes présente un triple avantage : mettre à jour les principes objectifs de ce qui semble résister à l’enquête scientifique de l’homme ; comprendre qu’il n’y a pas d’actes créatifs aux infinies possibilités sans un système de contraintes formelles ; en finir avec l’idéologie de la malléabilité infinie de l’homme, qui ouvre la voie à la négation du principe constituant cette nature humaine, et qui est la liberté. Sur cette dernière question et comme toujours avec Chomsky, l’enquête philosophique va de pair avec l’attention minutieuse aux faits. L’homme a-t-il besoin d’être gouverné ? Les préjugés concernant le besoin du chef et de soumission ignorent les faits pour conforter la pensée dominante : l’auteur rappelle les nombreuses expériences de coopératives ouvrières dont l’efficacité était telle qu’elles durent être renversées. Par une analyse de la politique anarchiste en Espagne en 1936, il montre l’efficacité pratique des politiques d’émancipation et leur supériorité d’adéquation avec l’idée de nature humaine, à l’opposé du capitalisme de soumission qui est présenté comme allant de soi. On peut conclure avec Bouveresse dans son indispensable préface que toute recherche objective en philosophie, histoire, dans le domaine des sciences humaines, mène à des conclusions radicales. La vérité est donc bien une question de courage ! R.V. barnGhemsky Raison & libertés.r G,nnrurr, dr.cninr. i'fducalien d Ore Mir da ; Axilrnr@ Raison et liberté Sur la nature humaine, l’éducation et le rôle des intellectuels Noam Chomsky Préface de Jacques Bouveresse Agone, 25 euros a.r d',5-wu
LIVRE AU PROGRAMME SCIENCES ET TECHNIQUES 67 Technique ? T’es chnoque ! Souvenez-vous, chers Zibelecteurs, les temps héroïques où unies Sciences et Techniques naviguaient sur l’onde longue de cette rubrique. Hélas, vers le 22 e mois de son histoire, Techniques tomba à l’eau, alors que les Sciences resplendiSSantes survécurent. Le plus surprenant est d’avoir ignoré le naufrage. Pourtant c’était en conscience que nous avions embarqué les techniques à la proue de notre rubrique ! Heureusement, fin 2009 parut le très érudit ouvrage de Robert Halleux, Directeur de Recherches au Fonds National Belge de la Recherche Scientifique et Professeur à l’Université de Liège. Le Savoir de la main, savants et artisans dans l’Europe pré-industrielle, blasphème au culte de la déesse Science, est en effet le premier ouvrage qui analyse de façon approfondie les rapports épistémologiques et historiques entre sciences et techniques. C’est la lecture de ce travail (que pourraient vouer aux gémonies beaucoup de mandarins) qui nous fit prendre conscience de la disparition du mot « technique » dans le titre de notre rubrique culturelle. « De l’Antiquité à la Révolution Industrielle, ce n’étaient pas les mêmes gens qui écrivaient des livres et qui pratiquaient les métiers, les uns étudiaient la nature, les autres la transformaient. Entre eux il semble exister une cloison imperméable. En réalité, la faute en est aux historiens des sciences et historiens des techniques qui depuis longtemps se tournent le dos. » Pauvres historiens ! N’y a-t-il pas plus généralement une division -osons le mot- de classe entre ceux qui définissent le travail et ceux qui le font, le pratiquent ? Cette division entre « intellectuels » et classe productive remonte en effet à la plus haute antiquité. Le mépris de la tête pour les bras et… ses mains. Et pourtant, comme le dit si bien Aristote : « Anaxagore dit que l’homme est le plus raisonnable des animaux parce qu’il a des mains. » Notre civilisation spectaculaire revient sur les acquis du matérialisme en refaisant marcher le monde sur sa tête, en replaçant la définition imaginaire des choses avant la forme de leurs pratiques. Alors tant pis si on nous brûle, tout ce que j’ai appris c’est dans le rapport dialectique entre ma pratique technique [manuelle] et la théorie enseignée. Je tiens ce que je sais de ce que j’étudie en écho à ce que je fais. Mais lisez donc ce livre qui écrit bien mieux que moi ce que je pense si haut, et Madame la Rédactrice en Chef… je vous en conjure, rétablissez La Technique à côté de sa sœur et amie La Science pour le plus grand honneur et bonheur de la Culture zibelinienne. YVES BERCHADSKY Le savoir de la main Robert Halleux Armand Colin, 22,20 euros Au Programme Bio : divers cités Le cycle organisé par l’IRD dans le cadre de l’année de la biodiversité se poursuit avec deux nouvelles conférences présentées dans la salle de conférence de la Bibliothèque de l’Alcazar de 17h à 19h à Marseille. Le 26 mai Des perturbations à haut risque ! par Jean-François Guégan, épidémiologiste. Et le 5 juin Voyage au cœur des récifs coralliens par Pascale Chabanet, biologiste marine. Institut de Recherche pour le Développement, Marseille 04 91 99 92 00 www.ird.fr vers un équilibre dont l’homme serait la mesure. Elles interrogeront la création et la culture comme contribution à restaurer le malade dans sa complétude, sa singularité et sa sensibilité face son enfermement dans la souffrance et les contraintes thérapeutiques. Une Charisme éthique hospitalière Le 29 mai de 9h00 à 18h00 à la Bibliothèque de l’Alcazar, les premières Conversations de Salerne, rencontres méditerranéennes autour du thème l’humain à part entière, Humanisation et médicalisation en Méditerranée. Au cours de cette journée organisée par de nombreux centres hospitalo-universitaires du pourtour méditerranéen, on débattra à coups de bâton interrompus sur l’histoire et l’actualité de la tension existant depuis toujours entre humanisation et médicalisation. Ces rencontres tenteront de faire pencher le balancier manifestation qui donne l’occasion à l’Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille de débuter un partenariat solide avec Marseille Provence 2013. Entrée libre dans la limite des places disponibles. Réservation recommandée. Conversations de Salerne AP-HM, Marseille 04 91 38 29 73 www.ap-hm.fr Conversations de Salerne, illustration/Sabine Allard Laser à quoi ? Plusieurs laboratoires marseillais du CNRS dégainent leur pisto-laser entre la Bonne Mère et la Faculté Saint- Charles à l’occasion des 50 ans de la mise au point de cette technique. La Société Française de Physique et la Maison des Sciences organisent plusieurs manifestations destinées à un large public. L’événement « laser » sera de mesurer la vitesse de la lumière par des « tirs » de rayon laser vert entre le centre scientifique de St-Charles et la Bonne Mère les 4, 11, 18 et 25 juin de la tombée de la nuit à minuit. Des animations seront proposées sous le trajet du laser au niveau du Vieux-Port, du cours Estienne d’Orves et du parvis de la gare Saint-Charles. www.cnrs.fr/50anslaser



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