Zibeline n°30 juin 2010
Zibeline n°30 juin 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°30 de juin 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 9,4 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... la culture en danger.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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gratuit 52 SPECTACLES TOURSKY GYMNASE SALINS PÔLEJEUNEPUBLIC MASSALIA Extra-ordinaires e%eunesse voyageurs Voyageurs immobiles Pascal Francois Philippe Genty est-il jamais retombé sur terre ? Ou préfère-t-il vivre entre deux océans, deux déserts, sans se détacher de ses voyages rêvés ou réels ni des paysages traversés aux quatre coins du globe… Il en fait même la matière de son spectacle, Voyageurs immobiles, prolongement de Voyageur immobile créé en 1995. Là où il était question d’un seul personnage prisonnier de ses propres voyages intérieurs, voici qu’une horde d’ombres errantes le rejoint. Semblables et pourtant distinctes. Et leur chevauchée improbable, leur quête d’absolu ne font que commencer à travers des mers déchaînées, des déserts blancs comme neige, lunaires, ou noirs comme la surface des lacs. Face au déploiement de décors majestueux, aux dialogues surréalistes, à la combinaison magique entre acteurs et marionnettes, à la débauche d’accessoires insolites (masques, artifices poétiques, sacs plastiques, prothèses, chapeaux, bandelettes), le spectateur n’offre aucune résistance. Le théâtre visuel et esthétique de Philippe Genty l’embarque aussitôt vers des terres inconnues, des contrées désolées, vers un Eden enchanteur, à bord d’une barque chancelante ou d’une montgolfière légère, légère… Le spectacle prend appui sur des situations réelles, un imaginaire collectif, des contes familiers et des chansons populaires avant de s’offrir de beaux dérapages contrôlés pour dire que la vie est joyeuse et la haine le clignotant rouge avant la fin du monde… M.G.-G. Voyageurs immobiles a été donné les 22, 23 et 24 avril au Toursky 6 milliards et moi et moi Annoncé pour un public à partir de 6 ans, Le Globe de Thierry Bedard met la dragée haute : il faut être âgé d’au moins 10 ans pour comprendre « un certain état du monde, et un certain désastre dans nos relations avec le monde ». Si la scénographie et l’interprétation sont admirables, il est inimaginable de croire que de jeunes enfants peuvent retenir une once d’information sur la théorie de l’incertitude de Kant et la pensée co-constructiviste d’Edgar Morin ! Excepté les intervalles comiques de la conférence, l’interactivité ponctuelle avec la salle, les globes en plastique qui font pschitt quand ils crèvent et le vrombissement d’images stroboscopiques, ils décrochent immédiatement et le calme est bien difficile à retrouver… Dommage car le duo de choc maître de conférence et assistant fonctionne à merveille jusque dans la caricature : rigidité professorale pour l’un, esprit lunaire pour l’autre et facéties pour les deux. Mitraillés par une avalanche de chiffres et de noms propres, seuls des élèves aguerris à l’économie, la culture, la religion, le social, la diplomatie, la démographie pourront tirer le meilleur parti de cette leçon de géopolitique intelligente et instructive. Et dépasser les trouvailles ludiques et visuelles du spectacle pour en saisir tout l’enjeu : depuis le premier homme sur la terre, la guerre fait rage, et l’avenir est incertain. Bombes atomiques, réchauffement climatique, exploitation des richesses, contrôle des voies d’accès… la compagnie Notoire est en alerte et avise la jeune génération de l’état du monde : adultes de demain, réveillezvous ! MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Le Globe a été joué les 11 et 12 mai au PôleJeunePublic au Revest et au Théâtre Massalia les 18 et 19 mai Le Globe T. Burlot Le vrai du faux Les contes de Grimm Agnes Mellon Les adaptations des contes des Grimm par Olivier Py ont un côté clinquant, factice et grosses ficelles absolument réjouissant. Tapageurs, parlant trop fort, exagérant les effets, les comédiens adoptent la distance du clown, avec clins d’œil au public, à l’actualité, en glissant pardessous, avec délectation, un discours subtil sur l’amour, la vérité cachée, la révélation. La langue est toujours aussi belle, regorgeant d’aphorismes, illuminée de trouvailles poétiques posées comme négligemment dans les tirades. Quant aux décors ils empilent des portes, dévoilent leurs envers, exhibent leurs machineries. C’est rouge, violet et noir, lumineux, énergique, dévoyé, provoc et trans juste ce qu’il faut pour que les enfants ne se choquent pas, et que les parents rigolent, mystique et sublime juste assez pour titiller un peu l’âme, sans trop agacer les matérialistes. Une esthé-tique du factice qui montre que la vérité ap-parente n’est qu’un reflet trompeur, que l’illusion est partout prête à vaincre, que rien n’est plus profond et véritable que ce que l’on croit faux. Excepté le faux des musiciens, qui franchement, dans La Vraie Fiancée, arrache les oreilles… AGNÈS FRESCHEL La Vraie Fiancée et L’eau de vie ont été joués au Gymnase du 27 au 29 avril et aux Salins (Martigues) les 6 et 7 mai
THÉÂTRE DE FOS LA CRIÉE OMC SIMIANE SPECTACLES 53 Commedia del mondo Réunir sur une même scène autour d’un même propos deux théâtres aussi éloignés par la géographie et l’esthétique que celui de la commedia dell’arte et l’opéra chinois, relève d’une double gageure, concilier deux univers et deux langues. Cette improbable a entente s’est produite sur la scène de Simiane. Le Théâtre des Asphodèles, dans une mise en scène inventive et drôle de Luca Franceschi, réussit brillamment cet impossible pari. Les huit comédiens, chinois et européens, font un jeu du décalage des Arlequin navigue en Chine X-D.R langues. Inénarrables instants de doublage, de traduction simultanée, de dialogues dans lesquels les phrases créent un tissu musical qui ajoute à la force comique des personnages. L’argument repose sur l’intrigue classique des amours contrariées, tous les personnages de la comédie sont là, de l’ingénieux Arlequin au vieux barbon bougon et au Matamore, marin en l’occurrence… Bien sûr, il y a les amoureux, la douce princesse chinoise enlevée, et l’amoureux rêveur qui poétise. Tout concourt à une magistrale réussite : le jeu traditionnel des masques et les prestations acrobatiques époustouflantes de l’Empire du Milieu, un langage des signes comme universel, une connivence entre les acteurs et le public, avec un jeu dans et hors du théâtre : les comédiens se griment, se bousculent pour aller endosser un rôle, hurlent qu’ils ne sont pas encore prêts… L’art est vraiment le ciment des peuples. M.C. Arlequin navigue en Chine a été joué à l’OMC Simiane le 24 avril Au fil de l’eau C’est à un beau voyage dans l’espace et le temps, à bord de l’Hirondelle et la Mésange, que nous ont conviés Fotokino et la Criée en proposant le film d’André Antoine, restauré par la Cinémathèque française. On nous avait prévenus : datant de 1920, le film est projeté en 18 images/seconde, ce qui crée un scintillement… ce fut un éblouissement ! Accompagnés brillamment à l’accordéon diatonique de Marc Perrone, les spectateurs se sont promenés au fil de l’eau, le long des berges de l’Escaut. Quittant les péniches pour les rues d’Anvers, ils ont suivi le cortège de l’Ommegank qui fêtait ses 25 ans en compagnie du marin, Pierre van Groot et de sa femme, Griet, de la jeune Marthe « en âge d’être mariée » et de son prétendant, Michel, le « poisson o d’eau douce » qui navigue en eau trouble. Ils y ont vu des chars tirés par des chevaux, dont celui de Rubens ; ils ont franchi ponts et écluses, quitté la Criée pour le marché aux poissons de Tamise, assisté au dur travail de halage et à la savoureuse séance de photos-truquages. Ce film, poétique et documentaire à la fois, qui raconte une histoire de contrebande, d’amour et de trahison, a permis aux spectateurs de s’évader pendant 80 minutes de Marseille pour les Flandres et le Nord, et de découvrir qu’André Antoine, figure historique du théâtre, fut un réalisateur hélas mésestimé ! ANNIE GAVA Marc Perrone X-D.R. L’Hirondelle et la mésange a été projeté le 30 avril à La Criée Au fond du trou Une forme allongée dans la pénombre remue, sorte de mue gémissante qui n’a pourtant rien d’un insecte… Dans cet univers souterrain où se meuvent des ombres menaçantes, un homme émerge, titubant, les gestes imprécis. Les minutes puis les heures passent sans qu’il parvienne à se dresser. Dans la nuit Gregor Samsa, insecte modèle qui travaille d’arrache-pied pour rembourser les dettes de son père et faire vivre sa famille s’est transformé en être humain. C’est ainsi que le théâtre Mu s’empare de l’œuvre de Kafka, inversant les rôles en rendant humain celui par qui le scandale arrive. La scénographie renforce encore la situation, la famille de Gregor étant représentée par des marionnettes de plus de 2 mètres, manipulées à vue, fragiles et magnifiques. Mais o La Metamorphose Stephane Vallet alors que le texte de Kafka s’attache à rendre réaliste et tangible le sentiment de l’absurde, la mise en scène d’Yvan Pommet se focalise sur la métamorphose et ses conséquences sur le microcosme familial, et dans une moindre mesure social, de façon essentiellement visuelle, reléguant le texte à une portion congrue. C’est dommage, la pièce perd de son intensité, laissant le spectateur au seuil du terrier… DO.M. La Métamorphose a été jouée le 23 avril au Théâtre de Fos



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