Zibeline n°30 juin 2010
Zibeline n°30 juin 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°30 de juin 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 9,4 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... la culture en danger.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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32 MUSIQUE SYMPHONIQUE L’Empereur s’habille en tailleur Brigitte Engerer Anton Solomoukhaei Obérons rapidement la sempiternelle 5 e symphonie de Beethoven et les insipides Quatre psaumes de Schütz de Betsy Jolas pour nous focaliser sur l’axe principal du concert proposé à Salon dans le charmant théâtre à l’italienne Armand : à savoir, le concerto L’Empereur par Brigitte Engerer. Seule face à son Steinway, à la sonorité métallique et agressive, et à l’orchestre de Cannes, au pupitre des vents particulièrement désertique, la concertiste de renom s’attaqua au monument de Beethoven. Bien soutenue par l’ensemble dirigé par Philippe Bender, la pianiste nous fit oublier la piètre qualité de l’instrument alternant passages robustes et dynamiques avec des arabesques perlées d’une rare beauté. Le second mouvement, longue dentelle mélodique en opposition au rondo final destructeur nous permit d’admirer toute l’étendue de la palette de jeu d’Engerer : trilles cristallines, virtuosité sans faille, emprise totale sur l’orchestre… du grand art ! un face à face monumental entre l’œuvre et l’interprète : impérial ! CHRISTOPHE FLOQUET Ce concert a eu lieu à Salon le 28 avril et aux Pennes-Mirabeau le 27 avril Cordes d’exception ! Le 4 mai, Frank Braley et Gautier Capuçon ont joué pour un concert organisé par le Rotary Club : la soirée s’est ouverte sur les Variations H378 de Martinu -à la place de l’Arpeggione de Schubert programmée- et, outre une Sonate de Schumannet des Variations de Beethoven, c’est dans l’opus 119 de Serge Prokofiev que l’intensité émotionnelle a été la plus forte. Créée en 1949 par le Grand Rostropovitch, l’œuvre envoûte immédiatement : au piano, Frank Braley a su dévoiler sa virtuosité tout en laissant Gautier Capuçon (et son superbe violoncelle, un « Goffriler » de 1701) séduire une salle déjà sous le charme de l’artiste qui avait interprété avec talent le Concerto opus 104 de Dvorak en février 2009. Le public, électrisé par tant de passion, a longuement rappelé les artistes qui ont rejoué avec générosité. Le 6 mai, ce fut au tour de Laurent Korcia -qui joue le « Zahn », un « Stradivarius » de 1719- de nous faire d Les grandes scènes nationales n’ont qu’à bien se tenir ! c’est en Avignon que se sont produits trois immenses artistes : Frank Braley, Gautier Capuçon et Laurent Korcia rêver en interprétant avec fougue le Concerto op.26 de Max Bruch, pages virtuoses dont tous les jeunes violonistes connaissent le lyrisme. L’orchestre, placé sous la baguette de Jérôme Pillement, a dignement soutenu le soliste qui s’est vu bissé plusieurs fois par le public. Le concert s’est achevé par la Symphonie « l’Horloge » de Haydn, chaudement applaudie. Le prochain concert symphonique (11 juin) sera encore placé sous le signe des cordes puisque c’est l’immense virtuose russe Vadim Repin qui viendra interpréter un Concerto de Prokofiev. CHRISTINE REY Laurent Korcia Andres Reynaga Frank Braley King Records Gautier Capuçon M. Tammaro Succès symphonique 0 Mikhaïl Rudy X-D.R Le dernier concert de la saison de l’Orchestre de l’Opéra de Toulon, en collaboration avec le Festival de Musique de Toulon et sa Région, a attiré du monde au Palais Neptune le 22 avril dernier. C’est qu’au pied du Faron on avait envie d’entendre le pianiste Mikhaïl Rudy dans Rachmaninov et son 2 e concerto. Le Russe, fort à l’aise dans l’expression sombre de l’âme slave, rompu aux traits virtuoses travaillés depuis le Conservatoire Tchaïkovski, a fait preuve de cœur et de puissance dans ce morceau de bravoure. L’ensemble n’a pas manqué de générosité, malgré une acoustique déséquilibrée, quelques accrocs et flottements dynamiques entre le piano et l’orchestre. Au programme, on a également apprécié une belle interprétation de la trop rare Symphonie de Bizet. Ce chef-d’œuvre de la littérature symphonique française, écrit par un tout jeune homme, fut servi par une direction vibrante (Giuliano Carella) et un solo de hautbois à élever l’âme, livré avec finesse et goût par la dernière recrue de la phalange varoise : Guillaume Deshayes. JACQUES FRESCHEL
MUSIQUE 33 Le quinzième festival de musique sacrée poursuit sa route jusqu’au 28 mai… Souffle romantique Elias est une fresque lyrique magistrale. Mendelssohn l’a composée (il n’y manque que peu d’atouts scéniques pour en faire un opéra) en se souvenant de Bach et des oratorios de Haendel. C’est du Livre Vibrations polyphoniques L’église Saint-Michel accueillait le 11 mai l’orchestre lyrique de Région Avignon Provence et le Chœur Régional PACA dirigés par Michel Piquemal, dans deux œuvres majeures : Pauken Messe (Messe dite des timbales) de Haydn et Lauda Sion op.73 de Mendelssohn. Le chœur, intense dans l’immense crescendo du Kyrie soutenu par les timbales, et recueilli dans un Benedictus planant, suit un chef précis, libérant un lyrisme communicatif : vigoureuse fugue du Credo et Agnus Dei impressionnants, croches régulières des cordes sur des roulements de timbales et les accents jubilatoires des cuivres. Dans le quatuor soliste, on retiendra l’engagement lumineux de Sandrine Eyglier, soprano expressive au timbre ample. Le ténor Vincent De Rooster et le baryton Ulrich Studer assurent correctement des parties moins exposées. Jacqueline Mayeur, mezzo-soprano, colore son timbre chaud, proche du contralto. L’OLRAP est homogène, cordes veloutées et interventions solides des vents. Le Lauda Sion, salvatorem (Sion, acclame ton sauveur), traduction musicale de la transsubstantiation du pain et du vin en corps et en La classe ! Le Festival de Musique Sacrée c’est aussi des concerts gratuits organisés dans des églises de divers quartiers de la ville par les élèves avancés des classes du Conservatoire. Le 9 mai à St-Julien, on a pu ainsi apprécier de beaux airs et ensembles vocaux interprétés avec talent et goût par de jeunes chanteurs de la classe d’Isabelle Vernet. La professeure, nouvellement arrivée dans la cité phocéenne pour Jean-Philippe Lafont X-D.R. des Rois qu’est tiré le livret d’Elias. Durant deux heures et demie les voix sont très sollicitées. Dans l’acoustique délicate de l’église St Michel, où les pupitres choraux ont tendance à se dissoudre dans la réverbération, le Chœur de l’Opéra de Marseille a montré sa brillante maîtrise technique. Sans économie, déployant un chant puissant, il a, d’une seule voix, articulé le texte à souhait dans les grands chorals, les contre-points variés, tout en préservant le souffle inhérent aux phrasés romantiques. On souligne le travail rigoureux effectué en coulisse par la phalange phocéenne et son chef Pierre Iodice. Pour les quatre principaux solistes, Maurice Xiberras avait fait appel à des talents de dimension internationale : Jean-Philippe Lafont et sa déclamation puissante, le charme vocal de Kimy Mc Laren, le timbre sombre de Qiu Lin Zhang et le ténor lumineux de Gilles Ragon, soutenus par la direction experte de Friedrich Pleyer à la tête de l’Orchestre Philharmonique de Marseille, ont donné toute sa dimension à cet opus qui manquait depuis quinze ans à l’affiche du festival. JACQUES FRESCHELei sang, de Mendelssohn, prouve la science du compositeur dans le domaine de la musique religieuse. Dessinée en traits larges fortement orchestrés, elle dégage un romantisme alternant rythmes vifs -châtiment du jugement dernier (sumit unus)-, motifs apaisés (Bone pastor) ou le magnifique choral chœur/soprano (sit laus, plena, sit sonora). YVES BERGÉ Orchestre de l'OLRAP Stephan Caso prendre la succession de Claude Méloni a assuré une forte présence pour soutenir ses élèves. Elle a dirigé et présenté ses « protégés » avec un enthousiasme communicatif. Des chanteurs pleins d’avenir qui furent accompagnés rituellement (et au cordeau !) par la pianiste Marie-France Arakélian ! J.F. Sacrément théâtral co Hasmik Papian Zaven Khachikyan Le Requiem de Verdi est une immense fresque en sept parties qui commémore l’anniversaire de la disparition du poète Manzoni et fait preuve d’une maîtrise parfaite du sens liturgique, d’une écriture magistrale, entre drame et aspiration sacrée. L’opéra de Toulon avait invité le chef Bruno Aprea, survolté, imprimant toute la palette de nuances exigée par la partition. Le quatuor soliste était de haute tenue : la soprano Hasmik Papian, domptait à merveille une redoutable tessiture, avec un Liberame me superbe ; la mezzo-soprano Elisabetta Fiorillo, aux graves imposants, donnait au Lacrimosa de belles couleurs plaintives ; le ténor Antonio Gandia, à la ligne de chant superbe, fut lumineux dans l’Ingemisco, la basse Marco Vinco noble et imposant dans le confutatis maledictis. Les chœurs de l’opéra, placés sur quatre rangées en haut de scène, étaient très convaincants dans les passages pianissimi planants, salva me, ou reprenant l’Agnus Dei des solistes, paliers a cappella, sur un fil, avec contrechants des bois, comme dans l’étonnant Dies Irae aux attaques décidées, leitmotiv puissant. Leur disposition, très en hauteur derrière les trois rangées de vents et les timbales, ne servait cependant pas la projection. L’orchestre de l’opéra donnait toute son énergie dans un Dies Irae tonique et on appréciait les nombreuses interventions des vents ; quelques décalages dans le début du Sanctus n’empêchèrent pas la fugue de s’imposer de façon rayonnante. Verdi au sommet de son art, entre Aïda et Otello, laisse une œuvre d’une immense poésie, pleine de force et d’espérance : liberame, Domine ! On pouvait aller en paix après cette interprétation généreuse et intègre. YVES BERGÉ Le Requiem de Verdi a été chanté les 14 et 16 mai à l’Opéra de Toulon



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