Zibeline n°30 juin 2010
Zibeline n°30 juin 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°30 de juin 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 9,4 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... la culture en danger.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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60 LIVRES L’ai-je d’esprit En 1995, paraissait le n°173 de la revue Marseille, dirigée par Pierre Echinard, consacré au cinéma. En avril 2010, quiconque s’intéresse au 7 e Art lira avec enthousiasme le n°228 de cette même revue à l’iconographie soignée, et à la superbe couverture rouge. De l’architecture des salles aux projets en cours, en passant par les tournages, l’exploitation et la diffusion, sans oublier les cinéastes qui ont marqué Marseille, c’est à un tour de ville que nous convient les auteurs, cinéphiles compétents et passionnés. Daniel Armogathe, directeur de la Cinémathèque, y évoque les premières années du cinéma à Marseille, et les courtes bandes comiques de Feuillade et son héros, Bébé, puis Bout-de-Zan dans les années 1910, l’histoire des Studios Paul Ricard, des Films du Soleil ou de l’INA- Méditerranée. Le « château » de Pagnol va devenir la Maison des cinématographies de la Méditerranée. Mais qui connaît le passé de cette bastide érigée au XV e siècle, appelée la Buzine par féminisation de Buzens, son propriétaire ? Georges Reynaud nous en conte l’histoire jusqu’à son rachat en 1941 par Marcel Pagnol qui voulait en faire une cité du cinéma ! ARTS LITTÉRATURE Depuis Phare de la Mariée, première étude du Grand Verre par Breton en 1935, combien d’exégèses suscitées par l’œuvre de Marcel Duchamp ? Avec cette biographie filmée, Fabrice Maze réussit une grande œuvre, vraiment. Il nous permet de suivre l’anartiste dans la transformation radicale de son art vers une esthétique novatrice et intransigeante, de Jeune homme et jeune fille dans le printemps (1911) à Étant donnés… conçu à partir de 1946 et seulement dévoilé après sa mort survenue en 1968, selon le souhait de l’artiste. Riche de nombreux documents d’époque, films et témoignages exceptionnels ce documentaire, en deux DVD et un livret sous coffret, suit une chronologie en trois chapitres entre France et États-Unis principalement, complétée par une série d’entretiens avec des proches (hommages en contrepartie desquels manquent les contradicteurs). Jeux de découverte scientifique enfantins et jeu d’échecs, recherche de la quatrième dimension, principe de hasard, l’Almanach Vermot côtoyant Nietzsche et Stirner, calembours et contrepèteries, détournement d’objets banals, théorie de l’infra-mince ont constitué un fonds de pensée complexe chez Rrose Sélavy qui estimait qu’en art « le choix est la chose principale. » Et l’on sait l’influence de cette pensée sur l’art jusqu’aujourd’hui. Iconoxydable et passionnant ! CLAUDE LORIN Marcel Duchamp, Iconoclaste et Inoxydable Editions Seven Doc, coll. DVD Phares, versions fr., angl., esp., 270 min., 23 euros Marseille, ville de cinéma Architectes, historiens, universitaires se succèdent pour rappeler que Marseille, où se déroulent annuellement quelque 200 tournages, est une vraie ville de cinéma, même si, comme le souligne Jeanne Baumberger, la situation du cinéma « Art et Essai » y est très fragile, et paradoxale. Certains films ne passent pas à Marseille : bon nombre de cinéphiles ont dû aller à Aix voir le dernier film de Jane Campion ! Heureusement, le dynamisme d’une dizaine d’associations de cinéphiles amène à Marseille « une quantité impressionnante de films et de réalisateurs », organisant tout au long de l’année ces rencontres et festivals qui font la richesse de l’offre cinématographique. Au moment où sortait le n°173 disparaissait René Allio. Pierre Murat lui rend hommage dans ce numéro, et son film, le très émouvant L’Heure exquise a été projeté le 8 avril au CRDP. Le n°228 salue la mémoire d’un autre cinéaste, Paul Carpita, disparu récemment. Les pages tournent, marquées d’étranges analogies… ANNIE GAVA Revue Marseille, 8 euros Et Alger ferme les yeux sur le reste Dans l’Algérie des années 2000, Djo, commissaire à la retraite, reprend du service pour régler une dette, se mettant du même coup sur le dos une affaire opaque et sanglante. Autant le dire tout de suite, l’énigme de ce court roman très noir, La prière du Maure, est moins importante que l’atmosphère générale et que le côté politique, très descriptif. Et c’est heureux, car l’auteur, Adlène Meddi, qui n’est autre que le rédacteur en chef d’El Watan Week-end à Alger, connaît son affaire. C’est là la force de ce roman, qui lorgne aussi vers le documentaire et la chronique politique, et se nourrit également de réalité et fiction. Sous couvert d’une enquête sur la disparition d’un jeune homme, Djo, réactivant ses réseaux policiers, journalistiques et amicaux, va se retrouver mêlé à une lutte sans merci au sein des forces censées représenter la loi. Et l’on se retrouve plongé au cœur de conflits bien réels, de secrets politico-militaires qui éclabousseront jusqu’aux pays étrangers… Personne n’est à l’abri de ces turbulences, et l’on suit, au fil de chapitres de plus en plus courts et angoissants, le sombre destin des protagonistes dans une Alger qui n’est plus « la blanche » mais bien celle où certains doutent « de l’existence de l’aurore », et dans laquelle Djo est « un mort qui s’est peut-être oublié chez les vivants. » DO.M. La prière du Maure Adlène Meddi Ed Jigal, polar, 15 euros Marseille irop LE CINEMA A MARSEILLE ADLENe Mew) ! LA PRIÈRE DU MAURE
Indian saga En 2006, Le chemin des âmes a révélé le talent de Joseph Boyden. De l’épopée de deux jeunes Indiens Cree pendant la 1 re guerre mondiale, un objet est l’écho dans le deuxième grand roman du Canadien, Les saisons de la solitude. Il s’agit du vieux fusil rapporté d’Europe par l’un des héros, père et grand-père des deux protagonistes principaux de ce nouvel ouvrage. Si la carabine joue évidemment son rôle d’arme dans le récit, elle tient sans doute une autre place, plus symbolique ; comme un lien entre les deux romans et une figure concrète de la transmission, thématique centrale de ces saisons de la solitude. Quel héritage laisser à ses enfants quand on habite une réserve au bord de la baie James, que la plupart d’entre eux ne rêvent que de fuir pour un sud moins rude, plus opulent, Montréal, New York ? Quelles traditions de chasse leur enseigner quand ils préfèrent les fastfoods et les supermarchés et qu’on n’est plus « rien Fragments Titre énigmatique que celui-ci, Le Londres-Louxor… ça sonne comme un voyage, une promesse d’exotisme et d’aventures… Le prologue (n’est-ce pas théâtral ?) nous détrompe bien vite, avec son sous-titre, Note sur l’architecture du bâtiment, et l’entrée en matière sans équivoque, « Le Londres-Louxor est un ancien cinéma parisien. » Un autre cinéma Paradiso ? Non, ce n’est pas encore cela. Après un prologue tout à fait fantastique -disparitions inexpliquées, lieux chargés de mystère- se développe un roman étrange, aux voix multiples, aux points de vue fragmentaires. La plume oscille entre intériorité et détachement. Véritable métaphore de l’écriture, le texte détruit ses personnages, les reconstruit, fait intervenir des êtres inquiétants qui semblent se nourrir de l’essence même de ceux qui leur tombent entre les mains : les Vieilles, Parques contemporaines, viennent prélever des échantillons d’ADN ; le patron du cinéma brouille les pistes ; les échos de la guerre, la diaspora bosniaque, tissent une fine enveloppe à l’intrigue. Que sont devenus les tableaux volés de que des hommes et des femmes devenus vieux et fatigués qui n’ont plus la force de lutter pour ce qu’ils aiment » ? Boyden ne fait pas de grands discours mais la fiction qu’il imagine est éloquente : deux monologues alternent de chapitre en chapitre, celui de Will plongé dans le coma et celui d’Annie, sa nièce, qui vient lui parler chaque jour sur les conseils de l’infirmière. Deux voix, deux itinéraires mouvementés, deux personnages forts de leurs fragilités mêmes. Au chevet de son oncle, la jeune femme comprend que sa place est parmi les siens, tout près de la Moose River, et que la beauté cree n’a que faire des sunlights. Une belle histoire de famille, de peuple et de grands espaces. FRED ROBERT Les saisons de la solitude Joseph Boyden Albin Michel, 22,90 euros Le LandresLouxor Jakuta Alikavazovic la fondation Bührle dans laquelle Ariane, la sœur de Esme, le personnage principal, a travaillé ? Qui est vraiment Esme ? Prête-nom d’un écrivain, évanescente dans une blondeur fabriquée, fragile et pâle, retrouvera-t-elle sa sœur, et prendra-t-elle enfin consistance ? Ce roman attachant pratique une esthétique magistrale de l’effacement. Ainsi le critique littéraire devient analphabète en tombant amoureux ! Une musique sourd curieusement de cette écriture profondément originale… MARYVONNE COLOMBANI Vulgarisation ou encyclopédie ? Les ouvrages sur la danse contemporaine ne sont pas légion, hors quelques monographies. Philippe Noisette, critique de danse aux Echos, aux Inrockuptibles et à Danser, publie un ouvrage généraliste intitulé sobrement La Danse contemporaine, dans la collection Mode d’emploi de Flammarion. L’ouvrage est attrayant par ses couleurs, sa maquette, son prix aussi, raisonnable, et ses photos pleine page très nombreuses illustrant avec soin le propos. En tenant lieu parfois, tant elles sont parlantes. Mais il n’échappe pas aux aléas du genre : comment choisir, lorsque l’on veut balayer tout un art, seulement 6 précurseurs, 30 chorégraphes marquants, et une dizaine de dates-clefs ? Son livre hésite donc entre l’ambition d’être un ouvrage consultatif de référence -ce qu’il réussit par endroits- et celle de constituer une porte d’entrée pour néophyte. Les premières parties, intitulées C’est quoi ? puis Quel intérêt ? et Ne dites plus… combattent quelques préjugés mais, parce qu’elles gadgetisent les tendances, ne semblent pas s’adresser au même lectorat que la suite, plus pointue, de l’ouvrage. Un deux en un préjudiciable ! AGNÈS FRESCHEL La Danse contemporaine mode d’emploi Philippe Noisette, photos Laurent Philippe Flammarion, 24,90 euros LIVRES 61 4.":1- NO EN Les saisons de la solitude À noternnter : Tn.cenh Joseph Rnvrlen Boyden fera ecra escale dans deux librairies du département, le 26 mai à Gardanne (librairie Aux vents des mots) et le 27 à Marseille (librairie l’Attrape mots). Londres-Louxor Jakuta Alikavazovic Editions de l’Olivier, 16,50 euros Les Éditions Parentheses et Émouvante proposent : Dianeui51i11ÏdiUt, une fiction ? lecture et musique par Patrick Williams textes Raymond Boni guitare à ['pension de la parution du livre de Patrick Wiltialns Les quatre vies posthumes de Django Reinhardt 15.23c., 2880., 2910 I5011 578-5-86364-656-4 1 16C le vendredi 28 mai 2010 à 19 heures Éditions Parenthèses 72, cours Julien 13006 Marseille tél. : 0 495 081 820 into@ed itionspa rentheses. tom



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