Zibeline n°29 mai 2010
Zibeline n°29 mai 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°29 de mai 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 6,8 Mo

  • Dans ce numéro : événement... le Ballet National de Marseille.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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62 HISTOIRE ABD GASTON DEFFERRE LIVRE Centro Studi Emigrazione Roma Centro Studi Emigrazione Roma Le prix de l’intégration Le cycle « Le temps des Italiens », (voir Zib’28) continue d’explorer leur place dans la société française à travers, cette fois, leur participation à la Résistance À l’heure où l’Italie, dominée par le fascisme entre en guerre contre la France, quels ont été les choix politiques des migrants installés sur notre sol ? Gianni Perona, professeur à l’université de Turin posa le cadre : les Italiens ont participé à la résistance ! Entre 7 et 900 000, ils sont majoritairement ouvriers, travaillent dans le bâtiment mais aussi dans le textile et les mines. Immigrés récents, ils font encore de fréquents allers-retours entre les deux pays et, du coup, on rencontre dans une même famille des enfants aux nationalités différentes. Ils habitent Nice, Marseille, Paris davantage qu’ailleurs et se regroupent dans des réseaux au caractère familial. Avec la guerre, en juin 40, le trouble s’installe : faut-il retourner au pays pour s’engager ? faut-il lutter contre le fascisme ? Pour éviter l’entrée en guerre de l’Italie, les autorités françaises ont fait taire la propagande antifasciste. De même, le pacte germano-soviétique a rendu suspect les communistes. La défaite française et la collaboration simplifieront les choses. Souvent dans une situation économique précaire, les Italiens souhaitent avant tout s’intégrer. Pourtant, à partir de 1942 leur participation à la Résistance s’accélère. Les familles, mal assurées de leur place dans la société, veillent toutefois à leur survie : par choix, un seul membre s’engage dans les réseaux résistants. L’organisation de la Main d’œuvre immigrée (M.O.I) tient alors un rôle important dans ces engagements : elle a tissé des liens avec la communauté qu’elle a défendue pendant les années 30, au moment de la politique de préférence nationale en matière d’emploi. À l’inverse, en novembre 42 lorsque l’armée italienne contribue à l’occupation de la zone libre et s’installe dans les Alpes, lorsque Nice et Grenoble deviennent italiennes, certains immigrés s’engagent auprès des forces fascistes. Les Italiens de Marseille Grégoire Georges-Picot prit la parole pour s’intéresser de plus près au cadre Marseillais. Pour lui la relation est très forte entre la situation française et italienne. Doit-on résister en France ou pour la France ? Poser cette question est évidemment poser la question de l’intégration. Il évoque Giorgio Amendola qui veut libérer la France pour libérer l’Italie ! Ce représentant du parti communiste italien à Marseille rejoindra d’ailleurs sa terre natale, en 1943, pour poursuivre le combat. En attendant, l’engagement des migrants est conséquent : on les retrouve sur « l’Affiche Rouge » et parmi les fusillés du groupe Manoukian -5 des 23-, en février 44 ! Et, lors de la libération de Marseille, on voit, sur le Port, les FTPMOI défiler avec un drapeau français. Mais pour l’heure le combat passait par la reconstruction des structures. Par contrecoup, comme dans le Var, cela revenait à mettre sur pied des réseaux de résistance français. On constate toutefois des problématiques différenciées selon les générations. Dans la famille Landini où le père, communiste italien, engagé dans les FTPMOI rêve de libérer l’Italie, le frère aîné se sent italien mais s’engage aux jeunesses communistes françaises, tandis que le frère cadet et la sœur refusent de passer en Italie pour combattre car ils se sentent Français. C’est le symbole de cette rupture entre la génération ancienne qui aspire au retour et les jeunes qui ne conçoivent que l’intégration à la France. D’ailleurs, en 1943 la reconstitution du PCF provoque une séparation d’avec le PCI de France : les deux terrains de lutte vont se séparer. Dans les Alpes Jean-Louis Panicacci compléta le tableau en insistant sur la résistance dans la Provence de l’Est. Là, la proximité de la frontière rendait la question de l’intervention en Italie beaucoup plus pressante. Il note le poids de la communauté italienne et, lui aussi, la différence de comportement des générations successives : la 3 e combat de part et d’autre des Alpes, dans les maquis ; pour les plus jeunes, ils se retrouvent, après la défaite italienne, intégrés aux troupes françaises. Mais ils sont suspects (La République de Salo subsiste). Ils sont à la fois maltraités par l’armée et menacés d’expulsion s’ils ne s’intègrent pas aux unités constituées. Pour convaincre, il les faudra voir verser l’impôt du sang : c’est le cas de l’unité Garibaldi anéantie le 12 août 44. On l’aura compris, les Italiens écartelés entre leurs racines transalpines et françaises ont, dans la Résistance, choisi en fonction de leur idéologie ou de leur appartenance générationnelle. Dans tous les cas, beaucoup, désireux de signer leur intégration à leur pays d’accueil, lui ont sacrifié leur vie. RENÉ DIAZ Cette conférence a eu lieu le 30 mars aux Archives Départementales de Marseille À venir : Le temps des Italiens Les voix de la citoyenneté : actions politiques et syndicales, le 27 avril à 18h Les femmes de l’immigration italienne, le 18 mai à 18h www.archives13.fr
LA BARBEN LA CIOTAT PATRIMOINE 63 Marseille est violente Soleil, convivialité, délinquance... Clichés ? Poncifs ? c’est à voir ! Tout Marseillais serait surpris que l’on qualifie Marseille de violente sans étaiement. Mais dans le prolongement des études de Robert Muchembled sur la violence, et celles de Norbert Elias sur la « civilisation des mœurs », Céline Regnard- Drouot a étudié la réalité violente de la société marseillaise durant un grand demi-siècle, avant le changement du monde que représente la guerre de 14. Elle a mis à contribution les archives des institutions judiciaires qu’elle a épluchées avec méthode. D’emblée le propos est clair : Marseille recèle une violence en contradiction avec son lent processus d’extinction en Europe de l’Ouest. L’auteur cherche donc à classifier puis à expliquer les ressorts de ces comportements dirimants. L’introduction cerne le profil économique de la cité. Marseille connaît une croissance forte pendant cette époque. Le port et l’industrie se développent. Parallèlement, la ville accueille de plus en plus d’immigrés, surtout en provenance d’Italie, et voit sa démographie exploser. Les crises économiques qui jalonnent la période ont alors une profonde incidence sur les comportements. Dans une première partie l’auteur s’intéresse au durcissement des mœurs. Elle note l’importance des injures et de l’honneur, ainsi que le développement des violences physiques et de leur localisation spatiale. Dans une deuxième partie elle établit la relation entre précarité et comportements violents. Enfin elle s’intéresse à la violence des générations nouvelles et celle issue de la criminalité crapuleuse. Diffusion Cette plongée dans la Marseille des XIX-XX e siècles fait le point sur certains sujets : les violences, essentiellement verbales dans la société du IInd empire, prennent ensuite un caractère physique. Les comportements violents sont supérieurs à la norme française. Le début de la II e République confirme la progression des délits jusqu’à dessiner une société où la violence réactionnelle, impulsive, est devenue usuelle. Le tournant du siècle connaît une augmentation des meurtres et la criminalité crapuleuse s’étale sur le devant de la scène. Si les Italiens sont les premiers concernés, les femmes et les Marseillais sont désormais touchés. L’auteur relie cette évolution des mœurs avec la croissance économique. L’essor industriel n’entraîne pas le bien-être, et l’enrichissement se fait aux dépens de la main-d’œuvre ouvrière, surtout immigrée, dont la situation se dégrade. Les femmes et les enfants pâtissent, eux, des comportements d’hommes déconsidérés qui font alors de l’honneur une compensation à leur déclassement. On se bat, on se trucide pour des dettes ou pour un regard de défi. Cette violence se dessine dans l’espace : Marseille est à la fois, paradoxe, une ville de la ségrégation spatiale et de la communauté. Dans les espaces communs, en particulier dans les immeubles, la violence tient une grande place : les lieux d’habitations manifestent une identité régionale ou une communauté familiale qui se défend. Là, dans la violence domestique, les femmes tiennent leur place au travers de l’insulte. Mais elles ne participent pas franchement à la violence du sang, réservée aux hommes. Bien d’autres aspects de ce livre seraient dignes d’être évoqués : Céline Regnard-Drouot a réussi à rendre tout à fait accessible une thèse d’histoire en bonne et due forme. Sa démonstration de la liaison entre les comportements et les espaces violents reste valable aujourd’hui. Et l’on retiendra la place particulière que tient la violence dans la culture marseillaise. RENÉ DIAZ FL la1 ii)11.N(1. &G e Marseille la violente, criminalité et société (1851-1914) Céline Regnar-Drouot Presses Universitaires de Rennes, 22 euros Oyez oyez ! « Blanc pour des agneaux en paix », « noir pour des lions en guerre », telles sont les couleurs du gonfanon (drapeau) des templiers, le Beaucéant ! Le château de la Barben dont vous connaissez le parc, lieu de balade incontournable, avec ses animaux, devient pour la quatrième année le refuge des Templiers. Fête médiévale, avec ses joutes équestres, ses concours à l’arc (on se sent une âme de Guillaume Tell !), ses ateliers, ses dégustations de pain d’épice… au miel, pas de sucre ! nous sommes au XIII e siècle ! Oyez ! Conférences et signatures dans les salles d’armes du château par Jean- Pierre Camus, Docteur en Histoire Médiévale à l’Université de Nice Sophia Antipolis, co-directeur du magazine Les Temps Médiévaux (L’origine de la règle du Temple à 15h), et par Josy Marty-Dufaut, auteur de la chronique culinaire de la revue Moyen-Âge, écrivain et conférencier (Gastronomie Médiévale, à 14h, et Le Potager Médiéval à 16h). Oyez ! Un marché médiéval vous emporte dans des saveurs perdues et des techniques jalousement préservées… Et des saltimbanques vous invitent à de nombreuses représentations tout au long de la journée… N’oubliez pas la date ! Le 2 MAI ! M.C. Fête du Baucéant X-D.R Fête médiévale, 4 e rencontres Templière du Baucéant Le 2 mai Château de la Barben 04 90 55 25 41 www.chateaudelabarben.fr Le sel de la mer Les Nauticales de La Ciotat ont rassemblé pour leur huitième édition, du 13 au 21 mars, plus de 40 000 visiteurs. Le thème de la mer y est décliné de toutes les manières possibles, du bateau de croisière aux accastillages, du vêtement marine aux sorties de baptême en mer, des moteurs aux voiles, des compagnies d’assurance aux projets de tour du monde, des régates internationales qui s’invitent en rade de Marseille (match Race France, Audi MedCup, Route des Îles…) aux instituts de plongée professionnelle… Sans compter les activités destinées aux enfants, compréhension de la mer, de l’écosystème, des devoirs du baigneur comme du plaisancier… Un énorme travail est mené pour une écoplaisance : Catherine Chabaud, marraine des Nauticales, se bat pour la protection du monde marin, pour induire de nouveaux comportements, défendre de nouveaux matériaux. Car le rapport à la mer s’éduque (www.reseaumer.org), et constitue sans doute l’une des voies les plus sûres pour s’entendre, se comprendre… Ainsi, la Tacita Med Cup cherche à « faire sortir du silence le monde de l’autisme en utilisant la voile comme vecteur d’une parole confisquée par la maladie. » Souci de protection du domaine maritime, on y confirme la future création du Parc national des calanques, qui sera enfin à même de protéger ces sites exceptionnels… N’oublions pas le pendant littéraire ! Les marins lisent et écrivent beaucoup. La librairie maritime Outremer nous le rappelle avec les œuvres de Moitessier, entre autres, les ouvrages d’art, les planches merveilleusement dessinées…Vous l’avez compris, les Nauticales apportent à chacun grâce à la remarquable diversité des supports proposés, sans être simplement un salon marchand pour plaisanciers. MARYVONNE COLOMBANI



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