Zibeline n°30 juin 2010
Zibeline n°30 juin 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°30 de juin 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 9,4 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... la culture en danger.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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gratele 50 SPECTACLES NÎMES GTP GRASSE LE REVEST Zen Envoûtant Le rêve parfois sur scène se matérialise. C’est ce qui se passe lors de Flowers in the mirror par la troupe de l’Opéra du Sichuan de la ville de Chengdu, dans la superbe mise scène de Charles et Vincent Tordjman. Le court livret précise l’importance de l’œuvre, inspirée d’un roman qui fait partie des grands classiques de la littérature chinoise de la dynastie Qing (1644-1911), mais c’est à la magie extraordinaire du spectacle que l’on est le plus sensible. Le décor jongle avec les reflets, la mise en scène travaille les espaces, joue sur les profondeurs, l’artifice théâtral se transforme en objet même de théâtre… Les modulations des voix, les intonations, les phrasés nous emportent dans un autre monde, tout de subtilité, de décalages infimes… Les costumes participent de la fête, dans leur chatoiement, leur variété, leur infinie complexité. Le conte de la déesse des fleurs bannie puis réconciliée avec le monde des immortels est charmant, et garde cependant au-delà du merveilleux une vision critique du monde des mortels, prenant les allures du conte philosophique… Quant aux saluts, c’est un autre spectacle offert au public que ces virevoltes, ces acrobaties gymniques époustouflantes, ces cracheurs de feu (on comprenait alors le vide des premiers Histoires de chant Chante moi une histoire 2 X-D.R. Le 9 mai dernier, un public jeune, très jeune, était assemblé au GTP pour assister à Chante-moi une histoire. Accompagnée avec finesse au piano par Fantaisie hypnotique « Calme, calme… Patience, patience » répète inlassablement la voix off aux quatre compères en camisoles enfermés entre 5 blocs de bois, grands et encombrants, et 12 boîtes. C’est que ces hommes au crâne rasé, quasi interchangeables, pourraient devenir fous s’ils n’y prenaient pas garde ! Heureusement, ils rivalisent d’inventivité - question de survie - et s’ingénient à déborder du cadre pour être heureux. Comme dans un jeu de quilles, tout ici est question d’équilibre, d’abord entre leurs tempéraments bien trempés (le facétieux, l’angoissé, l’incrédule, le naïf) ensuite dans leurs corps qui grimpent aux arbres, échafaudent des installations périlleuses, jouent au chat et à la souris, jonglent avec des boules en bois. Le ballet des Argonautes est si minutieusement orchestré et sa partition exécutée avec la précision d’un métronome que rien ne peut enrayer la machine : pas un mouvement du corps, pas un déplacement d’objet, pas même une fausse Pas perdus A.Chaudron François Kerdoncuff, la cantatrice entre en scène, précédée de son chant. Clair obscur, robe longue rouge, impressionnante… mais une connivence quasi immédiate s’instaure avec le public. La diva se raconte, ses routes, ses tours de chant, elle prend une pause, grâce à nous. La robe laisse la place à un costume plus commode, dans lequel on peut bouger, jouer… rappeler des souvenirs d’enfance, depuis la savoureuse chanson du bébé de Rossini où les « pipi caca » s’en donnent à cœur joie, jusqu’à La Fontaine revisité par Offenbach (impossible d’oublier la cigale et la fourmi après cela !), ou Prévert qui nous entraîne autour du monde « en sortant de l’école » … Une interprétation enjouée, juste, sans faux effets, une voix qui ne bouge pas malgré les difficultés, et une magnifique articulation qui rend compréhensibles les passages vocaux même les plus délicats ! Le voyage rangs !), et cet art des masques, qui se transforment le temps d’un battement de cils… On côtoie le merveilleux ! M.C. Flowers in the Mirror a été joué le 4 mai au Théâtre de Nîmes et les 7 et 8 mai au GTP musical s’appuie avec intelligence sur de petits objets, livres cartonnés qui s’ouvrent sur de merveilleuses architectures de papier : les animaux naissent ainsi sur le piano, une valise s’ouvre sur un voyage qui s’anime… Une veste et un chouchou dans les cheveux, l’aventure est à nos portes ! La cantatrice reprend sa robe de travail, remercie le public du bonheur de cette récréation… Agnès Mellon reçoit un succès mérité : elle a captivé pendant une heure le plus terrible et le plus exigeant des publics : les enfants ! MARYVONNE COLOMBANI Le récital d’Agnès Mellon s’est déroulé le 9 mai au Grand Théâtre de Provence note de violon (les jongleurs acrobates sont aussi musiciens !). Alors d’où vient cette folie absurde qui déclenche l’hilarité ? De l’interprétation muette et joyeuse, de la fantaisie de l’histoire, du comique des quatre bâtisseurs, de la réjouissance de leurs performances. Chacun teste les limites de l’autre, adopte une allure désinvolte ou fait mine d’être en colère quand le bon ordonnancement des choses est en péril. Gare à celui qui pousse un peu trop la farce ! Mais tout est bien qui finit bien et le quatuor parvient à s’accorder : ce n’est pas la composition pour 1 violon à 4 mains qui dira le contraire… M.G.-G. Pas perdus a été donné les 21 et 22 avril au Théâtre de Grasse et les 26 et 27 avril au PôleJeunePublic au Revest Repetition Fleurs dans le miroir X-D.R
LA FRICHE MIRAMAS BERRE DURANCE APT SPECTACLES 51 Naissance des émotions Éric Goulouzelle construit ses figurines dans l’atelier du Tas de sable à Amiens, lieu de création, de formation autour de la marionnette, créé par Sylvie Baillon, metteure en scène, également formatrice à l’ENSAM de Charleville- Mézières. Pour Léon, Li, Louis une commande a été passée à Valérie Deronzier sur le thème des peurs et des émotions enfantines. Résultat : trois histoires de 15 minutes qui s’enchaînent, chacune dans une tonalité différente. Les marionnettes sont manipulées à vue par leur créateur et Élisa Voisin devant un décor très sobre : des arbres blancs découpés derrière lesquels se cache le jeune Léon avant de partir à l’école où il retrouve ses copains, figurines colorées en ribambelles. Ce jour-là il rentre pour la 1 ère fois en contact avec « la toujours seule » et toute bleue, Ilka. Et c’est un grand trouble qui les saisit : Léon se sent tout léger et tout à l’envers, et il Au fin fond de l’univers Accueillis par de drôles de spationautes silencieux, sous un dôme éclairé muni de grandes fenêtres, les petits spectateurs étaient prêts à décoller, à aller voir de plus près ce qui se passe dans les étoiles, dans cette soucoupe étrange, quand la lumière du jour s’éteint… Sur les murs et par les hublots, des jeux d’ombres, magnifiques apparitions colorées, qui laissent présager d’un voyage lointain. À des annéeslumières de la terre, une petite planète se laisse approcher : là, hors du temps, vit un drôle de petit bonhomme, Ploum, marionnette manipulée dans le noir qui se déplace sur son parapluie et dont on savoure les sauts en apesanteur pour attraper les étoiles, jouer au ballon ou échapper au monstre glouton dévoreur de planète… Et Leon, Li, Louis Veronique Lesperat-Hequet rencontrer celle qui, comme lui, habite un bout d’univers, celle avec qui il pourra flotter encore longtemps au milieu des étoiles. Revenus sur terre, les enfants, presque déçus de reconnaître un environnement familier, purent apprécier un nouveau lever de soleil (malgré la pluie !). Formidable ouverture sur l’imaginaire concoctée par la compagnie Le Clan des songes, qui, par des silences et des images, permet un véritable voyage bien loin de la terre… DO.M. La Nuit s’en va le jour a été joué au théâtre de la Colonne le 28 avril et au Forum de Berre le 5 mai La nuit sen va JL Sagot La nuit sen va JL Sagot s’envole comme un ballon ! Puis vient la petite fille modèle, Ma, tout en rose et diadème, sollicitée pour compter jusqu’à 100 et qui pique une colère terrible. Pour finir le petit Louis a peur du noir et ne veut pas dormir... Spectacle qui apprend à nommer les émotions sur fond de musique électroacoustique et de voix d’enfants enregistrées. Chaque histoire est soulignée de comptines et certains enfants des trois classes maternelles présentes le 30 avril chantonnent en repartant… Création sensible pour enfants sages... ou pas ! CHRIS BOURGUE Léon, Li, Louis, par la Cie Ches Panses Vertes, s’est joué du 24 avril au 4 mai au Petit Théâtre de la Friche Belle de mai Une histoire criminelle… Et il me mangea X-D.R. Dans son grand livre illustré, le Vélo-Théâtre a ouvert la page à la lettre L comme loup et M comme maison. Et sur la couverture, il a écrit en grosses lettres noires, bien épaisses, « Et il me mangea ». On pense immédiatement au Petit Chaperon rouge, bien sûr, sauf que sa version est inédite, sombre, cruelle et si décalée ! Le loup a une queue de loup (la tristesse de Charlot Lemoine hurlant à la mort arracherait des larmes à un macchabée !) ; la maison de mère-grand est là, mais réduite à une maquette ou dessinée sur du calque à partir d’un rétro projecteur (la compagnie excelle dans le théâtre d’images). Et le Petit Chaperon rouge est méconnaissable : il a pris un sacré coup de vieux avec ses cheveux gris et son pas traînant, égrenant ses souvenirs (le filet de voix monocorde de Tania Castaing dit toute la détresse de la violence vécue). Et puis, dans cette maison qui devient « le théâtre de nos peurs », il y a un drôle de personnage : un factotum muet qui manigance, épie, et qui, à ses heures perdues, se fait passer pour un lapin. Excellent José Lopez dont c’est la première apparition sur scène. Dehors, le loup rôde ; dedans, la petite fille se souvient. Et tout se mélange : la metteure en scène Francesca Bettini et ses complices déstructurent l’histoire, inventent des personnages, transforment le loup en victime et le Petit Chaperon rouge en bourreau. Un comble ! Mais qui a mangé qui ? … Admirablement éclairée, ingénieuse dans sa forme (théâtre d’ombres, papiers déchirés, accessoires miniatures), la nouvelle création du Vélo-Théâtre raconte modestement une histoire bestiale. Et livre un dernier message subliminal : soyez courageux, sortez la nuit ! M.G.-G. Et il me mangea a été créé au Théâtre Durance les 22 et 23 avril, et au Vélo-Théâtre à Apt les 25 et 26 avril



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