Zibeline n°29 mai 2010
Zibeline n°29 mai 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°29 de mai 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 6,8 Mo

  • Dans ce numéro : événement... le Ballet National de Marseille.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 74 - 75  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
74 75
60 PHILOSOPHIE LIVRES Si le philosophe s’est aujourd’hui retiré du champ politique, Denis Guénoun, de par ses pratiques passées d’un théâtre populaire et d’engagements politiques révolutionnaires, a de quoi nourrir la pensée avec ce recueil d’articles, où la philosophie se conjugue au politique et au théâtre. Livraison e délivrance pikI,quec, L'sk.:ireuai 1.11.41011. Inclusions du sujet Théâtre, politique, philosophie : la mise en bouche des 40 premières pages se charge d’expliquer le rapport entre ces trois notions, notamment celle qui peut y avoir entre le théâtre et la philosophie. Au XX e siècle entre en scène la philosophie du sujet. Or, « la situation dramatique répète l’inclusion du sujet dans un monde et non sa position devant lui », situation dramatique qui n’est pas « une situation géographique mais inclusion dans un monde collectif composé d’autres humains que le sujet, et à qui il doit répondre. » C’est pourquoi, au-delà de leur concomitance historique, lié à leur naissance commune et aux pratiques théâtrales de nombreux philosophes, théâtre et philosophie entretiennent une autre analogie, de l’ordre de la « livraison », du don qui libère et émancipe. D’ailleurs se demander à quoi sert le théâtre, ce qui le fait, est une question éminemment philosophique et politique : « le théâtre reste un des lieux où se pratique l’assemblement à vif, la réunion d’humains dans un même espace physique de côtoiement et de partage… le théâtre met en jeu l’énigme de l’apparaître devant le mystère de l’assemblement. » Enfin le théâtre est une formidable mise en abyme du triptyque représentation-présentation-critique des conditions de la représentation : « les gens de théâtre qui ne s’interrogent pas sur ce triptyque ne sont que des piètres idéologues » ; bien vu ! On se demande d’ailleurs, puisqu’il sait ce que représenter veut dire, ce que fait Denis Guénoun dans le Who’s who… En dehors de ces 40 pages, ce livre est aussi une somme de beaux articles sur le théâtre, notamment sur Le Pays lointain de Lagarce, où il analyse le lien de l’individu aux autres qu’il retrouve, et sur Claudel. Guénoun y met en lumière comment le retrait du dramatique engendre paradoxalement une théâtralité : « tout comme le théâtre veut du poème pour sans cesse se refaire, le poétique en appelle à l’impudeur des planches et des tréteaux. » Et l’on trouve aussi des articles de philosophie politique d’envergure dans ces pages -qui restent disparates, comme si Guénoun n’avait pas encore opéré de synthèse entre toutes ses réflexions. Celui sur les « démocratisations dénationalisantes » interroge la démocratie à l’aune des flux fascistes (méprisant les pouvoirs et les peuples) de capitaux et de son problématique ancrage nationaliste. Concluons alors avec lui : « l’horizon de toute politique d’émancipation ne peut être que celui d’une gouvernance mondiale. » RÉGIS VLACHOS Livraison et délivrance Théâtre, philosophie et politique Denis Guénoun Ed Belin, coll l’extrême contemporain, 26 euros Dénis Guénoun était présent à la Bibliothèque Départementale le 5 mars et à la laiterie de Cadenet le 6 mars (voir Zib 28), pour des échanges avec Pierre Michon (voir p 54). Une violence éminemment contemporaine Essais sur la ville, la petite-bourgeoisie intellectuelle et l’effacement des classes populaires Jean-Pierre Garnier Éditions Agone,18 euros J_Aw- CICRRC GAR N [ER 1 -:rqL V 10LENCE ÉMINEMMENT CON T Et4tLFoRALN L ESSAIS SUR. _. ; b'[LLE I_rï FFrITF $OURGEc:11F Ih1.[-I..EC 1 UëLLE 8e I.'F.}}AC£fv1EPT'f DES CLASF.5 Ix0I}U L+51PLS CON-IRE-En X A (. ; O V F. Quelle culture urbaine ? On sait depuis Marx que l’humanité ne se pose que les questions qu’elle peut résoudre, et que ne pouvant remédier aux ravages du capitalisme, elle sait bien y faire dans la rénovation des villes… En ce sens le pamphlet virulent de Garnier est là pour nous rappeler qu’on ne pourra jamais résoudre la question de la coexistence des classes sociales dans une ville au sein d’un rapport de production qui ne fait qu’amplifier les inégalités. Le constat se déploie aux yeux de tout habitant des villes : les rénovations et réhabilitations ont pour conséquence de pousser plus loin l’habitat populaire. Lutte des classes, lutte d’espace « Bobos » : rien n’est plus stupide que ce terme de bourgeois bohème, la bohème artistique désignant les individus qui refusaient la société de consommation pour vivre dans une situation de précarité. Cette nouvelle bourgeoisie urbaine est l’expression de la « montée en puissance dans les villes d’une force de travail intellectuelle bien pourvue en capital scolaire et qui, soucieuse de le faire fructifier, a lié son sort à celui de la bourgeoisie » ; ajoutez à cela la désagrégation du mouvement ouvrier et la débâcle des projets de transformation radicale de la société, et vous comprendrez alors qu’à la révolution culturelle de mai 68 la bourgeoisie va répondre en mettant la culture, et non plus l’économique, au centre du commandement des villes. En privilégiant la consommation hédoniste d’œuvres « dérangeantes » qui semblent transgresser l’ordre moral, mais confortent l’ordre politique. La fine analyse de l’organisation politique centre Georges Pompidou est à cet égard lumineuse. Politique du rebelle On souscrit sans peine à ces analyses, pour peu que son esprit d’intellectuel habitant les centres villes soit capable d’une auto analyse critique sur ses propres pratiques culturelles, qui de fait excluent les couches populaires. Cependant le livre pèche paradoxalement par un manque de cohérence politique : comment le capital mondialisé influe-t-il sur les politiques de la ville, et surtout par quels mécanismes les nouvelles petites bourgeoisies sont-elles devenues une classe de l’encadrement capitaliste ? Pamphlet on disait car la force critique en oublie ou méprise les conditions politiques de la construction du rapport de force que ce lumpenprolétariat des cités, si bien analysé dans la troisième partie du livre, peut opposer à cet embourgeoisement de la ville. À qui s’adresse-t-il lorsqu’il écrit que Besancenot est un peureux de la rencontre avec les jeunes des cités et un idolâtre des plateaux télé (p.209), et Bensaïd un propagateur de lieux communs sur les bienfaits politiques de l’ordre bourgeois ou un thuriféraire de la démocratie de marché (http//:1libertaire.free.fr) ? Quels moyens de lutte prône-t-il ? RÉGIS VLACHOS
Dans l’œil de la crise « La crise. On ne parlait que de ça, mais sans savoir réellement qu’en dire, ni comment en prendre la mesure. » Florence Aubenas décide d’en avoir le cœur net. En février 2009 elle s’installe à Caen, où elle n’a aucune attache et où elle va rapidement constater l’étendue du désastre : beaucoup de friches industrielles, peu de travail. Dans cette région dévastée, si on n’a qu’un bac en poche, comme elle le prétend, on ne peut guère espérer mieux que du ménage. Le nettoyage, c’est l’avenir ! C’est ce qu’on lui rabâche au Pôle Emploi, lors de stages bidon qu’elle est tenue de suivre. C’est ce qu’elle fera durant 6 mois. 6 mois de galère, à courir pour 2 heures par-ci, 3 heures par-là, car c’est en heures que ça se négocie. Elle passe parfois plus de temps en trajets qu’au ménage ; lorsqu’elle dépasse l’horaire prévu (ça lui arrive souvent), ce n’est pas payé. Tant pis. Comme les autres, elle accepte tout, même de travailler sur le ferry d’Ouistreham où peu arrivent à tenir. Et lorsqu’elle est en panne de contrat, ses courbatures lui manquent presque… Si ce genre d’expérience n’est pas nouveau, le ton d’Aubenas le renouvelle. Tout en retenue et d’une humanité profonde, il témoigne avec justesse des conditions de travail des non qualifiés, de ceux qu’on voit rarement et dont on parle si mal. Dans le récit défilent des personnages attachants. On y croise aussi quelques salauds que la journaliste épingle avec humour. On y mesure surtout la facilité avec laquelle l’aliénation gagne du terrain et prend bientôt toute la place dans l’existence des précaires. Et puis, çà et là, des étincelles de beauté et de solidarité, qui font qu’on ferme le livre à regret. FRED ROBERT Florence Aubenas Le quai de Ouistreham Le Quai de Ouistreham Florence Aubenas L’Olivier, 19 euros Quand les sciences humaines se penchent sur les sciences du vivant La Pensée de midi, qui fêtera bientôt ses dix ans d’existence, lançait le 30 mars à l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence le dernier numéro de la revue, consacré à un dossier sur L’humain, nature et artifices réunissant les travaux de sociologues, philosophes, anthropologues, scientifiques, qui abordent sous l’angle de leur discipline la même question : dans quelle mesure les interventions technologiques de plus en plus sophistiquées opérées sur l’humain peuvent-elles modifier l’homme dans sa nature ? Les technosciences (nanosciences, biotechnologie, sciences cognitives et technologies de l’information) permettent de soigner, d’embellir, ou de rendre plus performant : des applications actuelles (médecine procréative, chirurgie plastique) à un avenir qui n’est plus de science-fiction (hybridation, « transcorporation » ou désincarnation du corps en « orin »), que faut-il craindre ou espérer de ces révolutions qui concentrent les interrogations éthiques, juridiques, politiques et religieuses d’aujourd’hui ? Fidèle à l’esprit de la revue, le dossier permet de replacer de façon très accessible le débat dans une histoire des sciences et des représentations culturelles, qui croise celles des relations du corps et de l’esprit, de l’individu et de la communauté, et d’envisager une « voie moyenne » qui prenne la mesure des risques transgressifs de ces évolutions tout en relativisant les peurs parfois fantasmatiques qu’elles suscitent chez leurs détracteurs. Quoique les conclusions avancées se rattachent à un discours de valeurs morales essentiel mais pas toujours convaincant, la réflexion mobile et plurielle s’avère particulièrement stimulante en ce qu’elle soulève les paradoxes à partir desquels engager notre propre réflexion, personnelle et civique : réduction mécaniste de l’homme à l’état de machine, ou toutepuissance d’une créature devenue créateur ? rêves d’immortalité, de grandeur et de bonheur éternel ou angoisse de notre propre défaillance dans une perfection indéfiniment repoussée ? fantasme d’une perfectibilité à rebours, remontant vers l’origine au lieu de s’inscrire dans une évolution ; enthousiasme et désenchantement de ce nouvel homme, né de l’impossibilité de « jouir loyalement de son être » comme disait Montaigne. AUDE FANLO La Pensée de midi 04 96 12 43 19 www.lapenseedemidi.org De l’humain. Nature et artifices La Pensée de midi n°30 Ed. Actes Sud, 18,50 euros RENCONTRES ENTRÉE LISRL DE L'ILLUSTRATION JEUDI 6 MAI ET VENUREEI 7 MAI am RLLRIFR AM4 AR cours eYi9Un'.d 13001 Marseille REnSEIGNERENTS h:aoçiation Sur la plor.n www.euelaplaee,rr EN MAI bïjoU mobilier luminaire décora [ion _'bJet insolite téramIqUe vêtement peinture id6es MARSEILLE 01 &02 : Escale Baréljr, 22&23 Kiosque Haut Canebière'29&30 : Cours Julien NÎMES 8 moi : Parvis de la holaison Carre Lou RMARIN 6 ruai : P[aao Barthelérn.eXtra-ga Ile



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Zibeline numéro 29 mai 2010 Page 1Zibeline numéro 29 mai 2010 Page 2-3Zibeline numéro 29 mai 2010 Page 4-5Zibeline numéro 29 mai 2010 Page 6-7Zibeline numéro 29 mai 2010 Page 8-9Zibeline numéro 29 mai 2010 Page 10-11Zibeline numéro 29 mai 2010 Page 12-13Zibeline numéro 29 mai 2010 Page 14-15Zibeline numéro 29 mai 2010 Page 16-17Zibeline numéro 29 mai 2010 Page 18-19Zibeline numéro 29 mai 2010 Page 20-21Zibeline numéro 29 mai 2010 Page 22-23Zibeline numéro 29 mai 2010 Page 24-25Zibeline numéro 29 mai 2010 Page 26-27Zibeline numéro 29 mai 2010 Page 28-29Zibeline numéro 29 mai 2010 Page 30-31Zibeline numéro 29 mai 2010 Page 32-33Zibeline numéro 29 mai 2010 Page 34-35Zibeline numéro 29 mai 2010 Page 36-37Zibeline numéro 29 mai 2010 Page 38-39Zibeline numéro 29 mai 2010 Page 40-41Zibeline numéro 29 mai 2010 Page 42-43Zibeline numéro 29 mai 2010 Page 44-45Zibeline numéro 29 mai 2010 Page 46-47Zibeline numéro 29 mai 2010 Page 48-49Zibeline numéro 29 mai 2010 Page 50-51Zibeline numéro 29 mai 2010 Page 52-53Zibeline numéro 29 mai 2010 Page 54-55Zibeline numéro 29 mai 2010 Page 56-57Zibeline numéro 29 mai 2010 Page 58-59Zibeline numéro 29 mai 2010 Page 60-61Zibeline numéro 29 mai 2010 Page 62-63Zibeline numéro 29 mai 2010 Page 64-65Zibeline numéro 29 mai 2010 Page 66-67Zibeline numéro 29 mai 2010 Page 68-69Zibeline numéro 29 mai 2010 Page 70-71Zibeline numéro 29 mai 2010 Page 72-73Zibeline numéro 29 mai 2010 Page 74-75Zibeline numéro 29 mai 2010 Page 76-77Zibeline numéro 29 mai 2010 Page 78-79Zibeline numéro 29 mai 2010 Page 80