Zibeline n°30 juin 2010
Zibeline n°30 juin 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°30 de juin 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 9,4 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... la culture en danger.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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36 MUSIQUE SPECTACLES À la sauce italienne Au faîte de son art lorsqu’il composa Don Pasquale en 1842, Donizetti, grand compositeur italien à la mode, était un homme brisé, affecté par la perte de sa fille et de sa femme quelques années auparavant. Le personnage central de la pièce, Don Pasquale, homme d’un certain âge, va se retrouver au cœur d’un complot ourdi par son « ami » le docteur Malatesta… Derrière une rhétorique parfaitement huilée, Donizetti dépassa le monde trivial de la farce et dépeignit avec justesse des portraits d’une grande humanité historiés d’une légère mélancolie ; tous les sentiments humains furent explorés avec grande justesse dans une partition marquée d’une profonde maturité. Le rôle, superbement soutenu par la voix chaude et ronde de la basse, Carlo Lepore, vint ici s’opposer à la légèreté et la frivolité de la soprano, la jeune italienne Daniela Bruera. Le personnage d’Ernesto, bien évidemment ténor, composé pour l’occasion par Francesco Marsiglia, compléta ce triangle adultère. Le public ne s’y est pas trompé, marquant son enthousiasme sous une salve drue d’applaudissements. En cette journée quasi estivale, Toulon fleurait bon les parfums d’Italie ! CHRISTOPHE FLOQUET Don Pasquale s’est donné à l’Opéra de Toulon du 20 au 25 avril Opéra de Nice a No trouble in thy breast Didon et Enée est un bijou baroque, miracle de concision, devant lequel on s’incline. Le public ne s’y est pas trompé, remplissant les travées de l’église Saint- Laurent, le 15 mai, soir de mistral, nuit des musées et de hourras footballistiques. Quelle bonne idée a eu Rémy Littolff de monter le chef-d’œuvre de Purcell ! Sa direction, taillée au millimètre, a poli son diamant, dosé les contrastes et les respirations, fait briller ses facettes : de l’hystérie des sorcières à la chute mortuaire, des ballets festifs aux chaconnes douloureuses, de la « chasse » obstinée à la froide annonce du messager… Soutenu par un ensemble instrumental de haut-vol (Quatuor Opus 16 et Julien Ferrando au clavecin), le Chœur Phocéen s’est montré particulièrement impliqué, en place et précis pour des interventions finement mesurées. Karine Magnetto a campé une Didon noble et émouvante avec, pour sommet, le fameux air When I am laid et ses déchirants Remember me ! à tirer des larmes. Le plateau de solistes, judicieusement distribué, a contribué à rendre à l’œuvre sa sobriété tragique : Jean-Christophe Born (Enée) ténor tout en majesté, Laury Littolff (Belinda) aérienne et claire à souhait, Ambre Monray, sombre et inquiétante magicienne… Une version de concert chaleureusement applaudie. JACQUES FRESCHEL Une Égypte vivante Cette production de l’opéra de Nice est une réussite. Verdi y est servi par un orchestre et un plateau homogènes, des lumières magnifiques et mise en scène subtile. Indra Thomas, soprano américaine, campe une Aïda très engagée, voix égale dans tous les registres, pianissimi d’esclave torturée Numi Pièta succédant aux imprécations fortissimo d’amoureuse passionnée Ritorna vincitor. Radamès est le coréen Jeong-Won Lee, voix solide de lirico spinto, parfois éclatante ; cependant, l’attitude est figée et l’absence de nuances entraîne des duretés dans les passages diminuendo. La mezzo russe Elena Manistina est une Amnéris étonnante : voix chaude, présence grandiose. Amonastro, Carlos Almaguer, roi déchu, magnifique baryton au timbre d’airain. Jean Teitgen, roi puissant et sobre, Nicolas Courjal, valeureux X-D.R. Ramfis. Décors, costumes et lumières étonnantes nous dévoilent des scènes où le blanc domine ; contrastes saisissants sur les appuis de bleus et doré : une esthétique remarquable. Le ballet est expressif et chatoyant, les chœurs de l’opéra de Nice se joignant à ceux d’Avignon et des pays du Vaucluse pour un beau travail, dans les passages triomphaux comme dans les invocations aux dieux, plus subtiles. La direction du jeune chef Rani Calderon est précise, enthousiaste, dégageant un lyrisme sensible sans emphase : l’orchestre dévoile de belles couleurs. Une intelligente mise en scène de Paul-Emile Fourny où l’on voit bouger la société égyptienne, les artisans façonnant des colonnes, peintres, teinturiers, musiciens, avec bien sûr, le Nil, les pharaons, les dieux, mais le drame s’y déroule dans une Egypte vivante. Sans anachronisme inopérant... YVES BERGÉ Aïda de Verdi s’est joué à l’Opéra Théâtre d’Avignon les 25 et 27 avril
MUSIQUE 37 Mixer sans folie L’idée ? Laurence Equilbey se transforme en Iko, s’adjoint les chœurs et l’orchestre Private Domain accompagnés d’artistes « électro » et chanteurs « pop ». Ensemble ils revisitent, arrangent et transforment des opus classiques de Bach, Mozart, Schubert, Beethoven, Rameau ou Monteverdi, avec l’aide de Para One, figure de l’électro française, Murcoff, électro expérimental, Marc Collin, musicien Nouvelle Vague, Paul et Louise, couleur pop et Rosemary Standley, de Moriarty, craquante dans ses interventions vocales, et de trois ordinateurs pour les sons échantillonnés. When I was laid (Didon et Enée) de Purcell devient, avec la basse obstinée à la guitare électrique, une chanson d’un bel effet. Death and maiden d’après Schubert, reste original : thème du Lied chanté par un chœur trop figé, l’ensemble instrumental jouant les variations du quatuor à cordes sur sons échantillonnés. Le lamento della ninfa (Monteverdi) reste émouvant, Rosemary répondant au chœur (Miserella) sur pulsations rock aux guitares. "'1 111-'="- Nic - r 1,11.(r ; 110o L X-D.R La meilleure surprise : les Indes Galantes de Rameau devient un super tube pop-rock, une danse des sauvages endiablée avec Paul et Louise. La 7 e symphonie de Beethoven garde une couleur trop classique. Dans la sublime mélodie de Fauré Après un rêve, Rosemary, très sensuelle, dialogue avec claviers, cordes frottées et chœurs en nappes. Ce projet ambitieux permettait d’espérer un feu d’artifice. La richesse mélodique et harmonique des musiques au programme sont un trésor pour des remix pop, rock, électro, qui peuvent puiser dans le beat essentiel du baroque et jouer sur les boucles caractéristiques des musiques électroniques aux possibilités inouïes. Mais le résultat manquait d’audace et de folie, de sons qui décoiffent, de mix plus appuyés, plus osés. Un mariage somme toute conventionnel ! YVES BERGÉ Le Grand mix s’est joué le 23 avril au GTP Question d’espace Le Flâneur de Jean-Louis Clot, opéra créé il y a quatre ans lors du festival du GMEM, a été repris au Gyptis dans une version qui lui va bien : un concert, simplement mis en espace, qui laissait toute sa place à l’écoute, et à l’imaginaire. Il y est question d’un promeneur qui passe de pays en allégories, de rencontres en retrouvailles, de quêtes aventureuses en rendez-vous tacitement convenus. L’espace dramaturgique y est ductile, à la fois référencé et rêvé, affectif, littéraire. La mise en scène et en voix du Nyssen ni fulgurance C’est un opéra miniature qui était repris au Théâtre d’Arles le 20 avril sous la baguette de Roland Hayrabedian dirigeant Musicatreize en formation resserrée accompagné d’un ensemble instrumental : clarinette, guitare, percussions, trio à cordes avec contrebasse et piano. Sur scène, trois sopranos commentaient l’action comme un chœur grec antique, à l’exemple du Requiem aeternam introductif, chanté recto-tono après le quatuor en sol mineur avec piano de Mozart jouant le rôle d’ouverture. Un glissement subtil opéré par le compositeur Bruno Mantovani nous amenait donc dans la musique du XXI e siècle afin de décrire le coup de cœur d’un passant devant une gravure de L’enterrement de Mozart exposé par un vieillard antiquaire et donnant son nom à cet opéra. Inscrit dans le cycle des Sept contes de Musicatreize, le livret de cette commande lyrique a été écrit par Hubert Nyssen à 4'6 quatuor d’interprètes -un banc, un pupitre, presque rien- laisse justement place à tous les espaces imaginables, présents, comme il se doit, dans la musique… Car aucun instrument n’accompagne cet opéra : simplement une bande, faite de conversations inidentifiables, de chœurs, de sons concrets et de synthèse qui, diffusés et spatialisés, lui donnent non seulement son épaisseur sonore, mais aussi une grande richesse évocatrice, comme documentaire, qui fait vivre les halls de gare, le bord de mer, les o partir d’une nouvelle qualifiée de « conte baroque ». Souvent cocasse, cette pochade donne à l’éditeur arlésien l’occasion de dériver sur les évocations loufoques de notre boutiquier, mélangeant le souvenir d’un chien philosophe au travers de quiproquos basés sur les assonances et les jeux de mots faisant parfois référence à l’univers Lacanien dans un monde qui oscille entre Kant et Kafka. Dans un décor fait de volumes sobres et mobiles, et mis en scène par Jeanne Roth, la musique illustre ce beau babil en créant des effets d’atmosphères musicales basés sur des modes de jeu contemporains, du trémolo aux longues trames de sons tenus en passant par les envolées d’une clarinette volubile. Sans fulgurance notoire, cette création de 2008 a néanmoins le mérite de la concision (1h avec le prologue) et de l’équilibre dans un discours musical varié et novateur. P.A HOYET Yves Petit foules, l’intimité… Là-dessus les lignes vocales des solistes viennent, presque étrangères, imprimer leur lyrisme qui semble une parole intérieure. Avec modestie, et une grande musicalité. Une très belle reprise ! AGNÈS FRESCHEL Le Flâneur a été recréé par Alain Aubin, Marie Prost, Felicitas Bergman et Laurent Grauer le 5 mai au Gyptis, dans le cadre de la programmation du GMEM



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