Zibeline n°30 juin 2010
Zibeline n°30 juin 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°30 de juin 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 9,4 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... la culture en danger.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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28 DANSE BNM Le Ballet National n’en finit pas de danser… Après son programme à l’Opéra de Marseille, un autre à Danse en avril (Aubagne), Métamorphoses aux Salins, une tournée en Italie, la carte blanche de ses danseurs, un [Mac] envahi lors de la nuit des musées… le BNM va danser la dernière création de Frédéric Flamand dans une Salle Vallier rééquipée… À ne pas manquer ! À l’Opéra on a pris plaisir à revoir la pièce de Lucinda Childs, à l’écriture précieuse et au rythme précis, épatant surtout dans le mouvement rapide… Les deux créations étaient moins intéressantes pour des raisons différentes : Eric Oberdorff, qu’on a vu plus inspiré, semblait avoir conduit ses danseurs hommes vers un univers assez convenu ; quant à la pièce d’Olivia Grandville, elle débutait avec génie -ah ces filles en survêt traversant sur pointes la scène- puis se perdait un peu en longueurs, et en références drôles, mais pas exemptes, bizarrement, de clichés féminins (importance du déguisement, de l’habillage/déshabillage, de l’échevelé…). Mais il était évident ce soir-là que le Ballet de Marseille avait subi une transformation, amorcée depuis un an : finis les manques d’impulsion, de dynamique, et les décalages fréquents d’une troupe qui ne parvenait plus tout à fait à danser ensemble. Les nouveaux danseurs ont visiblement impulsé une énergie nouvelle, reprise avec bonheur par les plus anciens qui les canalisent… À chat perché La dernière pièce de Frédéric Flamand en témoigne également. La vérité 25 fois par seconde a montré au Théâtre de Chaillot un Ballet en plein essor. La chorégraphie est en effet fondée sur les qualités individuelles des interprètes, qui offrent de très beaux duos ou moments solitaires qui témoignent de leurs personnalités. Ils font également preuve d’une grande cohésion qui permet des ensembles parfaitement réglés, et d’une généreuse ampleur. Mais l’intérêt de cette création réside dans son propos. Accompagnée par une musique omniprésente, la pièce repose sur une scénographie sans effets tapageurs, toute en finesse : comme dans le Baron Perché dont il BNM à l'Opéra Agnès Mellon s’inspire, Flamand conçoit un monde terre à terre répétitif et factice, où l’illusion règne, projetée sur des écrans qui mentent en désaxant l’image, en emmêlant captations immédiates et enregistrées. Un Œil énorme surveille le tout, et les buissons d’échelle conçus par Wei Wei séparent le bas du haut, qui semble un ciel inatteignable vers lequel personne n’osera s’échapper, ou dont les jeunes barons ne pourront plus descendre. Une pièce où la rotation domine pour mieux brouiller les repères et dont on sort presque étourdi. Ouverture à 360° Lors de la Carte Blanche aux danseurs au Grand Studio, leurs 9 pièces courtes ont fait preuve de liberté, et d’un plaisir à chorégraphier les uns pour les autres, à mêler leurs esthétiques et leurs cultures. Le résultat est décapant ! Énergie et maîtrise les animent tous, avec des atmosphères très différentes. Travail plastique et réflexions sur le couple de Marion Zurbach et Martin Harriague, images désarticulées du pantin dans un monde fou d’Angelo Vergari, originalité pleine d’humour de Malgorzata Czajowska, duo sensible de Marcos Marco, interrogations douloureuses de Gabor Halász. Mais aussi un travail sur la couleur et les différences avec Noir et blancdu bielorusse Anton Zvir et celui de Nahimana Vandenbussche, danseur d’origine burundaise dont la peau noire joue avec la farine dont il s’enduit le corps. Enfin la chorégraphie déjantée de Martin Harriague joue sur le dépaysement japonais en envahissant la scène de 25 poupées en plastique à l’image de la fameuse Kitty, héroïne « mignonne » et mièvre qui fait fureur chez les ados. Comme quoi une Ouverture peut mener loin ! Masculin C’est à un jeu très viril, intitulé Super Man Project, que Yasuyuki Endo invitait au [Mac] lors de la nuit des musées. Si l’interprète du Ballet demeure toujours aussi fascinant lorsqu’il danse, majestueux et ouvert comme un sphinx épanoui, sa proposition contenait beaucoup de maladresses, quelques très belles idées, et des moments éblouis. Les maladresses ? Des bananes qui sortent des slips, d’interminables vidéos dont une course travestie dans les couloirs du BNM, une juxtaposition de saynètes n’ayant rien à faire ensemble, et par-dessus tout un spectacle frontal mal pensé dans l’espace, offert à un public nettement trop nombreux dans cette configuration. Les trouvailles pourtant -la danse scotchée au sol, les corps à corps athlétiques, les costumes souples et colorés, la belle masculinité de cinq interprètes visiblement très bien guidés- laissent le spectateur en attente d’une proposition plus resserrée ou plus accomplie, sans vidéo maladroite, et dans une salle de spectacle… CHRIS BOURGUE ET AGNÈS FRESCHEL À venir La Vérité 25 fois par seconde Salle Vallier, Marseille Du 8 au 12 juin 04 91 32 72 72 www.ballet-de-marseille.com La vérité25x par seconde Pino Pipitone 0
MOD BALLET D’EUROPE DANSE 29 Remue méninges En ces temps de disette des concepts, la programmation de MOD fait du bien par où elle passe, posant de fondamentales questions même si on n’aime pas toujours les réponses ! Avec Appaix d’abord, à la Minoterie et aux ABD, puis avec Yvonne Rainer. En attendant Meredith Monk, pas moins ! Diptyque et variations Paul Verlaine aimait les vers qui boitent sans peser ni poser... ne pas compter douze mais onze et respirer la joie du suspens... Les jeunes interprètes du groupe Coline, issu des classes de formation professionnelle de La Maison de la Danse d’Istres, interprétaient donc en impair et sans le moindre faux pas la pièce pour eux chorégraphiée par Georges Appaix, Dodeca ou presque... Le titre à l’oreille sautille et affiche une liberté assumée ; nulle désinvolture pourtant dans cette prestation serrée, impeccable et d’une lisibilité revigorante : les danseurs livrent le temps d’un parcours sur plateau des fragments d’autobiographies imaginaires parlées (on y est souvent Suisse, tendance Chameau ; on pense à Godard-le-Fou), scandées par le geste, emportées par la course, scindées et traversées par l’irruption de l’autre, toujours interrompues donc et toujours à remettre en mouvement ; les Inventions de Bach dans leur précision didactique, légèrement déréglées par le souffle de GlennGould et le doigté d’Olivier Renouf semblent jaillir de l’énergie de chacun. Avec émotion on y reconnaît les matériaux qui ont construit l’histoire de La Liseuse : générosité de la transmission et intelligence de l’assimilation. L’exercice est parfaitement réussi ! Georges Appaix aime-t-il Paul Verlaine ? Quand notre danseur, en aparté troubadour, chante sur sa guitarejouet, défiant Fauré et Debussy, nul ne doute plus de sa malignité. À ce moment délicat, la salle de lecture de la BDP se remet à peine des perturbations savamment orchestrées par le sextet (voir plus haut) : le spectateur a d’abord foulé aux pieds un seuil de livres couchés, mosaïque ironique, avertissement sans frais ; assis à la table de travail, il a vu s’agiter de sombres employés en quête de sens (où ? à quel endroit ? du pied de la lettre à l’échelle des mots ?), passer à vive allure un hippocampe vibrant du feuilleté de toutes ses pages ; un peu perdu dans ce wonderland rempli de bruissements (la langue de Flaubert croise celle de Ghérasim Luca/les livres finement animés par Jean Pierre Larroche se rebellent/les danseurs ont les mots aux fesses et se glissent partout dans les oreilles), il a goûté à la délicieuse frustration qui fait tendre le cou dans toutes les directions : autant en emporte la vue et tant pis pour l’ouïe (ou l’inverse) ! En perspective Croiser Yvonne Rainer a de quoi déboulonner quelques attentes du spectateur de danse. Parce que son style affirmé, dansé, refuse la torture du corps, le trop tendu trop placé trop sec trop vite que l’on voit chez le danseur contemporain comme chez le classique. Mais elle ne sombre pas non plus dans le rien, le minimal, l’esquisse (qui n’est autre que l’envers du trop-tendu-trop…). Ses quatre danseurs tranquillement laissent leurs corps divers dire toute la gamme des joies d’être, dans un relâché qui n’est pas avachi ou morbide mais expressif, suggestif, humain, simple comme des gestes quotidiens que vous ne feriez pas, pourtant. Dans Spiraling down elle parle de cela, du corps, qu’on endurcit ou pas, qu’on aime ou pas, qui a un vécu, une forme. Ros indexical questionne de surcroît la place du public. En s’attaquant au Sacre et en rappelant combien, il y a près d’un siècle, il avait fait scandale ; en imposant un univers où les danseurs répondent, quand ils le veulent, aux élans de la musique et non à l’argument ; en introduisant des perturbations lumineuses, puis en théâtralisant une intervention de spectateurs préparés. À l’heure où le public se comporte souvent en consommateur insatisfait, et trouve parfois des échos auprès des pouvoirs publics, il est bon de rappeler que les grandes œuvres du passé ont souvent été accueillies par des Europe poursuit sa route Comme chaque été le Ballet de Jean-Charles Gil multiplie les événements et les créations en Provence et en Europe. Avec une première étape le 10 juin, à La Friche : l’occasion pour le chorégraphe de présenter son projet sur l’eau, qui le conduira jusqu’en 2013 au terme d’une recherche, déjà bien Comme un souffle de femme J.-C. Verchère entamée, sur la fluidité et la sensualité. Témoin ce Comme un souffle de femme, ballet en deux trio mixtes qui, sur des musiques de Theodorakis, laisse voir comment des corps différents s’emparent de la même partition chorégraphique pour donner jour à des interprétations très dissemblables. La soirée verra aussi la création de Extra-vaganza, sur la musique de Vivaldi, référence des danseurs classiques. Un duo d’une belle étrangeté avait été créé en 2008, intégré à Folavi. Jean-Charles Gil prolonge, et monte tous les mouvements de la Stravaganza, concerto mythique, avec six de ses excellents interprètes. Comme un souffle de femme. Extra-vaganza Ballet d’Europe Le 10 juin La Friche, Marseille 04 96 13 01 12 www.balletdeurope.org Yvonne Rainer, Spiraling down Paula Court - Courtesy of Performa scandales peu pertinents… Ouvrir son esprit à des formes inhabituelles, revendicatrices dans leur propos ou dans leur radicalité, redevient urgent. MARIE-JO DHO ET AGNÈS FRESCHEL À noter Marseille Objectif Danse poursuit sa programmation avec Meredith Monk du 4 au 6 juin à La Friche 04 95 04 96 42 www.marseille-objectif-danse.org h CHAQUE PREMIER MERCRElDI DU MOTS A MN 1LTET, QUAND SONNENT LES SIRENEô. MERCREDI 2 JUIN S1RENES K1-1 Ati 1[UBjT NVES A GpTION 5 Soto ni deru piiB 1cs.cq ; T1 ET Parvis det opéra Marseille ruaLccs



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